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Bertie Quincampoix
142 abonnés
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5,0
Publiée le 15 septembre 2015
Certainement le chef-d'œuvre de Ettore Scola, qui failli recevoir la Palme d'or en 1977. À la fois d'une grande simplicité et d'une extraordinaire richesse, le film se déroule sur une journée, dans une grande copropriété italienne quasiment vide du fait de l'accueil en grandes pompes de Hitler par Mussolini à Rome en 1938 – l'ensemble des familles étant appelées à accueillir comme il se doit l'allié allemand. Deux occupants ne participant pas à la manifestation pour des raisons différentes, somptueusement interprétés par Marcello Mastroianni et Sophia Loren, aux vies diamétralement opposées, vont s'y rencontrer et apprendre à se connaître, ce qui va bouleverser leur existence. La mise en scène, fine et intelligente, est remarquablement maîtrisée.
A Journée particulière, moment de cinéma particulier. Magistralement porté, en particulier par Mastroianni, le film est en soit l’archétype du vieux film des années 1970. Ici, pas d’effets spéciaux, pas d’action magistrale, pas de tirs dans tous les sens. Non, juste une histoire à la fois banale et pourtant tragiquo-magique, des plans de 20 secondes pourtant très étudiés, complexes et à plusieurs sens possibles d’interprétations. Tout est ici dans le dialogue, l’attitude, le comportement des personnages, le cadrage du réalisateur, le scénario, la bande son (de Mussolini). D'un certain côté, et sans être un grand film, c'est un moment historique du cinéma. A voir
Une journée particulière d'Ettore Scola est une parenthèse sur le temps. Un moment inattendu entre deux immenses acteurs Sophia Loren et Marcello Mastroianni qui livrent une prestation inoubliable. Malgré le contexte historique pesant qui est omniprésent dans le film de manière sonore avec un univers sonore créé , et cette rencontre entre Mussolini et Hitler, accueilli à Rome comme un roi par la population italienne totalement hystérique, on voit la liberté se profiler avec cet oiseau s'échappant de sa cage au début du film et qui provoque la rencontre du film. La rencontre d'une mère de 6 enfants qui reçoit aucune tendresse de son mari qui la méprise et qui la commande comme un objet cela montre la position de la femme et de ce voisin homosexuel ne pouvant vivre comme il le souhaite dû à la répression faite aux homosexuels à cette époque. Ce chef d'œuvre créée ce sentiment d'injustice et cette rage silencieuse que subissent cette femme et cet homme qui ne peuvent vivre comme ils le veulent à cause de ce régime politique, cet état totalitaire de Mussolini, à cause de cette dictature qui tue.
Bravo pour cette réalisation d'Ettore Scola qui nous amène dans une histoire rempli d'amour et qui créée de l'espoir.
Whaou ! J'ai pas les mots, je suis totalement bouleversé et même pour aller plus loin j'ai même fait une standing ovation seul dans mon appart.
Je ne sais pas quoi dire à part que tout est parfait, toutes les idées de Scola relèvent du génie. Il y a notamment ce passage où le duo de protagonistes commence à s'amuser, à prendre des libertés avec cette rumba jusqu'à ce que la concierge allume sa radio qui va polluer l'espace sonore de cette parade fasciste. Ces paroles radiophoniques comme pour rappeler aux deux personnages qu'ils ne sont point libres dans ce régime autoritaire, leurs gestes et paroles sont controlés par le Duce. Les personnages sont enfermés chacun dans leur demeure, nous ne sortons à aucun moment de cette résidence à l'architecture angoissante et oppressante. Sophia Loren est condamné dans son image de “femme au foyer“ qui n'est que là pour servir aux tâches ménagères et aux plaisirs de son mari machiste. Marcello Mastroianni, est un journaliste qui a été renvoyé récemment d'une radio sur un des seuls motifs qu'il était homosexuel.
Cette journée particulière leur a permis à chacun de prendre des libertés qu'ils n'ont jamais véritablement connu et qu'ils ne connaîtront jamais à l'avenir tant que le pouvoir fasciste sera en place. Dans un autre registre ça m'a assez rappelé la relation entre Meryl Streep et Clint Eastwood dans Sur la route de Madison , chacun ayant quasiment la même profession que dans le film d'Ettore Scola.
La solitude des personnages est parfaitement retranscrite déjà avec l'impressionnante performance de Sophia Loren et Marcello Mastroianni, chapeau à eux. Tous les dialogues paraissent naturels et sincères grâce à leurs jeux. Les décors jouent aussi un rôle important avec toute cette déco en lien avec le régime dans l'appartement de Antonietta. On est vraiment étouffé par toute cette propagande qui est amplifié par la radio tout le long du film.
Puis, bon ça parle de sujets forts et importants, la place de la femme ou celui des homosexuels qui n'est pas souvent évoqué et encore très peu j'ai l'impression. Toutes ses personnes qui ont dû être déporté durant la Seconde guerre mondiale, qui ont été humilié, qui ont du porté ce triangle rose, sur le seul motif qu'ils aiment tout simplement. C'est assez révoltant de penser que ce genre de pratiques pouvait se faire. Soyons libres d'être qui nous sommes et d'aimer qui nous voulons.
Un drame sociale pendant une journée particulière. J'ai bien aimé le synopsis, nos deux héros vivent une journée unique : le discours de Mussolini... sans allez voir Mussolini. Ils se retrouvent donc presque seuls pendant la journée, pourtant ils habitent une résidences d'appartements surpeuplés. Seuls, ils goutent à la liberté, Antonietta oublie qu'elle est une femme soumise et mal aimé, Gabriele oublie la traque contre les homosexuels. Un film singulier, sociale, c'est malheureusement long, mais c'est beau. Une œuvre hors du temps, hors des horreurs de la guerre, comme suspendu dans le vide, éphémère : c'est une "journée particulière".
Magnifique. Un moment hors du temps. La photographie est parfaite, Sofia Loren incroyable (elle me rappelle Meryl Streep dans Sur la route de Madison), et la mise en scène est totalement maîtrisée. Tout est cohérent et pertinent et si le début de l'histoire a un goût de déjà vu le film m'emmène ailleurs et me surprend ensuite pour ne plus jamais me lâcher. Il y a simplement le filtre grisonnant de l'image qui m'a questionné sur sa pertinence, j'aurais aimé plus de couleurs. La teinte semble rappeler la tragédie de la situation amoureuse et politique. Comme si la seule solution pour voir de la couleur était de partir ailleurs dans le temps ou dans l'espace. J'aurais aimé voir la suite de l'évolution de ces deux personnages : de quelle manière leurs ailleurs (littérature, bateau) et leur rencontre allaient peut-être changer leur regard sur le monde. Et si l'espoir existait encore ? Et hop, ce film rentre dans mon top 10 de mes films favoris à côté de La Double Vie de Véronique, du voyage de Chihiro, de Nous nous sommes tant aimés, etc. Merci les films de me faire vivre ces doux moments que je chéris tant.
Ettore Scola arrive sans conteste à nous plonger dans l'Italie fasciste grâce à cette rencontre entre une mère de famille nombreuse croulant sous le travaille et ce célibataire qui ne sais pas comment réagir à son licenciement pour homosexualité. Magnifique et bouleversant
Le cinema de gauche Italien alors en grande forme. Scénario ambitieux, photogaphie magnifique, montage limpide, interprétation grande classe. Un très beau film.
Par la grâce d'une caméra aux mouvements doux, fluides, qui suit les personnages, les caresses, les enlace, Ettore Scola transforme un huis-clos à deux personnages en un film sensuel et âpre à la fois. La Loren n'a peut être jamais été aussi belle qu'en ménagère en robe d'intérieur. La bande-son, qui nous fait entendre en permanence ce qui se passe à l'extérieur, le fascisme, hors champ, crée un contrepoint permanent à ce qui se joue à l'intérieur, dans le champ, nous faisant sentir l'oppression sans jamais nous la montrer directement. Oppression du fascisme sur tous, oppression du mari sur sa femme, oppression de la société sur un homosexuel.
Ils sont l’une et l’autre prisonniers de leurs vies particulières, aussi dissemblables qu’il est possible, sauf que leurs fenêtres se font face. Antonietta/Sophia est une mère de famille nombreuse, épouse d’un mari macho et infidèle. Gabriele/Marcello est un journaliste homosexuel victime des persécutions en cours dans l’Italie fasciste de 1938. Le hasard sous la forme d’un oiseau bavard qui vole d’une fenêtre à l’autre les fera se rencontrer. Il est désabusé et résigné, elle est triste, et cette tristesse, Scola sait la montrer sur son beau visage. Un éclat de rire sous un drap qui sèche sur la terrasse leur fera oublier leurs destins particuliers, le temps d’une journée à peine…
Pas très attrayant dans le rythme ni la qualité des images. Le film tire sa force du contexte politique de l'action, de la force de l'interprétation et d'une histoire très originale. Mention également au décor de l'immeuble d'habitation typique.
2 acteurs au maximum de leur talent avec un génial Ettore Scola aux manettes. Une belle histoire sur fond sonore de l'hymme fascite italien. A voir et à revoir !!!
Avec Une journée particulière, Ettore Scola enferme deux solitudes dans les marges d’une Italie fasciste en fête, transformant un simple appartement romain en espace de résistance intime et silencieuse. Sophia Loren et Marcello Mastroianni livrent des performances d’une grande retenue, loin de leurs images glamour habituelles, donnant au film une humanité fragile et profondément mélancolique. La mise en scène feutrée et les tonalités volontairement ternes traduisent admirablement l’étouffement moral d’une société fondée sur la norme, la virilité et l’effacement des différences. Pourtant, malgré la finesse psychologique du duo central et l’élégance politique du propos, le film semble parfois trop conscient de sa portée symbolique pour atteindre une émotion totalement spontanée. Une œuvre délicate et profondément humaniste, portée par une immense sensibilité, mais dont la douceur mélancolique laisse une trace plus discrète que véritablement dévastatrice.