Film tout en délicatesse avec l’adorable actrice Erika karata. Ne pas oublier qu’un Konbini n’est pas une supérette comme pouvait le laisser penser le roman. Film qui en est l’adaptation. On retrouve Erika Karata également dans le film Love on Trial.
Avec La Fille du Konbini, Yûho Ishibashi signe un drame japonais à la fois simple et profondément intime. Le film suit une jeune femme travaillant dans un konbini, ces supérettes japonaises ouvertes presque 24h/24, et explore sa solitude, ses doutes et la sensation de vivre une vie en pause.
Comme souvent dans le cinéma japonais contemporain, le film privilégie l’observation plutôt que les grands rebondissements. On retrouve cette douceur contemplative que l’on peut voir chez des réalisateurs comme Naomi Kawase ou Ryûsuke Hamaguchi; des plans calmes, un rythme posé, et beaucoup de place laissée aux silences. Le konbini devient alors un décor symbolique; un lieu ordinaire, éclairé au néon, où la routine s’étire et où les émotions restent souvent retenues.
Erika Karata incarne avec beaucoup de finesse cette héroïne discrète, presque effacée, mais profondément humaine. Son jeu est tout en nuances; un regard, un geste, suffisent pour exprimer ce qu’elle ne dit pas. C’est justement cette pudeur qui donne au film sa force émotionnelle.
La Fille du Konbini s’inscrit parfaitement dans la tradition du cinéma japonais du quotidien, celui qui s’intéresse aux êtres ordinaires et à leurs failles invisibles. Certains pourront trouver le rythme lent, mais ceux qui aiment les films introspectifs apprécieront cette délicatesse rare.
Un film sensible, fragile, qui laisse une impression douce-amère, comme une promenade de nuit sous les néons d’une ville japonaise.
À noter : j’ai découvert ce film sous son titre anglais ** When Morning Comes, I Feel Empty **. Il s’agit bien du même film, qui sort bientôt en France sous le nom La Fille du Konbini.
La fille du Konbini est une adaptation d'un roman de Sayaka Murata qui obtenu le prix Goncourt japonais en 2016, deux ans avant sa parution en France sous le titre de La fille de la supérette. Dans le livre, Keiko a 36 ans et travaille depuis 18 ans dans ce magasin ouvert 24 heures sur 24. A travers le quotidien routinier de cette femme, c'est la pression sociale au Japon que pointe du doigt l'autrice, face à quelqu'un qui n'a aucune ambition particulière et n'a connu aucune relation sentimentale. Le film change beaucoup la donne en faisant de Keiko une jeune femme de 24 ans qui a volontairement quitté son emploi stressant de commerciale en entreprise. Le roman adoptait un ton très neutre, le long métrage de Yuho Ishibashi épure encore davantage la narration, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'enjeux, le principal étant l'état mental de son héroïne, que l'on pourrait qualifier de rémission fragile. Sa solitude et sa mélancolie vont-elles évoluer au contact de ses collègues de travail et avec la rencontre fortuite d'une ancienne copine d'école ? La fille du Konbini ne fait pas beaucoup pour rendre son thème passionnant, hélas, avec ses dialogues hésitants et sa mise en scène sans éclat. Si le film comme le livre interrogent la notion de normalité sociale, le second le fait tout de même avec davantage de profondeur que le second. De la supériorité de l'écrit sur l'image, souvent avérée, mais pas toujours.