Le film s’inscrit dans une veine clairement inspirée de Fargo, mêlant thriller, humour noir et absurdité avec une certaine habileté. La comédie n’est jamais trop forcée, même si le début souffre de quelques décisions de personnages un peu discutables. Les dialogues flirtent souvent avec l’absurde, et ça fonctionne très bien.
La mise en scène adopte une approche très froide, presque clinique, typique du thriller, et cela renforce efficacement l’atmosphère du film.
Côté casting, ça tient la route : Franck Dubosc et Laure Calamy forment un couple crédible, tandis que Benoît Poelvoorde et Joséphine de Meaux composent un second duo particulièrement marquant. D’ailleurs, ce sont eux qui tirent le mieux leur épingle du jeu, avec une vraie énergie et un plaisir de jeu communicatif. À l’inverse, le couple principal reste un peu en retrait, cantonné à des archétypes qui auraient mérité d’être davantage creusés.
Le thème du film fonctionne bien : au-delà de son vernis de thriller absurde, il aborde l’idée qu’il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver. Le couple principal, enlisé dans des problèmes financiers, une routine étouffante et une communication brisée (y compris avec leur fils) va peu à peu retrouver une forme de vitalité à travers une situation totalement folle : récupérer deux millions d’euros sur des cadavres et tenter d’échapper à la gendarmerie.
Même dynamique du côté du personnage de Benoît Poelvoorde, gendarme désabusé, en perte de lien avec sa fille adolescente. Ces trajectoires parallèles permettent aux personnages de renouer avec eux-mêmes, que ce soit sur le plan émotionnel, moral ou même intime.
Malgré tout, le film n’est pas exempt de défauts. Le couple principal manque d’épaisseur pour réellement émouvoir, et on aurait aimé une caractérisation plus fine. De plus, l’équilibre entre thriller et humour noir, bien que réussi, donne parfois envie d’un choix plus tranché : pousser encore plus loin l’absurde ou assumer davantage la tension dramatique. Enfin, le dernier quart d’heure perd un peu en intensité, malgré une accumulation d’événements, donnant une impression de légère stagnation.
Au final, ça reste une très bonne surprise, surtout pour un film réalisé et écrit par Franck Dubosc, qui lui aura valu le César du meilleur scénario original.