Pantalonnade hystérique
Pour son 1er film, le franco-espagnol Carlos Abascal Peiró s’intéresse à la politique française. Mal lui en a pris car ces 102 minutes de comédie sont loin d’être passionnante et cette plongée dans le marigot des ambitions et des coups bas se révèle plus pénible à suivre que drôle. Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino, jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France ! Tout est surjoué, invraisemblable et surtout filmé avec une caméra hystérique qui finit par faire disparaître les numéros d’un casting qui, bien que de haute volée, est livré à lui-même dans l’outrance et le n’importe quoi de préférence.
Vous l’avez compris, j’ai quelques réserves quant à la qualité intrinsèque de ce grand bazar agité, hurlant et somme toute sans grand intérêt. Et pourtant, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on est raccord avec l’actualité. Mais ce tourbillon d’agités du bocal qui distillent des punchlines, - qui pour la plupart tombent à plat, soit parce qu’ils sont hurlées, soit parce que les acteurs et actrices oublient d’articuler leurs répliques, soit, tout simplement parce que c’est mal écrit. De plus, il faut avouer qu’on s’y perd complètement dans tous les ressorts qui relient les très nombreux personnages, tous aussi retors et veules les uns que les autres. Le pouvoir, telle une ravageuse pestilence, pollue tout ce qu'il touche. On le sait depuis longtemps, ce film en est une nouvelle démonstration. Hélas, la comédie outrancière balaye toutes les bonnes intentions de départ pour en arriver à ce piètre résultat. L’irrévérence était le minimum syndical, mais ça ne suffit pas à faire un bon film, la technique compte également et là, le cinéaste a tout oublié… ou presque au profit de la frénésie.
Alors on se dit qu’on va se rattraper avec le casting haut de gamme. Jean Chevalier – from the French Comedy -, pour son 1er grand rôle au cinéma, paraît complètement perdu dans ce marigot politique… un peu comme nous. Il avait pourtant face à lui de nos meilleurs acteurs avec François Cluzet et Karin Viard, qui n’échappent pas, eux non plus, au naufrage collectif. Tout comme Alex Lutz, Emilie Gavois-Kahn, Olivier Broche, Marc Zinga, Nathalie Richard. Seule belle apparition, celle de Sawsan Abès. J’attendais beaucoup de ce film, sans doute trop, d’où ma grosse déception.