Derniers Avis : Rental Family - Dans la vie des autres - Page 10
Rental Family - Dans la vie des autres
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crishou
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4,0
Publiée le 17 janvier 2026
« Rental Family » séduit par son mélange délicat d’humour et de mélancolie, porté par un Brendan Fraser profondément touchant dans un rôle tout en retenue
Avant première Joli moment poético-philosophique d'une facette de la société nippone. Jolie photo. Brendan Fraser nickel. Parfait pour en faire une série !
Spectateur de la vie des autres à travers la fenêtre de son appartement perdu dans la fourmilière urbaine, Philip, un acteur américain extradé au Japon depuis sept ans, tente d'échapper au vide de son existence en courant les castings de petits rôles médiocres (son moment professionnel le plus glorieux là-bas étant une pub lunaire pour un dentifrice). Un jour, il est recruté pour faire le figurant au milieu d'une étrange cérémonie funéraire où le défunt s'avère... bel et bien vivant ! Il découvre alors que l'événement est organisé par une agence chargée de concrétiser les désirs profonds de ses clients (un mariage, une expiation de leurs fautes, ou, dans le cas de cet enterrement, un besoin de se sentir en vie et aimé) au sein d'un mirage de mise en scène parfaitement orchestrée. Perplexe, Philip accepte néanmoins de participer à un essai pour cette agence et va peu à peu trouver une forme d'épanouissement personnel insoupçonnée grâce aux sourires provoqués par ces bulles d'illusions délivrées sur commande.
Là où un comédien américain errant dans des limbes existentielles au Japon titillait forcément d'emblée nos souvenirs de "Lost In Translation", "Rental Family" s'en éloigne assez rapidement (les deux héros n'ont que très peu en commun au final hormis leurs solitudes respectives) avec l'arrivée dans l'équation de cette agence (inspirée d'autres japonaises bien réelles) qui va permettre à son acteur de soulager ses propres peines dans les situations improbables engendrées par ses "missions". Entre une petite fille pour laquelle il épouse le rôle d'un père absent et une ancienne gloire du cinéma asiatique atteinte de démence devant laquelle il enfile les habits d'un faux journaliste chargé de l'interviewer (d'autres prestations sont aussi abordées, de façon bien plus légère), le film va en effet merveilleusement bien jouer sur les grands yeux bleus tristes de cocker de Philip -et, punaise, Brendan Fraser les fait si bien !- subitement animés par une nouvelle flamme à leur contact, floutant de plus en plus la frontière entre l'objectif professionnel et les vides émotionnelles personnelles bien réels que ces rencontres factices comblent chez l'acteur.
Évidemment pensé pour que son héros s'y perde lui-même et se confronte ensuite à l'éclatement de cette bulle que l'on sait par définition temporaire, "Rental Family" parvient à éviter l'écueil du trop-plein de bons sentiments (tant craint devant ce virage habituel de feel good movie) grâce à la sobriété salvatrice à travers laquelle Hikari, également co-scénariste, délivre un plus que joli rebond aux vies que Philip bouscule, d'abord par sa seule présence source d'un réconfort illusoire (mais bien tangible pour ceux qui le ressentent), puis dans un rôle plus interventionniste lorsque l'écrin de l'échappatoire pensé par d'autres ne peut plus contenir la force et la vérité des liens qui s'y sont créés.
Dans cette mosaïque de destinées endolories et emportées par les contradictions de la production de ces moments de vie préfabriqués (jusque dans les employés de l'agence, le film ne perd de vue aucun de ses personnages), "Rental Family" redonne le goût de vivre à son héros en ravivant les battements de son coeur de façon si juste qu'ils ne peuvent que faire palpiter le nôtre avec eux.
Sur un sujet similaire à Rental Family, le long métrage autrichien Peacock usait d'un sens de l'absurde très efficace dans une satire des relations humaines, dans notre monde moderne, avec un vrai mordant pour une vision acerbe de l'hypocrisie de tout un chacun et de la prépondérance de l'image que l'on renvoie, quitte à ce qu'elle soit insincère. Le film de Hikari est tout autre, sur une corde sensible et sentimentale qui n'évite pas toujours le chantage à l'émotion et ne cherche pas à expliquer comment ces agences de location de proches, d'amis ou de membres de famille fictifs font désormais partie du panorama japonais. Pas d'exploration sociologique, donc, dans le scénario, mais une veine empathique renforcée par un regard charmant sur les traditions culturelles japonaises et sur ses paysages somptueux, tant à Tokyo qu'en pleine nature. spoiler: De fait, Rental Family s'intéresse surtout à son héros, un gaijin tonique et sympathique, mais solitaire et mélancolique, qui reprend goût à la vie en aidant les autres, tout en mentant et prétendant, ce qui n'est sans doute que péché véniel. Il vaut mieux prendre le film au premier degré dans sa fonction de Feel Good Movie et ne pas y chercher une morale qui serait supérieure à la simple humanité. Pour ce faire, la présence rassurante d'un comédien aussi expressif et attachant que Brendan Fraser permet d'apprécier le film pour ce qu'il est, doué d'une humilité et une gentillesse avérées.
Rental Family est une comédie déjantée, originale et profondément émouvante. Le film trouve un équilibre surprenant entre humour absurde et émotion sincère, en abordant des thèmes qui résonnent fortement avec notre quotidien. Brendan Fraser est tout simplement phénoménal : il explore plusieurs facettes de son jeu avec une justesse impressionnante et porte le film sur ses épaules avec beaucoup de sensibilité. Le reste du casting est remarquable et parfaitement investi. J’aurais toutefois aimé une mise en scène plus audacieuse et marquante pour accompagner la richesse du propos. L’histoire personnelle du protagoniste méritait également d’être davantage approfondie afin de renforcer l’impact émotionnel. En revanche, l’immersion est totale grâce à l’architecture et aux décors japonais, qui offrent un véritable dépaysement. Rental Family reste une belle surprise, touchante et humaine, portée par une énergie singulière.
Un chef d'oeuvre ce film ! Ça fait longtemps que je n'avais pas vu un si bon film . L'acteur principal joue magnifiquement bien et les personnages sont très attachant surtout le grand père .
Le film est touchant, drôle et nous emmene dans la culture Japonnaise avec brio. Quel plaisir de voir Brendan Fraser à chacune de ses apparitions. Donnez lui un maximum de rôles !!
Poétique, des plans magnifiques, les relations humaines touchantes... un film à voir au cinéma pour profiter de ces magnifiques plans. Le cinéma asiatique est vraiment top
10 571 abonnés
11 461 critiques
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3,0
Publiée le 14 janvier 2026
« Parfois, l'histoire qu'on se raconte devient la vérité. » Installé au Japon, Phillip Vanderploeg n'a pas vraiment de succès dans sa carrière d'acteur jusqu'à ce qu'il rencontre un patron d'une entreprise assez spéciale qui lui propose de jouer différents rôles auprès de véritables personnes. Un mari, un ami ou un père, tout ce que le client désire. Un business qui fait écho à une pratique bien réelle au Japon et à une société malade qui se cache derrière des faux-semblants. Chaque contrat met en lumière un problème au niveau de l'orientation sexuelle, de la solitude, de l'adultère ou de la pression parentale. Étant étranger à cela, et on lui rappelle suffisamment qu'il n'est qu'un "gaijin", Phillip prend son travail vraiment à cœur. Une sensibilité touchante qui fragilise la frontière entre son travail et les sentiments qu'il développe au contact de ces gens. Hikari capte bien cette vulnérabilité chez ces personnes qui ont besoin de quelqu'un pour reprendre confiance en eux, pour combler un manque ou pour simplement avoir le sentiment d'exister aux yeux de quelqu'un. Brendan Fraser incarne bien la tendresse, la bonté et l'empathie de son personnage, et même si "Rental Family" fait parfois preuve d'un sentimentalisme trop appuyé, c'est un film sympathique et attendrissant, mais aussi triste dans le fond.
J’ai découvert ce film sans lire le synopsis, essentiellement pour Brendan Fraser. Je n’en attendais rien de particulier, sinon me laisser porter par le récit — et c’est exactement ce qui s’est produit. Un film sensible et émouvant, qui m’a brièvement rappelé Une part manquante avec Romain Duris, même si la comparaison s’arrête vite : au-delà de la figure du « gaijin », les deux œuvres empruntent des chemins très différents. Je n’ai volontairement pas envie d’en dire davantage : le pitch en révèle déjà trop. Je vous encourage à aller le voir et à vous faire votre propre idée. À mon sens, moins on en sait avant la séance, plus l’expérience gagne en justesse.
Vu au États-Unis où il est sorti deux mois plus tôt qu'en France. J'ai ris, j'ai pleuré, j'ai adoré. Au même niveau que the whale avec le même acteur principal qui assure toujours autant.
Dès le départ on sent qu’il va se passer quelque chose avec ce petit film bourré de charme. Il y a une part de dépaysement indéniable qu’un pays comme le Japon exerce forcément sur le spectateur occidental. Et en prenant le point de vue d’un personnage principal américain, l’immersion est encore plus prégnante. Le postulat de départ ô combien original nous cueille également dès les premières séquences tout comme la bouille de ce Philip incarné par Brendan Fraser. Avec cette histoire de société qui loue des personnes pour jouer tel ou tel rôle, il y avait matière à divers types de développements dont celui de la comédie bien grasse, ce que « Rental Family » n’est pas du tout. On évite aussi le film purement atmosphérique voire contemplatif à la « Lost in Translation ». Au final, le second long-métrage de la japonaise Mitsuyo Miyazaki oscille entre légèreté parfumée de quelques notes d’humour et une émotion douce comme celle propre au feel-good movie.
Et « Rental Family » peut se targuer d’en être un. Car le film nous fait du bien et son petit cocon nippon nous enroule durant près de deux heures. Il est clair que le film semble hésiter dans sa première partie dans la direction à prendre justement, à doser la cocasserie du script avec ses potentialités plus dramatiques. Mais il parvient, petit à petit, à trouver le juste milieu et nous asséner joliment une belle leçon, sur la vie, la famille et les apparences. La narration pourra parfois sembler hésitante quand le script hésite à approfondir ses intrigues et personnages secondaires. Mais, de la même manière, tout devient plus évident et fluide à mesure que le film avance. Le discours, la morale, les différents personnages et les péripéties de cet acteur raté se découvrant une passion pour ces rôles dans la vraie vie s’imbriquent parfaitement, comme un joli puzzle.
Et puis il y a Brendan Fraser. Redécouvert comme par magie grâce à l’un des comebacks les plus improbables et surprenants de récente mémoire, récipiendaire d’un Oscar pour « The Whale », il est parfait dans ce rôle. Sa bonhommie et son air résilié collent impeccablement à son personnage. Dans son regard on voit un monde. Il émeut de manière naturelle, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Les seconds rôles japonais sont au diapason et les petites histoires incrustées dans la trame générale sont toutes charmantes. « Rental Family » regorge de moments charmants et touchants fondus dans une mise en scène discrète et sensible. Les plans sur les foyers d’un immeuble vus par les yeux du protagonistes sont particulièrement réussis tout comme ceux qui mettent bien en valeur la capitale japonaise sans tomber dans le cliché. Voilà donc une œuvre mignonne, apaisante et qui nous touche en plein cœur, un vrai film pour effacer les idées noires.
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Film pétri de bons sentiments, collés les Américains savent faire. Le film est très balisé et ne surprend jamais malheureusement. Reste le Japon, toujours fascinant.