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Patjob
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4,5
Publiée le 11 novembre 2023
Le capitaine Achab est un homme hanté et obnubilé par une idée : tuer la monstrueuse baleine blanche qui lui a, lors d’une expédition lointaine, pris sa jambe. C’est une sorte de quête du Graal à l’envers : il ne s’agit pas d’atteindre un idéal ou un accès à la divinité, mais d’affirmer sa condition d’homme en tuant la plus grosse des créatures divines. C’est toute la dimension mystique de ce film avec cet homme plénipotentiaire sur son bateau, respecté et craint par ses hommes, qui se dit prêt rivaliser avec Dieu si ce dernier se mettait en travers de son projet. Pour véhiculer cette dimension, John Huston utilise de nombreux procédés et schémas du film d’aventures (avec un aspect quasi documentaire sur la chasse à la baleine), et réalise des scènes de haut vol, qui alternent avec les moments symboliques. Je n’ai pas lu le mythique chef d’œuvre qu’est le livre de Melville (ce dont Woody Allen souffre dans « Zelig »), mais son adaptation, au-delà de ses « manques » probables, est une véritable réussite ; et l’image (Christique) de Achab « crucifié » sur la baleine restera pour toujours dans les mémoires.
En parfait maître du spectacle et de la mise en scène, John Huston offrait une version dantesque et mémorable de ce classique de la littérature. Toujours aussi impressionnant dans sa progression dramaturgique comme dans ses scènes de chasse à la gestion précise et dynamique, malgré 70 années passées, le film reste d'une force implacable dans le récit du destin de ces travailleurs de la mer entraînés vers le fond par la folie de leur capitaine, auquel Gregory Peck, pourtant plutôt abonné aux rôles de "bons gars", confère une stature et une profondeur magistrales, dans les mots comme dans les gestes. Une photographie au rendu sidérant sublime encore plus cette histoire, jusqu'au final parmi les plus "explosifs" qu'Hollywood ait pu concevoir.
Bien sûr les effets spéciaux datent, bien sûr Gregory Peck, mal maquillé, en fait des tonnes dans ses monologues philosophiques et psychotiques, mais l'épopée des marins baleiniers est bien rendue, et la terreur causée par la fureur de la baleine blanche fait toujours son effet.
En adaptant le roman d’Herman Melville, John Huston délaisse Ismaël, lui qui occupait une place centrale dans l’œuvre littéraire en ce qu’il y racontait une partie de son existence, seul rescapé d’un naufrage, au profit du capitaine Achab, figure qui condense toutes les obsessions du cinéaste : soit la lutte aveugle d’un homme contre une entité démoniaque qui cristallise à ses yeux toute l’impuissance de sa condition ; la reverser reviendrait alors à renverser l’ordre naturel et à imposer sa loi. Achab apparaît sous les traits d’un prêcheur aveuglé par sa quête de vengeance et prêt à emporter dans sa folie l’entièreté de son équipage en attisant sa cupidité par l’intermédiaire d’une pièce d’or – souvenons-nous de l’avidité qui animait l’aventurier Dobbs dans The Treasure of the Sierra Madre (1948). Personne ne parvient à lui faire entendre raison, ce qui n’est pas sans anticiper le jeune Hazel de Wise Blood (1979). Le conflit, chez John Huston, extériorise toujours la lutte intestine entre une aspiration haute et une extraction basse, entre un désir d’immortalité et l’incapacité à dépasser sa propre mortalité sinon par les histoires que l’on laisse – d’où l’omniprésence d’Ismaël, moins regardé comme un protagoniste à part entière que comme un témoin dont la voix off offre à Huston l’occasion d’une exégèse des symboles portées par sa fiction. Aussi le long métrage est-il scindé en deux parties inégales, la première, assez pénible, mettant en place les éléments constitutifs de la seconde, brillamment réalisée et interprétée, qui orchestre le choc des éléments et des croyances. Les effets spéciaux demeurent aujourd’hui impressionnants et redoublent par le grand spectacle les enjeux bibliques et intimes.
Ce film est un ancien chef-d'œuvre qui a beaucoup vielli. Par son esthétique de cartes postales qui le rapproche des films muets et par sa dramatisation qui rappelle Abel Ganz. Cela confine à la tragédie grecque avec un personnage d'Achab exagérément diabolisé, jusqu'à la caricature. Et le scénario mystique atteint le fantastique... Enfin il n'y a aucune empathie pour ces grands mammifères. Uniquement une féroce exploitation industrielle, ce qui a heureusement changé aujourd'hui.
Un très belle adaptation du roman de Herman Melville par John Huston, dans laquelle Gregory Peck excelle dans un rôle à contre-emploi. On peut également y noter une apparition d'Orson Welles.
Je ne connaissais pas l'histoire, ou le mythe, autour de la traque des baleiniers de la grosse et dangereuse baleine "Moby Dick", il y a eu plusieurs adaptations au cinéma sur cette histoire mais cette version écrit, produit et réalisé par John Huston m'a beaucoup plu ! Au départ, j'avais peur que les scènes Maritimes se voit trop monté dans un studio comme beaucoup de longs métrages de cette époque, cela ne se voit pas du tout ici, au contraire, elles sont spectaculaires et vieillissent très bien. Au début, on voit le narrateur s'engager et faire équipe avec les baleiniers à bord d'un grand navire en préparation pour lever les voiles et attaquer les baleines. Le personnage de Gregory Peck arrive après une demi-heure en chef de navire mais avec des apparitions marquantes sombres et obscures assoiffé d'une ambition folle d'attraper la grosse baleine "Moby Dick" qui lui a fait perdre une jambe dans le passé. Il y a aussi la présence d'Orson Welles qui a un petit rôle de prêcheur qui marque aussi les esprits. John Huston réussit à faire un grand spectacle à l'ambiance oppressante, il dispose de grands moyens artistiques qui se voit à l'écran. Du grand cinéma d'autrefois.
Ray Bradbury, John Huston, Norman Corwin, ont mis plus d’un an à bâtir un scenario adapté du roman d’ Herman Melville “Moby Dick”. Le film, sorti en 1956, deux ans après la fin du tournage, posa plusieurs problèmes. En premier l’absence de rôle féminine, car Huston voulait se concentrer sur la haine entre un homme qui se prend pour le champion de l’humanité et une baleine blanche qu’il pense être la représentation d’un Dieu malveillant qui tourmente les hommes depuis qu’il les a chassé du jardin d’Eden. Ingrid Bergman, désirée par la production, ne pouvait donc pas avoir de rôle dans cet récit. La production finit par accepter l’absence de rôle féminin et exigea en contre partie une grande star sur l’affiche. Quelques pointures refusèrent et ce fut finalement Gregory Peck qui à trente sept ans endossa le rôle d’un capitaine Achab, près de la soixantaine. Trop jeune, à priori trop mou et trop propret, il parvient néanmoins à se fondre dans l’habit de ce Prométhée ivre de haine et de vengeance, allant jusqu’à un jeu outrancier. Mais il est vrai que ce personnage pouvait difficilement se concevoir dans la sobriété. Le casting qui l’entoure (Richard Basehart, Leo Genn, Friedrich von Ledebur, Harry Andrews) est convaincant à défaut d’être génial, à l’exception d’Orson Welles dans un prêche impressionnant au début, qui tient uniquement sur sa qualité d’acteur, étant majoritairement filmé en plan fixe. Les scènes d’action sont brillamment réalisées. Malgré des moyens spéciaux qui furent ceux de l’époque, la partie chasse à Moby Dick est haletante et convaincante, grâce à une énorme maquette (trois en fait) qui se brisa moult fois, obligeant des reprises dans les conditions peu évidentes de la pleine mer. Cinématographiquement parlant, la caméra alterne les variations de distance, allant jusqu’à une épreuve physique à hauteur d’homme.spoiler: En ce sens la mort du Capitaine est impressionnante, au propre, comme au figuré. Finalement le problème métaphysique et son défi prométhéen n’est jamais sacrifié dans l’action, ni l’inverse. Enfin, le traitement particulier de la couleur, tel que voulu par Huston, donne un côté terreux mono chromique précurseur de ce qui se fait aujourd’hui, que je trouve regrettable par rapport à un noir et blanc qui apporte une autre profondeur au poids des images. Avec « Moby Dick » Huston réussit un de ses exercices favoris : adapter brillamment à l’écran un roman réputé inadaptable
Film parfait signé du grand John Huston, écrit par le grand Ray Bradbury d'après le grand roman de Melville, interprété par un Gregory Peck inoubliable en Achab... Le genre de film qui, vu enfant, peut rendre n'importe quelle personne en fou furieux de cinéma. Je peux en témoigner. D'autres adaptations ont été faites, souvent pour la TV, aucune ne lui arrive aux lacets de chaussure, même si ceux-ci traînent au sol.
Quand on a lu le chef d’œuvre de Melville, on ne peut qu’être déçu par cette mauvaise adaptation de l’ouvrage. Les grandes lignes de l’intrigue sont grosso modo respectées mais ça ne colle pas. On ne retrouve rien de ce qui fait la puissance de l’intrigue telle que déployée dans le roman. On ne retrouve pas le thème de l’obsession qui monte crescendo dans le livre, pour enfin aboutir en une orgiaque scène de massacre. Pas plus que les thèmes de la folie ou de la religion de manifestant sous ses diverses formes ou encore … Il aurait été impossible et présomptueux, certes, de vouloir rendre compte de la complexité de l’ouvrage ou de l’ensemble des sujets qui y sont déployés. Mais ici, rien n’y est exploré. Aucun des thèmes n’est profondément mis en en scène. Les angled ne sont pas terribles, les transitions non plus. Les acteurs sont moyens On est ici confronté à une piètre adaptation des lignes narratives du roman sans aucune profondeur et sans aucun interêt. C’est une version prémâchée du livre qui me fait penser à ces collections pour enfant qui font des résumés des classiques de la littérature pour les rendre plus digestes. C’est du niveau d’un Disney reprenant un récit célèbre. Au pire, c’est un navet, un petit caca cinématographique qui n’avait pas lieu d’être. Au mieux, c’est un bête film sur la vengeance et les grands cétacés mais auquel il manque et la queue et la tête… Un nanar, en somme !
Moi qui vous écris, il me faut vous dire que je ne suis pas lecteur du tout. J'avais essayé de lire le roman de Melville il y a quelques années, mais devant la longueur du livre (800 pages), j'ai baissé les bras, pour moi, c'était beaucoup trop. C'est pour ça que je vais juger cette oeuvre Hustonienne comme un film n'étant pas une adaptation. Bon, que dire sur ce "Moby Dick" ? La première demie heure est assez laborieuse. Il faut même aller jusqu'à se farcir un sermon interminable d'Orson Welles. En fait, il faut attendre la véritable apparition de Gregory Peck pour que ça se lance. On le voit au début, mais il est filmé de loin et de dos, on ne peut alors parler que de petite apparition. Bon, après, il faut être honnête, même quand Gregory Peck est là, ça n'atteint jamais des sommets. Et pour cause, il faut endurer pas mal de bavardages qui ne font en rien avancer l'histoire. Le caractère blasphématoire du film existe évidemment, mais aujourd'hui, il n'a plus d'impact. Le film a ses tares, mais il reste quand même un divertissement sympa car Huston réussit là où on l'attend. C'est à dire aux moments d'affronter les baleines et évidemment au moment d'affronter la fameuse baleine blanche. Le film peut aussi compter sur un très bon Gregory Peck habité par son rôle.
Moby Dick est un bon film d'aventure signé John Huston au sommet avec un Gregory Peck au meilleur de son art. L'acteur est charismatique au possible et incarne un Achab possédé et particulièrement enragé. Richard Baseheart incarne correctement Ishmaël, le narrateur de l'histoire, mais c'est clairement Gregory Peck qui lui vole la vedette et qui attire tous les regards à chacune de ses apparitions. A noter également la performance séduisante d'Orson Welles en Father Mapple. Le film a pris un petit coup de vieux sur le plan esthétique mais il a tout de même plus de soixante ans. En revanche, il est très fidèle à l'oeuvre originale et retranscrit très bien à l'écran l'ode à la mer qu'est le livre d'Hermann Melville. Je recommande.
Dans un trip film classique avec les anciens grands acteurs j'ai foncé sur Moby Dick, John Huston de la comédie musicale "Annie" et Grégory Peck de "la Malédiction" notamment ça augurait du bon. Au lieu de ça j'ai vu un phénomène que je retrouve trop souvent de nos jours : le fait de sauver un film en mettant des vedettes, ben ça existait donc déjà à l'époque. Alors déjà 2h pour un film c'est souvent bien, mais là c'est lourd, beaucoup trop long, et les longueurs s'accumulent dès la 5è minute, ça plombe. Faut quand même attendre les 10 dernières minutes pour voir le monstre. Je veux bien que la recherche d'une baleine soit longue, mais à ce point... Surtout qu'on a le Peck qui nous fait des monologues sur un ton bien neutre, alourdissant encore plus le film. La musique aurait pu dynamiser l'ensemble mais soit elle est absente soit elle est moche, donc ça n'aide toujours pas. Un bon point : ce n'est pas mal joué pour autant, et le thème de la vengeance est bien exploité, mais l'histoire n'étant pas des plus passionnante il aurait fallu un scénario plus actif pour digérer le tout, surtout que la trame est archi classique, donc on devine aisément la fin qui est d'ailleurs trop rapide (1h50 de longueurs pour 10 minute de chasse, tout ça pour ça...). On rajoute des images tirées de documentaires (et ça se voit énormément), quand on n'en remet pas carrément une déjà tournée auparavant (répétitions). Je parlais de monstre plus haut, j'aurais dû mettre des guillemets car, hormis le fait que la baleine n'est pas réaliste du tout (mâchoire, dents, taille), elle n'est pas bien faite et ne fait pas peur, même pour un enfant (à l'époque peut être, et encore...). Disons que ça peut se montrer à un gamin, ça lui en apprendra sur les baleiniers mais pour le divertissement il repassera.
¡Baleine Blanche! Balèze soit Moby Dick jusqu’à obstiné aussi d’arrache-pied, oups pour la jambe en bois bancale du Captain Achab Commandant Gregory Peck bien la barbe vous change le charisme !..... dans ce film adapté de la littérature du siècle industrielle jeune état. Sauvage liberté nature océanique pour étudiants synthèses dissertations thèses soutiens d’Harvard diplôme, ho hisse haut les voiles moussaillons matelots marins pêcheurs chasseurs harponneurs aventuriers : l’odyssée baleinière insulaire flottante dessert flan......!
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