"Nuremberg" avait de quoi faire peur au départ, une grosse production typiquement Hollywoodienne avec un casting 100 % anglophone, on pouvait craindre le film à Oscars facile et didactique. Même s'il n'évite pas complètement ce dernier écueil, et d'autres pièges du genre, il faut reconnaître à James Vanderbilt d'avoir réussi avec brio à résumer les tenants et aboutissants du procès de Nuremberg dans un film de 2h30, le tout avec un grand respect porté à la réalité historique, et à avoir rendu clair et intelligible un sujet qui ne l'est vraiment pas tant que ça au départ. On appréciera d'ailleurs l'angle d'attaque, celui de l'étude psychiatrique des nazis, avec la confrontation entre Kelley et Goering, ce qui est tout de même beaucoup plus palpitant qu'une simple reconstitution du procès. Cette vision originale nous fait suivre le film avec un grand intérêt, d'autant que "Nuremberg" peut compter sur une performance de haut vol de Russell Crowe, dans le rôle de Goering, qui domine littéralement l'ensemble du film et écrase tout sur son passage. Sa performance, très juste, nous fait ressentir la fascination troublante qu'a pu exercer le personnage sur les protagonistes de cette histoire, et les tourments qu'il ne manquera pas de leur causer, même après sa mort. C'est la grande réussite du film assurément. À côté, les seconds rôles sont bien pâles malheureusement : Michael Shannon est trop académique, Rami Malek trop... bizarre. Même si le procès en lui-même est un peu "rushé" (rappelons que ce dernier a duré près d'un an), le résultat est très convaincant et les grands enjeux du procès sont bien traités. Alors, au-delà de la polémique habituelle que peut générer un tel film au sein de la critique, "Nuremberg" est un film solide sur un fait historique majeur, nécessaire et éducatif, qui a le mérite de proposer un angle nouveau et suffisamment corrosif pour marquer le spectateur et le faire réfléchir sur le sujet. On en regrette même que le film ait été snobé par les Oscars...
Qui est le film ? Nuremberg se présente comme un film grave. Ostensiblement grave. Un film de procès, de conscience, de responsabilité, posé sur l’un des points de compression moraux les plus violents du XXᵉ siècle. Autant dire un moment déjà labouré jusqu’à l’épuisement, saturé de récits, d'analyses, de visages, et de représentations. James Vanderbilt, jusque-là scénariste inégal, décide pourtant d’y entrer à son tour, caméra au poing, avec la conviction de celui qui croit encore pouvoir dire quelque chose là où tout semble déjà raconté.
Par quels moyens ? Nuremberg voudrait être plusieurs films à la fois : un film de procès, un film de duel intellectuel, une réflexion sur la naissance du droit international, une réflexion sur la monstruosité banale, un drame intime. Aucun de ces films ne tient véritablement la route. L'axe annoncé (la justice internationale comme construction fragile née d’un rapport de forces) se dissout dans une accumulation de pistes mal assumées.
C’est d’autant plus regrettable que le film aurait pu devenir passionnant là où il recule systématiquement : par exemple dans la définition même du crime contre l’humanité (notion fondamentalement ambivalente dès lors qu’elle est formulée par une puissance comme l’Amérique). Les débats sont aplatis, les contradictions rapidement neutralisées, les zones grises évitées.
Le traitement de Göring concentre cette ambiguïté. Russell Crowe compose un affable, cultivé, charismatique. L’humanité accordée au nazi n’est pas en soi un problème. Elle peut même être nécessaire. Le vrai scandale moral tient à l’absence de contrepartie. Le film lui offre l’intelligence, l’humour, la maîtrise du langage, et ne répond à cette séduction que par une solution indigne : dix minutes d’images frontales projetées sur un vidéoprojecteur, comme un rattrapage didactique tardif, censé équilibrer ce qui a été offert auparavant, comme si montrer suffisait à penser.
Face à Göring, Rami Malek, livre une prestation affectée, appuyée, empêchant toute complexité réelle. La psychiatrie, au lieu d’ouvrir un véritable champ de tension éthique, n’est qu’un dispositif scénaristique commode. Kelley est naïf, capitaliste puis désillusionné, selon un arc attendu, sans aspérité ni contradiction profonde.
À cela s’ajoute une américanisation du moment historique. Le film recompose Nuremberg comme un récit de fondation morale américaine, là où il aurait fallu accepter la part d’impureté, de calcul, de domination politique. Cette simplification atteint son paroxysme dans la multiplication d’arcs narratifs inutiles. La femme et l’enfant du haut gradé nazi, par exemple, sont d’une nullité confondante. Personnages fantomatiques, écrits sans nécessité, ils n’apportent rien sinon un supplément de pathos mal placé (tout comme les exécutions finales).
Quelle lecture en tirer ? Au final, Nuremberg est un film profondément raté : confus dans ses intentions, paresseux dans sa mise en scène, moralement bancal dans ce qu’il croit analyser et idéologiquement aveugle. Un film qui parle beaucoup, pense peu, et pourtant (contre toute attente) j’ai passé un bon moment. Sans doute parce que le film fonctionne malgré lui comme un objet de spectacle, porté par quelques acteurs, des sujets qui incubent des réflexions involontaires. Ce n’est pas une réussite. C’est un divertissement coupable. Mais il faut reconnaître au film ce mérite paradoxal : même mauvais, il sait encore captiver.
Même si Nuremberg a visiblement tout de la grosse production sur un sujet o combien majeur de l'histoire, il est important de commencer par bien en cerner les contours et donc les limites. Bien qu'il dure 2h30, il faut comprendre qu'il ne s'agit pas exactement d'une grande fresque sur le nazisme et encore moins sur la seconde guerre mondiale (ni dans son ensemble ni même en partie). Mais il s'agit pas vraiment non plus -et ça peut paraître plus surprenant- d'un film sur le procès de Nuremberg, dont on ne retient finalement que quelques passages marquants. Notamment ceux concernant les prises de parole de Hermann Göring, principal accusé et numéro deux du régime nazi, tombé dans les mains des alliés et amené à être jugé pour crimes contre l'humanité.
Par ailleurs, il faut vraiment avoir en tête que Nuremberg se veut clairement un film grand public. On est d'avantage dans la vulgarisation historique que dans le documentaire méticuleux et l'on frôle même la comédie à certains moments (la présentation un peu cartoonesque des nazis présents au procès par exemple). En tout cas le ton semble parfois assez relâché. Le film est conçu un peu à la manière d'un match de boxe opposant Göring, au procureur américain. La confrontation étant bien-sur prévue pour la fin du film, tout ce qui se passe en amont en constitue une sorte de préparation psychologique pour les personnages et de suspense pour le spectateur.
Maintenant que l'on a bien cerné à quoi l'on avait affaire, on peut effectivement commencer à dire que oui c'est divertissant, bien écrit et rythmé. On ne voit d'ailleurs pas vraiment le temps passer. Dans ce cinéma historique, c'est l'aspect cinéma qui prévaut sur l'aspect histoire et l'accent est clairement mis sur la mise en scène et les rebondissements. Et puis surtout, comme le laisse fort bien deviner son affiche, on est complètement dans un film d'acteurs, assez proche du théâtre finalement. Et à ce niveau, ils sont tous trés bons. On s'est beaucoup focalisé sur la performance de Russell Crowe, qui c'est vrai nous livre un Göring ressemblant et convaincant, mais Michael Shannon et Rami Malek, lui tiennent tête sans trop de difficulté, un peu à l'image de tous leurs personnages respectifs dans le film. Alors pour résumer un peu schématiquement: Nuremberg un grand film historique ou philosophique sur le nazisme? La réponse est non. Un bon divertissement pour un dimanche après-midi pluvieux (oui il pleuvait hier sur Paris) ? Absolument.
Pour finir, je voudrais simplement indiquer que pour moi le meilleur film sur le procès de Nuremberg, reste De Nuremberg à Nuremberg, chef d’œuvre documentaire de Fréderic Rossif sorti en 1989. Et même si seules 30 minutes, sur les 240 environ qui le constituent concernent le procès lui même, on y apprend bien plus de choses que dans le film de James Vanderbilt.
Nuremberg est un excellent film, qui retrace le procès de Nuremberg sous un angle très malin, celui du psychiatre chargé d’évaluer les hauts dignitaires nazis. Le jeu d’acteur est très bon et la tension est constamment palpable. Pour les passionnés d’Histoire, c’est un régal. Les attitudes des personnages correspondent parfaitement aux véritables protagonistes. Le spectateur peut être marqué par le contraste entre la sympathie passagère de certains accusés et l’horreur de leurs crimes.
Ce sont quand même des génies du storytelling ces américains. Un moment marquant de l'histoire, un bouquin, un scénario et voici une adaptation qui se permet des libertés mais garde l'essentiel pour distiller un message encore d'actualité et bien naturellement façonner une image de l'Occident. En plus c'est porté par de belles prestations et une mise en scène sans bavures. Ils sont forts ces américains
Russell Crowe majestueux dans le rôle du Reichsfeldmarschall H. Göring. Rami Malek très bon dans le rôle du psychiatre Douglas Kelley. Les procureurs américain et britannique, le sergent-interprète et le directeur de la prison jouent très bien aussi.
Je suis allé le voir hier le 3 février. Très bon film. Russell Crowe est exceptionnel, s'il fallait déjà le souligner. Rami Malek est très doué, Le reste du casting est à l'avenant. Seule l'actrice rencontrée dans le train ne sert absolument à rien par contre. Un film nécessaire, pour ne pas oublier. Ne jamais oublier. C'est un film très dur, émotionnellement parlant, à éviter aux âmes sensibles et aux mineurs.
Nuremberg est bien sûr un film nécessaire même si on pourrait lui reprocher une forme trop académique . Mais, en dehors de l'histoire elle même qui se doit de continuer à être racontée pour les jeunes générations ,le film vaut surtout pour ses interprétations et en tête un russel Crowe qui revient enfin dans un film digne son talent . Et quelle interprétation ! Il nous rappelle qu'il est un des meilleurs acteurs de sa génération , trop cantonné depuis quelques années a des séries b ou des pelloches très oubliables. Là il est bluffant. Les autres ne demeurent pas face a ce monstre , avec bien sûr un rami Malek parfait et une mention particulière pour leo woodall qui campe avec émotion et justesse le sergent traducteur qui finira par livrer son secret.
Un excellent film dans l'ensemble ! On ne voit franchement pas le temps passer. On aurait même aimé un peu plus de développement, surtout pour ma part les scènes se déroulant pendant le procès. Bien qu'au début le choix de Russell crowe mais paru un peu étonnant car pour le côté réaliste on aurait préféré un acteur allemand, finalement il campe très bien le personnage. Au-delà de l'histoire qu'il raconte, il tombe à un moment opportun selon moi. Nous vivons une époque où il faut se rappeler que le pouvoir de ceux qui peuvent parfois Gouverner s'obtient très facilement au travers de la haine et de la peur des autres !