Très étonnant (ou pas) cette différence d'appréciation entre les critiques presse (note moyenne de 2,8) et les critiques spectateur (4,2) ; mais n'en doutez pas ce sont les spectateurs qui ont raison. C'est vraiment stupéfiant cette différence de notation, au point que je me demande à quel point les critiques presse (ceux qui ont donné de mauvaises notes à ce film) ont compris l'objet de ce film. Ne pas comprendre que le fond historique n'est qu'un prétexte pour explorer le duel psychologique entre Douglas Kelley (le psychiatre) et, entre autres, Hermann Göring, il fallait oser... et ils ont osé.
Non accessoirement, ce film relate également, comment le droit international a été créé pour que plus jamais les horreurs nazies ne puissent se reproduire. Les créateurs de ce droit (Anglais, Étasuniens, Français et Soviétiques) ont d'ailleurs dû faire l'impasse sur leurs incohérences (puisqu'ils ont largement pratiqué les génocides, notamment dans leurs guerres coloniales) pour arriver à définir juridiquement ce qui devrait rester à jamais interdit dans les guerres. Un vœu pieux puisque depuis, ces mêmes pays (parmi bien d'autres) ont largement enfreint leurs propres règles et qu'aujourd'hui ce droit est carrément moribond.
Mais bon, il ne faut pas en demander trop non plus aux professionnels de la critique négative, notamment pour qu'ils comprennent que ce film est en réalité d'une terrible actualité.
J'ai recherché si ce que raconte ce film représentait une vérité historique et je n'ai pas réussi à prendre en défaut les faits relatés. Mais ce n'est pas étonnant puisque ce récit est largement inspiré de l'ouvrage de Douglas Kelley "Les 22 de Nuremberg : dans la tête des nazis". Ce livre fut un vrai flop, puisque comme d'autres (Hannah Arendt, Stanley Milgram, et cetera), il soutenait que les nazis étaient des hommes comme les autres ; ce qui pour beaucoup de gens est une évidence qui n'est toujours pas admise aujourd'hui. C'est ce déni qui a conduit aux horreurs de 39-45, et c'est toujours ce déni qui fait que 4 génocides sont toujours en cours aujourd'hui sur notre planète sans qu'il ne se passe rien, à part quelques protestations formelles...
Tous les acteurs sont parfaits, mais à ce jour, c'est probablement une des meilleures interprétations de Russell Crowe. Il est impérial comme il se doit dans la peau de Göring, tout en finesse pour nous faire ressentir de quel type d'intelligence psychopathique et de sensibilité perverse cet assassin de masse était capable.
Bref, à voir, juste pour en apprendre un peu plus sur les horreurs dont beaucoup d'humains sont capables et comment les totalitarismes génocidaires peuvent devenir des réalités sans qu'il ne se passe rien, y compris aujourd'hui.