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Norbert Sautelles
21 abonnés
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3,0
Publiée le 4 août 2026
spoiler: James Vanderbilt, scénariste chevronné, dirige cette histoire vraie. Nous suivons les pérégrinations du psychiatre affecté à l'évaluation de la santé mentale des dignitaires du IIIe Reich qui sont en procès à Nuremberg. Les alliés souhaitent condamner ces survivants (les autres se sont suicidés) et le dernier patron du IIIe Reich, Hermann Goering, est leur leader. Il est la pièce centrale du procès et notre psychiatre passe beaucoup de temps avec lui. C'est un des défauts du film : sur la dizaine d'inculpés, seuls trois ou quatre sont suivis, dont Goering principalement. La forme série en plusieurs épisodes aurait été plus adaptée pour développer le profil psychologique de chacun d'eux.
Sinon, les enjeux du procès du point de vue des alliés sont évoqués : qui l'anime, quel résultat faut-il obtenir. Il ne faut pas qu'il y en ait qui se suicident avant. Le film montre aussi une partie du déroulement du procès, avec les images des camps de concentration, inédites au moment du procès.
Le psychiatre réalise le profil psychologique de ces personnes, et sa conclusion est la partie intéressante du film, que nous ne divulgâcherons pas.
Dans les défauts du film, des histoires adjacentes (la journaliste, le collègue qui a un agenda caché) sont inutiles et n'apportent rien. Il y a presque trente minutes de trop.
Sinon, les trois acteurs principaux font le job : Rami Malek en fait trop comme d'habitude, Russel Crowe s'amuse bien comme d'habitude, et Michael Shannon sait faire apparaître sa souffrance sur son visage sans subtilité dans son interprétation. À visionner si l'on apprécie un de ces animaux de caméra.
Avec la montée de l’extrême droite dans le monde, ce film paraît essentiel. Un rappel des méthodes utilisées qui trouvent un écho dans le climat d’aujourd’hui. Ce genre de film nous rappelle à quel point il est important de se souvenir.
Le film laisse penser, par son titre, qu’il traite du procès historique de Nuremberg, celui qui mettra en application pour la première fois la condamnation pour “crime contre l’humanité”. Mais en réalité, il traite davantage de l’analyse psychiatrique des nazis, menée par le Dr Douglas Kelley. Au cœur de ce film, on trouve la relation complexe entre Hermann Göring, interprété par Russell Crowe (absolument incroyable dans le rôle), et le psychiatre Douglas Kelley, joué par Rami Malek.
Nuremberg ne se présente pas comme un grand film hollywoodien : il nous partage un point de vue terriblement humain. Il témoigne. C’est bouleversant et insoutenable, et cela nous rappelle, avec sobriété, les atrocités qui ont été commises.
Un scénario extrêmement sérieux et documenté qui donne de l’ampleur et de l’humanité dans le traitement de ce qui est le plus grand procès du siècle. Prenant.
Ce film qui retrace le célèbre procès des anciens dirigeants nazis à Nuremberg se montre à la fois didactique et académique dans son approche. Pour autant, il n’est pas dénué d’ambiguïté pour autant par son évocation de la relation entre Goring et le psychiatre chargé de l’analyser. C’est un film porté par une luxueuse distribution dont émane l’acteur Russel Crowe grossit pour son rôle de Goring qui se montre séducteur, manipulateur et foncièrement sociopathe. Un long-métrage qui évoque en creux le risque d’autoritarisme et de dérive fasciste.
Une claque alors que surgissent dans le monde depuis des années, des gouvernements d'extrême droite avec qui il est de "bon ton" de détester l'autre parce qu'il est différent. On sent tout le cynisme des accusés dans ce film, toute la manipulation dont ils font et ont fait oeuvre. Le personnage principal d'abord berné, comme tout le peuple allemand, le découvre avec toute l'horreur des camps, que les accusés semblent considérer "comme un détail de l'Histoire". PLUS JAMAIS CA !!!
Très bon film permettant de suivre le procès de Nuremberg et sa préparation. Ce film arrive parfaitement à montrer la capacité des pires hommes à changer de visage afin de paraître sympathiques et persuasifs à l’égard des meilleurs. Bien que ce procès ait eu lieu il y a 80 ans et que le monde entier n’ait dit « plus jamais », la manipulation exercée par Göring nous rappelle celle de certains dirigeants/ figures politiques actuelles, nous permettant ainsi de nous questionner sur l’avenir de notre société.
Le personnage du psychiatre interprété par Rami Malek est très complexe et permet au spectateur de s’identifier aux nombreux individus se laissant prendre malgré eux par les discours les plus convaincants des Hommes dangereux, permettant ainsi de montrer à quel point la menace du fascisme persiste encore aujourd’hui.
Un film très bien joué et très bien réalisé, avec des images d’archives glaçantes, rappelant l’inhumanité de ces hommes.
C'est un très bon film. Malgré la complexité historique et psychique à comprendre la politique allemande, dans le film nous arrivons à suivre le psychiatre sans difficulté. On a tout aussi bien le point de vu de Goering que celui du procureur ou du médecin. L'éloquence est impressionnante et les costumes pareillement. Attention ce n'est pas non plus un documentaire historique.
Avec Nuremberg, James Vanderbilt s'attaque à l'un des moments les plus déterminants du XXe siècle : le procès des principaux responsables nazis après la Seconde Guerre mondiale. Plutôt qu'un simple film de tribunal, il propose un face-à-face psychologique captivant entre ceux qui cherchent à comprendre le mal et ceux qui l'ont incarné.
Au cœur du récit, Rami Malek incarne le psychiatre Douglas Kelley, chargé d'évaluer l'état mental des dignitaires du IIIᵉ Reich avant leur jugement. Face à lui, Russell Crowe impressionne dans le rôle d'Hermann Göring, figure centrale du régime nazi. Son interprétation mêle charisme, intelligence et danger, faisant de chaque échange verbal un véritable combat de volonté.
James Vanderbilt évite la reconstitution historique purement académique pour privilégier l'affrontement psychologique. Le film explore une question troublante : comment appréhender des hommes responsables d'atrocités inimaginables sans pour autant leur accorder la moindre excuse ? Cette réflexion donne au récit une profondeur qui dépasse largement le cadre judiciaire.
La mise en scène sobre et élégante met en valeur la tension permanente qui règne entre les personnages. Les dialogues, précis et incisifs, nourrissent un suspense intellectuel rare où chaque mot devient une arme. L'atmosphère oppressante rappelle constamment que derrière ces discussions se joue la compréhension d'une des périodes les plus sombres de l'histoire.
Porté par des performances remarquables et une écriture rigoureuse, Nuremberg réussit à conjuguer le devoir de mémoire et le grand spectacle cinématographique. Le film interroge avec intelligence la nature du mal, la responsabilité individuelle et les limites de la justice face à l'horreur.
Un drame historique puissant, fascinant et profondément dérangeant, qui rappelle que comprendre l'Histoire demeure essentiel pour éviter qu'elle ne se répète.
Je pourrais presque écrire la même critique que pour La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer.
Tout est bien fait ici, mais de manière assez académique. La mise en scène, la direction artistique et le scénario sont solides, sans chercher à révolutionner le genre.
Mais la force du sujet finit par rendre l’ensemble particulièrement prenant. Les évocations des camps de concentration au cours du procès sont terribles et bouleversantes, et donnent au film toute sa puissance.
Malgré ses 2h29, on ne voit pas le temps passer. Le casting est également superbe, avec Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant, Michael Shannon ou encore Leo Woodall, tous très convaincants.
Au final, un film certes classique dans sa forme, mais souvent dérangeant, passionnant et nécessaire.
Nuremberg c'est avant tout un film-témoignage sur Hermann Göring du moment de sa captivité jusqu'à son exécution. C'est également une réflexion sur la complexité humaine qui peut mettre mal à l'aise tant on se rend compte qu'un monstre peut aussi avoir un visage amical. Mais pour autant et inéluctablement nous parvenons à comprendre qu'un monstre reste toujours un monstre et que rien ne pourra effacer le souvenir de toutes les atrocités commises. Enfin, il est clair que le réalisateur se présente en lanceur d'alerte et cherche à réactiver une mémoire collective souvent défaillante à une époque où la peur et le rejet semble reprendre le dessus. L'Histoire n'a de sens qu'à la condition de nous éviter de reproduire les mêmes erreurs.
CROWE est magistral, SHANNON trop rigide avec un étonnant casting de MALEK seulement distrayant. Après les films et documentaires sur EICHMANN allant jusqu’à la pendaison, ce procès de Nuremberg est un rappel de plus de l’abomination de « la solution finale ». Mais le film est tellement académique ! Je garderai la justification du procès : l’humiliation de 1918 a transformé les allemands en conquérants en 1940. Procès pour qu’ils ne deviennent pas martyrs et pour que cela ne se reproduise plus jamais ! La plaidoirie du juge de la Cour Suprême a été sauvée du fiasco par un anglais plus direct… En résumé une réalisation si peu imaginative !
Je dois avouer que je craignais le pire avant le visionnage. Russel Crowe, habituellement notoirement mauvais lorsqu'il s'agit de jouer avec un accent, incarne ici Hermann Göring (!). Et le scénariste de "Independence Day : Resurgence" à l'écriture et la réalisation de ce film sur les procès de Nuremberg. Pas de quoi rassurer ! Et pourtant, "Nuremberg" convainc. Certes, le long-métrage souffre évidemment de la comparaison avec "Judgment at Nuremberg" (1961), LE film de référence sur le sujet. Avec d'ailleurs quelques passages similaires, dont la projection au tribunal des images dévoilant l'horreur des camps de concentration et d'extermination. Il parvient toutefois à s'en démarquer, en évitant les redites. Les scènes de procès ne constitueront que la dernière demi-heure. Et l'intérêt principal n'est pas tant le procureur américain que le fondement moral et juridique des tribunaux de Nuremberg. Puis l'accent sera mis sur la relation entre un psychiatre chargé d'évaluer les dignitaires nazi, et Hermann Göring. Là-dessus, j'ai un peu de mal avec Rami Malek qui fait du Rami Malek (il n'a pas l'air de jouer dans le même film que les autres !). Mais son personnage de psychiatre ambitieux est intéressant. Et Russel Crowe se taille la part du lion en Hermann Göring. Présenté comme un homme intelligent, narcissique, redoutable, capable d'attiser la sympathie de par ses airs bonhommes, et de masquer son passé diabolique. L'acteur étonne, joue confortablement avec l'accent allemand, et donne toute sa saveur et son sens au film. Cela a beau durer 2h30, c'est assez passionnant à suivre, même quand on connait l'Histoire. A noter au passage que le réalisateur s'est permis quelques piques modernes, comparant ostensiblement l'Amérique de Trump au régime nazi ! On pourra reprocher un fort américanisme (les Français et les Soviétiques sont absents, les Britanniques à peine présents, la seule vraie séquence de procès se veut spectaculaire), mais cela reste un film pertinent des procès emblématiques... et une manière de redécouvrir le film de 1961 ?
Le film évite avec soin de nous rejouer l'éternelle partition du film de procès, en la cantonnant au dernier quart du film. Bien qu'abordant une page d'histoire déjà maintes fois usée, il parvient à garder l'intérêt de bout en bout en creusant sur le terrain de la psychologie, bien aidé en cela par la composition très juste des acteurs, et comment ne pas mettre en avant Russell Crowe campant un Göring aussi bouffi que suffisant? Un film étonnamment précis même s'il emprunte quelques raccourcis pour condenser les faits, appuyé sur des portraits fouillés et intéressants.
Ce film est une merveille. Acting incroyable, écriture irréprochable. Exploration historique sous un angle différent de ce qu'on peut voir habituellement. A voir absolument.