Le procès de Nuremberg, intenté par les puissances alliées (Etats-Unis, ., Royaume-Uni et France) contre 24 principaux responsables du IIIe Reich, accusés de complot, de crime contre la paix, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, s’est tenu de novembre 1945 à octobre 1946. Il a précédé le procès de Tokyo (1946-1948). Il a permis de poser les bases d’une justice internationale. Il est abordé pour la 1ère fois au cinéma, en 1961, dans « Jugement à Nuremberg » de l’Américain Stanley Kramer qui s’intéressa au procès, non pas des dignitaires nazis, mais des juges allemands qui mirent en œuvre les lois nazis (notamment antisémites de 1935 et promulguées à Nuremberg). Le procès en lui-même fit l’objet de 2 documentaires, l’un en 1974, par Henri de Turenne (série télévisée des « grandes batailles ») et l’autre en 1989, « De Nuremberg à Nuremberg », par Frédéric Rossif. James Vanderbilt a fait le choix de l’aborder, côté américain (car les Soviétiques ont surement une vision différente) et en se focalisant sur le plus haut dignitaire nazi encore en vie en 1945, Hermann Göring, 52 ans à l’époque (prodigieusement interprété par le Néo-Zélandais Russel Crowe, 61 ans, méconnaissable), « dauphin » d’Hitler, président du Reichstag, et sa relation avec un psychiatre américain, Douglas Kelley (Rami Malek, 44 ans), chargé de vérifier l’état mental des prisonniers et d’anticiper tout suicide de leur part avant leur jugement. Il relata son expérience dans la prison de Nuremberg, après le procès, dans « Les 22 de Nuremberg : dans la tête des nazis » (1947) et qui est racontée dans « Le nazi et le psychiatre » (2013) par Jack El-Hai dont le film s’inspire. Ce dernier a le mérite de rappeler des faits anciens (80 ans), d’une part, la réalité des camps d’extermination [des documents d’archives montrés lors du vrai procès (« Nazi documents camps » (1945) de l’Américain Georges Stevens] sont inclus dans le film] et d’autre part, des principes toujours d’actualité, même si de nombreux dictateurs sanguinaires et mortifères y ont échappé (soit étant abattus par leur peuple, soit se réfugiant dans d’autres dictatures). La fiction (tournage en Hongrie) a permis de sortir de l’aspect documentaire (comment résumer 11 mois de procès) et montrer que Douglas Kelley, aux relations complaisantes (par égoïsme professionnel ?) avec Göring et sa famille (avant la découverte des images des camps) a constitué un « idiot » utile en aidant (grâce à ses notes) le procureur général américain Robert Jackson (Michael Shannon, 51 ans) à affronter Göring, qui se défaussait sur Heinrich Himmler, responsable des . et de la Gestapo (mais suicidé le 23 mai 1945) et son adjoint, Reinhard Heydrich (mort en mai 1942, suite à un attentat perpétré par la résistance tchécoslovaque), en l’enferrant dans son égo démesuré et son narcissisme, afin qu’il reconnaisse sa culpabilité. Dommage que son livre fût un échec car Kelley avait compris que les dignitaires nazis, certes monstrueux, étaient aussi des hommes ordinaires, préfigurant le concept de banalité du mal, développé par Hannah Arendt (1906-1975) dans son livre « Eichman à Jérusalem » (1963), écrit après le procès d’Adolf Eichman (responsable de la logistique de la solution finale) en 1961. Certains accusés étaient condamnés d’avance mais la tenue d’un procès permettait d’éviter d’en faire des martyrs, la pendaison étant plus humiliante que le peloton d’exécution.