Une genèse intime et personnelle
L'histoire puise directement sa source dans le vécu du cinéaste Kai Stänicke, qui a grandi dans une petite ville rurale d'Allemagne durant les années 1990 en ayant le sentiment d'être empêché d'être lui-même. C'est en retournant chez lui des années après qu'il a ressenti ce vertige face à son passé, expliquant : « Surtout, j'ai eu la sensation que la vie que j'y avais jusqu'alors menée appartenait à quelqu'un d'autre — une vie qui n'avait jamais vraiment été la mienne et que je ne pourrais jamais retrouver ».
Le passage au long métrage
Après une licence en études cinématographiques et plusieurs années comme assistant réalisateur, Kai Stänicke a signé de nombreux courts-métrages salués tels que GAY GOTH SCENE, B. ou CIRCLE. Le Procès marque son tout premier long métrage de fiction. Présentée en première mondiale à la Berlinale dans la section Perspectives, cette première œuvre y a notamment remporté le Prix spécial du jury du Teddy Award.
Une inspiration théâtrale signée Lars von Trier
Pour imaginer le village insulaire, le metteur en scène n'a pas conçu un décor réaliste mais s'est inspiré de la scénographie dépouillée de Dogville. Ne pouvant pas construire un village entier pour des raisons de budget, il a transformé cette contrainte en concept : « J'ai été inspiré par DOGVILLE de Lars Von Trier. C'est un film que j'aime beaucoup, mais je voulais créer quelque chose d'unique en fusionnant le paysage de l'île avec un décor théâtral, ressemblant à une scène ».
Une île hors du temps
L'action a été délibérément située sur une île isolée afin de plonger le protagoniste au cœur d'une communauté soudée et hostile, mais surtout pour conférer au récit la dimension universelle d'un conte de fées moderne. En privant le spectateur de repères temporels ou géographiques précis, le film installe une parabole intemporelle où le tribunal prend les traits d'un amphithéâtre pour accentuer la portée performative de la justice.
Un parti pris visuel immersif
Conscient que l'abstraction des décors et le ton historique pouvaient installer une distance avec le public, Kai Stänicke a confié l'image à Florian Mag avec un objectif clair : coller au plus près du protagoniste incarné par Paul Boche. Le réalisateur a privilégié un tournage à la caméra au poing afin d'immerger les spectateurs directement aux côtés de Hein et de compenser l'aspect théâtral par une sensation permanente de vérité et de réalisme.
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