Quand j’ai vu l’affiche de ce film près de Bercy, je me suis immédiatement dit que je voulais le voir. C’est une belle déclaration d’amour aux infirmières.
Pendant les années Covid, en 2020, j’avais eu le malheur d’être hospitalisé en soins intensifs pour un problème de cœur et j’avais pu apprécier des infirmières au comportement humain exceptionnel. Cela m’avait marqué. Pendant le Covid, elles étaient véritablement en première ligne.
Dans ce film En première ligne, on suit les pas d’une jeune infirmière au sein d’un hôpital moderne, mais au rythme d’enfer. Cette infirmière est vraiment de bonne volonté, mais proche du surmenage. Elle est l’incarnation de la bonté, du courage et de l’empathie.
On comprend que le métier d’infirmière est très difficile, tant par la technique demandée que par la charge émotionnelle et humaine requise pour soigner. À mon sens, c’est un des métiers les plus difficiles, comme la plupart des métiers de soins, mais aussi l’un des plus beaux.
Pendant le film, on assiste à des scènes vraiment dures. On voit des patients très malades et même parfois proches de la mort. On sent la détresse, la misère, mais aussi l’envie de liens et de fraternité. L’hygiène est parfois déplorable et on est loin d’Instagram. Mais, au risque de choquer, je dirais que, d’une certaine manière, le laid, c’est le beau, comme disait Hugo.
Ce qui marque aussi dans le film, c’est qu’il ne décrit pas des scènes héroïques comme dans Homère ou Hollywood, mais plutôt la banalité du quotidien. Avec les mêmes gestes, les mêmes efforts, la même sueur, faits chaque jour avec patience, parfois avec amour. La constance demandée par les métiers du soin est un des points qui les rendent les plus valeureux. Ce n’est pas Omaha Beach, c’est jour après jour une infirmière qui soigne une personne atteinte de cancer, parfois sans témoin.
J’ai, en revanche, peu aimé quand l’infirmière rechigne à soigner une personne aisée du fait de son impolitesse. Je suis de ceux qui pensent que l’universalité du soin doit être appliquée systématiquement, sinon le système devient fou.
Enfin, j’aurais aimé que le film aborde davantage de moments de joie et lumineux du quotidien des infirmières. Ce métier est fait d’ombres, mais aussi de vraies lumières. Je pense, par exemple, au sourire d’hommes et de femmes qui sortent sauvés par une équipe médicale. Je pense, enfin, à l’esprit d’équipe et à la stimulation intense qui sont vraiment bons pour soi et son développement.
Au final, on ressort grandi du film et avec un respect empreint de gravité pour cette vocation.