Il y a parfois des coïncidences dans la sortie des films en salle et certaines sont très heureuses. C'est ainsi que 3 semaines avant la sortie de l'excellent "L'intérêt d'Adam" de la réalisatrice belge Laura Wandel, sort l'excellent "En première ligne" de la réalisatrice suisse Petra Biondina Volpe, 2 films qui ont en commun d'avoir une infirmière comme personnage principal. Ils ont aussi en commun de montrer combien ce métier est important, difficile et peu valorisé, de montrer combien ces femmes font preuve sans relâche de dévouement et d'empathie, de montrer que les rapports qu'elles ont avec les médecins peuvent parfois être rudes (heureusement, pas toujours !), d'avoir de nombreuses scènes dans lesquels une infirmière est suivie "à la Dardenne" par une caméra alors qu'elle se déplace dans les couloirs d'un hôpital, et, enfin, de jouir de la présence de 2 éblouissantes comédiennes pour interpréter le rôle de l'infirmière (Léa Drucker dans "l'intérêt d'Adam", Leonie Benesch, déjà remarquable dans "La salle des profs" et qui récidive dans "En première ligne"). Les comparaisons, toutefois, s'arrêtent là, les 2 films étant en fait très différents. Alors que "L'intérêt d'Adam" est une fiction très documentée qui s'intéresse presque exclusivement au cas d'un enfant de 4 ans hospitalisé dans une unité pédiatrique, "En première ligne", tout en étant joué par des comédiens et des comédiennes (mais aussi par quelques véritables infirmières et réanimateurs), s'apparente plutôt à un documentaire comprenant des éléments de fiction et qui s'intéresse à de nombreux cas concernant des adultes et des personnes âgées. En fait, pendant 90 minutes, on suit dans ce film la journée de travail de Floria, une infirmière d'une trentaine d'années, alors que le service dans lequel elle travaille est en sous-effectif (Eh oui, même en suisse, cela arrive !). De nombreux cas nous sont présentés, de nombreux patients, de nombreuses patientes. Si le film peut parfois apparaitre comme étant un peu répétitif, certaines scènes sont extraordinaires de justesse et d'émotion, le sommet étant atteint dans celles mettant en scène Floria et un malade ayant développé un cancer du pancréas. Autant dire que ces deux films se complètent et qu'ils ne se font pas du tout concurrence. La fin du film nous apprend qu'il y a un manque criant d'infirmières dans le monde entier et que les choses ne vont pas s'améliorer dans le futur. Et pourtant, comme le dit "Hope there's someone", la chanson d'Antony and the Johnsons (en 2005, date de parution de cette chanson, elle ne s'appelait pas encore Anohni !),
Hope there's someone
Who'll take care of me
When I die,
Et ce ou cette "someone", c'est souvent une infirmière !