Elle court, elle court de patients impatients, en patients qui patientent. Elle doit rester courtoise et combattre l'oppressante inquiétude des malades et leur famille. Un rythme effréné, une cadence infernale, une course de chaque instant, chaque cas se veut prioritaire. Mais Floria, elle est seule et pas forcément aidée devant satisfaire les exigences de chacun. Il y a ceux qui râlent, ceux qui ne sont jamais content, ceux qui paniquent et ont besoin d'attention, mais elle n'a pas assez de temps à leur consacrer. Ce temps incompressible est une valeur rare pour notre infirmière qui n'en a pas assez long pour subvenir aux besoins de ses malades. Infirmières : Voilà bien un métier de fou. Quand on sait qu'en plus elles tiennent nos vies entre leurs mains et n'ont pas droit à l'erreur. La grande machine à soigner qu'est l'hôpital ne prend pas assez soin de ceux qui la font tourner. A ce rythme, à leur demander de faire cent journées en une, ils vont finir par nous les user tous ces soignants et leur faire abandonner le métier. Alors, oui, un grand merci, à toutes les Floria, qui se sacrifient, se dévouent, pour préserver notre santé. Parce qu'arriva le jour où ces accompagnatrices hospitalières perdront foi en leur profession et nous laisseront nous débrouiller avec toutes nos affections pathologies et autres contagions. A les traiter comme simples bonnes à tout faire, sans la moindre connaissance, la vocation se perd. Et s'il est un métier qu'il ne faut pas perdre, c'est bien celui-ci.
Une machine infernale sans monstres ni tueurs en série. Une mécanique qui ne te laisse pas le temps de respirer. Un hymne aux infirmières. spoiler: J’ai aimé la scène de la montre et le plan final. Une mention spéciale à l’actrice principale.
En première ligne est un bel hommage aux infirmières et, plus largement, à l'ensemble du personnel hospitalier.
Le film est sobre, mais il montre avec justesse la réalité de leur quotidien : le rythme infernal des tournées, l'enchaînement des tâches, le risque d'erreur, les difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée, comme les divorces, ainsi que les reproches parfois injustes des patients et de leurs proches.
L'actrice principale livre une prestation très convaincante. Pendant tout le film, on a réellement l'impression d'être plongé au cœur d'un hôpital. J'ai également beaucoup apprécié la musique de fin, portée par une voix rocailleuse qui s'accorde parfaitement avec l'atmosphère du film.
Ce film est comme un bon "documentaire" montrant le dur métier qu'est celui des soignants hospitaliers notamment celui d'infirmière. Tout le long du film, on sent la tension existante et montante, tension due au manque de moyen humain. spoiler: Ce film permet d'alerter sur la future pénurie d'infirmières.
Volpe signe ici une œuvre de forte intensité sur le sacrifice et l'engagement humain face à l'adversité. La mise en scène est le point fort absolu du métrage : nerveuse et immersive, elle place le spectateur au cœur de l'action avec une virtuosité technique saisissante. Le scénario, sans surprise, brille par sa capacité à éviter le mélodrame facile, préférant une justesse émotionnelle qui prend aux tripes. L'interprétation de Leonie Benesch est magistrale, subtile et pleine d’humanité vibrante. On pourra éventuellement regretter quelques longueurs dans le deuxième acte, mais cela n'entache en rien la puissance de ce récit. C’est un coup de maître cinématographique, à la fois intime et spectaculaire. Et aussi un bel hommage pudique sur le noble métier d’infirmière, bafoué par toute notre minable technocratie : durant le covid elles furent applaudies mais vite oubliées et laissées à l’abandon. Si ce film pouvait aider à les aider et les remettre à leur juste place, sur le podium du mérite.
Un film à la manière d’un documentaire, porté par Leonie Benesch. Si c’est encore nécessaire, il met en lumière avec beaucoup de justesse et de réalisme la dureté du métier d’infirmière et la déliquescence de nos services de santé publique.
Comédienne irréprochable, juste, donne l'impression qu'elle a fait ça avant tellement c'est plausible. Bémol : peu vraisemblable le fait de faire certaines tâches qui ne sont pas celles d'une infirmière. Brancardiere en salle d'op, amener et rechercher les patients en salle d'examens... J'admets ce flux tendu permanent, ce stress etc... Mais de mémoire de patient, ça ne se passe pas du tout comme ça dans un hôpital, même dans une petite ville. Il y a toujours beaucoup de soignants , l'attente est continue au point où l'on se demande qui fait quoi. Je pense également que certains gestes, soins aux patients n'est pas du ressort d'une infirmière. D' autres personnels sont payés pour le faire. J'ai trouvé la répétition des gestes fatiguante à suivre. On a bien compris le professionnalisme de cette soignante qui est dépassée par sa charge de travail comme cela arrive dans pleins de métiers. Le trait est un peu lourd et cela gâte ce métrage intéressant
Un film d’une rare justesse. J’y ai retrouvé le quotidien de ce métier que j’ai eu la chance d’exercer. Merci à celles et ceux qui le font vivre chaque jour avec tant de courage et d’humanité.
Pas un moment de répit pour cette infirmière dévouée, pleine d’abnégation et d’une patience infinie. Pas de répit non plus pour moi qui n’ai pas vu le temps passer grâce a une réalisation et une interprétation excellentes.
Un film très réaliste sur le travail d'une infirmière consciencieuse dans un hôpital public Allemand . L'équivalent doit bien exister en France et je recommande la vision de ce film.
Malheureusement se film reflète la réalité de ce monde hospitalier et le monde dans lequel nous vivons... Et pourtant le médical a beaucoup évolué mais nos gouvernements tirent les ficelles... A voir sans hésitation
Conçu comme un docu-fiction, ce long-métrage de Petra Biondina Volpe, sorti en 2025, constitue une immersion édifiante dans le milieu hospitalier. La réalisatrice suisse tient le pari de suivre la journée de travail d’une infirmière devant jongler avec les multiples sollicitations des malades, familles et médecins d’un établissement médical. Le résultat, particulièrement bien rythmé et parfois proche du thriller, est éloquent. Devant la résilience incroyable de cette femme (superbement interprétée par l’actrice allemande Leonie Benesch), on ne peut que déplorer la situation d’un service public en pleine déroute (manque de moyens, sous-effectif, fatigue du personnel, etc.). Malgré la lecture implacable d’une société occidentale qui néglige ses fondamentaux, le scénario ne propose aucune autre piste et reste cantonné à ce dur constat. Bref, un film implacable constituant un hommage sincère à la profession des soignants.
Une journée de travail titanesque pour une infirmière dans un hôpital suisse filmée au scalpel. En sous-effectif, elle s’efforce de répondre aux trop nombreuses demandes et sollicitations avec minutie. Toujours sur le fil du rasoir, comme dans cette scène où après avoir avoué à sa supérieure avoir jeté de rage la montre d’un patient qui la chronométrait, cette dernière la soutient, et sa désespérance se transforme alors en fou rires. L’interprète principale est fantastique.
Alors que l’on suit simplement le quotidien (certes lors d’une journée qui sort plutôt de l’ordinaire) d’une infirmière dans un hôpital Suisse allemand, La réalisation réussit le tour de force, de ne pas nous ennuyer une seconde, du début a la fin. Pas un seul temps mort, aucunes longueurs inutiles, et on ne voit pas le temps passer. L’interprète principale est remarquable et la mise en scène très réaliste est parfaitement crédible. Par contre si même dans des pays aussi bien gérés que la Suisse, la situation dans les hôpitaux est aussi compliquée que décrite dans le film, c’est diablement inquiétant pour un pays comme le notre en quasi faillite… En tous les cas un bon film, a voir sans hésitation