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4,0
Publiée le 3 octobre 2025
Qui est le film ? Avec Heldin, Petra Volpe s’écarte de la fresque historique (L’Ordre divin) et du film choral (Frieden) pour se concentrer sur une unité de temps et de lieu étouffante : une journée dans un hôpital, vécue à travers le point de vue exclusif d’une infirmière. Rien de spectaculaire en apparence, aucune intrigue tressée autour d’un accident ou d’un drame médical : seulement la routine du soin, fragilisée par le manque de personnel. Le film promet de faire sentir, sans médiation, ce que signifie tenir debout dans un système en tension, et d’inscrire le spectateur dans le rythme haletant d’un quotidien que la société regarde trop rarement.
Que cherche-t-il à dire ? La démarche est de déplacer le regard du spectaculaire vers l’invisible, vers héroïnes discrètes qui tiennent les hôpitaux à bout de bras. Le film veut montrer que le soin est d’abord un travail émotionnel, une présence, une diplomatie au quotidien. Son ambition n’est pas seulement de dénoncer les carences structurelles, mais de rappeler que chaque patient est une rencontre, et que chaque sourire arraché au stress relève d'une force mentale inouïe.
Par quels moyens ? Volpe choisit une mise en scène immersive, où la caméra suit Floria sans relâche. Ce dispositif crée une sensation de suffocation : pas de respiration possible, pas de hors-champ où reprendre souffle. Le spectateur partage la fatigue physique et mentale de l’infirmière, jusqu’à se sentir happé dans sa course.
Le récit épouse la continuité d’une journée. Pas de rupture, peu de montage qui viendrait soulager. Ce choix radical construit une expérience d’endurance : on ne sort pas du temps de l’hôpital, et la fiction devient presque un équivalent sensible du réel.
L’univers sonore est essentiel. Téléphones qui sonnent, appels des patients, portes qui claquent, bruits des machines : tout concourt à saturer l’espace. Le spectateur est placé dans un état de tension permanente, ce qui rend palpable l’épuisement des soignants.
Là où d’autres films médicalisés convoquent la musique larmoyante ou le coup de théâtre, Volpe maintient une distance sèche. Pas d’effusion, pas de pleurs prolongés. Ce refus du pathos est une manière de rendre justice au quotidien réel des soignants, qui n’ont pas le luxe du mélodrame.
Floria parle peu, et souvent de manière professionnelle. Mais tout passe par son visage et ses silences. Leonie Benesch incarne une femme contrainte de tenir son rôle coûte que coûte, parfois au prix d’un effacement de soi.
Enfin, Floria est moins un personnage construit qu’une surface de projection : on ne saura presque rien de son passé, sinon qu’elle est divorcée et mère. Ce choix signifie que la femme s’efface derrière la fonction, comme si l’infirmière n’existait qu’au travail.
Où me situer ? J’ai été emporté. J’admire l’audace d’un film qui ose ne pas divertir mais contraindre le spectateur à traverser une expérience d’usure. La justesse du jeu de Leonie Benesch, tout en retenue et en inflexions sensibles, donne au récit une vérité rare. L’hyperréalisme choisi par Petra Volpe ne m’a pas laissé à distance, au contraire : il m’a semblé restituer avec une précision le vertige d’un quotidien sous tension. Le seul défaut, à mes yeux, tient au fait que malgré tout ce que le film met en place, j’ai l’impression qu’il aurait pu pousser encore certains curseurs pour dépeindre pleinement la réalité.
Quelle lecture en tirer ? Heldin n’est pas un film sur l’hôpital, il est une immersion dans l’hôpital. Sa réussite tient dans la manière dont il transforme un temps de travail en temps de cinéma, donnant à voir la fatigue comme expérience partagée. Une ode à tous ses gens qu'on a applaudi.
Un très bel hommage aux métiers de soignants en hôpital, filmé avec délicatesse, bien orchestré et montrant certaines réalités pour nous impliquer dans les tensions qui montent … Mais dommage d’avoir présenté des situations répétitives, les moult appels téléphoniques (les parents des malades tombant directement sur le téléphone de l’infirmière !), un service qui semble incontrôlé, et seulement le quart de fin de journée à l’heure du dîner. La réalisatrice charge le rythme avec ; la jeune embauchée dont c’est le 1er jour et les visites du soir : Sont-elles autorisées si tardivement en Suisse ? Je ne le pense pas, tout comme cette situation en sous-effectif. Nous sommes en Suisse ! Je m’attendais à un discernement autre, plus ambitieux et réaliste sur les métiers, les quarts, les équipes, avec les ressentis et les émotions des soignants. Une magnifique interprétation de Léonie BENESCH, et un film agréable qui révèle les moult désarrois des uns et des autres. Un film « ALERTE » d’une grande utilité pour nos gouvernements car ces métiers de soignants sont en forte tension depuis longtemps, et là où les « Financiers » préfèrent à retirer « l’Humain ».
En première ligne (Heidlin) de Pierra Biondina Volpe est un drame très humain. Après un week-end passé avec sa fille, Fiora (Leonie Benesch) infirmière appliquée et impliquée prend tranquillement son service. Avec bonté et bienveillance, elle apporte une attention et soins à chaque patient. Mais les aléas s'enchaînent et la journée s'accélère. Cette humanité pourra-t-elle résister au rythme implacable d'un service hospitalier en sous effectif ?
Un magnifique film sur le fond et sur la forme ! La déliquescence des hôpitaux, ici suisses, et plus largement sur l'ensemble de la planète est préoccupante. Ce film en fait la démonstration avec efficacité et sans mélo.
Le scénario, car il y a bien un scénario, ce n'est pas un documentaire, est haletant. Les temps de respiration sont peu nombreux.
La compositrice Emilie Levienaise-Farrouch nous propose une modulation de piano, jouant la partition de la tension qui vous prend au sang.
Techniquement, le film jouit d'une belle lumière. Les plans sont principalement serrés sur Leonie Benesch au jeu incroyable. On peut noter l'usage quasiment systématique du bokeh (premier plan net, arrière plan flou) pour accentuer l'isolement de l'infirmière, seule dans ce flou hospitalier.
Ce film poignant est une belle performance d'actrice.
"En Première Ligne" n'est pas un film qui divertit simplement ; c'est un coup de poing émotionnel et une œuvre essentielle qui nous plonge au cœur du quotidien surchargé et implacable d'un service hospitalier en sous-effectif. Le film, centré sur l'infirmière dévouée Floria, excelle dans sa capacité à rendre palpable le chaos, la pression, mais aussi l'humanité inébranlable de ceux et celles qui travaillent à l'hôpital. Ce qui frappe le plus, c'est le réalisme brut et saisissant de la mise en scène. La réalisatrice Petra Biondina Volpe nous immerge dans une véritable chorégraphie de l'urgence. La caméra, souvent au plus près de Floria, capture la course constante contre le temps, les dilemmes déchirants et la fatigue qui s'accumule. C'est une expérience viscérale qui réussit le pari de montrer l'épuisement sans jamais tomber dans le misérabilisme. L'interprétation de Leonie Benesch dans le rôle de Floria est magistrale. Elle porte le film sur ses épaules avec une nuance et une intensité remarquables. Elle incarne à la fois la résilience et la fragilité de ceux qui s'efforcent d'apporter chaleur et soin malgré le manque de moyens criant. Son personnage est un puissant symbole du combat pour maintenir l'empathie et la qualité des soins face à un système qui craque. "En Première Ligne" est un drame social percutant qui s'affirme comme bien plus qu'une simple fiction. C'est un lanceur d'alerte qui soulève des questions cruciales sur l'état de notre système de santé et la valeur que nous accordons à ses professionnels. On en ressort ému, révolté, mais surtout admiratif de la force et du dévouement de ces "héros du quotidien". À voir absolument pour son message fort, sa mise en scène maîtrisée et la performance inoubliable de son actrice principale.
Un film que je voulais découvrir car le sujet m’intriguait. L’histoire nous plonge vraiment dans le quotidien des infirmières, avec une intensité et un stress constant qui tiennent en haleine tout le long. Le film est bien rythmé, on ne décroche pas, et on ressent la fatigue, la pression et l’urgence à chaque instant. L’actrice principale est vraiment convaincante et porte le film, puisqu’on la suit quasiment de bout en bout. Une belle surprise, à la fois réaliste et prenante.
une immersion dans le milieu hospitalier qui nous fait découvrir le rythme infernal des infirmières de l'hôpital qui n'ont pas une respiration et un moment à elle. C'est bien de sensibiliser sur ce sujet car il est de plus en plus d'actualité.
Adapté d’un livre-témoignage, En première ligne montre toute la difficulté de ce métier : penser à tout en permanence, répondre sans relâche aux sollicitations du personnel comme à celles des malades. À la manière d’un documentaire, il nous entraîne dans une course contre-la-montre face à la maladie, à la mort, au désarroi, à l’incompréhension des patients, tous dans l’attente de soins, de réconfort, de réponses à leurs questions.
En première ligne qui marque les esprits par son côté brut, par cette manière si rare de montrer le milieu hospitalier au cinéma, sans fioriture. Un film porté par une Léonie Benesch exceptionnelle, qui a suivi une préparation tout spéciale à l’hôpital afin d’être la plus crédible possible. Et on peut dire qu’elle est plus que convaincante, tant sa prestation est stupéfiante. /
Un film prenant sur le difficile métier d'infirmière à l'hôpital. Sans aucun procédé de scénario, simplement sur un enchaînement rapide et exigeant de soins et d'attention pour les patients. Léonie Benesch donne une belle interprétation, très incarnée.
Léonie Benesch nous cloue une fois de plus à notre siège dans ce film haletant. Dès la première seconde, on est happé comme immergé dans le quotidien d’une infirmière : on suspend notre propre vie pour observer la sienne. À une dose de médicament près, tout repose sur sa gentillesse et sa justesse. C’est magnifiquement écrit : un scénario simple, millimétré et d’une grande précision. On retient son souffle tout du long et, à la fin, on est bouleversé par tant d’humanité et d’amour.
Heldin est à la fois un message de remerciement aux soignants et une alerte sur leurs conditions de travail. La mise en scène réaliste, caméra à l’épaule et plans longs, nous plonge dans leur quotidien effréné avec beaucoup d’humanité. Leonie Benesch, déjà incroyable dans La salle des profs, est bouleversante ici, surtout en jouant avec l’accent suisse allemand. Un film fort, intense et nécessaire.
Version longue (et personnelle) :
Je voulais voir ce film car il m’a été recommandé par un ami qui me l’a vendu comme faisant partie de son top 3 de l’année. Ce pote voit énormément de films, bien plus que moi avec mes un film par semaine, ce que je conçois déjà comme au-dessus de la moyenne des Français (vivre à Paris et ne pas avoir d’enfants a ses avantages). Je voulais aussi en profiter pour travailler mon allemand, mais l’accent suisse allemand rend la chose assez difficile. Heureusement que les sous-titres sont là, sinon je n’aurais rien compris.
Ayant déjà vu Leonie Benesch (allemande, pas suisse) incroyable dans La salle des profs, j’avais hâte de la retrouver. Et que dire, à part qu’elle est toujours aussi formidable dans En première ligne (Heldin). J’adore sa grâce, son jeu sincère, toujours juste et approprié. Elle réussit à nous faire passer des larmes au sourire en un instant. Et ce qui m’a encore plus impressionné, c’est qu’elle ne joue même pas dans son accent habituel : elle adopte le suisse allemand, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire et prouve encore son talent. J’ai vraiment hâte de voir ce qu’elle proposera dans le futur.
Concernant le film, c’est à la fois un très beau message de remerciement à nos personnels soignants et une véritable alerte sur leurs conditions de travail. Le récit est réaliste et dépeint avec justesse l’intensité de leur rythme. Cela est renforcé par des plans longs, une caméra à l’épaule qui donne un souffle effréné, et une mise en scène qui nous plonge pleinement dans leur quotidien. Les personnages, très humains, rendent le film touchant et offrent parfois au spectateur de petites respirations bienvenues dans ce rythme infernal — même si, nous, nous restons confortablement assis dans nos sièges.
Quoi dire de négatif sur ce film ? Honnêtement, pas grand-chose.
Oppressant La force de ce film est de réussir à faire monter le stress crescendo chez le spectateur. Il pourrait s’agir d’un documentaire tellement le réalisme des scènes est criant de vérité. On pointe du doigt la situation alarmante du système de santé occidental. Le manque de moyens amènent une déshumanisation et beaucoup de souffrances. À voir absolument
Dur constat d'une journée d'une infirmière Allemande qui commence fort ou elle court sur plusieurs patients dans un hôpital où il manque du personnel, c'est ça en France mais aussi chez nos voisins Européens. L'infirmière court partout , soigne les patients avec dévouement et professionnalisme, répond au téléphone, fait patienter des familles de patients, elle est débordé avec des situations humaines où ça craque. Long métrage alarmant qui décrit ce métier très dur physiquement et moralement où la caméra suit cette infirmière et nous donne le tourni en avançant avec une mise en scène réaliste de mouvements. Léonie Benesch porte admirablement le film sur ses petites épaules dont on voit progressivement dégager ses émotions dans la peau de son personnage. Le casting est très bon autour d'elle. Une œuvre qui mérite réflexion sur un métier éprouvant.
Une véritable claque . On en ressort boulversé. Après avoir vu ce film, on comprend mieux la souffrance des infirmiers. L’actrice est formidable dans son rôle de personne dévouée. Ne pas hésiter …
Je sort tout juste de la séance et je dirais que ce film était appréciable par sa qualité cinématographique et sur les fait sociétaux.
Un film qui prend des risques, en nous présentant une journée typique d'une infirmière lambda qui s'investit dans son travail. Il est malheureu de devoir en arriver là, dans un travail ou la passion humaine , la relation humaine est de première ligne. Et le film ne parle pas que d'infirmière mais qu'en est il des soignants ? Des aides soignants et des ASH?
Une journée ou les mésaventures, les courses a tenter d'aider tout le monde pour le mieu. Mais souvent freiné dans ses urgence, coupé dans l'elan, par des personnes toujours autant dans le besoin.
J'aurais aimé que le film soit légèrement plus long et aprofondisse un peu les histoires des personnages.