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Lynebonnaud
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4,0
Publiée le 26 novembre 2025
RIVERBOOM de Claude Baechtold
Riverboom, c’est le nom d’un collectif suisse d’artistes dédié à la photographie. Après avoir célébré leurs 20 ans d’existence par une exposition à Vevey en 2022, ils y ont annoncé par la même occasion leur dissolution. Tous ont des solides carrières personnelles dans l’art, la photographie ou le journalisme, et en commun l’insolence partagée, qui vient donner de la légèreté à la vie. En 2024, un film du même nom sort dans les salles de cinéma.
Les 3 comparses du film à l’origine du collectif se sont rencontrés une année après l’attentat du 11 septembre 2001 au World Trade Center. Sous l’impulsion de Serge Michel, en reportage pour couvrir la guerre américaine contre les talibans, le road trip décalé va parcourir les routes afghanes.
Le décalage du périple vient ici de la personnalité de chacun, qui donne toute l’humanité et la drôlerie à cet étrange documentaire, qui sort en salles 20 ans après avoir été tourné. Serge le téméraire, qui ose tout sans connaître la peur. Paolo, photographe reporter et suisse d’origine italienne, est une tête brûlée qui capture le monde en noir et blanc à travers son objectif. Il s’exprime dans son art avec l’expression de la radicalité, mais dans la vie est tout habité de joyeuses conneries. Et Claude, le petit dernier du trio, celui qui filme avec le cœur broyé et la peur au ventre, se rêve réalisateur mais ne sait pas tenir une caméra. Il est celui qui raconte en voix off leurs aventures. Quand il rencontre Serge, il est jeune et paumé, il vient de perdre ses deux parents de manière accidentelle, et accepte de suivre les deux autres, un peu par hasard et surtout faute de mieux. A l’inverse de Paolo, il photographie le monde en couleurs et n’a de cesse de chercher chez les autres des instants heureux. Ils sont tel le ying et le yang. Chez ces deux-là, la détresse et la joie sont inversées, du dehors au-dedans.
Boom, c’est le nom d’une rivière afghane près d’un check point tenu par les talibans. Juste avant leur arrivée, 2 occidentaux s’y sont fait tuer. La rivière est en crue, les 3 acolytes et leur chauffeur, accessoirement aussi étudiant en médecine, devront passer la nuit dans leur auto. Il y a trop de loups aux alentours.
A leur retour de voyage, Claude confie ses bobines à un ami afin qu’elles soient numérisées. Ce dernier les égarera, et les retrouvera dans son garage 20 ans après.
Riverboom est un 1er film, et il est inratable qu’on se le dise. Par le montage de ses images, les regards complices et insolents du trio de cette vadrouille improbable, autre usage du monde quatre décennies plus tard ; Claude Baechtold contribue à notre compréhension de ce pays qu’est l’Afghanistan. Il nous offre un tout autre regard, très personnel et précieux sur ce pays.
Riverboom (Suisse – 1h35) de Claude Baechtold avec Paolo Woods, Claude Baechtold et Serge Michel
Serge, un journaliste passionné par son travail... Paolo, un photographe reporter de guerre, plein d'optimisme, joie de vivre et le tout saupoudré d'inconscience ... et Claude un jeune suisse qui s'improvise cinéaste et qui est notre narrateur ... Tous les trois s'embarquent pour un tour complet en Afghanistan, au lendemain des attentats du 11 septembre ! Pour comprendre, pour voir , pour raconter ! Et avec une bonne étoile, ils vont vivre un périple hors du commun ! Un documentaire riche qui parle à la fois du lieu, du contexte et des enjeux et de la vie de ces trois jeunes avec de l'humour, du vécu ... Il faut absolument aller le voir !!!
Riverboom, 2002, quelque part sur des routes défoncées entre Hérat et Kaboul. Trois amis suisses se lancent dans une aventure improbable. Effectivement, ce n'est pas du tout sûr qu'on se fasse tuer si on est arrêté par les talibs... Et il faut essayer d'apprendre les mots de cette prière de conversion en islam en hazaras, comme ça on a plus de chance de survivre si on se fait arrêter. Pourquoi ne rien risquer n'ayant rien à perdre ?... Trois occidentaux s'entassent sur la banquette arrière d'une vieille Toyota, déguisés en pachtounes pour passer les contrôles aux checkpoint ... ont-ils vraiment l'air des cousins fatigués en route pour un mariage ?.... et comment s'appelait le guide local, qui , lui, risquait tout, en ayant tout à perdre ?... Riverboom, une rivière de nostalgie des paysages et des visages d'Afghanistan... Un pays où on ne possède que le ciel au dessus de sa tête et la terre sous ses pieds. Riverboom, on ne peut pas entrer dans la même rivière deux fois. Que sont devenus les carrefours d'antan où on a éparpillé les souvenirs de sa jeunesse en pleine guerre des civilisations ?
Un film qui fait rire, rêver, sourire et surtout qui apporte une fraîcheur, une légèreté et un renouveau hors des narratifs occidentaux diabolisés de l’Afghanistan. Les images sont magnifiques, tout comme les gens qui peuplent ce pays très divers. Une belle critique du néocolonialisme et de l’impérialisme qui fait plaisir !
2002. Trois compères s'embarquent en voiture pour l'Afghanistan. Ils découvrent un pays compexe, intéressant, beau et dur. Il errent entre les mines antipersonnel, rencontrent des chefs de guerre. Mais comme ils ont 30 ans, rien ne peut les empêcher de beaucoup rire aussi. Et ce n'est pas du tout choquant, curieusement. Peut-être parce que le rire apparaît tout de suite plus intelligent que la guerre.
Vu en avant-première ce soir. Messieurs Mesdames on tient ici l’une des meilleures pépites du cinéma français de ces dernières années. A mis chemin entre le documentaire et le road movie ce film est tout simplement beau. Les images réel utilisées couplé aux superbes jeux de voix off offre une expérience phénoménale. La justesse du rythme, du montage et de la bande son nous plongent dans une aventure hyper attachante. On s’attache au personnage comme jamais, spoiler: les passages où Claudes évoque la mort de ses parents m’ont vraiment chamboulé.
Si vous en avez l’occasion foncez le voir c’est beau c’est drôle c’est attachant et c’est beau (oui encore). Véritable pépite à ne pas rater, vu la faible production il deviendra sûrement un lost media d’ici quelques années.
Ce film m’a énormément touché et fait rire, car c’est en effet le rire et le coté humoristique qui anime tout le film. C’est un part pris très fort car les sujets abordés sont la guerre, la mort qui sont habituellement abordés de façon très sombre et triste. Ce part pris permet au réalisateur de s’approprier le film de façon personnelle mais aussi de traiter des sujets sombres d’un autre côté, qui n’est jamais montré aux spectateurs. En effet c’est très rare dans des documentaires de guerre d’évoquer des moments de joie comme ici les repas partagés avec des afghans ou bien la découverte inattendue d’un champ de cannabis. Ce choix du réalisateur permet d’une façon de se moquer de cette idée que les occidentaux sont très puissant et qu’ils ont la main mise sur tout. Il utilise une voix off qui devient le guide du spectateur tout le long du film, ce choix permet une réelle proximité entre le public et le réalisateur car c’est son point de vu sur la situation que l’on épouse. e plus cela lui permet de rajouter une touche plus personnelle au film, notamment quand il évoque la mort de ses parents, ou ses propres inquiétudes qu’il ne partage pas forcément avec ses collègues
J’aimerai également évoqué l’emploi du réalisateur à ajouter des photos au film; cela apporte un autre point de vue mais aussi une découverte sur des paysages, des peuples que nous, occidentaux, ne connaissons pas. D’autant que les photos sont en couleurs: il y a beaucoup de vert et de rouge. Toutes deux des couleurs primaires, qui ont un réel impact sur la qualité des cadres présentés et l’aspect visuel. Le rouge est souvent lié à l’amour mais aussi au danger imminent. Dans le film certes il y a beaucoup d’amour représenté avec des enfants qui sont en groupe, comme si ils étaient inséparables, mais il y a toujours en arrière plan une touche de rouge comme si elle prévenait le spectateur du danger que courent ces enfants. Nous pouvons d’ailleurs faire le lien avec le film Shining de Kubrick où la couleur rouge est fortement présente, elle entoure les personnages et elle les prévient dès le début du film l’atmosphère sombre des événements à venir.
Un documentaire fait de bouts de ficelle, hilarant, attachant, tellement touchant par sa vérité, pour ses images, parfois floues ou splendides, pour ses protagonistes qu'on regrette de ne pas mieux connaître. Une pépite !
Un gonzo documentaire où on suit plus les tribulations des trois journalistes qu'on apprend des choses sur l'Afghanistan, mais c'est fait avec un tel talent un telle sincérité qu'ion finit par être conquis.