Riverboom
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Yves G.

1 845 abonnés 4 014 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2024
Un an après les attentats contre le World Trade Center, trois jeunes Suisses visitent l’Afghanistan.

"Riverboom" est un documentaire hors normes dont les images nous parviennent plus de vingt ans après avoir été filmées. Il est l’oeuvre de Claude Baechtold, un jeune Suisse dont la route croise celle du journaliste Serge Michel, missionné par le Figaro pour réaliser un reportage sur l’Afghanistan occupé et celle du photographe Paolo Woods. Les trois Pieds nickelés, en violation de toutes les règles de sécurité, quittent la zone verte sécurisée de Kaboul. Entassés dans une Toyota Corolla, cornaqués par un guide local, ils font le tour du pays passant des zones contrôlées par les talibans à celles sous la coupe des seigneurs de la guerre.

Riverboom est un documentaire hilarant porté par l’humour cabotin de son réalisateur. Tout lui est prétexte à blagues, même si son propos devient plus grave quand il évoque la mort prématurée de ses parents. "Riverboom" m’a fait penser à "Nothingwood" et à "Kabullywood", deux documentaires qui se déroulaient également en Afghanistan et qui prenaient le parti de rire des situations absurdes créées par la succession quasi-interrompue des guerres dans ce pays exsangue. La nationalité de ses protagonistes m’a fait penser aussi à Nicolas Bouvier dont L’Usage du monde est pour beaucoup de globe-trotters le livre-culte revendiqué.

Nos trois héros ne se départent jamais de leur bonne humeur durant leur long voyage. Ils prennent le parti de rire des situations les plus dramatiques sans pour autant verser dans le cynisme : un pays infesté de mines antipersonnel, la culture endémique du pavot comme seule ressource rentable, des seigneurs de la guerre corrompus et sanguinaires. Cette bonne humeur est communicative. Le réalisateur et ses deux compagnons de voyage, qui présentaient le film avant-hier à l’UGC Ciné Cité Les Halles en avant-première, ont été ovationnés par une salle comble qui en redemandait.
arichy
arichy

7 abonnés 34 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
De l humour,de la folie ,du talent,des couilles... Instructif également sur cette tragédie permanente qu'est l'Afghanistan
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 849 abonnés 8 167 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 septembre 2024
Un an après les attentats du 11 septembre 2001, le photographe Claude Baechtold se laisse embarquer par deux reporters de guerre dans un road-trip à travers l’Afghanistan…

C’est l’histoire de trois doux-dingues qui décident de faire un périple à travers l’Afghanistan en guerre, un reporter de guerre (Serge Michel, journaliste pour Le Figaro), un photographe de guerre (Paolo Woods) et un... faux journaliste (Claude Baechtold). Sur place, ils vont aller de surprise en surprise et frôler la mort à chaque tournant.

Riverboom (2024) est un improbable road-trip, imaginez l’émission “Strip-Tease” délocalisée en pleine zone de guerre où sur place, les 3 compères vont rapidement découvrir que la coalition internationale menée par les États-Unis est totalement déconnectée de la réalité. Tout y est tellement surréaliste et pourtant tout est vrai.

C’est armé d’une fausse carte de presse et d’une caméra DV bas de gamme achetée dans un bazar à Kaboul que Claude Baechtold va filmer leur incroyable voyage. C’est la première fois qu’il utilise cette caméra, les premières prises sont mémorables (il oublie d’activer le son) et les plans sont hasardeux. C’est bel et bien l’amateurisme qui se dégage du film qui viendra faire toute la différence et rendre cette histoire encore plus loufoque qu’elle ne l’était déjà (d’ailleurs, toutes les rushs seront perdus et ne réapparaîtront que 2 décennies plus tard).

Un found-footage délirant qui vient casser la morosité d’un voyage en Afghanistan, grâce à un savant mélange d’humour noir, d’autodérision et d’absurdité. Claude Baechtold parvient habilement à nous retranscrire l’étrange atmosphère qui régnait lors de ce voyage, tout en nous faisant un rappel historique du pays (notamment l’invasion de l’URSS, la confrontation avec les moudjahidines et ce clin d’oeil à Rambo III - 1988).

Un documentaire subversif, drôle et décomplexé (malgré le contexte). Un voyage qui sort des sentiers battus et devrait, à coup sûr, en départager plus d’un.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2024
Le documentaire est fait de deux matériaux : les images filmées (ou photographiées en couleur) par Claude Baechtold, et les photos noir et blanc de Paolo Woods. Le troisième larron, le journaliste suisse Serge Michel dirige plus ou moins l’expédition, c’est lui qui produit les articles publiés tous les jeudis dans le journal français. « Riverboom » est donc un documentaire de 1h40 environ qui prends immédiatement et jusqu’à la dernière image, le pari de la forme ludique, presque cartoonesque. Son montage, son ironie, son humour décalé et son ton iconoclaste ne sont pas sans faire penser au cinéma de Jean-Pierre Jeunet. Les images sont filmées à l’arrache, le montage est hyper speed. Le film alterne les photos et les passages filmés, entrecoupés de reconstitutions ludiques, d’animations le tout avec la voix off permanente de Claude Baechtold. On dirait un film de Michael Moore par moment ! Si le fond du sujet est évidemment sérieux, et même grave, le ton est toujours drôle, plein d’humour potache, d’autodérision et n’est pas dénué même, d’une certaine poésie. Pourquoi proposer ce film aujourd’hui, en 2024 ? spoiler: Cela n’a rien à voir avec la géopolitique, le fin du film l’explique : Claude Baechtold avait confié ses images à un ami pour les numériser, un ami qui les a immédiatement perdues et retrouvées au bout de 20 ans dans une vieille boite. Un tel coup du sort ne pouvait pas ne pas donner lieu à autre chose qu’un documentaire rempli d’ironie, de la première à la dernière minute.
C’est d’abord la forme qui fait de « Riverboom » un film réussi, qui passe tout seul, qui passe même trop vite. Plus le sujet de fond est grave, plus il faut le déminer par l’humour. Et quand je dis déminer, ce n’est pas un terme choisi par hasard : l’Afghanistan est couverte par des millions de mines. Oui, des millions… Sous cette forme ludique, le film de Claude Baechtold raconte deux choses. D’abord le métier de journaliste en terrain de guerre. Ces trois là n’accompagnent pas les opérations armées, ils font avec ce voyage un autre genre de journalisme de guerre, en free lance, sur des routes où ils ne croisent aucun autre occidentaux. Sont-ils inconscients ? Surement un peu. Le referaient-ils aujourd’hui dans l’Afghanistan des nouveaux talibans : probablement pas. Mais en 2002 ils sont jeunes, sans charge de famille, idéalistes et oui, c’est vrai, un peu inconscients. Pourtant l’Afghanistan ne semble pas leur vouloir de mal. C’est l’autre axe fort du film, ce pays qui avait tout pour lui jusque dans les années 70, au carrefour de l’occident et de l’Orient, avec un passé culturel prestigieux, et qui a tout perdu. Une brève histoire du pays sous forme d’animation explique bien la situation de 2002 : l’invasion de l’URSS, les Moudjahidines, les guerres tribales, les Talibans, Ben Laden, l’arrivée des occidentaux. La suite on la connait, elle est aujourd’hui encore pire qu’elle n’est présentée dans « Riverboom ». Alors que dans la « zone verte », les militaires recréent un semblant de modernité, dans le reste du pays que parcourent les trois journalistes c’est l’inverse : champs d’opium et de cannabis, racket, guerres de petits chefs, infrastructures inexistantes, armes à feu, barrages installés par on ne sait trop qui… La religion est sans doute la chose la moins évoquée dans « Riverboom », à part celle des trois journalistes (un catholique et deux protestants). Est-ce que parce que l’Islam n’est qu’un problème parmi d’autres en 2002 ? Il est vrai qu’en 2002 les Talibans ne sont plus au pouvoir, mais ils dominent encore tout le sud du pays. Et on sait ce qu’il adviendra. Reste l’impression d’un pays magnifique saccagé et fragmenté, un pays à l’avenir déjà plombé, un pays insaisissable que les trois journalistes tentent d’appréhender sans a priori. C’est l’absence d’idées préconçues qui donne à ce film sa force sur le fond. C’est un documentaire fort, drôle et sincère que « Riverboom », une séance de cinéma pas comme les autres, un voyage dans un pays qui ressemble beaucoup à un paradis perdu.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2024
Quel film épatant.
Sur une thématique pas franchement drôle ( la situation de l'Afghanistan sous tutelle américaine ) le réalisateur tire un documentaire plein d'humour et d'autodérision.
C'est bricolé ( niveau images) très bien écrit ( côté voix off) et superbement monté.
On en sort émerveillé des images fixes et vidéos et on est jaloux de ne pas avoir eu un petit strapontin sur cette expédition!!!
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2024
À partir de documents de 2002 récemment et fortuitement retrouvés, le journaliste suisse romand Claude Baechtold réalise en 2024 un documentaire Riverboom qui a tout d’une blague de potaches fomentée par trois gars partis en Afghanistan un après les attentats du 11 septembre faire le tour du pays et écrire des reportages pour le Figaro. Sous ses dehors volontiers comiques et légers, Riverboom réussit la double gageure de rendre compte de la complexité politique du pays entre guerre froide et occupations des Russes et des Américains dans une compétition entre différentes factions ethniques et religieuses et de devenir une sorte de thérapie personnelle pour le réalisateur en herbe, hypocondriaque et timoré, qui ne s’est toujours pas remis de la disparition soudaine de ses parents dans un accident de voiture. Le résultat consiste en un film fait de bric et de broc avec un trio attachant de pieds nickelés dans une suite de situations rocambolesques entre vrai danger et fausses trouilles.
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 septembre 2024
Riverboom est un aussi bon documentaire qu’il est un film médiocre. Instructif et surprenant, voir émouvant parfois. Mais d’une laideur incompatible du cinéma.
Ciné-13
Ciné-13

171 abonnés 1 417 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2025
3 potes suisses présentés comme protestants, décident en 2002 (juste après les tours jumelles) de faire un reportage sur l’Afghanistan, avec une fausse carte de reporter officiel du Figaro. Et on découvre l’intérieur du pays avec des rencontres chaleureuses avec le peuple afghan.
Ils sont écervelés et naïfs, sans conscience de leur intrépidité. Ils interviewent les chefs rivaux de la guerre civile qui s’est installée à cette époque, suite aux invasions soviétiques puis américaines : spoiler: les vainqueurs en seront les talibans
(moudjahidines).
Le pays est infesté de 25 millions de mines. Il y a de la fausse monnaie, des champs de pavot à perte de vue. On découvre la ville d’HERAT et ses 5 minarets, restes d’une Mosquée détruite. Et les magnifiques photos-portraits se multiplient.
spoiler: Ils créeront 20 ans après une maison d’édition qui portera le nom de cette rivière
spoiler: (qu’ils auront dû franchir en crue, suite à un gros orage, secourus par les afghans du village voisin)
.

Le documentaire est présenté par son cameraman en voix off, comme un diaporama sympatoche du dimanche en famille.
CinÉmotion
CinÉmotion

220 abonnés 226 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2024
J'ai bien aimé ce documentaire qui sort vraiment des sentiers battus. Le ton humoristique, ironique voire sarcastique fonctionne merveilleusement et fait même le charme de ce film. La bande des 3 "journalistes-reporter" nous apparait très rapidement sympathique et attachant, bien que folle et déconcertante. Le documentaire ne plonge pas dans une longue contextualisation historique qui aurait pu nous paraitre difficile à appréhender tellement la compréhension des enjeux qui se jouent en Afghanistan est complexe et multiple. Mais la contextualisation posée est juste suffisante pour comprendre les enjeux dessinés par le contour du film. On apprend des choses mais surtout on ressent les choses. On rigole, on stresse et avons peur avec eux. Et au final, je suis sortis de la salle avec un regard encore plus admiratif sur les reporters et journalistes internationales de guerre, qui prenne un risque fou et jongle entre la vie et la mort pour aller au coeur de la vérité des conflits. On regrette presque que la parole ne soit pas plus donné aux "habitants locaux", mais on comprend vite qu'il est difficile de faire confiance à tout à chacun, et de démêler le vrai et le faux entre talibans et bandits. J'ai été encore plus admiratif de leur courage lorsqu'on voit que leur vie et leur confiance ne tient qu'à une seule personne : le traducteur et fixeur qui les accompagne.
Bravo en tout cas pour la démarche, et l'histoire loufoque autour de l'existence de ce documentaire (filmé par une caméra DV et dont les rushs n'ont été retrouvés que 20 ans plus tard !!)
Nitnelav
Nitnelav

15 abonnés 150 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2024
Un an après les événements tragiques du 11 septembre, trois jeunes Suisses entreprennent une aventure inédite en Afghanistan, marquant le début de ce qui deviendra le documentaire “Riverboom”. Ce reportage, réalisé par Claude Baechthold, nous emmène dans un périple inoubliable, où l’absurdité du contexte et les risques pris par l’équipe se mêlent à un humour inattendu. Le réalisateur, accompagné du journaliste Serge Michel et du photographe Paolo Woods, enfreint toutes les règles de sécurité en quittant Kaboul pour explorer un Afghanistan sous occupation et divisé entre zones talibanes et territoires dominés par les seigneurs de guerre.

Entassés dans une Toyota Corolla, sous la protection d’un guide local, ils sillonnent un pays déchiré par la guerre, capturant des images qui, bien que tournées il y a plus de deux décennies, résonnent encore aujourd’hui avec une intensité saisissante. Ce qui rend “Riverboom” unique, c’est l’équilibre délicat entre la gravité des situations et l’humour léger de Baechthold, qui utilise chaque situation dramatique comme prétexte pour une plaisanterie. Pourtant, derrière ce ton enjoué, le film aborde également des thèmes plus sombres, notamment la perte des parents du réalisateur, ce qui ajoute une touche personnelle et émotive à cette odyssée.

Ce qui est admirable, c’est la capacité des trois aventuriers à conserver une attitude optimiste face aux dangers omniprésents. Leur bonne humeur contagieuse traverse l’écran, offrant un contrepoint rafraîchissant à la dureté du contexte.

Ainsi, “Riverboom” est bien plus qu’un simple documentaire sur l’Afghanistan ; c’est une réflexion sur la résilience humaine et sur la manière dont on peut encore trouver de l’humour au milieu du chaos.
Baatoou
Baatoou

10 abonnés 135 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2024
Joli documentaire qui nous montre un autre visage de l'Afghanistan un an seulement après les attentats du WTC et l'intervention américaine. On découvre une population étonnamment sereine, souriante et avenante avec nos aventuriers, perdue au milieu des conflits entre factions rivales afganes, talibans et soldats de la coalition. Certains paysages sont exceptionnels, la culture afgane est présentée sous de nombreux aspects, on vit l'aventure avec eux. La narration est un peu naïve et planplan à mon goût mais le second degré aidé à apprécier au mieux les scènes. Une belle surprise
cocovoyage
cocovoyage

2 abonnés 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 septembre 2024
Excellent.
Plein d' humour...
Enfin un témoignage sur l' Afghanistan montrant autre chose que des scénes de guerref filmées à l' Américaine.
Personnellement j' y suis aller deux fois en 1963 avec mes parents sur la fameuse route du Nord et en 1970 en le retraversant mais cette fois- ci par la route du Sud
Après ce fut la Guerre.
Plaisir de retrouvaille fugaces, le temps de ce docomentaire, avec un pays fascinant.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 octobre 2024
Il y a une longue tradition anglo-saxonne de relater de façon légère et le plus souvent avec la finesse de l'humour britannique, un voyage, souvent dangereux, dans des contrées lointaines. La surprise vient ici que ce trio de "reporters" est filmé par une sorte de Tintin helvétique. Bien sûr, la Suisse est aussi le pays d'Anne-Marie Schwarzenbach et d'Ella Maillart, mais on ne savait pas que ce pays pouvait produire aussi des explorateurs déjantés.
On rit à l'évocation de ces trompe-la-mort inconscients, de ces reporters impertinents qui n'hésitent pas à poser des questions embarrassantes à des seigneurs de la guerre afghans mal aimables, armés comme des porte-avions et entourés d'une nuée de gardes du corps peu avenants.
Les qualités cinématographiques d'un film tourné avec une caméra vidéo amateur par un apprenti photographe sont parfois surprenantes, mais elles ont la fraicheur du film de vacances de votre meilleur ami. L'évocation des coulisses du reportage très sérieux d'un envoyé du Figaro et d'un photoreporter professionnel reste savoureuse et devrait servir d'introduction à la formation des futurs journalistes. Certainement, un des meilleurs documentaires que l'on peut voir au cinéma
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2025
Un road trip documentaire entre potes journalistes en Afghanistan en 2002 qui sort en 2024 ; en écrivant cette phrase, je relève déjà plusieurs étrangetés dans ce pitch. Et ce pitch n’est que le reflet du côté déjanté de ce documentaire, OVNI du genre. C’est l’histoire d’un jeune journaliste du « Figaro » parti avec un photographe et un assistant faire une série de reportages après le 11 septembre dans un pays abritant tout de même Ben Laden. Les cassettes du road trip paumées dans un carton dans un garage, ressorties par un des membres du trio 20 ans après décide d’en faire un film entre doc, films de potes et récit initiatique de voyage. De tous les genres et d’aucun aussi, le ton est très spécial.
Ouvertement comique, jouant sur le côté décalé des acteurs et des situations, ce film est truffé d’inventivité, les auteurs n’hésitent en plus pas à faire preuve d’autodérision ; le ton désarçonne. Claude Baethtold, celui des cassettes VHS, conte son voyage ; l’écriture de la voix off est pleine d’humour et la musique rock qui l’accompagne apporte du peps. Ce qui pourrait n’être qu’un film de potes dont on aimerait faire partie est aussi plus profond, on n’en apprend aussi beaucoup sur l’Afghanistan.
De l’émotion aussi quand au terme du film, le réalisateur dresse le bilan des 20 dernières années du trio mais surtout lorsqu’il évoque, en fil rouge du film, la vertu cathartique de cette aventure sur un trauma de son enfance.
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Fenêtre sur salle
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129 abonnés 410 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2024
Vu suite aux excellents retour de @maderniereseance et @benoit__ric avec qui je partage très souvent les mêmes avis.

"Un an après les attentats du 11 septembre, le photographe Claude Baechtold se laisse embarquer par deux reporters risque-tout dans un périple à travers l’Afghanistan en guerre. Avec sa caméra vidéo achetée sur place, il va capturer en images ce road trip."

À son retour, le photographe / apprenti caméraman, catapulté dans cette aventure par un concours de circonstances, envoie ses 39 cassettes vidéos d'images tournées durant ce périple dans l'arrière pays afghan pour qu'elles soient numérisées. Les cassettes sont perdues et retrouvées par hasard seulement vingt ans plus tard.

Cet accident de la vie permet au réalisateur de prendre beaucoup de recul sur cette expérience humaine unique.

Un film documentaire au sujet lourd mais traité de manière très originale tant dans sa forme (incrustations de texte, gags visuels, effets type cartoon...), que dans son ton, délibérément léger et comique.

Voix off au ton décalé, bande son rock, autodérision permanente, Claude Baechtold casse les codes du grand reportage de guerre. Mais sous ses airs détachés, il dresse aussi un autoportrait sensible, teinté d'une certaine mélancolie, qui, malgré le dispositif, ne fait jamais tomber le documentaire dans quelque chose de trop nombriliste. Malgré son omniprésence via la voix off et ces digressions narratives pour amuser la galerie, le reporter sait en effet s'effacer derrière son appareil photo et sa caméra pour mettre en avant l'Afghanistan des années 2000 mais aussi l'histoire d'amitié naissante entre ces trois têtes brulées unies dans les galères.

Un chouette documentaire qui fait l'effet d'une soirée diapos géante.

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