Il y a parfois, dans certaines comédies romantiques de Noël, ce petit miracle inattendu : une étincelle, une sincérité, un parfum d’hiver qui réchauffe malgré les clichés. Ici, j’ai attendu ce moment — longuement — sans jamais le voir venir. Vive le vol d’hiver, pourtant porté par un concept amusant (deux petits voleurs s’improvisant héros malgré eux), reste désespérément coincé entre deux genres qu’il ne parvient jamais à harmoniser : la romance et le polar. Et c’est peut-être là son plus grand problème. Je repensais, en le regardant, à la manière dont Last Christmas ou même Happiest Season parvenaient à faire exister leurs personnages au-delà de leur fonction narrative. Ici, Ali Zafar et Sophia — incarnés par Belal Sabir et Olivia Holt — semblent enfermés dans une mécanique molle où chaque scène annonce à l’avance la suivante. Rien n’est faux, mais tout sonne fabriqué. On devine leurs hésitations, on perçoit les tentatives d’alchimie… mais la magie ne prend jamais, comme si la neige tombait en carton-pâte. Le film veut aussi jouer la carte du casse, avec ce braquage de grand magasin londonien. Mais à l’inverse des comédies policières à la How to Steal a Million ou du charme un peu slapstick de Home Alone, le suspense ici reste plat, sans invention. Michael Fimognari, pourtant excellent directeur de la photo dans d’autres projets Netflix, ne parvient pas à créer une vraie tension visuelle : Londres ne devient jamais un personnage, la nuit de Noël n’est qu’un décor interchangeable. Et pourtant, je sentais qu’il y avait une intention : celle de montrer deux êtres cabossés trouvant la rédemption dans un moment suspendu. C’est un motif classique — presque beau — mais il aurait fallu oser l’émotion, oser l’ambiguïté morale, oser la comédie. Le film reste sage, trop sage. À force de vouloir plaire à tous, il finit par ne bouleverser personne. Je sors de Vive le vol d’hiver avec une impression douce-amère : celle d’un film qui avait une jolie idée, mais qui se perd dans ses propres lumières de Noël. On aurait aimé y croire. On aurait aimé être surpris. Mais parfois, la magie ne suffit pas. Ma note : 8 / 20
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