Derniers Avis : Les Aigles de la République - Page 2
Les Aigles de la République
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Spider cineman
215 abonnés
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3,0
Publiée le 29 mars 2026
Moins inspiré dans son intrigue que la « conspiration du Caire » on garde néanmoins une bonne attention à suivre cet acteur engagé dans une commande de film pour son état, un bon jeu d acteur et une fin sauvent la mise, c est loin d être spectaculaire globalement
On a tous grandi dans les pays arabes avec cette expression « Da marsr oummi ddounya ! » (l’Egypte est mère du monde»). Elle est à la hauteur de ce pays au destin singulier : de son époque antique comme un des berceaux de la civilisation avec ses pharaons jusqu’à son âge d’or au niveau de la musique et du cinéma avec des Oum Kalthoum, Abdel Halim, Omar Sharif & co…
Tarik Saleh a décidé de nous raconter une autre Egypte loin des mythes et des artifices et beaucoup plus contemporaine et réaliste via une thrillogie (Thriller & Trilogie, jeu de mot waw :D) qui aborde à chaque fois le pays et son régime via un prisme dédié :
1- Prisme de la Police : Le Caire confidentiel (2017) 3,5/5 : inspiré d’un vrai fait divers, l’histoire suit un Noureddine, un inspecteur désabusé « réveillé » par un crime qui concerne une chanteuse et des membres de l’orbite virevoltant autour du président de l’époque Houssni Moubarak. Ce squelette est une excellente matière pour autopsier un régime corrompu et un pays à la dérive. Un bon début pour cette trilogie !
2- Prisme de la Religion : La conspiration du Caire (2022) ❤️ 5/5 : j’ai déjà fait la critique sur ma page (allez la voir). Mais pour rester dans une prise de recul, il s’agit pour moi du volet le plus abouti de Tarik Saleh. C’est un scénario chirurgical avec un scénographie artistique remarquable. 3 ans après, j’en reste toujours marquée ❤️✨️
3- Prisme de l’industrie de l’Art : Les aigles de la République (2025) 3,5/5 : il s’agit certainement du film le plus léger de la trilogie avec un humour distillé un peu par ci, par là. Le prisme est très pertinent, comment on peut parler de l’Egypte sans parler de son cinéma ? Et il a le mérite de nous montrer l’envers du décor : comment justement ce vecteur est souvent utilisé à but de manipulation populaire indirecte. A voir même s’il est loin d’égaler le volet qui le précède
➡️Conclusion : merci à @tariksalehofficial et tous ses acteurs (surtout @iamfaresfares ) de rafraichir le cinéma et nous offrir des immersions originales, dépaysantes et qui nous poussent à la réflexion (car l’Egypte est loin d’être un cas isolé, surtout dans le monde arabe !)
Tarik Saleh clos avec ce film, présenté comme les précédents à Cannes, sa trilogie sur le Caire débutée avec « Le Caire Confidential » et poursuivie avec « La conspiration du Caire ». Si dans le précédent, il dénonçait la mainmise de l’autorité religieuse et des fondamentalistes sur la société et les individus ; ici, il s’en prend directement au pouvoir et sa tête de pont, le Général Al-Sissi. Il montre combien un régime autoritaire en place peut être prêt à toutes les pressions et perversions pour garder son pouvoir. Là, le comédien phare du cinéma égyptien va en faire les frais. Tombé en disgrâce auprès des autorités, il se voie contraint, au risque de tout perdre et de mettre les siens en péril, de jouer le rôle du président dans un film à sa gloire. Autant dire qu’il n’a pas le choix même s’il ne veut pas mettre la main dans cet engrenage funeste. Il ne soutient pas ce président ; mais en silence, il n’affiche pas son opposition. Lors du tournage, jouant volontairement avec le frein à main, les chiens de garde de la république vont le sommer d’y mettre du cœur. De la petite satire gentille, parfois drôle, flirtant avec la comédie italienne ; le film avançant, il prend une tournure de véritable thriller politique. Les menaces pesant sur l’acteur et son entourage finissent par être insupportable jusqu’à un final que n’aurait pas renier le grand Costa Gavras. Voilà un vrai film politique dynamique dans la veine des grands studios US des 70’s ; tant la mise en scène et le scénario sont d’une efficacité redoutable. A l’image d’un Fares Fares à la composition épatante dans ce rôle sans cesse au bord du précipice ; la tension monte crescendo. Un grand film qui clôt une magnifique trilogie.
Tarik Saleh possède cette aptitude de confronter le regard aux maux et aux rouages politiques et religieux d’un système verrouillé. Dans Les Aigles de la République, il suit George Fahmy, star sommée d’incarner un président à l’écran. Le point de départ pourrait relever de la satire, et le film en conserve d’abord les apparences : luxe, caprices, séduction, tout semble appartenir à une comédie sur les coulisses d’un monde superficiel. Mais très vite, ce qui se présente comme un rôle glisse vers autre chose. Ce n’est plus une interprétation, c’est une assignation.
À partir de là, le film déplace la question politique dans la matérialité même du corps. George n’est plus seulement un acteur mais une surface sur laquelle le pouvoir imprime sa forme. Le costume militaire qu’on lui impose agit comme une prise physique : il recouvre, rigidifie, redresse, jusqu’à transformer celui qui le porte. Ce que filme Saleh, c’est une dépossession progressive où l’identité se reconfigure sous la contrainte.
La mise en scène accompagne ce mouvement en resserrant l’espace autour du personnage. Les cadres se ferment, les lieux étouffent, tandis que le hors-champ devient omniprésent. Le pouvoir, lui, ne se montre jamais directement, mais organise tout depuis l’extérieur. Ce “ils” sans visage finit par devenir le véritable centre du film. Dès lors, le hors-champ devient une force politique, une pression constante qui modèle le visible.
Dans ce dispositif, le film que tourne George finit par devenir plus dangereux que celui que nous regardons. La figure de la star, d’abord présentée comme un semblant de souveraineté, est peu à peu vidée de sa substance. George apparaît libre tant qu’il ne s’oppose pas, mais dès qu’une résistance affleure, même minimale, cette liberté s’effondre. La relation avec Suzanne, loin d’ouvrir une échappée, s’inscrit dans le même réseau de contraintes. Le désir n’y libère rien ; il devient au contraire une faille, immédiatement récupérée et instrumentalisée.
Cette logique innerve jusqu’à la structure du récit, qui se dérègle progressivement. La narration se fragmente, perd en lisibilité, et les événements (y compris ceux qui pourraient faire office de climax) épaississent l’opacité au lieu de la dissiper. Le spectateur se retrouve alors dans une position analogue à celle de George : incapable de relier clairement causes et conséquences, condamné à avancer dans un labyrinthe sans centre.
Ce qui demeure, une fois le film terminé, c’est le sentiment d’un glissement continu, d’un espace de jeu vers un espace de contrainte. Et c’est précisément là que se loge sa dimension tragique : dans cette manière de montrer comment un individu peut devenir complice sans jamais avoir le sentiment de trahir, parce que le mal ne s’impose jamais frontalement, mais s’installe à travers une succession d’ajustements, chacun, en apparence, parfaitement raisonnable.
Quand le 7ème art devient outil de propagande du pouvoir, c'est tout un questionnement sur la liberté de création et d'expression qui est posé. Entre coulisses d'un tournage à tension, immersion en sphère politique et petites intrigues annexes, malheureusement le propos se perd, dispersé. Un film sur l'Égypte, son pouvoir actuel et une certaine instrumentalisation, qui devient enfin percutant dans sa dernière demi-heure.
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2,5
Publiée le 14 mars 2026
« Il n'y a aucune contradiction à être à la fois un artiste et un patriote. » George Fahmy, plus grande vedette du cinéma égyptien, ne veut pas être mêlé aux affaires du régime, mais lorsqu'il subit des pressions pour incarner le président Abdel Fattah al-Sissi au cinéma dans un biopic élogieux, il ne peut pas dire non... La mise en abyme avec ce film sur un autre film est pas mal, mais pendant trop longtemps, l'histoire se résume qu'à un simple tournage différent des autres avec George qui est confronté à la censure et doit respecter les consignes d'en haut. Des contraintes quand même peu nombreuses tandis que l'emprise du régime sur lui est omniprésente physiquement à travers la présence des gens, mais elle ne se ressent pas assez concrètement. George est un pion qui reste tout simplement un pion pendant tout le film. Un spectateur qui n'a finalement qu'un rôle important dans le film qu'il tourne et pas dans la vraie vie contrairement à ce qu'il pense. Je m'attendais à quelque chose d'anxiogène, donc j'ai été déçu par ce "Eagles of the Republic" qui est le moins de la trilogie du Caire de Tarik Saleh.
Très réussi film de Tarik Saleh (La Conspiration du Caire) que j’avais prévu de voir depuis les critiques du Festival de Cannes 2025 et que j’ai extirpé de mes archives aujourd’hui : j’allais manquer Les Aigles de la République avec la formidable Zineb Triki (Le Bureau des Légendes) jouant Suzanne, la femme du ministre de la Défense égyptien, et la belle Lyna Khoudri (Le Gang des Amazones) interprétant Donya. Haletant !
Superbe! Les acteurs étaient vraiment très bons, l’intrigue bien dosée entre tension politique, humour, thriller. Un message finalement tout en finesse.
Dernier volet d’une informelle « trilogie du Caire » signée du cinéaste suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh, Les Aigles de la République nous plonge dans la vie tragi-comique d’une star de cinéma fictive incarnée par le génial Fares Fares. Tourné en Turquie, ce film dépeint avec mordant un aspect de l’Égypte contemporaine, celle du général al-Sissi – nommément cité – et de l’utilisation de la l'audiovisuel comme arme de propagande des dictatures. Il parle aussi du rôle et de la place des artistes au sein des systèmes autoritaires, à travers un personnage principal spoiler: contraint de mettre un doigt dans la logique de propagande du régime, avant de perdre tout contrôle sur sa liberté artistique – et de se laisser déposséder de sa propre vie. Démarrant sur un ton comique et se terminant de manière tragique, ce film qui ne manque pas de qualité souffre d’un scénario trop dense et d’une multiplication de sous-intrigues qui finissent quelque peu par embrouiller son message. Il n’empêche que cette œuvre courageuse mérite d’être vue.
Tarik Saleh poursuit son exploration de l’Égypte autoritaire avec cette fiction où un noyau de personnes influentes essaient de déstabiliser le régime. Bien qu'un peu noyé par des rebondissements parfois secondaires, qui le rallongent au détriment du rythme, le film reste intéressant d'un bout à l'autre, en grande partie grâce à l'interprétation magistrale de Fares Fares, acteur favori du cinéaste. Malgré des qualités de mise en scène toujours évidentes, on aurait apprécié davantage de fluidité dans le récit, lequel reste - volontairement ou non - assez nébuleux.
un film politique certes, ou la politique est perçue avec le petit bout de la lorgnette, c'est à dire les états d'âme des principaux protagonistes mais où la résistance de la jeunesse et de la population est absente.
Très bien joué une thématique très intéressante, c'est drôle et tragique. Tarik Saleh nous raconte la propagande d'un pouvoir autoritaire dans l'Égypte actuelle.
L'acteur le plus connu d'Égypte est pris dans une spirale politique entre complot et retournement de situations : à qui peut-il faire confiance ? C'est là tout l'enjeu de ce film.
J'ai trouvé que le film mettait du temps à installer l'intrigue : le début m'a paru très long et j'avais du mal à comprendre où l'intrigue voulait en venir. Les longueurs de cette première partie m'ont fait un peu décrocher mais un évènement fait brillamment basculer le rythme ! Il maintien la tension jusqu'au final où on se rend compte que tout n'est que jeu de pouvoirs.
Malgré tous les bons retours que j'ai pu lire, j'ai trouvé ce film inégal. J'ai été emportée uniquement par la dernière partie qui assemble le puzzle dont les pièces sont trop éparpillées en début de récit.
Un très bon film qui décrit l'engrenage dans lequel est pris un acteur égyptien qui est contraint de tourner un film pour le régime. L'atmosphère de tension ne cesse de croître au fur et à mesure du film et c'est assez bien fait. L'acteur principal est bien dans son rôle. Je recommande. Bonus pour l'esthétique du film : je trouve les images assez belles et agréables.
Bon film (même si l'histoire est un peu confuse). Le côté psychologique (notamment l'ego des acteurs dans le contexte de l'époque) est très bien démontré. A découvrir