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Guillaume M.
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3,0
Publiée le 18 juillet 2026
Je n’ai pas vu les deux premiers opus, Il me manque sûrement des références. Malgré cela, le film est plaisant, totalement politique dans une Égypte controversé, animé par la corruption et les pressions incessantes. Sympa
**Les Aigles de la République** de Tarik Saleh plonge dans les coulisses du cinéma égyptien, où une star vieillissante se retrouve instrumentalisée par le pouvoir pour incarner un rôle de propagande. Le film interroge avec finesse les rapports entre art, ego et autoritarisme, dans une Égypte contemporaine gangrenée par la corruption et la surveillance. La mise en scène est le grand atout du film : Saleh installe une tension feutrée, presque paranoïaque, où chaque plan semble surveillé, renforçant l'impression d'étouffement politique. Le scénario, complexe, mêle habilement satire et thriller politique, même si la mécanique du pouvoir reste un peu trop elliptique. Côté interprétation, Fares Fares livre une performance tout en nuances, oscillant entre vanité et lucidité désabusée, porteur à lui seul de toute l'ambiguïté morale du film. Les seconds rôles, notamment les figures du pouvoir, manquent parfois d'épaisseur. Un très bon film exigeant et maîtrisé mais à mon goût le moins réussi de « sa trilogie du Caire ».
Satire politique d'abord un peu légère, le film s'assombrit à mesure que l'on avance pour devenir un vrai thriller tout en tension. Prenant, bien fichu, avec une interprétation très juste.
Dans une réalisation soulignant la mise en abîme (à l'instar de dialogues parfois trop appuyés) au regard caustique sur la magie du cinéma (avec cette scène de sexe reflétée dans l'écran ou les floutages), l'intrigue illustre les pièges qui guettent le héros: confondre réalité et fiction, croire que les services rendus ne se paieront pas, se considérer aussi intouchable que le chef d'Etat avec lequel il partage le même surnom. Très habilement le récit peint un homme dont les priorités polémiques se heurtent à un régime totalitaire, censurant les artistes au nom de la religion (pour son propre bénéfice) tout en dédaignant les principes prônés. Alors que la tension augmente et que l'entourage se fait plus oppressant (d'une façon insidieuse d'autant plus inquiétante) les dimensions intimes, artistiques, politiques s'imbriquent plus inexorablement et les puissants apparaissent comme de dangereux scénaristes... Acide.
Georges Fahmy l'acteur le plus adulé d'Egypte, accepte sous la contrainte de jouer le rôle du président Al-Sissi dans un film commandé par les hautes autorités du pays. Il se retrouve alors plongé dans le cercle étroit du pouvoir. Ses convictions politiques, son attirance pour les femmes, sa notoriété, par cette situation oppressante, vont le confronter à un état d'âme troublant. Le pharaon de l' écran, comme on le gratifie, n'a pas pas les faveurs de ce régime totalitaire, et vice versa, lui n'aime pas cette domination de l'armée et des services de sécurité. Les artistes et le cinéma sont utilisés comme outils politiques. Georges comprend qu’il ne peut continuer sa carrière qu’en servant le régime et se retrouve de plus en plus privé de ses choix. Incarner ce président présenté comme une figure quasi sacrée. Il est forcé de jouer dans un film glorifiant Sissi, ce qui illustre la propagande officielle. Pris dans un impossible engrenage, il côtoie des figures importantes et devient progressivement complice du régime pour protéger sa carrière et sa famille. C’est ce dilemme moral qui constitue le cœur du film. Tarik Saleh montre donc un régime autoritaire moderne où la violence n’est pas toujours visible directement, mais où chacun sait que le pouvoir peut détruire une vie à tout moment. Alors, si en plus notre Pharaon de l'écran séduit la femme du ministre des armées celui là même qui supervise le film, imaginez dans quelle voie sans issue il avance ! En fait Georges n'est qu'une marionnette dont la célébrité profite aux généraux, aux services secrets, voir complotistes qui apparaissent comme les véritables maîtres du pays. Ils surveillent, menacent et manipulent les individus. Bien malgré lui l'interprète du président Abdel Fattah al-Sissi, va asseoir le pouvoir d'un homme dont les opposants ou les personnes jugées suspectes risquent l’intimidation, la prison ou des représailles contre leurs proches. Ma note sera de 3,17 sur 5. Cette caméra qui en gros plan de dos suit trop longuement la nuque du personnage principal est parfois incommodante. Sinon le sujet est fort, le film ne critique pas seulement l’Égypte actuelle. Il parle plus largement : de la relation entre art et pouvoir, de la manière dont les régimes autoritaires utilisent la culture, de la compromission des élites et de la difficulté à rester libre dans un système fondé sur la peur.
On commence en découvrant la vie paisible d’hommes qui jouent à des paris sportifs dans la rue et 2 heures après on les retrouve, insouciants comme à la première heure. Car à cause de la TV de propagande, personne ne sera au courant du coup d’état qui aura lieu. La dictature politique produit un film à la gloire du Président, Commandant suprême des armées. Et l’acteur ayant le rôle principal sera embrigadé malgré lui dans cette glorification artificielle. La dénonciation de la trilogie est féroce et angoissante. KHOUDRI fera des apparitions avec des robes éblouissantes. Tout se déroulera lors des commémorations du 6 octobre 1973 (guerre du Kippour contre Israël pour la libération du Sinaï) et de l’assassinat de El SADATE. La fin est tragique, qui verra des aigles supprimés. Avec une musique anxiogène la réalisation est somme toute très classique → peut-être pour cela que le film n’a pas été récompensé à Cannes 2025.
Plus que La conspiration du Caire, on est ici dàs la continuité de Le Caire Confidential. Et là non plus, on n'est pas sur un dépliant touristique. Après la corruption généralisée, on est sur les neutres d'influence au sein du gouvernement, avec un Al-Sissi aux tentations (et à l'entourage) dictatoriales. Ce film distile même un léger humour sous la noirceur du propos. Les acteurs sont excellent. Rien que l'idée de faire jouer Al-Sissi par un acteur au physique de Fares Fares est symptomatique des dictatures de déférence Retrouver le père de Ramy (série sur Arte) en homme de l'ombre au regard perçant est un réel plaisir.
Un long métrage très intéressant qui montre de manière implacable la dureté de la dictature sévissant actuellement en Égypte. Le début est assez léger et presque sur le mode comédie, mais plus on avance dans l’histoire, plus le scénario devient noir et étouffant. Les acteurs sont impeccables avec une mention particulière a l’acteur principal. Un bon film
Une star du cinéma égyptien est obligée par les autorités d’incarner le président du pays dans un film à sa gloire. Le réalisateur Tarik Saleh déconstruit la mécanique du pouvoir en Egypte dans ce long-métrage féroce mettant à mal la logique dictatorial du régime. Le brio de la mise en scène épouse à la perfection une intrigue implacable d’un engrenage infernal pour cet acteur pris dans l’étau d’une machination politique.
Les Aigles de la République nous racontent l’histoire de George Fahmy, un acteur très renommé dans le cinéma égyptien, une véritable icône charismatique. Il est cependant dans un contexte géopolitique compliqué. En effet, la dictature en place rend monnaie courante la corruption, la censure omniprésente et utilise l’art à son intérêt pour cultiver le culte de la personnalité. C’est dans ce contexte que George se voit obligé d’être mêlé à tout ça et d’être la tête du prochain film de propagande. Il accepte contre son gré après plusieurs menaces et chantages. La pression est aussi mise sur son entourage, avec qui il entretient des relations compliquées. Surtout son fils, qu’il a tendance à délaisser, et son ex-femme qu’il a quittée pour une nouvelle copine plus jeune, mais leur amour aussi est en dents de scie. George a une prestance naturelle et a tendance à être égocentrique mais on s’attache quand même à lui, qui devient vulnérable dans ce contexte qui le dépasse complètementspoiler: . En effet, il est pris dans un engrenage, notamment après avoir développé une relation avec Suzanne, la femme du ministre de la Défense, un amour très risqué. Il se retrouve au milieu d’un complot, est impliqué dans un coup d’État malgré lui. Il y a une mise en abyme avec le film de propagande tourné où nous découvrons en même temps les envers du décor du cinéma couplés à la propagande égyptienne, dont nous voyons comment les décisions sont prises au détriment de George. spoiler: Le film est prévisible mais très dynamique et entraînant. La tension monte crescendo, après avoir placé le contexte durant la première partie, la fin est intense.
Troisième (et dernier ?) volet sur Le Caire, "Les aigles du Caire" est en deça de l’ambiance de "Le Caire vonfidential" et au thriller moins haletant que "La conspiration du Caire". On regrette des longueurs à mi film (et une histoire d’amour avec la femme d’un ministre pas totakement crédible et soutenue) et un final quelque peu expédié. Dans un film trop guidé et écrit, Fares Fares capte comme toujours toute notre attention. Un chouia déçu.
Tarik Saleh était très attendu après le génial "La conspiration du Caire" où il décortait avec finesse la complexité des rapports entre le pouvoir politique et les Frères musulmans. Al Sissi est encore une fois au coeur du film, mais plus visible cette fois. C'est l'histoire d'un piège dans un piège, d'une manipulation politique qui raconte l'Egypte des coups bas politiques. C'est intéressant, rythmé, bien mené, porté par la superbe performance d'acteur de Fares Fares. Il n'y a cependant pas la subtilité que l'on espérait. Un récit plus simple mais un divertissement très réussi.