Derniers Avis : Les Aigles de la République - Page 4
Les Aigles de la République
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Jean-marc B.
18 abonnés
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4,0
Publiée le 30 novembre 2025
Dernier opus du triptyque de Tarik Saleh, cette conclusion est un film palpitant à l'intrigue bien mené. Le plus grand acteur égyptien est contraint par le régime d'interpréter le rôle du général Al-Sissi. Il va se retrouver, malgré lui mêlé à un complot d'état. Ce film est un thriller politique qui dévoile les arcanes du pouvoir et ses manigances. Le casting est excellent.
George Fahmy est l’acteur star d’Egypte. Il se retrouve contraint par le régime d’incarner le président Sissi dans un film à sa gloire. Le début des problèmes, avec un thriller, certes long à démarrer mais très solide sur sa seconde partie. C’est haletant, mais aussi avec des dialogues comiques très réussis.
Lorsqu'il s'est agi de traiter de l'Égypte, Tarik Saleh nous a accoutumé à l’excellence. D'abord « Le Caire Confidentiel », puis, « La Conspiration Du Caire ». Son nouveau film sur Le Caire, est bourré de qualités, mais très honnêtement, il n’est pas à la hauteur de ses deux grands frères. La qualité majeure du film réside dans le traitement que nous fait Saleh de son personnage central. Une légende du cinéma Égyptien, incarnée par un brillant Fares Fares. Ce personnage, riche en couleurs, naviguant avec aisance dans tous les milieux, Copte, ou musulman, de la jet set, tout autant que dans les arcanes du pouvoir, nous permet de comprendre les tiraillements contradictoires de la société Égyptienne. Cependant, le film n'est pas exempt de défaut. Dans les deux premiers scénario Cairotes, les « double-jeu » de certains personnages nous surprennent lorsqu’ils sont révélés, mais ils restent tout à fait compréhensibles. Car les jeux des uns et des autres avaient été présentés de manière lisible, dès le départ. Dans ce troisième volet, les agendas de plusieurs personnages ne sont pas clairement définis. C'est depuis le début qu'on perçoit mal leurs jeux. On ne sait pas s'ils jouent "franc-jeu" ou "double-jeu. De sorte que lorsqu'ils sont présentés comme ayant trahi, on perd pied littéralement. Qui ont-ils trahi ? Au profit de qui ? Ce choix de Saleh de nous avoir concocté une intrigue où règne l'ambigüité, où la confusion est permanente, est très déstabilisant. Ce choix n'est pas heureux, car il impacte notre compréhension des tenants et des aboutissants de l'Histoire récente Égyptienne. L'agenda des partis qui s'opposent et qui aboutit au dénouement tragique, nous semble opaque. Cependant, on peut percevoir ce défaut comme un acte manqué, un travers inconscient du cinéaste, soucieux de nous montrer à quel point l'ambiguïté et la confusion, sont les marques de fabrique de la société Égyptienne.
Très bon film et très bon jeux d'acteurs ! Surtout Fares Fares qui compose à chaque fois mieux que personne. Une trame qui vous prend de bout en bout sur fond d'un climat politique des plus viciés.
film bon ayant des personnages qui jouent assez bien, ça permet d'avoir un aperçu du cinéma égyptien. cependant film légèrement trop téléphoné mais qui reste proche de la réalité politique de ce pays
Une plongée dans la machine autoritarienne égyptienne, superbe et angoissant. On s'imagine à la place du héros, que ferions nous, rester ou fuir, s'opposer ou collaborer ?
Dernier acte de la trilogie que le réalisateur Tarik Saleh, réfugié en Suede, consacre à son pays d’origine : l’Egypte. Ici on suit la star des écrans cairotes, plus à l’aise avec la gente féminine qu’avec sa propre famille, devant incarner le général Sissi dans une œuvre tout à sa gloire. Un film qui commence comme une comédie et qui se mue en thriller implacable par un cinéaste qui, de loin, aura tendu un miroir glaçant au pouvoir égyptien.
D'après le film, il est dangereux de s'approcher des sommets et d'en dépendre, surtout dans les pays autoritaires. Rien de vraiment neuf sous le soleil. Peut-être un peu confus (beaucoup de personnages et de situations "dispersées") pour que l'on puisse s'attacher à l'un ou l'autre des sujets abordés. ça reste assez agréable à regarder sans être bouleversant.
Un réquisitoire fort sur le retour de la dictature en Égypte. Mais le film peine à garder le rythme et souffre de quelques longueurs, perdant en cours de route l’intensité qui montait crescendo, avant de se reprendre. Le réalisateur a le talent de savoir s’adresser autant à un public oriental qu’à un public européen, pour montrer une réalité que beaucoup voudraient cacher.
Malheureusement pas à la hauteur des précédents films du réalisateur. Une première partie qui s’étire avant un dénouement sous forme de thriller qui finit par emporter. Reste la prestation impeccable de Fares Fares.
Il y a du Costa Gavras là dedans! Très beau film, très intelligent, et qui a l'intérêt de porter notre regard sur un pays, un sujet, une histoire, que nous ne connaissons pas bien, ici, en France. Les dictateurs africains, c'est toujours un peu le folklore, dans notre esprit. Ça se passe "là-bas", alors ce n'est pas très grave. Pourtant les dictateurs africains sont les mêmes que les européens ou les américains. Sissi a même un point commun avec Franco, dont on évoque ces jours-ci la fin : le sourire! Ce sourire de dentiste, d'expert comptable, ou de représentant de commerce, qui va vous la mettre bien profond. Ce sourire qui cache si bien la cruauté, l'intransigeance, la détermination totalitaire. Observez bien ce sourire Tik Tok: c'est la rangée de dents qui cache les grandes tartes dans la g… que le peuple reçoit. L'avènement de Al Sissi c'était il y a 12 ans et il n'y avait pas Tik Tok; il y avait le cinéma, mais c'était déjà la même chose.