Film vu en avant-première à l'Institut du monde arabe. Long métrage dans la lignée des productions de Tarek Salah "la conspiration du Caire" et "Le Caire Confidentiel". La critique du régime politique en place en Égypte est subtilement analysée et expédiées sous le prisme d'un cinéma égyptien au service du politique et d'une star dépassée par ses penchants de séducteur invétéré. Le casting est de qualité mais c'est surtout la montée en puissance au cours du film qui est prenant.
Même si Le Caire Confidentiel valait déjà le déplacement en 2017, c’est bien La conspiration du Caire, qui a fait de Tarik Saleh un cinéaste incontournable. Ce n’est pas le dernier volet de sa trilogie égyptienne qui me fera changer d’avis. Tarik Saleh est un grand. George Fahmy, l’acteur le plus adulé d’Egypte, accepte sous la contrainte de jouer dans un film commandé par les plus hautes autorités du Pays. Il se retrouve plongé dans le cercle étroit du pouvoir. Comme un papillon de nuit attiré par la lumière, il entame une liaison avec la mystérieuse épouse du général qui supervise le film. Ces 129 minutes montrent les coulisses du pouvoir d'un régime égyptien aux allures de dictature, que le prisme fictif du plus grand acteur du pays, véritable pharaon de l'écran, permet de cerner avec une efficacité implacable. Ce n’est pas pour rien que cinéaste avait obtenu le Prix du Scénario à Cannes en 2022. Il confirme au-delà de toutes les espérances avec ce thriller politique de très haute-volée. Ce film est conçu come une lettre d'amour au cinéma égyptien des années 50 à 70, son âge d’or. A cette époque, le pays était le 3ème producteur mondial de films. C’est le paradoxe central, entre une façade publique éclatante et des vérités intérieures troubles, qui anime l'histoire, C'est cette dualité qui alimente la tension dramatique tout au long du film. Les films de Tarik Saleh s’articulent généralement autour d’un lieu symbolique. Le poste de police pour Le Caire Confidentiel et la cour de l’université pour La Conspiration du Caire. La clé de voûte de ce dernier n’est autre que la parade militaire. Il explique : Je l’ai conçue telle qu’elle se déroulait encore en 2015. J’ai tendance à croire que l’Égypte est restée bloquée le jour où l’on m’a jeté dehors. Car, oui, Saleh est persona non grata dans son propre pays et a dû tourner en Turquie. Il faut dire que ce thriller montre les coulisses du pouvoir d'un régime égyptien aux allures de dictature, que le prisme fictif du plus grand acteur du pays, véritable pharaon de l'écran, permet de cerner avec une efficacité implacable. Et on rit bien volontiers car le récit est très malin et cinglant, même si la situation est des plus désespérantes. Même si le film se révèle plus accessible en surface que les opus précédents de l’auteur, il reste toujours traversé par la même rigueur politique et formelle. Une sorte de bal des menteurs assez réjouissant mais glaçant sur le fond quand il pose la question : comment faire du cinéma sous un régime autocratique ? A voir absolument. La complicité entre Fares Fares et le réalisateur est de plus en plus évidente. En interprétant un personnage complexe, il explore une fois de plus les dilemmes moraux dans des contextes socio-politiques intenses. Un grand acteur qui aurait certainement plus mérité le prix d’interprétation à Cannes que son collègue brésilien, Wagner Moura, dans un film dont je vous parlerai le mois prochain. Bien sûr, ce n’est pas vraiment un film pour les femmes. Aussi, les pauvres Zineb Triki et Lyna Khoudri en sont-elles réduites à la portion congrue. A noter aussi les noms de Amr Waked, Sherwan Haji ou Suhaib Nashwan. Du très bon cinéma politique comme on l’aime. A ne pas manquer.
Après "Le Caire confidentiel" (2017) et "La conspiration du Caire" (Prix du scénario au Festival de Cannes 2022), c'est à nouveau à l'Egypte que le réalisateur suédo-égyptien Tarik Saleh consacre son dernier film, lui qui n'a plus la possibilité de se rendre dans ce pays où il n'est pas particulièrement en odeur de sainteté. Après le polar "Le Caire confidentiel", ayant un poste de police comme élément central et assez banal dans son approche, après "La conspiration du Caire", excellent thriller politique sur les relations entre pouvoir politique et pouvoir religieux dans un pays musulman, ayant l'université Al-Azhar du Caire comme élément central, Tarik Saleh s'intéresse cette fois-ci aux relations que des artistes peuvent entretenir avec le pouvoir politique. Dans ce film présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, on retrouve Fares Fares, le comédien libanais établi en Suède, déjà présent dans "Le Caire confidentiel" et dans "La conspiration du Caire". Il interprète ici le rôle de George Fahmy, une star adulée en Egypte, de religion copte et qui vit séparé de sa femme, le divorce étant interdit dans cette religion sauf en cas d'adultère. George Fanny est contraint de tourner un film à la gloire de Sissi, un film dont il trouve le scénario très mauvais mais, ayant choisi lui-même le réalisateur, il espère que ce dernier arrivera quand même à en faire un film ne sombrant pas dans une médiocrité absolue. On va retrouver sur le tournage un personnage chargé par Sissi de vérifier qu'on ne s'écarte jamais de l'encensement qu'il recherche, on va retrouver aussi le ministre de la défense et Suzanne, son épouse, dont George tombe amoureux. "Les aigles de la république" est un film dont l'action est très rocambolesque et dans lequel le spectateur est certain de ne pas s'ennuyer. Dans ce film dont son réalisateur affirme qu'il a voulu écrire une "lettre d'amour au cinéma égyptien" des années 50 à 70, l'époque où le cinéma égyptien était le "troisième producteur mondial de films", on voit d'ailleurs, à son début, des affiches dont l'esthétique s'inspire de celles des années 60. Dans la distribution, on retrouve la comédienne franco-algérienne Lyna Khoudri dans le rôle de Donya, une jeune maîtresse de George. Et, à titre anecdotique, on pourra remarquer dans une vitrine du domicile de George, un maillot de Mohamed Salah, l'attaquant égyptien du FC Liverpool. Film vu au Festival de Cannes.
Ce film clôt avec brio la trilogie du Caire en nous montrant cette fois-ci l'utilisation du show-bizz par le pouvoir égyptien de Al-Sissi. La BO de Desplat est magnifique, on poursuit le duo Fares Fares-Tarik Saleh qui font définitivement du bon travail ensemble. Le casting est également francophile avec le présence de deux actrices françaises (Lina KHOUDRY dans les trois mousquetaires, Papicha, ou Novembre et Zineb TRIKI, découverte notamment dans le bureau des légendes qui s'illustre dans le film par sa classe et son sens de la mesure.)
« Les Aigles de la République » signe le retour de Tarik Saleh à une veine politique et satirique où s’entrecroisent pouvoir, propagande et illusion. En questionnant la relation entre autorité et industrie culturelle, le réalisateur brouille la frontière entre vérité et mensonge, réalité et fiction. Le personnage qu’incarne Fares Fares, à la fois narcissique et vulnérable, confiant et paumé, capte l’ambiguïté du compromis moral dans un régime autoritaire. Mais si le propos séduit, la mise en scène manque parfois de ce « coup de poing » qui aurait pu transcender le film et lui offrir une véritable singularité formelle. Un film lucide et maîtrisé, mais pas toujours aussi percutant qu’il le voudrait.
Film vu en AVP hier soir. Histoire scénario deja vu et revu dans d'autres films et séries ! Dès le début du film que de longueurs ! Ça devient légèrement intéressant avec un peu d'action uniquement dans la dernière demi-heure et fin ! Je m'attendais bien mieux avec un tél casting comme : Lyna Khoudri et Zineb Triki qui sont toujours sublimes mais ce film n'est pas du tout à leur avantage. On aurait pu mettre n'importe quelles actrices pour ces petits rôles. Finalement ce film ne vaut pas une place de cinéma. Quel dommage !
Plus grand public mais également plus frontal, SALEH offre un thriller politique sur fond de réflexion cinématographique prenant et haletant, qui manque un peu de finesse, mais qui ne ménage pas son côté grand spectacle
Excellent thriller politique complètant parfaitement la trilogie égyptienne de Tarik Saleh, à qui l'on soupçonne et découvre un vrai talent pour la comédie. Prestation majuscule - une fois encore - de Farès Fares
Tarik Saleh nous embarque dans le dernier volet de sa trilogie du Caire et c'est très réussie. Si au départ le film paraît léger et drôle, tout en se relevant assez consensuel en critique du conservatisme et de l'intégrisme religieux, il se révèle très vite un redoutable thriller politique qui nous emmène dans les eaux troubles du pouvoir militaire égyptien. Le film dénonce la propagande d'état à travers le personnage joué par Fares Fares, ici excellent. Un personnage qui renonce petit à petit à ses idéaux et qui se noie dans les méandres du pouvoir tant la nébuleuse militaire contrôle tout. Zineb Triki est l'atout charme de ce film et compose un personnage détonant. Lyna Khoudri, survendu dans les affiches, ne joue qu'un rôle secondaire et anecdotique au final. La mise en scène est sobre et efficace. La dictature de Al-Sissi n'a sûrement jamais été aussi bien représentée au cinéma.
(Film vu à Cannes en 2025) Film intéressant, notamment au regard des interrogations qu'il propose. Notamment via la confrontation d'ambitions personnelles et remise en question du pouvoir politique actuel
Film vu en avant première au cinéma espace centre à cagnes sur mer Ce film aborde différents sujets, en premier lieu une satire politique du régime autoritaire égyptien mais aussi une satire sociale du monde du cinéma. Un grand acteur adulé est pris dans un piège où il devient une marionnette du pouvoir militaire au point de se trouver dans une position très délicate. Le scénario est un méli mélo de différentes situations, certaines drôles, intimistes, où l'acteur principal du film fait étalage de tout son art. En terme de réalisation on a quelques longueurs et répétitions qui rendent le film un peu nonchalant jusqu'à l'emballage final qui réveille le spectateur et dévoile la vérité du film.
Vu dans le cadre du Festival de Cannes. J’ai trouvé le film vraiment prenant. L’ambiance est tendue du début à la fin, avec une mise en scène soignée et des scènes fortes qui restent en tête. Fares Fares est excellent, charismatique sans en faire trop. C’est bien écrit, parfois drôle malgré le fond très dur. On sent la colère derrière le film, mais aussi une vraie humanité. Pas un film parfait, mais un vrai bon moment de cinéma, intelligent sans être lourd.
Après les formidables LE CAIRE CONFIDENTIEL et LA CONSPIRATION DU CAIRE, Tarik Saleh nous plonge dans les méandres de la politique. Fares Fares excelle une fois de plus dans le rôle d’un comédien qui se retrouve piégé par un système totalement corrompu. Certes il y a quelques longueurs, mais le propos du film est passionnant.