Ghostlight
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Fiers R.
Fiers R.

210 abonnés 927 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mai 2025
Qu’il est beau ce film indépendant américain! Pas extraordinaire ni inoubliable certes, mais indubitablement beau. Et fort. Le sujet central est la thérapie par l’art. On ne peut pas dire que ce soit un sujet très répandu au cinéma mais pas qu’il y soit rare non plus pour autant, notamment dans les documentaires. Ici, Kelly O’Sullivan nous propose un beau scénario où un homme meurtri par la vie et dont la vie familiale s’enfonce à cause d’un drame va trouver une échappatoire et une guérison en jouant dans une compagnie de théâtre qui monte de manière amateure le « Romeo et Juliette » de Shakespeare.

On est dans une veine clairement indépendante du cinéma américain mais sans ses clichés arty ou qui seraient trop symptomatiques de ce type de cinéma indy US. D’ailleurs, si le film ne se déroulait pas dans une banlieue pavillonnaire calme de Chicago, on jurerait que les britanniques Mike Leigh (pour la tragédie) et Ken Loach (pour le versant social) se seraient associés pour livrer un long-métrage qui allient leurs ADN respectifs en y ajoutant l’aspect littéraire de la pièce de leur compatriote, l’un des plus célèbres dramaturges au monde. Dans la forme comme sur le fond « Ghostlight » fait souvent penser à leur cinéma. Et c’est un compliment.

Le choix d’acteurs méconnus et confondants de naturel est l’un des atouts du film et on a un petit coup de cœur pour Dolly De Leon déjà aperçue en second rôle dans de nombreux films (dont la Palme d’or « Sans filtre » en femme de ménage débrouillarde qui prend le dessus sur les riches dans la dernière partie) et dont le personnage pète-sec mais sensible développé ici est adorable. Le film prend son temps pour nous narrer les états d’âmes et les douleurs de cette famille sans que ce soit languissant ou ennuyant. Les seules longueurs que l’on pourra trouver sont dans le représentation finale de la pièce, pas vraiment nécessaires. En tout cas dans des proportions.

On peut aussi tiquer sur le pont un peu facile et grossier entre la pièce et le trauma vécu par Dan et sa famille. Mais on ne s’y attarde pas outre mesure. En revanche, le script a la bonne idée de ne pas en dévoiler la teneur tout de suite, gardant un certain mystère bienvenu sur ce qui a bien pu écorcher autant cet homme, sa femme et sa fille. Il y a plein de petites séquences à priori anodines mais qui font le cœur vibrant de « Ghostlight ». On est souvent ému, presque la larme à l’œil, par des moments beaux, justes et sincères. Les moments au sein de la famille qui tente de se reconstruire et ceux aux répétitions sont particulièrement bien équilibrés. Et Dieu sait que cette petite bande de théâtre est attachante. Du cinéma simple et de qualité qui fera vibrer la corde sensible de n’importe quel spectateur.

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Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

187 abonnés 2 665 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2024
L'histoire se dévoile petit à petit dans jamais lasser grâce notamment à une interprétation de qualité.
Don Keyser
Don Keyser

89 abonnés 1 641 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 novembre 2024
Très beau film basé sur un rythme doux et artistique. Les acteurs sont très bons, mention spéciale au personnage principal ainsi qu’à sa fille. On sent la douleur de leur perte tout au long du film avec une certaine évolution afin de vivre avec elle. À première vue, ce n’est pas le film qui attire par son manque de renommée mais il vaut vraiment la peine d’être vue car tout est réussi !
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2025
Il y a, dans Ghostlight, quelque chose comme une main posée sur l’épaule au moment où on en a le plus besoin. Le film s’ouvre sur Dan, un homme usé, ouvrier du bâtiment, silhouette droite, raide même. Il vit en serrant les dents, en regardant droit devant soi.

Quelque chose s'est passé, irrémédiablement, dans cette famille. On ne le nomme pas. On le soupçonne. Et plus tard, on apprendra que le fils n’est plus là. Et autour, le vide.

L’épouse, maintient sa famille. La fille, adolescente, piquante, exaspérée par l’inaudible douleur qui englue chaque parole. Et lui, Dan, noyé dans le chagrin, l'incompréhension d'un acte.

Mais voilà que survient une femme, inconnue, décalée. Elle l’aborde et l'invite. Elle lui parle de théâtre. De Shakespeare. De Roméo. Et peu à peu, par le biais du théâtre amateur, Dan se met à répéter. À "dire" ou du moins à apprendre à dire. Non pas la sienne, mais la parole d’un autre. Et cette fiction devient la brèche.

Le théâtre ne répare rien. Mais il offre un lieu où être "autre", et dans cet "autre" peut parfois se loger ce que l’on croyait perdu : une voix, un souvenir, un tremblement d’existence, l'empathie d'un geste incompréhensible.

Ici, Dan ne "joue" pas Roméo : il s’y cogne. Il trébuche dans ses vers, il s’empêtre dans son corps. Mais dans cette maladresse, il trouve une issue. Car Roméo, ce n’est pas l’idéal romantique. C’est aussi la parole exaltée d’un garçon qui ne sait pas quoi faire de l’excès. Dan, lui, n’a jamais su dire. Et maintenant, il doit dire "Juliette". Il doit dire "mort", "amour", "nuit". Il doit faire résonner des mots trop grands dans une bouche trop serrée. Et dans ce fracas poétique, sur cette scène, une larme peut monter, non pas celle d’un personnage, mais celle d’un père, d’un homme, d’un être troué.

La mise en scène épouse ce mouvement. Pas d’esbroufe. La caméra reste à hauteur d’homme. Elle observe. Elle enregistre le tremblement d’une main, l’épaisseur d’un silence, la colère d’un non-dit.

Ce que Ghostlight murmure également, c’est que la masculinité n’est pas une structure à déconstruire à coups de slogans. C’est une peau. Une vieille peau. Qui colle, qui étouffe, mais qui peut, lentement, être retirée. Dan n’a pas de discours. Il a des gestes. Il a des absences. Il a des refus. Et ce sont ces fragments-là que le film honore. Ce qu’il montre, c’est une virilité qui ne s’écroule pas en un instant de lucidité, mais qui se défait, fibre à fibre, dans le frottement du théâtre, dans le frottement du lien.

Et la famille, dans tout cela ? Elle est là, abîmée, disloquée, mais présente. Une femme qui attend qu’on dise. Une fille qui attaque parce que personne ne répond. Et c’est peut-être ça, la chose la plus bouleversante dans Ghostlight : la cellule familiale. L’amour n’est pas ici une fusion retrouvée. C’est une persistance dans la douleur.

Et toujours, en contrepoint, Shakespeare. Pas comme une référence savante. Plutôt comme une matrice.

Roméo et Juliette, ce n’est pas seulement l’histoire d’un amour impossible. C’est une tragédie du malentendu. Une chaîne de silences. Un chœur de deuils. Et dans Ghostlight, les mots de la pièce ne viennent pas illustrer la situation. Ils la déplacent. Ils la décentrent. Ils disent ce qui, autrement, serait tu. Ils permettent l'extériorisation de l’intime. Comme si les mots anciens, trop beaux, trop grands, pouvaient accueillir la douleur contemporaine.

Il faut le dire : le suicide, ici, n’est pas un sujet. Il est une ombre. Une blessure qui traverse tout le film sans jamais être nommée. Il n’y a pas d’explication. Pas de cause. Seulement un vide. Et ce vide agit, percole, contamine sa famille.

Et pourtant, le film ne sombre jamais dans la noirceur. Il garde une lueur. Comme si, dans l’artifice du théâtre, il y avait un espoir. Fragile, bien sûr. Précaire. Mais réel.

En somme, Ghostlight offre un lieu. Un lieu où la parole blessée peut se dire autrement. Un lieu où la fiction ne ment pas, mais révèle. Un lieu où être quelqu’un d’autre, pour un instant, peut faire naître un soi plus vrai. Un lieu où un père, une fille et une femme sont invités à murmurer un deuil.
Guy Chassigneux
Guy Chassigneux

11 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2025
« Deux familles, égales en noblesse,
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,
Sont entraînées par d’anciennes rancunes à des rixes nouvelles
Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d’amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l’animosité de leurs parents. »
Je savais seulement qu’il était question de théâtre dans ce film américain qui ressemble à un film anglais traitant des classes moyennes, loin des milieux théâtreux parisiens.
Le sujet de la littérature comme aide à vivre est souvent traité, ce qui fait le prix de cette version, à découvrir au rythme d’un scénario délicat et pudique.
Shakespeare l’universel convient à un ouvrier des ponts et chaussée quand Roméo et Juliette s’invitent chez les quinquas.
Gost : fantôme dans la langue de Sean Connery, Gostlight : lumière de bord de scène pour Peter Brook ; le film de près de deux heures ne joue pas du fantastique, seulement de la magie de paroles poétiques consolantes venant de si loin dans le temps.
BLS Moviedebrief
BLS Moviedebrief

35 abonnés 312 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2025
« R&J en thérapie »
Un film très émouvant sur le deuil et un début de rédemption grâce à la force du jeu d’acteur de théâtre - ici amateur et la pièce de Shakespeare « Roméo et Juliette » - comme exutoire. Cela se passe à Chicago, les acteurs sont tout en retenue, et l’intrigue très finement menée. On y retrouve avec plaisir la petite asiatique à la forte personnalité qui tenait les toilettes et menait le sauvetage dans « Sans filtre ».
C’est triste, mais il y a de l’entraide et l’espoir est non loin, un vrai coup de cœur pour ce film indépendant US
Kilian V.
Kilian V.

29 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2024
Très beau film sur le deuil porté par le jeu des 3 acteurs principaux de ce film. Le film souffre de certaines facilités scénaristiques mais qui n'entache pas le message du film et le sujet qu'il traite. La gestion des émotions est au coeur du film et elle superbement écrite et filmé. La fin du film vient magnifiquement conclure tout le parcours de cette famille
Joakim Lev
Joakim Lev

3 abonnés 6 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mai 2025
je suis resté un peu sur ma faim, j avais des attentes. jolie l'idée du mélange vie réelle théâtre, mais le scénario a des trous, et je trouve le rythme lent et le film trop long. Aussi, tellement sobre, à mon goût, qu'il manque de moments de forte émotion.
Nine
Nine

15 abonnés 174 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2025
Evidemment cela semble un peu gros que cet homme ait l'opportunité très improbable de jouer dans une pièce de Shakespeare, qui de plus est en totalement concordance avec l'épreuve qu'il traverse. Il n'en reste pas moins que ce film est un formidable hommage au pouvoir libérateur du théâtre, et que le message envoyé est fort d'humanité et d'espérance.
Pôpô passion ciné
Pôpô passion ciné

41 abonnés 391 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mai 2025
Mettre des mots sur ses maux : Quand le théâtre permet de libérer la parole et les émotions !

On suit cette famille traumatisée par un drame qui l'a frappé de plein fouet. De ce drame on en saura rien au départ, le fil du récit va nous éclairer sur ce mystère jusqu'au dénouement final bouleversant !

On est au côté du patriarche qui souffre d'un profond mal de vivre dont il ne parvient pas à exprimer.

Ce ne sera qu'au travers du théâtre, et particulièrement avec la pièce "Roméo et Juliette", faisant écho à son propre vécu, qu'il parviendra à trouver le chemin de la communication avec ses proches.

C'est LE genre de film qui regroupe tous les codes que j'aime : un scénario bien ficelé, des personnages vrais et attachants, de l'émotion pure qui ne tombe pas dans le pathos avec un twist surprenant !

C'est une histoire écrite avec justesse et d'une intelligence émotionnelle immense ! Tout est juste et à sa place. On ne peut qu'être touché par cette famille pudique et sincère. La troupe de théâtre est composée de personnages autant improbables que touchants : on sourit et on est emporté avec eux !

Un vrai coup de coeur à regarder absolument !
P Labarthe
P Labarthe

7 abonnés 78 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mai 2025
un film dans l'esprit de ceux de Ken Loach, thérapie de groupe touchante mais à laquelle on a du mal à croire
jpdeg
jpdeg

8 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 février 2025
Ghostlight était programmé dans la sélection des 10 premiers films en compétition pour le Festival international du premier film d'Annonay (Ardèche).
La projection de ce film était bonifiée par la présence de sa co-réalisatrice Kelly O'Sullivan.
Ce film est un vrai régal ! Il intrigue, pose beaucoup de questions et les résout peu à peu avec humour, tendresse et poésie. Les acteurs sont parfaits, surtout Keith Kupferer qui joue Dan, mais les autres apportent beaucoup à cette histoire familiale terrible grâce à cette troupe de théâtre amateur qui tente de monter "Roméo et Juliette".
Plaisir, émotion et sourire ont été bien présents au cours de la projection, avec même, en prime, un grand éclat de rire !
Sunset Blvd
Sunset Blvd

7 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2025
Casting inconnu, sans stars, réalisation inconnue aussi mais quelle belle surprise que ce film ! Un film de famille aux relations tendues, voire très tendues, et qui va révéler au cours du film la raison de cette tristesse et de cette colère. A travers le théâtre amateur, formidablement bien décrit, et le montage de la pièce Roméo et Juliette qui aura un effet miroir à leur tragédie, on suit le parcours de Dan, le père, puis de sa fille et de sa femme avec beaucoup d'émotions. Un film tout en pudeur et en retenue et une vraie découverte. A voir absolument !
oloc
oloc

9 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
Ghostlight de Kelly O'Sullivan est une comédie dramatique sur les émotions, les ressentir, les contrôler, les exprimer.
Un ouvrier de chantier introverti et taiseux intègre une troupe de théâtre.
Le scénario tient la rampe, les scènes s'enchaînent bien, pas de trou. L'articulation à la ville à la scène ne bégaie pas.
Les personnages mériteraient un costume plus étoffé.
Techniquement, c'est assez propre (en dehors des deux scènes qui sortent de l'étalonnage), mais sans fantaisie.

Je suis avec mitigé, car si ce film est touchant, il n'a pas réussi à m’émouvoir.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2025
Juste bouleversant. Je n'ai pas d'autres mots pour décrire ce chef d'oeuvre d'une puissance émotionnelle rare.

J'adore ce genre de films avec ces twists de personnages car au départ la plupart pouvait nous sembler insupportables. Je pense à Daisy, la fille de Dan et Sharon, ou encore à Rita au début du film. Puis, au fur et à mesure, on découvre la véritable nature de ces personnages, surtout de Dan. Le théâtre est utilisé comme une thérapie afin de se dévoiler, mettre en scène ses émotions les plus profondes. En ayant fait du théâtre pendant de nombreuses années, je comprends tout à fait que ce lieu puisse servir de “safe place“: personne ne porte de jugement sur vous, vous avez le droit d'être qui vous voulez, d'être un autre personnage ou d'être tout simplement vous. Un grand film autour du théâtre et de la puissance de l'art dans nos émotions.

Je tiens à prévenir qu'il risque d'y avoir de potentiels spoils.

L'ouverture du film donne déjà le ton: nous allons assister à une pièce de théâtre ou plutôt à une tragédie. Tout ceci se fait en musique un peu comme à l'opéra. La caméra tremble très légèrement d'une manière fantomatique un peu que comme dans le Tree of Life de Terrence Malick, d'ailleurs pour des raisons assez similaires.

Ce qui est tout aussi intéressant, c'est qu'on se doute qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans cette famille, qu'il y a un mal profond qui a du mal à en sortir (le comportement de Daisy, le possible “mémorial“ que veut établir Sharon dans le jardin). Les informations nous sont données au compte-gouttes, le spectateur comprend ce qui se passe et s'attend au pire avant d'arriver à l'explosion émotionnelle qu'est la séquence de la déposition avec une performance extraordinaire de Keith Kupferer qui joue Dan, le père. Beaucoup le parallèle avec Roméo et Juliette entre la pièce et la réalité.

Tout le reste du casting est formidable. Je n'en connaissais aucun et en sortant de la salle je veux maintenant découvrir davantage de films avec toute cette jolie bande. Les larmes sortent facilement tellement le choc émotionnel est d'une telle force. C'est très étrange de dire cela mais ça m'a fait du bien de pleurer.

Enfin, dernier plan du film celle de la maison avec le jardin au premier plan, celui peut-être où Brian s'est donné la mort, tout est un symbole, nous avons vécu l'histoire à travers son regard. C'est un film sur le deuil, comment l'accepter ? Comment aborder la vie dorénavant ?

Bref, un chef d'oeuvre, je vous laisse je vais retourner chialer dans mon coin bonne journée tout le monde...
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