Frantz Fanon
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Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juillet 2025
C’est avant tout au Fanon psychiatre que s’intéresse Zahzah, donc entre 1953 et 1956. Restreindre cette approche biographique à ces trois années est intéressant à plusieurs titres. C’est d’une part le centrer sur l’aliénation psychique subie par les Algériens en situation coloniale. C’est d’autre part voir comment Fanon va réfléchir cette détermination jusqu’à écrire son livre Les Damnés de la terre et s’engager aux côtés des indépendantistes algériens. C’est enfin comprendre comment le jeune médecin va appliquer la méthode expérimentée comme interne en Lozère. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : /
velocio

1 538 abonnés 3 498 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juillet 2025
Adepte de la psychothérapie institutionnelle de François Tosquelles, Frantz Fanon a réussi à mettre en pratique des processus de soin en totale opposition aux méthodes coercitives et racistes utilisées jusque là dans l'hôpital psychiatrique Blida-Joinville. Pour lui, c’est en premier lieu l’hôpital qui est malade et il faut commencer par « soigner » le personnel soignant. Ensuite, il faut considérer les patients comme des sujets, non comme des objets. Ces patients ont un nom et c’est par leur nom et non par un sobriquet qu’on se doit de les appeler. Le but principal des soins est de reconnecter le patient à la société, ce qu’un enfermement permanent et très strict dans un hôpital ressemblant à une prison n’arrivera jamais à faire. La priorité est donc d’ouvrir les murs. Pour Frantz Fanon, ouvrir un café dans l’enceinte de l’hôpital, un café que peuvent fréquenter sans entrave les patients, est un acte thérapeutique, comme peuvent l’être le fait de fêter Noël et le Mawlid en communauté, l’organisation de cours de chant et de cours de théâtre, de concerts ou de matchs de football entre patients. Bien entendu, de telles pratiques de la part du personnel soignant, en totale opposition à celles dont il avait l’habitude, ont nécessité des séances de formation. Tourné en noir et blanc, le film s’intéresse aux relations qu’a eue Frantz Fanon de 1953 et 1956 avec les autres médecins de cet hôpital qui aujourd’hui porte son nom, avec le personnel soignant dans son ensemble, avec les malades, avec son épouse Josie, très importante pour lui de par le soutien qu’elle lui a sans cesse apporté. Bien que le 1er novembre 1954, date considérée en Algérie comme marquant le début de la guerre d’indépendance, se situe en plein milieu du séjour de Frantz Fanon dans ce pays, le film évoque donc peu ce contexte, et on est en droit de le regretter. Par contre, on arrive à deviner que dans l’esprit de Frantz Fanon, l’aliénation engendrée par le colonialisme était souvent, à cette époque, une des causes des troubles psychiques des patients de l’hôpital psychiatrique Blida-Joinville. Par ailleurs, le film s’attarde beaucoup sur le cas d’une patiente, Juliette, jamais acceptée par une « mère » à qui son mari avait voulu l’offrir en cadeau. Le rôle de Frantz Fanon est bien interprété par Alexandre Desane. Par contre, le film souffre parfois d’un jeu approximatif de la part de certains interprètes. En résumé, "Frantz Fanon" est un film nécessaire tout en étant parfois un peu frustrant. On peut lire la critique complète sue le site dont l'appellation comprend critique et film, avec le tiret du 6 entre les deux.
Jerican
Jerican

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2025
Ce film d'une rigueur et densité rares recourt à des moyens radicalement différents, voire diamétralement opposés d'un film plus spectaculaire ou narrativement classique qu'il aurait pu déployer et je ne m'y attendais pas. Dans le cadre exclusif de l'hôpital de Blida-Joinville, Abdenour Zhazha déploie une mise en scène ascétique dans un noir et blanc incroyablement sobre. Il dirige ses comédiens, professionnels et non professionnels, avec une approche anti-naturaliste, digne de Bresson. II en résulte une épure théorique, presque abstraite du scandale colonial. Film puissant, fort, inattendu et nécessaire.
Guy B.
Guy B.

9 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 août 2025
Un très beau film, d'un style hors du temps ; j'ai adoré l'image, le noir et blanc, les personnages, le couteau, remuer dans la plaie ...
Spider cineman
Spider cineman

213 abonnés 2 529 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 septembre 2025
Plus ennuyeux c est difficile … cela frôle le plus complet navet tellement le rythme et le jeu d acteurs sont assomants. Certes on veut évoquer le souvenir de ce psychiatre anti-colonialiste mais nous nous retrouvons surtout devant un film pour intellos - sans doute subventionné - qui ne cherche pas le public mais juste à faire passer un message engagé. D’ou cette réalisation sans imagination
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 août 2025
Passé à la postérité pour ses écrits anticolonialistes ("Peaux noires, Masques blancs" en 1951, "Les Damnés de la terre" en 1961) et pour son engagement aux côtés des indépendantistes algériens, Frantz Fanon fut médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville de 1953 à 1956. Fanon s’employa à y mettre en oeuvre les méthodes de la « psychothérapie institutionnelle » qu’il avait apprises de son maître, le docteur François Tosquelles à l’hôpital de Saint-Alban.

Ce "Fanon"-là sort trois mois après celui réalisé par Jean-Claude Barny qui avait engrangé un beau succès public, dépassant les deux cent mille entrées. Pourquoi un tel doublon ? Parce qu’on fête cette année le centenaire de la naissance de Fanon. Parce que surtout les deux projets se sont montés parallèlement en s’ignorant mutuellement, le premier en France, le second, qui lui est en fait antérieur, en Algérie. On imagine volontiers l’agacement de chacune des équipes quand elles ont appris l’existence du projet de l’autre.

Car les deux films se superposent parfaitement. Seule différence : celui de Jean-Claude Barny se prolongeant jusqu’à la mort de Fanon alors que celui de Abdenour Zahzah s’arrête à son départ de Blida. Autre différence : le film de Zahzah ne parle quasiment pas de l’engagement politique de Fanon ni de ses livres, se bornant scrupuleusement à décrire son activité réformatrice au sein de l’hôpital.

Tout ce qu’il raconte et qu’on a déjà vu dans le précédent film est l’engagement du médecin auprès de ses malades pour en améliorer le sort à rebours des usages rétrogrades qui prévalaient à l’époque et malgré les résistances de ses collègues conservateurs et racistes.

J’avais éreinté le "Fanon" de Barny, ne lui mettant aucune étoile. Pourtant, il surpasse sur tous les tableaux celui de Zahzah qui accumule les défauts. Son manque de budget se voit à chaque plan. Le pire : son interprétation calamiteuse par des acteurs qui récitent besogneusement leur texte (la prime allant à la malheureuse interprète de Josie Fanon là où Deborah François arrivait à lui donner tant de charme).

S’il n’y avait eu Valensole 1965, "Frantz Fanon" aurait emporté haut la main le prix du navet de l’été.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 septembre 2025
J'ai du mal à comprendre l'acharnement contre le (très) bon film - à mon sens - Fanon de Jean-Claude Barny, et les critiques beaucoup plus élogieuses pour ce Frantz Fanon d'Abdenour Zahzah. Ce dernier fait amateur à tous points de vue : mise en scène, scénario, montage, dialogues, photographie...

Alors certes, il apporte un autre éclairage (quoique minime) sur Frantz Fanon, je salue donc l'essai, mais je pense qu'il faut raison garder. Apparemment, ce n'est que le premier long métrage de fiction d'Abdenour Zahzah, et il a toutes les maladresses d'un premier film. Ce qui est tout à fait compréhensible, mais de là à le porter aux nues, ça me surprend, surtout si c'est pour cracher sur le film de Barny...

Je dirais que le principal intérêt de ce film est l'interprétation de Frantz Fanon par Alexandre Desane, qui s'en sort bien, et nous livre un Fanon plus sensible et bienveillant... en occultant par contre un peu trop son engagement politique, pourtant central dans sa vie. Et puis ce film parlera surtout aux connaisseurs de Fanon, qui sauront combler les "manques". Pour qui souhaite en savoir plus sur l'homme et son œuvre, je ne peux que conseiller le Fanon de Jean-Claude Barny, très riche sur le fond et abouti sur la forme.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 avril 2025
Film visionné en 24 pour la préparation du festival Visions d'Afrique, puis, revu, par erreur au FESPACO 2025.
Comme clairement indiqué par le synopsis, le film traite à peine ni du contexte insurrectionnel de l'époque (Fanon arrive à Blida en 1953, le déclenchement de la guerre d'Algérie interviendra officiellement le 1er novembre 1954), ni des convictions de Fanon en matière d'exploitation coloniale. Par "définition temporelle", il tait presque l'engagement de Fanon au sein deu FLN postérieurement à son affectation à Blida.
Par contre, son décor et l'effet du "noir et blanc" replacent bien le contexte de l'époque.
Le film est assez précis sur Les difficultés de Fanon à imposer ses méthodes, face à des médecins qui représentent de façon intéressante les différents attitudes des "européens" vis-à-vis des nouvelles pratiques mais aussi de la façon de considérer "cliniquement" les patients algériens.
Sur ce plan là "Chroniques fidèles..." est bien plus riche que le Fanon de JC Barny, mais l'intérêt du personnage de Fanon est d'avoir su mettre en cohérence sa pratique professionnelle et citoyenne avec des convictions philosophiques et politiques profondes... Le choix de se limiter à la période blidéenne et professionnelle de sa vie est regrettable...
Mais Fanon vaut bien 1 h 30 de plus, sauf si vous sortez du Fanon de JC Barny, quoique ...
Flocon
Flocon

15 abonnés 202 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 août 2025
Un bon film où s'expriment sur un ton feutré les oppositions entre diverses écoles de psychothérapie pour le traitement de malades internés.
Bien que bien posé sur l'effet de la colonisation et l'infantilisation et une nécessaire humanité à intégrer aux soins jusque là plus contraignants et rudes, le film passe sous silence les prémices de la guerre d'Algérie et la gravité de l'engagement politique de Fanon.
Un choix de scenario et réalisation que le spectateur ne peut qu'accepter.
Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 129 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juillet 2025
Film sobre, noir et blanc, épuré : toutes ces lignes de mise en scène sont tenues depuis la première image jusqu'à la dernière avec une conviction qui fait de ce film sa réussite cinématographique.
Cet opus complète heureusement le film de . Barny qui, relativement à celui-ci, a quelque chose de flamboyant. Les deux films font honneur à la mémoire du médecin-psychiatre martiniquais, penseur "décolonial" avant même que le mot ne soit inventé.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 juillet 2025
J’éprouve une admiration profonde et constante pour l’œuvre et la pensée de Fanon. C’est précisément pour cette raison que je trouve ce film d’autant plus problématique : au-delà de ses faiblesses techniques, il trahit radicalement la puissance politique et la complexité humaine de sa figure.
Expeliar mus
Expeliar mus

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juillet 2025
Super, les acteurs locaux au top c est sincere, sans faux semblants ni fioritures ni caricature et instigue ce qu’il faut d’information pour temoigner de ce qu’était un peu cette fenêtre sur la periode de l’histoire bien que court.
DOOFLEGANGER
DOOFLEGANGER

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 août 2025
J’attendais la sortie de ce film avec impatience, encore plus après avoir refusé de voir la version de JC Barny qui est allé faire le mendiant sur radio J, et franchement... j’ai été bouleversée !

Le film m’a replongée dans mon enfance, entendre les personnages parler naturellement en algérien, leurs récits, leurs silences... m'ont donné l'impression d'être dans leurs souvenirs et d'avoir une image de ceux que ma mère et mes tantes m'ont raconté.

La mise en scène, les décors et le naturel des comédiens jouent beaucoup et parfois peut faire penser à un documentaire, c'est léger et profond.

Ce film rend justice et dignité au FLN, à l'engagement de Fanon, il montre la beauté de l’islam sans caricature et surtout, il dit la vérité sans trahir le sujet.

C’est fort, sincère, parfois drôle, engagé, sans jamais tomber dans le discours facile.

Merci au réal et à toute l’équipe. C’est un film juste et courageux que je reverrai sûrement et qui donne envie d’en apprendre plus sur Fanon et sur cette période de l’histoire. Bravo.
Venusyaffa
Venusyaffa

12 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 octobre 2025
Un film nécessaire ! Il manque pas mal d’éléments concernant l’histoire on est encore un peu en surface mais suffisant pour commencer enfin à informer et éduquer nos générations sur l’histoire
julblain
julblain

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 août 2025
Pour l illustration de la psychothérapie institutionnelle corrélée avec la dénonciation du colonialisme.
Les meilleurs films de tous les temps