La Ligne bleue
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Vince C.
Vince C.

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4,0
Publiée le 30 septembre 2026
Un film trés réussi autour de témoignages sur le camp du Strutoff. Un lieu ignoré par la plupart des "Francais de l'intérieur" comme on dit en Alsace. Bravo d'avoir rassemblé ces récits et ces magnifiques images. Peu de gens de la vallée (dont je suis natif) parlaient du Camps dans les annees 1970. Etait-ce par peur ?
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 septembre 2026
La « Ligne Bleue » ….des Vosges pour reprendre l’expression de Jules Ferry après la défaite de 1870….la ligne bleue vue du village alsacien de Natzwiller, juste derrière lequel se situait le camps de concentration du Struthof, le seul construit en territoire français alors annexé par le IIIe Reich …mais aussi la cicatrice rose laissée à flanc de montagne par la carrière de granit exploitée pour construire les monument du Reich et où s’épuisaient les prisonniers après avoir construit la route qui y menait et ne plus traverser Natzwiller. La forêt a repris ses droits. Elle a recouvert la carrière de granit rose… Marie Dumora, la réalisatrice arpente depuis plus de vingt ans l'est de la France, "chaque personnage d'un film m'entraînant vers le suivant", dit-elle. Ainsi nous a-t-elle donné le superbe « Loin de vous j’ai grandi » sur les familles Yéniches de Schirmeck... au pied de Natzwiller…Mais « La Ligne bleue » n'est pas une chronique historique. Le documentaire de Marie Dumora ne contient aucune image d'archives et met plus d’une heure à entrer dans ce qui reste du camp. Il préfère montrer à quel point, ici, le passé est toujours présent …. Ici, derrière chaque porte, il y a des histoires à recueillir. Celles des témoins directs ou de leurs descendants. Elles ont parfois été tues, mais la réalisatrice parvient à les exhumer, au détour d'une phrase, d'une anecdote. Il y a ce petit garçon, aujourd'hui presque centenaire, qui croisait Joseph Kramer, le responsable du camp, dans l'épicerie-tabac de ses parents. "Il venait toujours tiré à quatre épingles. Poli. On n'aurait pas dit que c'était un monstre". Ou cette habitante qui regardait de sa fenêtre monter vers le Struthof "des longs lacets de gens qui traînaient les pieds. Et ça monte et ça monte et ça monte", ajoute-t-elle au présent, comme si c'était aujourd'hui. Dans une autre maison, flotte le souvenir d'un père incorporé de force à l'armée allemande. "Il est parti en Russie, il est plus revenu. C'est comme ça." Et tout à coup, au beau milieu de l'entretien, résonne cette phrase, terrible : "quand ils brûlaient au camp, fallait fermer les fenêtres quand c'était le vent de l'Est"…De ce passé traumatisant, émergent les récits lumineux des petits actes de résistance. Il n'y a pas de monument pour commémorer ces pommes de terre glissées sous le manteau, en tremblant, aux prisonniers. Ou les cigarettes et les "casse-croûtes" qu'Edith, 16 ans, jette dans leurs brouettes quand ils traversent le village… A Natzwiller, à Schirmeck, certains habitants ne veulent pas être seulement les témoins du passé, mais les acteurs d'une mémoire vivante. Marie Dumora suit pas à pas ces enfants, ou petits-enfants, qui continuent à apporter au Mémorial du Struthof des objets, des lettres, retrouvés dans les maisons dont ils ont hérité. Elle donne la parole à l'arrière-petit-fils d'un résistant déporté, historien obstiné, précis, du calvaire des prisonniers. Et dans la carrière de granit rose, de jeunes archéologues ont relancé un chantier de fouilles. Reste que le film est un peu long … On finit presque par se perdre dans cette profusion de voix, de personnages, filmés le plus souvent caméra à l'épaule, en plan serré. Il y a peu d'images reposantes de cette belle vallée de la Bruche, pas de carte postale pour reprendre son souffle. Une forme âpre, brute, qui transmet l'urgence de recueillir ces témoignages, même si ceux-ci peuvent être redondants …combien de fois entendons-nous parler de la route construite par les déportés pour ne plus traverser Natzwiller…La seconde guerre mondiale s'estompe, il faut "prouver que ça a existé" conclut une des interviewées...qui relève : "La carrière avait complètement disparue, comme s’il ne s'était rien passé". C'est ce qui rend ce documentaire aussi poignant que nécessaire. Dommage que le film soit aussi chichement distribué…seulement 4 salles pour Paris et sa banlieue…J’avais fait le même reproche pour « Loin de vous j’ai grandi »
Pascal
Pascal

272 abonnés 2 563 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2026
Documentaire très intéressant sur les traces du Struthof seul camp de concentration nazi, implanté sur le territoire français ( partie annexée par les allemands ).

Le documentaire repose sur une série de témoignages d'habitants qui vivaient à proximité du camp ou de leurs descendants.

Parfois très émouvants, les témoins ne sont malheureusement pas toujours présentés ni interviewés avec toute la rigueur nécessaire.

La spécificité de ce camp, l'histoire de ses déportés, leur origine, leur destin, tout cet aspect pourtant fondamental à connaître ( entre autres ) est totalement absent et laissé de façon incompréhensible, dans l'ombre.

Il reste le sujet et tous ces témoignages formidables. Indispensable à connaître malgré ses imperfections formelles.

Vu au Reflet Médicis
Yves G.

1 894 abonnés 4 142 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 septembre 2026
Marie Dumora est allée traquer les traces qu'a laissées, dans la petite vallée d'Alsace où les Allemands l'avaient installé, le camp de concentration du Struthof. Elle a interrogé les habitants des villages voisins et a même retrouvé quelques témoins de l'époque.

J'avais regardé avec un vif intérêt les précédents documentaires de Marie Dumora ("Loin de vous j'ai grandi", "Belinda"). Pendant des années, cette réalisatrice exigeante s'est attachée à la vie de deux sœurs yéniches, puis à celle du fils de l'une d'elle. C'est en tournant ces documentaires qu'elle a découvert le camp du Struthof, un camp de concentration situé sur le territoire français, à l'époque où l'Allemagne nazi avait annexé l'Alsace-Moselle, et où plus de cinquante mille personnes d'une trentaine de nationalités ont été emprisonnées entre mai 1941 et novembre 1944. Environ vingt-deux mille y ont perdu la vie.

Le sujet est passionnant. Son traitement hélas est terriblement décevant.

Il est certes passionnant de s'interroger, près de trois quarts de siècle après les faits, sur la trace que laisse "l'univers concentrationnaire" pour reprendre le titre du livre fondateur de David Rosset, non pas tant chez ceux qui en ont été les victimes directes mais chez ceux qui en ont été les témoins impuissants.

Ce qui frappe d'abord, c'est le contraste entre la paix bucolique qui règne dans ces vallées vosgiennes et la violence barbare qui y sévit pendant trois ans. Ce qui frappe ensuite, c'est la vivacité du souvenir qu'en ont gardé les témoins de l'époque et leurs descendants. Marie Dumora a recueilli les témoignages des derniers survivants, octogénaires ou nonagénaires. Elle les a interviewés chez eux, la fenêtre donnant sur l'ancien emplacement du camp et de la carrière de granit porphyroïde (easter egg !) qui le jouxtait. Elle a interviewé leurs descendants et montre la marque indélébile que la Guerre et le camp ont laissé dans leur mémoire.

Les histoires qu'elle exhume sont poignantes. On se souviendra longtemps de celle de ce coffret en bois, patiemment confectionné par un prisonnier pour remercier les villageois, qui introduisaient en cachette quelques victuailles au camp, de leur aide. On se souviendra aussi du témoignage de cette femme qui raconte par quelles coïncidences sa mère et son père se sont rencontrées et l'ont conçue, grâce à la complicité bienveillante d'un gardien, prêtre allemand secrètement objecteur de conscience.

Le problème est que l'accumulation de ces témoignages pendant deux heures de rang devient vite répétitive. Après qu'on nous l'ait dit quatre fois, on a fini par comprendre que les déportés ont longtemps traversé le village à pied avant qu'une route de contournement soit construite. Idem pour la carrière et son exploitation assurée à la fois par des civils et par des prisonniers.

Outre l'effet de répétition que ces témoignages produisent, leur statut n'est jamais interrogé. À aucun moment Marie Dumora ne prend de recul par rapport à leur parole. L'hostilité à l'occupant allemand, les petits faits de résistance auxquels les habitants s'enhardissaient étaient-ils l'exception ? ou la règle ? Loin de moi l'idée de remettre en cause la parole des témoins et le courage de leurs actes. Mais tant d'unanimisme interroge. Où étaient les sympathisants, les collaborateurs dans ce "village français" trop lisse - à la différence de l'excellente série de France 3 qui, avec ses soixante-douze épisodes, témoignait de la diversité et de la complexité des réactions des Français à l'Occupation allemande.
capirex
capirex

206 abonnés 881 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2026
Vu en AVP au cinéma Star de Strasbourg en présence de la réalisatrice Marie Dumora :

Très intéressant Documentaire de Marie Dumora qui se veut un Devoir de Mémoire à Hauteur d'Homme . La réalisatrice a pris le parti de s’intéresser moins à la Mémoire Officielle qu’à la Mémoire Intime cependant le Camp n'est pas absent , il est partout , dans une route , un objet , des phrases .... Enfin le film pose une question essentielle : que devient une histoire lorsque ceux qui l’ont vécue disparaissent ? De fait la caméra devient donc un outil de sauvegarde essentiel !
takeshi29
takeshi29

40 abonnés 169 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 juin 2026
Bien entendu il est compliqué de critiquer un tel film étant donné le sujet. Cependant par souci d'honnêteté il faut le regarder pour ce qu'il est aussi, c'est-à-dire un objet de cinéma, et en cela il y a beaucoup à redire sur la faiblesse de certains témoignages, ceux qui reviennent plusieurs fois, etc. En gros il aurait fallu, et j'avoue être incrédule face au produit terminé tant cela saute aux yeux, être plus exigeant au montage, pour ne pas se retrouver avec un film (par ailleurs très très amateur en terme de mise en scène) devenu trop long en raison de ses répétitions. J'ai été d'autant plus étonné que Marie Dumora n'est pas une débutante et que son "Loin de vous j'ai grandi" était certes modeste mais bien mieux fini. et donc plus efficace.

Vu en avant-première
Coric Bernard

463 abonnés 881 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2026
Ce film documentaire relate et revient sur un fait historique plutôt méconnu du grand public. Il s’agit du camp d’internement avec chambre à gaz en Alsace, à Natzwiller, un territoire annexé à l’époque par l’Allemagne. Dans ce film, la réalisatrice a choisi d’interroger quelques survivants de cette période sombre. Outre la description des lieux, elle a su reconstituer l’état d’esprit et l’attitude des habitants et riverains de ce camp vis à vis de l’occupant et des SS qui le géraient. C’est très bien démontré et documenté dans ce film toutefois un petit peu trop long.

Bernard CORIC

(Film visionné à la journée de pré visionnement du GNCR le 09/06/2026 à PARIS)
Anck.
Anck.

7 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 avril 2026
Dans le Grand Est, entre Vosges et Alsace, des tragédies ont ravagé les terres paisibles de nos villages. Le Struthof en est la preuve la plus douloureuse. Raconter avec calme et cœur ouvert, la Ligne Bleue.
Les historiens attestent de la véracité et de la franchise des témoignages des habitants, véritables gardiens de la mémoire. Ces paroles sincères me touchent profondément, surtout lorsqu’elles proviennent de personnes qui ignoraient leur propre héroïsme. J’ai particulièrement apprécié les moments où les femmes partageaient leurs histoires sous le regard attentif de leurs petites-filles, transmettant ainsi l’impossible réalité de leur passé.
Ce récit mérite d’être largement diffusé pour inciter chacun à se souvenir de tout, ici et partout.
Festival de Gérardmer.
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