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Katep
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4,0
Publiée le 9 janvier 2026
Ce film retrace une histoire familiale marquée par les traumas de la guerre et de la rude vie à la campagne. Il s'étend sur la période avant la grande guerre et jusqu'à nos jours. Je ne suis pas sure que la dernière famille (celle de l'époque actuelle) soit en lien avec les 3 premières familles qui elles ont toutes un lien généalogique. Je pense plutôt que c'est la fille des voisins qui doit être en lien avec le lieu. La ferme, la maison familiale est le lieu central du film. Si vous n'avez pas de connaissance en 'analyse transgénérationnelle ou sur la manière dont les secrets de famille se répercutent d'une génération à l'autre vous serez peut-être perturbé par l'absence narrative. spoiler: Aussi, au fil du film, on comprend que l'oncle est "estropié" par ses parents pour ne pas partir à la guerre (et sa mère en perd l'usage de ses jambes), sa sœur se jette sous la charrue pour échapper à sa future condition de servante, qu'Erika comme d'autres femmes allemandes préfère se noyer plutôt que d'être violée par les soldats russes . Tous ces drames ne sont pas mis en mots; Il sont tus. C'est un accident de travail. Le psychiatre serge Tisseron nous explique qu'un secret a besoin de 3 générations pour être révélé : indicible à la 1ère génération, innommable à la 2nd, puis l’impensable à la 3 ème. Il ressurgit d'une manière ou d'une autre. Les descendants captent inconsciemment qu'il y a "quelque chose" qui ne va pas, sans savoir quoi. Ce sont les effets de ces trauma transgénérationnels qui se transmettent. Ce film est lourd, sombre, la mort, l'envie d'en finir avec la vie, est omniprésente. Il nous rappelle aussi qu'autrefois on pouvait prendre une photo d'une personne qu'après sa mort. La mort faisait partie de la vie et du quotidien. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. En revanche les familles continuent de porter leur secret et leurs effets.
Je suis resté longtemps dans cette maison. Trop longtemps, peut-être. Les Échos du passé est de ces films qui demandent au spectateur une disponibilité presque morale : accepter de ralentir, d’écouter des murs, de regarder le temps passer sans qu’il se passe vraiment quelque chose. J’y suis entré avec curiosité, j’en suis sorti avec une forme de fatigue douce — mais persistante. Mascha Schilinski filme une ferme comme on filmerait une mémoire. Les couloirs, les chambres, les escaliers deviennent des zones de résonance. Quatre jeunes filles, quatre époques, un même lieu. Sur le papier, l’idée est belle. À l’écran, elle est tenue avec sérieux, parfois avec grâce. Mais aussi avec une lourdeur que le film ne parvient jamais tout à fait à transformer en nécessité. Je reconnais pourtant la précision du geste. Chaque époque a sa texture, son grain, sa manière de faire exister les corps. Les adolescentes ne sont pas des figures symboliques : elles vivent, elles s’ennuient, elles observent. Rien n’est surligné. Schilinski préfère l’insistance discrète, les gestes répétés, les silences qui s’installent. On pense parfois à Heimat, à certains films de Petzold, ou même à Lucrecia Martel pour cette façon de laisser le décor parler avant les personnages. Mais plus le film avance, plus je ressens un décalage. Comme si cette accumulation de vies, de blessures diffuses, de solitudes parallèles finissait par se neutraliser. Les échos promis par le titre restent souvent conceptuels. Je comprends ce que le film veut dire — la transmission invisible, la répétition des enfermements, la manière dont un lieu façonne les existences — mais je le ressens moins que je ne l’observe. La durée n’aide pas. Deux heures trente-quatre pour un film qui refuse le récit classique, c’est un pari risqué. Ici, il n’est pas totalement perdu, mais il laisse des traces. À force de contempler, le film oublie parfois de m’attraper. Certaines scènes s’étirent sans révélation supplémentaire. Le temps devient sujet, mais aussi obstacle. Je ne dirai pas que Les Échos du passé est un film raté. Ce serait injuste. C’est un film habité, réfléchi, profondément sérieux. Mais c’est aussi un film qui regarde beaucoup en arrière, peut-être trop, au point de se figer dans sa propre élégie. Je l’ai respecté plus que je ne l’ai aimé. Je repars avec des images — une lumière sur un mur, un visage immobile, un bruit dans une pièce vide — mais sans ce trouble durable qui fait, pour moi, les grands films du temps et de la mémoire. Ma note : 6 / 20
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Le fil conducteur reste une propriété sur plus d'un siècle, sur scindé en quatre époque à la fois distincte et forcément reliée, on le devine bien, par une descendance familiale malgré que ce ne soit pas très simple à suivre, voir même qui reste dans un flou artistique qui devient de plus en plus frustrant, non pas par la construction chronologique aléatoire mais par les liens familiaux et ou filiaux. L'omniprésence du deuil et de la mort devient la seconde ligne directrice. Des indices sont distillés qui nous indiquent que la famille est toujours la même, la frontière entre la vie et la mort est encore plus ténue. La mise en scène est magnifique, créative, jouant avec les flous, les hors champs, les non-dits de façon aussi insidieuse que subtile, impose une sorte de fascination morbide pour ces destins empreints de violences intimes sous-jacentes, ancrées dans un passé obscur entre traditions et foi sectaire comme une famille refermée sur elle-même qui ne peut que mener à des déviances et l'obscurantisme. Le film reste sur le fond très malsain, toute l'histoire aborde des sujets difficiles ce qui peut mettre mal à l'aise les plus sensibles. Ce drame intergénérationnel reste aussi dramatique qu'envoûtant tout en restant pernicieux. Un film qui partage même au fond de soi... Site : Selenie
Les Échos du passé Un vrai scénario Images, lumières, cadres remarquables Faut s’accrocher pour comprendre. Donc pas de dodo. Rien de paresseux ni superfétatoire. Élégant et sobre.
Film-énigme et film-puzzle, Les Échos du passé laisse une impression durable. Séquence par séquence et strate par strate, des points de vue et sensations, des vécus féminins se répondent et s'amendent en enjambant tout le siècle passé. Dans une mise en scène quasi ethnologique cernée par une unité de lieu qui se situera progressivement quelque part en Allemagne spoiler: de l'Est mais tout près de la frontière , trois générations de femmes affrontent l'existence et la société rurale. Par détours, ellipses, hors-champs, pulsations de sons comme dans un film d'horreur qui serait détourné dans une contemplation, progressivement, quelque chose de la grande affaire que c'est de vivre en tant que femme est montré dans sa crudité sarcastique et ses transformations sociales. Si on consent à ne pas avoir la compréhension prémâchée, et qu'on est prêt à saisir une à une ces bouchées visuelles pour les digérer longtemps après le visionnement, c'est magnifique et bouleversant.
À travers des récits et des temporalités entremêlés, le film explore la condition féminine sur plusieurs générations, mettant en lumière la transmission de la douleur, des traumatismes et des silences. Plus proche d’un poème ou d’un film de fantômes que d’un récit classique, il impressionne par la maîtrise de sa mise en scène et par son audace formelle. Une œuvre singulière, marquante et habitée.
Attention, film expérimental strictement réservé aux initié-e-s. Le synopsis est intéressant mais surtout, la bande annonce est trompeuse, qui ne montre que de belles images et une belle BO et nous a donné très envie. Moi qui en général apprécie le cinéma Allemand, même lent, même long, en réalité, on a envie de partir dès le premier quart d'heure. On meurt d'ennui, les images sont moches, parfois floues, parfois gores, le son dérangeant pour chaque passage d'une scène à l'autre. On comprend bien que c'est voulu, mais le résultat est à vomir. Ambiance morbide tout du long, les fantasmes sur les anguilles sont particulièrement obscurs ou explicites suivant votre état d'esprit. Après la première demie heure de sombritude, j'ai espéré un décollage, en passant à d'autres époques, quelques clés pour comprendre, un peu plus de clarté dans les images, mais rien, toujours plus d'obscurité, au propre comme au figuré. On se regardait entre spectateurs, ça soupire dans la salle... nous avons encore fait un effort pour tenir une demi-heure de plus mais on a très vite replongé dans l'obscur, le sordide, la violence. Je ne peux donc pas parler de la dernière heure et demie car nous avons finalement été d'accord avec ma compagne pour quitter la salle afin préserver notre moral. Voilà, vous êtes averti-e-s.
Unité de lieu : une ferme agricole située dans l’immense plaine de l’Altmarkt prussien. Mais pas d’unité de temps : on comprend lentement que l’histoire se situe à quatre époques séparées chacune d’une trentaine d’années. Chaque épisode a un personnage féminin principal par les yeux duquel l’histoire nous est racontée. On commence, peut-être dans les années 30, avec Erika qui s’apitoie sur le sort de son oncle Fritz, devenu unijambiste dans des circonstances dramatiques qu’on découvrira bientôt. On remonte le temps ensuite avec Alma, une enfant de dix ans à peine qui apprend qu’elle a eu une sœur qui portait le même prénom qu’elle et qui est morte en bas âge. On fait un saut dans le temps jusque dans les années 80 , au temps de la RDA, avec Angelika, qui est l’objet de la concupiscence visqueuse de son oncle et de son cousin. Enfin, de nos jours, on découvre, avec les nouveaux propriétaire de la ferme, venus de Berlin, Lenka, qui s’attache à une voisine orpheline.
La présentation que je viens de faire des "Echos du Passé" est remarquablement pédagogique. Le film l’est beaucoup moins qui n’est pas constitué de quatre chapitres successifs mais qui au contraire se plaît à les entremêler au point, si l’on n’est pas attentif, de les confondre – j’avoue qu’il m’a fallu lire le résumé du film pour comprendre que les deux premiers tableaux n’en formaient pas un seul.
Son architecture et sa facture m’ont rappelé le récent film de Kristen Stewart "The Chronology of Water" pour lequel j’avais eu la main lourde : un son et des images très travaillés, un montage cut, pas toujours très lisible. Les images en particulier sont proches de la peinture – on pense aux intérieurs lugubres de Hammershøi – ou de la photographie – le film joue d’ailleurs sur les temps d’exposition pour nimber d’un voile fantomatique certains de ses caractères.
De quoi s’agit-il ? Le sens des "Echos du passé" – dont les titres allemand "In die Sonne Schauen", international "Sound of Falling" et français réussissent à avoir trois significations différentes – ne se livre pas aisément. J’y ai beaucoup réfléchi après la séance. Plusieurs lectures m’y ont aidé. Il y fut question de soumission au patriarcat, de féminisme, d’amours ancillaires, de (d’où le titre anglais peut-être), de transmission intergénérationnelle de traumatismes….
Je n’avais pas compris grand chose à "The Chronology of Water". Je ne suis pas sûr d’avoir compris beaucoup plus à ces "Echos du passé". Mais faut-il nécessairement comprendre une œuvre pour l’apprécier ? Cartésien buté, j’ai tendance à le croire. Mais, la confrontation à d’autres formes d’art, notamment à la peinture contemporaine, aura réussi à me débarrasser de mes œillères. Ne pas tout comprendre aux "Echos du passé" et en trouver la durée bien indigeste (il approche les deux heures trente) ne doit pas nous autoriser à en contester l’incontestable beauté.
Prix du Jury du dernier Festival de Cannes , ce film n'en reste pas moins , pour moi , assez moyen , car le récit n’est pas aisé à appréhender et très macabre comme si la réalisatrice Mascha Schilinski avait une sorte de fascination de la Mort et l’impression générale reste floue et je me suis senti par moment dépassé par la narration .
C'est effectivement un film très esthétique avec une mise en scène recherchée et une caméra qui sort habilement des conventions. Il y a beaucoup d'élégance car l'essentiel est dans les silences et le hors champ. Le tout distille une atmosphère poétique et énigmatique attachante.
Mais ce bel exercice de style m'a paru assez vain. Déroutant par la déconstruction temporelle de la narration, malaisant par la répétition des violences ou déviances sexuelles, macabre par l'obsession de mort qui habite les murs de cette maison. Il faut se laisser porter... mais à quel prix, et au risque de se perdre en cours de projection !
Aussi diffus, désordonné, étrange et morbide qu’un souvenir lointain, qu’une pensée parasite ou qu’un cauchemar. Un film très esthétisé, dans l’image comme dans le son, qui défie les codes de la narration, met mal à l’aise, joue avec notre expérience du vrai et celle de nos pensées les plus sombres. J’ai beaucoup aimé ce film parce que je l’ai laissé m’absorber en échappant à toute possibilité de structure purement rationnelle ou de maîtrise. Je crois que la réalisatrice parvient à mettre à l’écran avec brio une forme visuelle de ce qu’on pourrait appeler "les fantômes du passé".
Dans Les Échos du passé, Mascha Schilinski explore un lieu unique pour raconter cent ans de vies féminines. Une ferme isolée de l’Altmark, au nord de l’Allemagne, devient le réceptacle silencieux de destins fragmentés, de mémoires corporelles et de traumatismes transmis. Le film traverse plusieurs époques, du début du XXᵉ siècle à l’époque contemporaine, en passant par la Seconde Guerre mondiale et la RDA, sans jamais adopter une narration linéaire classique.
Quatre jeunes filles, Alma, Erika, Angelika et Lenka, y grandissent à des moments différents de l’Histoire. Leurs existences ne se croisent pas, mais se répondent. Les gestes, les peurs, les silences et les regards semblent se répéter, comme si la maison conservait une mémoire active. Il ne s’agit pas de destins héroïques, mais de vies ordinaires, souvent contraintes, où survivre prime sur vivre. La mise en scène épouse leur subjectivité, limitant les dialogues pour laisser place aux sensations, au corps et à des émotions persistantes que le temps ne parvient pas à dissoudre.
Le film frappe par sa beauté étrange et sa capacité à mettre mal à l’aise. Il y a une fascination diffuse pour la mort, la souffrance et le corps, jamais spectaculaire, toujours intériorisée. La photographie surprend, la caméra flotte, observe, semble parfois détachée des personnages tout en restant au plus près d’eux. La construction en miroir, fondée sur la répétition et la variation, installe une sensation presque hypnotique. Chaque époque imprime sa marque, sans jamais effacer totalement la précédente.
En interrogeant frontalement la place faite aux femmes dans la société, le film montre des corps observés, contrôlés, ajustés, soumis à des attentes contradictoires. La survivance devient une condition, parfois un épuisement. Les Échos du passé est un film dense, sensoriel et dérangeant, qui ne cherche pas à expliquer mais à faire ressentir, laissant le spectateur profondément marqué, et parfois choqué, face à ce qui se transmet lorsque rien n’est vraiment réparé.
Un film prétentieux et incompréhensible. Seule peut y trouver du plaisir sa réalisatrice, Mascha Schilinski, qui est arrivée à infliger pendant 150 minutes un tel pensum aux spectateurs et aux spectatrices qui, sans doute attiré(e)s par le sujet du film, a priori très intéressant, le poids du patriarcat sur 4 générations de femmes dans une même ferme du nord de l'Allemagne, ont jugé bon de franchir la porte d'un cinéma pour aller le voir. Film vu au Festival de Cannes. Critique complète sur le site où on trouve le tiret du 6 entre critique et film.
Vu en avant première au festival Augenblick. Film déconcertant, succession de scènes courtes déconnectées les unes des autres. Pas de trame. Obsession de la mort, réelle ou imaginée des personnages, presque exclusivement féminins. Contrairement à nombre de spectateurs je suis resté jusqu’au bout…..je regrette !!
Ce film long et plutôt sombre, raconte la saga d’une famille rurale dans l’est de l’Allemagne du début du début du siècle dernier à nos jours. Dans ce film, la réalisatrice allemande dont c’est le premier long métrage, traite beaucoup le thème de la mort à travers l’histoire et le destin de ces 4 jeunes filles. La réalisation m’a semblé bien maîtrisée et soignée dans ce récit de toute une génération en utilisant notamment différentes techniques de couleur d’image selon les périodes de leur vie. C’est un film de qualité mais pas très distrayant.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 27/10/2025 au Club Marbeuf à PARIS)