Mascha Schilinski propose un film ambitieux dans sa construction, en faisant dialoguer quatre périodes dans une même ferme au nord de l'Allemagne. Les histoires ne sont pas simplement racontées les unes après les autres : elles se répondent, se reflètent et créent progressivement une étrange sensation de continuité. La maison devient alors bien plus qu'un décor : elle semble conserver la mémoire de celles qui y ont vécu. Les quatre jeunes filles ne vivent évidemment pas les mêmes événements, mais leurs histoires semblent parfois se faire écho comme si elles étaient prisonnières d'un même espace et de mécanismes qui se répètent. "Les Échos du passé" est toutefois un film complexe et le rythme intrigue davantage qu'il ne bouleverse.
Dans de constants allers-retours dans le temps, différentes époques, différents personnages mais des lieux identiques qui par moment, semblent se rejoindre ou se répondre. au détour de quotidiens peu passionnants, l'image est trouble ou floutée, le son du silence est saturé, avec une mystérieuse impression que les fantômes du passé observent... Le métrage, austère, étriqué, se déroule dans une extrême lenteur, presque sous anesthésie et, souvent raconté avec le regard, les souvenirs des enfants. Malheureusement, ses thématiques, suggérées, pourraient ainsi défiler pendant des heures...!
Difficile. C’est le mot qui me vient à l’esprit à propos de ce film. Difficile à comprendre, à pénétrer, à démêler. Difficile à regarder à certains moments et difficile de se détacher pourtant. Certaines scènes sont d’une beauté incroyable, d’autres terriblement dures. On est sur le qui-vive pendant ces deux heures, il va se passer quelque chose ? on se sent englué dans une espèce d’inertie et on se laisse faire. Au final, une impression bizarre de choses qu’on n’aurait pas dû voir…bref difficile.
Au hasard des citations sur ce Prix du jury à Cannes : « atmosphère d’inquiétante étrangeté, parfois glaçante », « le montage d’Evelyn Rack sert le beau travail sur la temporalité ». « la sensualité se mêle à la tragédie ». « exploration sensorielle des méandres d’une mémoire collective ». Je répondrai à ce bavardage convenu et creux d’intellectuels de broussaille : foutage de gueule. Comment ose-t-on comparer ce salmigondis d’images sombres et sans grâce à une création de Haneke ou de Bergman ?Pourquoi certains assimilent le talent à l’art d’être abscons, ennuyeux et prétentieux ? Je m’arrête là et me contenterai de mettre en garde contre ce film, reflet de notre société : bavardage superficiel, complaisance et vanité. 2h40 d’ennui, de morosité et de sombritude dirait Ségolène Royal.
De l’écriture stylisée à la réalisation contemplative Mascha Schilinski engage une réflexion cinématographique très pointue sur le pouvoir masculin à travers quatre époques rapportées par quatre sœurs dans une ferme du Nord de l’Allemagne, dans les années 30. Soumises dans une éducation rigoriste , elles n’en demeurent pas moins prêtesà bondir sur une ouverture sociale qui les émanciperait un peu Les époques les éloignent, mais maintenues par une histoire commune, elles se répondent et se racontent, dans un récit plus figé dans le passé que par des perspectives d’avenir engageantes. D’où cette mise en scène songeuse , où les sens paraissent perpétuellement en éveil. La maîtrise formelle de l’ensemble , la sensualité qui en émane , jettent un trouble suspicieux, avant d'être souvent sensuel. Face à la mâle assurance de leur entourage dont elles tenteront de se dégager. AVIS BONUS Le film est assez particulier mais les commentaires de son auteur ne nous engagent pas sur une voie plus précise
Chef d'œuvre. Indubitablement, ce sera un des grands films de l'année 2026. Un lieu, une famille, plusieurs générations et une même souffrance, celle infligée par la grande Histoire du XXe siècle, et en particulier aux femmes. Ce film est subtil, tant dans le propos qui est efficace sans tomber dans la facilité de l'explicite que par le travail sur l'image, la mise-en-scène et le montage. Un film bouleversant.
Le film qui met au défi le spectateur de le noter facilement. C'est long, on est dans la confusion car les histoires s'entremêlent et je suis bien incapable de dire qui est qui. Les histoires de ces êtres sont réalistes, donc très dur selon leur époque. Mais en même temps ce film nous dépeint le temps inexorable qui passe et emporte les êtres et les souvenirs. Les situations et les décors d'époque sont très bien. C'est documentaire, mais aucun des personnages donnent envie de savoir ce qu'il devient, tellement leurs vies ressemblent aux nôtres, insignifiantes. On était trois dans la salle avec l'envie de quitter la salle, 2 l'ont fait, j'ai résisté jusqu'à la fin. Il y avait moyen de faire plus court, se concentre sur une famille.
Le film génère un sentiment d’ennui incommensurable que rien ne vient dissiper : ni la lumière glauque, ni les récits cross-générations qui sans beaucoup de repères nous perdent, ni la musique dont on peine à comprendre la fonction.
À plusieurs époques différentes, quatre jeunes filles vivent dans une ferme située au Nord de l’Allemagne. Sans se connaitre, leurs vies semblent se répondre, se croiser, avec des drames, traumatismes et un rapport à la mort très présent. Par cet intérêt pour l’interruption de la vie, Mascha Schilinski aborde les rites, traditions, et questionnements qui accompagnent toutes les familles à ce sujet. C’est puissant, et très contemporain.
Très très ennuyeux , impossible de s'attacher aux personnages fantomatiques , pas d"histoire ni de scénario , juste une succession d'images floues qui rappellent les Vidéos amateurs d'autrefois . En au Pathé d'Orleans sur un écran divisé par 2 : nous étions 3 dans la salle , les 2 premiers spectateurs sont partis au bout d''une demi-heure , j'ai tenu une heure et suis partie en me disant que même un jour de pluie , on ne pouvait gâcher son temps ainsi . Ce film est un pensum qui a eu bien sûr un prix un à Cannes !
Une claque visuelle sonore, de mise en scène, tout est puissant et fou dans ce film, à la frontière de l'expérimental et du film classique d'une certaine façon. Je n'ai pas vu le premier film de cette réalisatrice, mais son second la propulse sur le devant de la mise en scène comme une déflagration. Une immense cinéaste à suivre...
Rarement vu une mise en scène aussi inventive, prodigieuse, poétique, virtuose et trouble à la fois. Et un travail considérable et sidérant sur le son. Un film à voir et aussi à écouter.
Dans une maison traversée par les décennies, les destins de femmes allemandes se répondent comme des échos impossibles à faire taire. Mascha Schilinski orchestre une fresque hantée, où le patriarcat et les secousses du XXe siècle laissent des traces invisibles, mais tenaces. La mise en scène impressionne par sa précision, son climat presque spectral, cette douleur sourde qui colle aux images. Reste une œuvre parfois trop vaste : la confusion des époques finit par émousser l’impact, sans en briser la force.