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Simon Bernard
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2,0
Publiée le 27 janvier 2025
Coincées dans une petite ville ouvrière de Lituanie, deux jeunes filles se rencontrent par hasard par un vol de jeans. Habitées par le même désir de fuir, elles s'inscrivent dans une école de mannequinat spécialisée dans les pays étrangers, qui a tout l'air d'être une arnaque. Elles ne reculent devant rien pour prendre cette porte de sortie en étant conscientes des risques. En salle le 16 avril.
spoiler: "Toxic" n'est pas un mauvais film en soi, c'est juste qu'il reprend inlassablement les mêmes codes que de nombreux films sociaux récents. Ce décor de ville ouvrière devient très commun en 2024 et j'ai l'impression que l'on me raconte sans arrêt la même histoire. Quelques scènes se démarquent malgré tout, on sent que la réalisatrice cherche à aller plus loin que son seul propos avec de vraies images de cinéma. Malheureusement, l'intrigue tourne un petit peu en rond. Retour à la case départ pour les jeunes femmes.
Née à Kaunas, en Lituanie, Saulė Bliuvaitė, 30 ans, y est retournée pour réaliser son premier long métrage, Toxic, lequel a remporté le Léopard d'Or. à Locarno. Des débuts en fanfare pour une jeune cinéaste, déjà autrice de 4 courts-métrages, qui s'est inspirée de sa jeunesse dans une ville qui fut, aux grandes heures de l'URSS, un véritable épicentre industriel. D'où les décors désolés dans lesquels évoluent les deux héroïnes de Toxic et le contraste affiché par l'espoir qu'ont ces deux adolescentes de 13 ans, séduites par les promesses de l'école de mannequinat locale. D'un réalisme rude, le film évite les pièges du sordide grâce à une mise en scène remarquable, notamment en matière de composition d'images, parvenant même à y injecter une bonne dose de poésie et de grâce, dans des scènes dûment chorégraphiées. Avec une certaine économie de mots et l'absence de thématiques usées de nombreux films dits d'apprentissage, la réalisatrice parvient à un bel équilibre, où les sentiments et la psychologie ne mènent pas la danse, comme c'est le cas dans beaucoup d’œuvres consacrées à l'adolescence. Par beaucoup de côtés, Toxic rappelle le formidable premier roman de l'Italienne Silvia Avallone, D'acier, publiée en 2011 en France. Si la cinéaste ne le connaît pas, nul doute que sa lecture devrait lui paraître familière.
Marija et Kristina, deux collégiennes abandonnées à elles-mêmes par des familles qui les dédaignent, s’inscrivent dans un cours de mannequinat. Quitte à se détraquer la santé, elles rêvent de s’arracher au milieu sordide dans lequel elles ont grandi.
"Toxic" a obtenu le Léopard d’or au dernier festival de Locarno. Son sujet est banal et a déjà été traité bien souvent. À Cannes l’an passé, "Diamant brut" mettait en scène une adolescente en surpoids qui rêvait de se qualifier pour une émission de téléréalité. On pense aussi au film serbe "Clip" qui avait défié la censure en filmant très crûment les premières relations sexuelles d’une adolescente dans la banlieue de Belgrade. On ne compte plus les films français mettant en scène le mal-être d’une adolescente qui peine à sortir de l’enfance et qui fait l’expérience souvent douloureuse de l’âge adulte : "Sans toi ni loi" d’Agnès Varda, "À nos amours" de Maurice Pialat, "L’Effrontée" de Claude Miller, "Seize printemps" de Suzanne Lindon….
Si "Toxic" se distingue de cette longue généalogie, c’est en raison de sa forme, étonnamment audacieuse et maîtrisée chez une jeune réalisatrice. Saule Bliuvaite filme ses héroïnes de loin, en plaçant sa caméra très haut dans l’espace. Le procédé pourrait sembler artificiel. Mais il crée un décentrement du regard, un malaise qui est cohérent avec le point de vue du film.
"Toxic" est néanmoins victime de sa radicalité. Son scénario est très plat. Il refuse d’épicer un récit qui se languit. Par exemple, les tourments que Kristina s’inflige pour perdre du poids, en cultivant un ver solitaire, ne tournent pas au body horror façon "The Substance" ou "Swallow". Aussi l’intérêt qu’on avait pris au début du film se dissipe-t-il bien vite…
Dans la campagne litianienne, Marija et Kristina se rencontrent à l’école de mannequinat. Un monde qui les fait rêver mais qui les poussent à des comportements dangereux pour se démarquer. C’est puissant, très réussi.
A vu « Toxic » premier film de la réalisatrice lituanienne Saulè Bliuvaité qui a obtenu le Léopard d’Or au Festival de Locarno. Une petite ville au milieu de nul part et principalement au pied d’une centrale nucléaire. Les jeunes s’y ennuient à périr et occupent les heures qui passent plus lentement qu’ailleurs en buvant de l’alcool, en jouant au ballon, en flirtant dangereusement, en fumant n’importe quoi, en volant gentiment… jusqu’au jour où une agence de mannequin vient repérer de futures proies mais aussi distiller des rêves impossibles parmi ces jeunes filles en errance. Marija (Ieva Rupeikaite) et Kristina (Vesta Matulyte) 13 ans sont des cibles idéales pour les garçons et les institutions malhonnêtes, car leur rêve d’un ailleurs lointain et plus reluisant est irrépressible. Saulè Bliuvaité filme admirablement la langueur des âmes en peine. La photographie n’est jamais misérabiliste alors que les décors sont désespérants, quelques idées de mise en scène remarquables, les cadres sont souvent originaux. Les deux actrices principales forment un duo de choc et sont toujours crédibles même dans des scènes qui pourraient friser le grotesque. Si l’on n’est pas totalement emballé c’est que le rythme du film est très inégal et qu’au fur et à mesure où la tension devrait monter en puissance, la cadence va alors decrescendo avec des scènes inutiles où qui s’éternisent. Le film est déséquilibré aussi dans son rapport fond et forme. Le fond manque de force là où la forme est assez puissante. Une réalisatrice à suivre assurément.
On a à faire à un véritable Ovni du cinéma avec ce film hors du commun. Sur un sujet connu, le réalisateur a réussi à nous accrocher avec son style original. On ne s'ennuie pas et le fait que l'on passe à peu près par toutes les émotions possibles est clairement un plus. Même la bande originale est intéressante et en accord avec les différentes scènes. C'est du bon boulot, surtout qu'il y a certains passages osés voire crus. Cependant, quelques détails m'ont un peu gêné comme le fait que ce soit un peu répétitif et un peu glauque malgré le fait que ce soit volontaire. Les actrices sont vraiment bonnes, surtout les deux principales. En fait, pour moi on aurait pu clairement faire face à un très grand film si il y avait pas ses quelques choses à revoir mais ce sera pour le prochain, j'en suis sûr. Un découverte à faire. 13/20.
Dans une Lituanie industrielle er défavorisée, jusqu'où sont prêtes à aller les ados pour sortir de leur morosité? Un film choc sur les diktats à supporter pour percer dans le milieu du mannequinat. La réalisation est brute et cash, avec quelques passages oniriques et des plans métaphoriques.
Que ce soit dans le documentaire ou la fiction le thème de l'adolescence est devenu l'un des plus traités au cinéma, et ce dans le monde entier. En atteste ma première journée d'un festival où les trois films se concentraient autour de cet âge de la vie si passionnant mais aussi si fragile. C'est sur cette fragilité, à tous les niveaux car la condition sociale n'est pas exclue du récit de "Toxic", que s'arrête ce premier long lituanien, celle de deux très/trop jeunes filles prêtes à tout pour sortir de leur pays, de leur milieu, pour accéder à une célébrité même relative et donc à une reconnaissance par l'argent. J'ai beaucoup pensé à un autre premier film avec lequel je n'avais pas été tendre, "Diamant brut", qui avait selon moi un problème de distance avec son sujet, car là où Agathe Riedinger avait échoué à me faire rencontrer son "héroïne" Saulė Bliuvaitė m'a captivé. Par une mise en scène bien moins démonstrative, par une caméra respectueuse il scrute les silences, le mal-être, sans jamais mettre le spectateur dans une position de voyeur ni de juge.
Pour commencer, deux écueils typiques du premier film de style international : sound design et coquetterie plasticienne. Ensuite, une Europe de l'Est toujours filmée de la même façon : zones post-industrielles moribondes esthétisées, sous-prolétariat déclassé, exploitation brutale des corps et des êtres. Et bien sûr de l'alcool, de la drogue, du sexe et des vomissements. Restent les jeunes comédiennes et comédiens, impressionnants de densité, mais qu'on aurait aimé être emmenés vers des rivages moins convenus. Ce conformisme n'a pas empêché des prix à Locarno (dont le Léopard d'Or !). Peut-être même y a-t-il contribué. Mais quelqu'un s'intéresse-t-il encore à ce qu'il se passe à Locarno ?
Trop amateur à tout point de vue. Pas de rythme, une succession de longs plans fixes. Ça aurait pu être bien, je pense mais ça donnait vraiment l’impression d’être un film réalisé par des étudiants en cinéma.
"Toxic" qui a obtenu 1 nominations aux European Film Awards l'an dernier (Prix FIPRESCI) est un drame lituanien convenable dans l'ensemble. La réalisatrice Saulė Bliuvaitė propose aux spectateurs une narration captivante sur la pression liée à la beauté et ses effets néfastes sur les adolescentes dans les pays baltes. Bien que certaines séquences soient pertinentes, je m'attendais à un scénario plus frappant étant donné l'interdiction (12 ans avec avertissement). Malgré cela, elle réalise un premier film plein de promesses.
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2,5
Publiée le 30 juillet 2025
Marija est une adolescente de 13 ans qui vit dans une ville post-industrielle où il n'y a rien à faire ni perspective d'avenir. Moquée et seule, elle se rapproche de Kristina avec qui elle partage un intérêt pour le mannequinat. Plus qu'un intérêt, une porte de sortie, l'espoir d'une vie meilleure. Cependant, ça passe par un milieu toxique avec des attentes et des demandes irréalistes d'un point de vue psychologique, physique ou financier. Un environnement toxique qui ne peut pas favoriser un développement sain. Il n'y a pas de modèles, de figures parentales, de grands responsables. Il ne semble y avoir qu'une seule voie qu'elles vont évidemment suivre. "Akiplesa" est parfois dur avec de la violence physique et morale, mais j'ai trouvé le film plat et dénué de toute émotion. Pour le coup, je n'ai pas ressenti d'empathie pour ce duo. Non pas que j'estime qu'elles ont un quelconque tort, mais je n'ai pas aimé la manière dont l'histoire est racontée. Trop de temps morts et pas assez de choses concrètes notamment en ce qui concerne ce milieu et ses dérives. Bref, je suis vraiment resté sur ma faim.
Un drame bien glauque et trop minimaliste sur l’adolescence qui évoque le désir d’émancipation de deux jeunes filles lituaniennes paumées les poussant à mettre leur santé et leur innocence en danger, dans un univers où le corps devient une marchandise
Ce film pourrait s'appeler sordide, on en sord vidé, Le scénario est bien car il dénonce ce que sont capables de faire des jeunes en désespoir dans un milieu pauvre et si triste, très dur psychologiquement