Simplement émouvant
Deux petites filles recroquevillées dans un escalier, qui entendent leur mère se faire battre… voilà le point de départ du scénario du tout 1er film du belge Nicolas Keitel. 98 minutes plus tard, c’est bien l’émotion qui l’emporte. Suite à un incident, la jeune Marion décide de fuguer du domicile familial. Elle démarre alors une nouvelle vie sous une autre identité : Louise. Quinze ans plus tard, elle retrouve la trace de sa sœur et de sa mère. Petit à petit, elle réapprend à les connaître sans leur dévoiler son identité. Alors qu'elle renoue avec son passé, un dilemme s'impose à elle : rester Louise ou redevenir Marion… Le seul reproche qu’on puisse faire à ce pur mélo, c’est ce pitch, trop long et trop explicatif. A part ça, c’est une magnifique surprise portée par des actrices en état de grâce.
Une preuve supplémentaire qu’en matière de scénario, on peut faire simple et original, même quand on écrit et réalise un vrai mélo à l’ancienne. Après tout qui pourrait être contre un peu de romanesque dans nos vies ? Chaque scène sonne juste, chaque émotion frappe au cœur. J’aimerai pouvoir vous en dire plus, mais ce serait à coup sûr spoiler les nombreuses étapes de cette véritable enquête émotionnelle. Comme je l’ai dit plus haut, le synopsis officiel le fait déjà abondamment. Un 1er film à découvrir dès que possible. Quelques mouchoirs sont bienvenus durant la projection.
Diane Rouxel, que j’avais découverte en 2017 dans Volontaire, puis suivie dans Les garçons sauvages, Marche ou crève, ou La terre des hommes, fait un excellent retour sur le grand écran après quelques détours par la télé. Elle porte bien sûr le film mais trouve en Cécile de France et Salomé Dewaels, de belles partenaires. On citera volontiers également Lina El Arabi, Paul Hamy et la petite Noémie Lemaître-Ekeloo, Une pépite, une de celles qu’on attend, qu’on espère, et qui nous rappelle pourquoi on aime le cinéma d’auteur.