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Nicolas L.
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2,5
Publiée le 5 février 2025
Le film est filmé du point de vue du tueur en série. Pourquoi pas. Malgré son petit budget, c'est plutôt fun mais les acteurs sont moyens. Le film ne restera pas dans les archives.
La structure du film est original, le point de vue d'un monstre, serial killer pendant tout la durée du film. On voit moins les victimes, sauf quand le tueur passe à l'action. La mort de la fille qui fait du yoga est gore et original. Mais tout le film fait beaucoup pensé à Vendredi 13, surement en hommage. Une curiosité pour l'effet de style.
Petit rappel de ce qu’est un slasher pour mieux appréhender cette critique. Qu’est-ce qu’un bon vieux slasher? Eh bien, ce sont ces films où un tueur masqué dézingue de jeunes adolescents généralement pas très fûtés. Un jeu de massacre généralement aussi ludique qu’effrayant qui a connu plusieurs heures de gloire. La première est ce qu’on pourrait appeler celle de leur naissance et de leur âge d’or dans les années 80 avec les « Halloween » (et Michael Myers comme boogeyman), « Vendredi 13 » (avec Jason Vorhees) ou « Les Griffes la nuit (où c’était l’illustre Freddy Krueger qui officiait) pour ne citer que les plus célèbres. À peine dix ans plus tard, une petite vague teintée de fantastique tentait de raviver la flamme des débuts avec « Wishmaster » ou encore « Candyman » mais le genre est ensuite tombé un peu en désuétude.
Ce n’est qu’à la toute fin des années 90 et au début des années 2000 que le genre va connaître sa seconde période de gloire avec la saga culte des « Scream », en plus méta, mais aussi les « Souviens-toi... l’été dernier » ou « Urban Legend ». Depuis, peu de slashers sortent sur les écrans, le genre étant cantonné aux obscurs menus des plateformes de streaming ou au rayon VOD/DVD. Seuls les remakes, reboots ou autre spin-off des classiques cités précédemment reviennent faire hurler les spectateurs de manière intermittente. D’ailleurs, la saga « Scream » renaît de ses cendres depuis deux ans avec le procédé du legacy sequel (mélange de suite et de reboot) et « Souviens-toi... l’été dernier » va avoir droit à son remake l’an prochain. On est donc peut-être à deux doigts de voir le genre resurgir de ses cendres pour une nouvelle période, peut-être coulée dans ce que l’on appelle désormais le « elevated horror », une mode rendant le genre horrifique et ses dérivés plus noble et plus intimiste.
« In a violent nature » a été remarqué dans plusieurs festivals dédiés. Pour deux raisons : d’abord il joue la carte du slasher intimiste et presque contemplatif, donnant au contexte des grandes forêts canadiennes la place d’un personnage à part entière. Filmé comme du Malick en apprentissage, le film prend son temps, un peu trop peut-être parfois, et les amateurs du genre risquent de trouver cela trop lent. Mais il faut avouer que pour du cinéma minimaliste version slasher il y a quelque chose de presque hypnotique dans ses longs plans fixes sur la nature et le tueur. Car, oui, le second parti pris très étonnant et rarement vu au cinéma pour ce type de films est de filmer la quasi-totalité du long-métrage du point de vue du tueur. On ne voit pas par ses yeux mais la caméra suit ses traces avec précision et il est souvent filmé de dos. Ce que l’on perd en effet de surprise et en sursauts (la plupart du temps forcés et prévisibles de toute manière dans ces films), on le gagne en curiosité. Le film ne fait pas vraiment peur mais cette manière de filmer lui donne un cachet très particulier.
On pense parfois à « It follows » pour le côté slasher d’auteur et bête de festival bis ou à « Tous les garçons aiment Mandy Lane », rare tentative de slasher poétique et hors des sentiers battus. L’absence de musique et le peu de développement des personnages (on n’y perd pas grand-chose vu que c’est rarement une qualité dans ce genre de productions) ne jouent pas contre lui mais nourrissent encore plus cette impression de rareté. Le grain vieilli de l’image nous rappelle aux bonnes heures des premiers slashers et « In a violent nature » ne lésine pas sur les mises à mort extrême voire d’un gore insoutenable. On a d’ailleurs droit à l’un des meurtres les plus violents et hard jamais vu sur grand écran (celle du crochet et de la chaîne). Surprenant, vraiment poisseux et jusqu’au-boutiste. En plus de cela, le tueur et sa brève légende sont réussis. Il est donc très dommage que le dernier quart d’heure rompe avec la promesse initiale sans véritable raison et que le film se finisse de manière nébuleuse et frustrante. En plus de ne plus adopter le point de vue du tueur, le film devient bavard, anti-spectaculaire et abscons. Dommage, car sans cela il obtenait ses lettres de noblesse dans le genre; en l’état c’est un slasher original, très gore et presque envoutant par instants.
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Récompensé du Grand Prix au Festival de Gérardmer 2025, In a Violent Nature s’est imposé comme l’une des expériences les plus singulières du cinéma d’horreur récent. Premier long-métrage de Chris Nash, déjà remarqué pour ses courts radicaux, le film revisite les codes du slasher avec un parti pris aussi déroutant qu’hypnotique : raconter le massacre du point de vue du tueur.
Le récit débute avec la profanation d’un talisman, cadeau de sa mère, dérobé sur une tombe. Cet acte réveille Johnny (Ry Barrett), une silhouette imposante, mutique et implacable, qui entame une lente traque contre un groupe de jeunes campeurs inconscients du danger. Là où le cinéma d’horreur classique adopte le regard des victimes, Nash nous place dans celui du monstre, caméra collée à ses pas, dans une progression contemplative où la nature devient personnage à part entière.
Cette approche sensorielle, entre silence, paysages forestiers et soudaines explosions de violence, désarçonne autant qu’elle fascine. Les meurtres, filmés avec une précision chirurgicale, renouent avec l’extrême brutalité du cinéma gore tout en refusant les artifices habituels du montage frénétique. Le spectateur est contraint d’endurer, de regarder, de ressentir.
Au-delà de son radicalisme formel, In a Violent Nature s’inscrit dans une tradition qui va de Vendredi 13 à Terrence Malick, croisant les codes du slasher et l’esthétique contemplative. Résultat : un objet unique, à la fois film de genre et geste artistique, qui questionne notre rapport à la violence à l’écran.
Il y a dans In a Violent Nature quelque chose du retour aux sources du mal, dénué de toute fioriture narrative. Chris Nash ne se contente pas de revisiter le slasher : il l’évide, le dépèce, en expose les entrailles pour révéler l’ossature d’un cauchemar dépourvu d’émotion, d’intention et même de logique.
Le film renverse le regard : ici, nous sommes du côté de tueur. Nous marchons avec elle, nous épousons son rythme, sa mécanique inexorable. La caméra ne traque pas, elle accompagne. Elle observe, sans dramatiser. La mise en scène ne cherche pas la frénésie, mais la pesanteur du temps, cette langueur morbide.
In a Violent Nature est une expérience sensorielle autant qu’une déconstruction du genre. Là où le slasher repose traditionnellement sur la tension et le choc, Nash adopte une approche quasi documentaire : son tueur n’a ni rictus sardonique, ni motivation explicite. Il ne tue pas par haine, vengeance ou plaisir, mais parce que c’est ce qu’il fait. Comme un prédateur nocturne dont l’existence se résume à l’acte, sans réflexion ni remords. Son regard – ou plutôt l’absence de regard – fait vaciller nos certitudes : qui observe qui ?
Délesté du suspense traditionnel, le film dérange autrement. La violence n’y est pas cathartique, ni spectaculaire. Elle est là, brute, inévitable, et pourtant jamais soulignée. Le meurtre n’est pas un climax, il est une étape.
Ainsi, In a Violent Nature ne raconte pas une histoire, il l’érode. Il s’inscrit dans l’horreur existentielle, celle qui dépasse l’humain pour toucher à quelque chose d’antérieur, d’indifférent. Son tueur est une force. Une présence. Une errance dans un monde où la vie et la mort ne sont que des états passagers, sans morale, sans enjeu.
Les aventures d'un Jason ou d'un leatherface mais du point de vu du protagoniste. Quelques bonnes idées qui ne sont malheureusement pas à la hauteur pour maintenir l'intérêt du spectateur pendant 1h30. Tout en étant original, In a violent nature peine à trouver sa vraie nature et se mélange dans ce qu'il devrait être...
Film disponible sur la plateforme de streaming INSOMNIA et en combo 4K UHD/BR chez ESC ÉDITIONS.
In a Violent Nature de Chris Nash, c’est un vrai retour aux sources du slasher à l’ancienne. Un film viscéral, qui ne s’excuse jamais d’être ce qu’il est : un trip gore au rythme lent, baigné dans une esthétique volontairement kitsch rappelant les péloches des années 70-80. L’image granuleuse, presque sensorielle, donne un charme rétro irrésistible. Très peu de dialogues — et franchement, ça fait du bien : enfin un film qui laisse la tension s’installer naturellement. Le monstre, massif et silencieux, a une vraie présence à l’écran. Dommage que le tout tire un peu trop en longueur, au point de diluer la brutalité initiale.
Mise en scène vraiment sympa, le concept aurait pu être encore plus poussé à fond mais ca fait du bien voir des films de genre différents, qui savent prendre des risques
Après Jason dans l'espace (Jason X) Shrudder vous propose Jason fait de la randonnée. De très beaux plans, un coté immersif très réussi. Mais le pas monolitique de notre anti-héros pachydermique risque de vous achever bien avant de ressentir le moindre frisson.
Film ou nous suivions le tueur ce qui change du schéma classique Le long-métrage pêche par son rythme inégal. Après un début prometteur, certains passages traînent en longueur et cassent le suspense. De plus, les personnages manquent de consistance.
Carrément le slasher il est bien élégant bien soin bien propre sur lui, sans rire la mise en scène intimiste m’a plu, c’est super original comme proposition
C’est une total déstructuration du slasher, un genre que j’aime pas beaucoup de base en plus, ça ne montre parfois rien, parfois trop mais c’est toujours fait intelligemment et le rythme calme combo p’tits bruits de nature en fond ça m’a limite relaxé
Le concept du film est amusant, à savoir un film d’horreur suivi de l’œil du meurtrier : sauf qu’en fait la tension et l’effroi qu’on ressent dans un film d’horreur est complètement annulé du fait qu’on a aucune attache avec les victimes, aucune surprise dans les attaques. Il ne reste à ça que le gore, très rare mais réussi pour le coup, et une mise en scène minimaliste mais original. Suffisabt’oour en Faure un bon film ? Pas sûr…
Film avec deux ou trois très bonnes scènes d'horreur, mais qui malheureusement n'a aucun suspense. Le tueur de service marche en plein jour comme un personnage de jeu vidéo dans la forêt et tue dans une indifférence totale du spectateur, car il n'y a absolument aucune tension. On est dans le tragi comique, tellement c'est fade, même avec de l'horreur de premier plan. Les effets spéciaux sont très bons, mais la sauce ne prend pas, c'est plat et linéaire. Encore un film qui aurait pu être culte, mais qui se plante royalement.
Sur le papier, c'est un slasher classique. Oui mais non. En effet, In a violent Nature se place du point de vue du tueur, l'objectif étant de rendre logique / possible les clichés bien connu des spectateurs (rattraper ses victimes sans courir etc), pour mieux les détourner, jouer avec, et déjouer les attentes du spectateur. De ce fait, le film est un peu lent, a sûrement 15 mins de trop mais rien que pour la violence graphique, le film vaut largement le coup d'œil. Un Slasher arti au faux airs de jeu vidéo. J'ai ouvert mon festival de Gérardmer avec ce film, c'était une bonne entrée en matière.