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Pierre Kuzor
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4,0
Publiée le 8 avril 2025
A vu « Au pays de nos frères » de Raha Amirfazli et Alireza Ghazemi réalisateurs iraniens dont c’est le premier film. J’ai une passion pour le cinéma iranien et celui-là est tout à fait à l’image de ce que j’y aime. Une mise en scène délicate et épurée à la disposition de l’histoire, des psychologies affinées, la délicatesse de la suggestion, un message politique universel, intense mais jamais ostentatoire. Le film est construit en 3 chapitres, chacun étant espacé par 10 années (2001, 2011, 2021) se concentrant sur un personnage différent, Mohammad, l’étudiant (Mohammad Hosseini), Leïla, la bonne à tout faire (Hamideh Jafari), Quasem, le père de famille (Bashir Nikzad). Le point commun qui les relie est que les 3 personnages sont des réfugiés afghans en Iran sous la menace constante d’être expulsés et que le mensonge est leur arme de protection. Leur condition de précarité fait que Mohammed, Leïla et Quasem doivent taire l’inacceptable et survivre en silence. Les drames que les personnages vivent sont totalement hors champs et sur l’écran nous n’en voyons que les dramatiques .conséquences. Nous entrons à chaque fois de plein fouet dans ces 3 histoires d’une grande pudeur. Les chapitres vont crescendo dans leur force émotionnelle. Le film repose également sur l’interprétation extrêmement juste et puissante des trois acteurs non professionnels excellents. Très bon film.
Un beau film (visuellement) sur des histoires que l’on entend malheureusement assez peu en Occident et qui montre que les violences et les difficultés d’un parcours d’immigration ne s’arrêtent pas une fois arrivé dans le pays hôte. Les personnages sont touchant-es et on ressent les émotions sans que le film ait besoin d’être violent visuellement. Film vu dans le cadre du FIFDH à Genève, juste avant de voir “Writing Hawa” - une histoire puissante et inspirante de l’autre côté de la frontière.
Au pays de nos frères est assurément un beau film, bien construit, bien interprété, très bien mis en scène, et traitant d'un sujet fort. Tout le film repose sur le lien entre clandestinité et secret ou dissimulation. Être un réfugié sans papier, même au pays de nos frères, soumet à des diktats autoritaires, à des menaces, à des sacrifices. L'ensemble se présente sous la forme de trois récits, dont les liens restent assez ténus, et qui présentent des situations complémentaires. Difficile de critiquer un tel film, tant c'est réalisé avec une juste sincérité et traite de sujets légitimes. Le récit est essentiellement fondé sur l'indignation, ce qu'il vaut mieux savoir avant de s'y rendre car cela place le spectateur dans une situation particulière, telle qu'on l'a connue chez Ken Loach, et d'autres. Disons enfin que l'ensemble est assez classique (même si très bien exécuté) ; Abbas Kiarostami ou Asgar Farhadi avaient produit des films plus sophistiqués sur des sujets similaires. On pense au Goût de la cerise, par exemple, ou plus explicitement à À propos d'Elly, lors d'une scène de plage semblable.
Film d'une grande finesse et pudeur. Tout est suggéré, magnifiquement filmé avec des "gueules" d'actrices et d'acteurs formidables. Le cinéma iranien est décidément formidable.
Un film sur la vie et le destin d’une famille d’Afghans réfugiée en Iran après l’invasion de leur pays par les Etats-Unis en 2001. En trois chapitres et trois époques distantes de dix ans chacune, les réalisateurs nous montrent la dureté du sort réservé par les Iraniens à leurs « frères Afghans », dignes, pudiques, courageux. A la force du sujet, s’allient la virtuosité de la mise en scène, la beauté des paysages filmés comme chez Nuri Bilge Ceylan et le charisme des acteurs, en particulier Hamideh Jafari (Leila) et Bashir Nikzad (Qasem), immenses. Un film si beau, si subtil, si émouvant qu’il nous donne l’envie de le revoir très rapidement pour en perdre le moins possible de toute sa richesse.
Le trypique, se déroule en Iran, le pays voisin où les frères et soeurs Afghan.e.s. s'exilent, fuient la guerre et l'invasion américaine dans les années 2000. Moyennement convaincue par la forme, j'ai trouvé le film long : pendant trois chapitres, nous suivons trois membres d'une même famille et de trois générations différentes. Le film permet de connaître l'envers du décor des réfugiés.
Un film iranien, en trois parties de 2000 à 2021, qui raconte trois destins d’immigrés afghans ou d’iraniens, Il aurait pu être plus beau avec une musique et des photographies plus recherchées, il est déjà beau, mais le potentiel me semble inexploité….Ce sont trois histoires donc qui trouyent beaucoup d’humanité et d’émotions et qui montre la réalité d’un pays en souffrance??Ce n’est pas vraiment politique, les ayatollahs peuvent dormir tranquilles , mais il y a une force démonstrative et un savoir faire iranien qui font non pas un chef d’œuvre, mais un film à respecter..Je conseille, cette belle partition humaniste…..
Il faut savoir que ce titre est le nom donné à l'Iran, cette terre qui compte aujourd'hui plus de 5 millions de réfugiés Afghans.
Ce film est découpé en 3 parties dans lesquelles on suit les tranches de vie de trois personnages Afghans, intercalées de 10 ans, dont on découvre qu'elles sont intrinsèquement liées.
Les trois parties sont clairement inégales en terme d'intensité. J'ai été prise dans les deux premières qui sont intenses, surprenantes et abouties tandis que la dernière m'a laissé perplexe car je l'ai trouvé moins percutante...
Le film ne révolutionne pas le genre mais le thème abordé est important car méconnu du grand public.
Ce rêve de terre d'accueil, l'Eldorado d'une vie meilleure est en réalité précaire et dangereuse.
Les conditions de vie et les traitements subis par les réfugiés sont inimaginables et ce film met en lumière des femmes et des hommes courageux qui veulent s'en sortir dans un pays qui les tolère sans les accepter véritablement...
Un film coup de poing qui ne peut pas laisser indifférent !!
Très intéressant film raconté avec beaucoup de tact sur trois Décennies , 2001, 2011 et 2021 , à travers trois récits distincts qui s'efforce de rendre compte de l’indifférence des Iraniens, et de la Communauté Internationale pour les réfugiés Afghans et en ça cette réalisation est réussie !
Superbe film avec beaucoup de finesse, de sensibilité. Les acteurs sont excellents. Les 3 séquences s'enchaînent bien et dégagent toutes les trois beaucoup d'émotion. Superbes images avec beaucoup de poésie. Je recommande.
Pour les afghans, les frères dont il s'agit, ce sont les iraniens : ils sont proches géographiquement, ils sont proches par leur langue et leurs cultures. Depuis des dizaines d'années, la situation de conflit et de de guerre qui règne dans leur pays a donc poussé de nombreux afghans à s'exiler en Iran. On parle de 5 millions d'afghans vivant en Iran, dans des conditions de plus en plus difficiles. Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi qui étaient presque certains à l'avance que leur film allait les contraindre à devenir eux-mêmes des exilés, ont réalisé un film qui, sous la forme de 3 court-métrages, raconte sur une vingtaine d'années les histoire d'un certain nombre de membres d'une famille afghane. Le réalisateur et la réalisatrice ont réussi à déjouer la censure iranienne dans la phase du scénario : bravo ! Le sujet est très fort : bravo ! Malheureusement, tout est beaucoup trop appuyé et réalisation fait beaucoup trop appel à des plans fixes beaucoup trop longs. Film vu aux Rencontres cinématographiques de Cannes 2024..
Scénario : efficace et osé Réalisation : bien, très belles images Acting : bien Rythme : quelques petites longueurs Ressenti final : très beau film
Une plongée vertigineuse dans un quotidien qui nous éloigne de notre occidentalisme, et qui exprime avec précision et émotion toute la difficulté à vivre en ces temps et ces terres. Diviser le métrage en trois était fort osé et risqué, mais le travail paie.
Vu en avant-première au Jean Eustache de Pessac..c'est une merveille comme savent les faire les cinéastes iraniens. Film plein d'humanité, qui nous décrit sans manichéisme ou simplification les souffrances de ces réfugiés afghans en Iran et leurs stratégies pour tenter d'échapper à leur sort.
Un joli film tout en finesse dans lequel les personnages principaux que l’on suit sur plusieurs décennies affrontent avec courage les épreuves de la vie. La photo est très belle et les interprètes à la hauteur De ce film qui reste, malgré tout, quelque peu poétique
Un film plein de finesse dans l'expression des sentiments, des images et des rapports de classes. On peut regretter une sorte d'appel du pied à la bienséance politique atlantiste (invasion russe plutôt qu'entraide entre états souverains dans la lutte contre les bandes fanatisées armés par les États-Unis). Comme le lien entre les 3 histoires composant le film est le mensonge, en voilà un qui passera inaperçu et qui pourtant est la cause de toutes les guerres menées par les États-Unis par proxys fanatisés depuis plus d'un siècle. Un deuxième appel du pied semble être le traitement de l'homosexualité comme exercice obligé. Ici traité comme provocation artistique et sociale d'une réalité tabou, entre maître et esclave. Bonne critique de la société bourgeoise iranienne dans la deuxième histoire plus que du mensonge obligé de la servante qui passe pour une réalité anthropologique : est-il possible de survivre sans mentir ? De très bons acteurs non professionnels, filmés avec finesse.