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Helene Tourbine
25 critiques
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4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Depuis la mort de Kiarostami et la quasi-retraite de Makhmalbaf, rares sont les films iraniens qui se déroulent en territoire rural, l’attention des productions défiant la censure étant tournée vers les forces de résistance urbaines – à leurs risques et périls (on ne compte plus les cinéastes emprisonné·e·s, encore récemment le très innocent Mon gâteau préféré a valu une peine de prison avec sursis et assignation à résidence à ses deux réalisateur·ice·s Maryam Moghaddam et Behtash Sanaeeha). Au pays de nos frères est également le fruit d’un tandem mixte, qui plus est un premier film, d’une maîtrise bluffante, sur le thème rarement traité de l’exil de 5 millions d’Afghan·ne·s en Iran, pays supposé frère qui les accueille… en immigré·e·s, avec tout ce que cela comporte de variantes d’exploitation, d’humiliations, de tracasseries administratives, au mieux de condescendance. Sur la forme classique du film choral, Au pays… brosse le quotidien de trois générations de ces exilé·e·s, dont les plus jeunes n’ont jamais vu leur pays d’origine mais dont le destin est irrémédiablement lié au naufrage de l’occupation puis du retrait américains. Sur un sujet potentiellement glissant vers le pathos ou le didactisme, la mise en scène de Amirfazli et Ghasemi est d’une grâce et d’une pudeur constantes, jusqu’au portrait d’un père de famille brisé par un secret indicible. Exilé·e·s l’une au Etats-Unis, l’autre en France, les deux cinéastes ont bénéficié, outre le soutien d’une société de production française, de l’Aide aux cinémas du monde du CNC, l’un de ces acquis de « l’exception culturelle française » essentiel au maintien des cinématographies fragiles ou censurées.
Un triple récit, aussi cruel que d’une sublime beauté Sur trois décennies, au travers de trois histoires espacées de 10 ans les unes des autres, nous suivons les membres d’une même famille afghane réfugiée en Iran. Afghan et Iranien, peuples de culture perse, partagent de nombreux points communs, qui expliquent l’immigration de masse des Afghans vers ce pays frontalier ; d’où le titre. Très peu traité par le cinéma ; on va suivre le sort réservé à ces réfugiés par le pays d’accueil. L’Etat iranien, voire la population, entretiennent avec ces réfugiés des relations de domination et de pression, que ces derniers acceptent par peur d’être expulsés. Ces trois histoires montrent au combien des abus psychologiques, sexuels ou sociaux constituent le quotidien de ces personnes ; pourtant d’une gentillesse et dévotion sans limite à l’égard de ceux qui les accueillent ; pour partie par peur d’être expulsé par le régime des Mollahs. Raha Amirfazli et Alizera Ghasemi, des cinéastes iraniens exilés, traitent d’un thème rarement abordé avec une force narrative notable et un réel talent d’écriture. C’est un bel hommage pour ces personnes combatives, dignes et déterminés. Ce film surprend aussi de bout en bout par sa mise en scène et sa beauté formelle. Tout est cadré et filmé avec beaucoup de soin et de subtilité ; et la musique qui accompagne les images d’une mélancolie et d’une tristesse qui sied à merveille à ces parcours de vie âpres. Voilà un film qui me donne encore plus envie de visiter l’Iran. Un récit à l’universalité déchirante à voir absolument et qui démontre une fois encore toute la vitalité d’un cinéma iranien qui a tant de choses à dire.
Un premier film réussi, sobre et émouvant sur le sort des réfugiés afghans en Iran pays voisin Découpé en triptyque qui se déroule sur une vingtaine d'années entre 2001, période où les USA envahissent l'Afghanistan suite à l'attentat du 11 septembre, jusqu'en 2021 où les soldats américains le quittent. Le spectateur suit trois personnages, un jeune scolarisé, une jeune femme, employée de maison, et enfin le mari d'une femme sourde. Au travers de ces destins est évoqué avec pudeur et justesse la difficulté d'intégration, le racisme ambiant, ou encore le déracinement. Porté par une photo soignée, "Land of Brothers" nous va droit au cœur et ne peut laisser indifférent.
Au pays de nos frères : quand les afghans servent de serviteurs, de chair à canons et de chair tout court aux iraniens.. le cinéma iranien nous étonne encore :
Au pays de nos frères est un triptyque dur et âpre. La photographie est magnifique, et la musique participe à cette atmosphère étouffante. Le déni et le mensonge de ses parcours de vies meurtries m'ont profondément secoué. Et pourtant c'est la partie facile de ces histoires.
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3,5
Publiée le 7 mai 2025
"In the Land of Brothers" est un triptyque qui suit trois membres d'une famille afghane réfugiés en Iran sur une période de vingt ans de 2001 à 2021. Une terre d'accueil, mais seulement en apparence, car chaque personnage se retrouve seul face à ce qui lui arrive. Le point commun entre ces histoires, au-delà de dépeindre la vie des réfugiés afghans, c'est cette solitude et surtout cette impossible vérité... Mohammad ne peut pas parler, car les réactions seraient pires que ce qu'il vit déjà. Idem pour Leila qui prendrait le risque de s'exposer. Quant à Qasem, c'est plus la difficulté de partager ce qu'il sait, car ça va bouleverser sa famille. Des tragédies personnelles et familiales à la fois interconnectées et distinctes qui résonnent de différentes manières, mais avec la même force. J'ai eu une petite préférence pour les deux premières parties, car les enjeux sont plus importants, mais la troisième n'est pas en reste. Au-delà du climat et de la situation dans laquelle ils se trouvent, ce que je retiens de ces trois courts portraits, c'est la dignité des personnages. Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi n'ont même pas besoin d'en faire trop, leur premier long-métrage est touchant, subtil, intense, révoltant et intéressant.
Au travers 3 membres d'une même famille ou clan afghan qui tentent de trouver une place en Iran et d'y vivre, c'est la vulnérabilité de ceux qui quittent tout, portés par l'espoir d'un meilleur avenir qui est dépeinte. Difficile d'échapper aux pressions, à la violence quand on est sans papier et tout juste toléré pour ne pas dire exploité. Pour survivre et éviter le pire, il ne reste que le mensonge et la ruse comme refuge. Film magnifique, les acteurs et actrices sont intenses, notamment dans leurs regards. J'ai bien aimé le découpage en 3 chapitres qui mettent l'accent sur un personnage et la situation particulière qu'il doit affronter.
un film singulier, par les histoires, chacune d'entre elles, par l'environnement, le contexte, l'image, la réflexion de fond...tout est singulier, les personnages, pas de cliché, vraiment top, comme quoi y'a pas besoin d'en faire des caisses pour faire un beau film, faut juste être subtil, simple, différent... rien que ça !
Film tres actuel sur la situation des Afghans d'Iran qui n'ont, pour la plupart, aucun statut legal. Ils n'ont pas le statut de refugiés, ni celui d'immigrés avec carte de sejour, et n'ont aucun espoir d'avoir un jour une existence legale. Ils sont tolérés et exploités avec le risque d'être renvoyés sans possibilité de recours. Le film construit en trois parties, montre le destin de trois membres d'une meme famille, illustrant une réalité qui dure depuis 50 ans. Les Afghans parlent la meme langue et pratiquent la meme religion que les Iraniens, mais ils sont néanmoins méprisés. Les deux réalisateurs - iraniens - ont choisi des comédiens afghans - excellents - pour cette fiction, qui est un tel miroir de la réalité, que le film n'a pas passé la barrière de la censure. Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi signent un premier long métrage courageux, à voir absolument !
Douloureux et merveilleux. L’Autre est une proie, l’Autre est un chien, l’Autre est un frère. Le jeu, la réalisation et la photographie extraordinaires dessinent avec ce film un monument d’humanisme en creux. Courez le voir.
Film ( primé au festival de Sundance - Usa) en trois sketches reliés par un fil rouge ; celui d'une famille d'afghans réfugiés en Iran dans ce qu'ils appellent " le pays de nos frères".
Bien qu'on soit en théorie au sein de l'Ouma ( la communauté des croyants selon l'Islam) , ce que montre ce film iranien c'est que l'immigré se retrouve, par delà l'aspect théorique ( souligné par le titre qui résonne comme une antiphrase) exploité plus qu'à son tour ( émotionnellement et aussi jusqu'au sacrifice suprême) comme dans d'autres endroits du monde.
Si " au pays de nos frères" est de haute tenue au plan formel ( photo, cadrage, direction d'acteurs), il péche ( selon moi) par un scénario beaucoup trop étiré.
Chaque sketch comporte une idée ( certes très forte, voire glaciale) bien que le deuxième sketch, (le moins réussi des trois) laisse sur ( ma) sa faim par son manque de précision sur les conditions légales de séjour sur le territoire perse.
Un beau et vrai film iranien même s il traite de leurs frères afghans Les acteurs sont formidables La photo magnifique On se laisse emporter par la beauté et le réalisme de ces 3 moments de vie même si le mensonge rode en permanence
Coup de coeur pour cet immense film, d'une beauté esthétique et scénaristique à couper le souffle. Trois histoires d'une demi-heure, à trois époques de distance, trois destins de réfugiés afghans en Iran. C'est la simplicité de la narration et l'excellente interprétation qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus, jusqu'à vous faire partager ces moments d'une humanité touchante.