381 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
52 critiques spectateurs
5
6 critiques
4
31 critiques
3
14 critiques
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
dparmen1
14 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 12 mars 2025
Au pays de nos frère : film iranien vu en AP avec le co-réalisateur. Un film iranien n'est jamais inintéressant. Ici, ce sont des réfugiés afghans (ils sont des millions parait-il) qui se débattent dans un pays déjà passablement questionnable. Le film se présente sous forme de triptyque, les gens peu physionomistes dans mon genre peuvent se fourvoyer. A voir à plusieurs et prévoir un after.
En Iran, les réfugiés afghans vivent dans une précarité extrême, souvent exploités et sous la menace constante d’expulsion. Au pays de nos frères met en lumière cette réalité en dressant un parallèle saisissant entre leur sort et celui des chiens errants, deux existences marquées par la marginalisation et l’incertitude. Le film retrace plusieurs décennies d’exil, montrant à quel point l’accès à la nationalité iranienne ou l’espoir d’une vie meilleure en Europe sont semés d’embûches. Malgré une fraternité religieuse affichée, la réalité est bien différente : discriminations, abus de pouvoir et rejet sont le quotidien de ces hommes et femmes.
Dans cet environnement hostile, le mensonge devient un réflexe de survie. Il permet d’éviter l’expulsion, de rassurer ses proches, de garder une lueur d’espoir. Certains, à bout de solutions, choisissent de s’engager dans l’armée iranienne, malgré les risques et les sacrifices que cela implique. Le film met aussi en avant des traditions comme le jour des morts, un moment chargé de sens pour les réfugiés, qui leur rappelle douloureusement tout ce qu’ils ont perdu. Derrière cette fresque humaine, Au pays de nos frères raconte avant tout une lutte : celle de rester debout face à un système qui broie les plus vulnérables.
Avec sa narration fragmentée, le film tisse trois récits à travers le temps, offrant une plongée intime et bouleversante dans le parcours des exilés afghans. Il met en perspective l’évolution des politiques migratoires et les choix impossibles auxquels ces réfugiés sont confrontés. Son titre, à première vue fraternel, prend alors un tout autre sens : il souligne avec amertume le décalage entre les discours et la réalité. Entre espoir et désillusion, Au pays de nos frères interpelle sur la condition des exilés et la fragilité d’un avenir que beaucoup rêvent, mais que peu atteignent.
On est certes loin des grands films iraniens qui arrivent régulièrement sur nos écrans, mais il me semble, et c'est suffisamment rare pour être souligné, que le sujet n'a encore jamais été traité au cinéma. Et le procédé scénaristique, trois destins sur trois décennies différentes, est efficace.
Vu au festival international du film politique de Carcassonne. Excellent film iranien qui nous plonge dans l’univers des migrants afghans en Iran. Très subtil.
film vu en avant première lors d'un festival de cinéma. Film poignant. l'espace temps ( 3 décennies) et le fait de suivre 3 personnes différentes apportent un vrai plus. c'est un film qui amène émotions et réflexions. j'ai vraiment adoré.
Il y aurait actuellement autour de 5 millions de réfugiés afghans en Iran. Même s'ils parlent la même langue que les habitants de leur pays d'adoption, ils n'en sont pas moins, la plupart du temps, que des citoyens de seconde zone, susceptibles d'être expulsés, pour des raisons plus ou moins sérieuses. Ce sont eux qui sont au premier plan dans Au pays de nos frères, premier long métrage de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi. Les réalisateurs ont habilement choisi de raconter trois histoires situées chacune au début d'une des décennies de ce siècle. Si les films à "sketches" se caractérisent assez souvent par leur intérêt inégal, ce n'est pas le cas ici, dans un triptyque qui varie les situations et les personnages pour, au final, dégager une impression homogène de mépris, voire de racisme, de la part de la population née en Iran vis-à-vis de ces "frères" néanmoins étrangers. Aucun excès, pas plus mélodramatique que outrancier, n'est à déplorer dans un film qui montre une grande tendresse pour ses personnages aux abois, soumis à un certain arbitraire, et obligés de composer en fonction, y compris par le mensonge, quand cela est vital. Le cinéma de Amirfazli et de Ghasemi n'a certes pas la puissance de celui d'un Mohammad Rasoulof, par exemple, mais leur maîtrise narrative et la douceur trompeuse de leur mise en scène se révèlent parfaitement adaptées au type d'histoires, édifiantes, pour lesquelles ils ont opté.
Vu en avant- première à l'Arras Festival Film en présence du réalisateur iranien, Alireza Ghasemi, "In the land of brothers" est un film complexe qui suit trois membres d'une même famille, le tout étalé sur trois décennies. L'Iran des années 2000 est plutôt accueillante en apparence pour ces réfugiés afghans et le jeune Mohammad qui y étudie. Seulement, quand la police s'en mêle, cette tentative d'intégration va tourner au cauchemar. A travers ces tranches de vie, le film dépeint ce que l'on pourrait appeler l'envers du décor tout en y mettant une bonne touche d'humanisme. Primé à Sundance, ces deux cinéastes iraniens livrent un récit en 3 chapitres assez intéressant mais ardu à suivre.