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CREOTIVEMEDIA
114 abonnés
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5,0
Publiée le 27 janvier 2026
Avec Les Tourmentés, Lucas Belvaux signe un film sombre, tendu et profondément politique, qui interroge frontalement la valeur d’une vie humaine dans une société où l’argent peut tout acheter — jusqu’au droit de tuer.
Skender, ancien légionnaire sans attaches, sans travail et sans avenir, erre dans une France qui ne veut plus de lui. C’est un homme brisé, survivant plus qu’il ne vit. À l’autre bout de l’échelle sociale, une riche veuve que tous appellent simplement “Madame” s’ennuie. Passionnée de chasse, entourée de luxe et de domestiques, elle cherche une distraction ultime. Par l’intermédiaire de son majordome, elle imagine alors l’impensable : organiser une chasse à l’homme, contre rémunération, dans un huis clos forestier où le gibier serait humain.
Le film bascule rapidement dans un thriller implacable. Skender accepte, poussé par la misère, sans mesurer l’ampleur de ce pacte faustien. Mais la traque ne se déroule pas selon les règles établies. Très vite, la mécanique de domination se fissure, et la victime désignée se transforme en adversaire imprévisible.
Lucas Belvaux détourne ici les codes du film de chasse et du survival pour en faire une allégorie sociale violente et dérangeante. Plus qu’un simple jeu de massacre, Les Tourmentés observe la fracture entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n’ont plus rien — au point de devoir louer leur propre mort pour survivre. La forêt devient un théâtre primitif où s’effondrent les faux-semblants de la civilisation.
Le casting porte le film avec une intensité remarquable. Niels Schneider incarne Skender avec une brutalité contenue et une fragilité bouleversante, donnant au personnage une densité morale rare. Face à lui, Ramzy Bedia, dans un contre-emploi glaçant, impressionne par son minimalisme et son ambiguïté trouble. Linh-Dan Pham, magnétique, apporte à Madame une froideur presque abstraite, symbole d’une élite déshumanisée, coupée de toute empathie.
La mise en scène de Belvaux est sèche, sans emphase inutile. Les silences, les regards, les respirations comptent autant que la violence physique. La caméra épouse les corps, la fatigue, la peur, et laisse la nature envahir progressivement le cadre, comme si la civilisation reculait à mesure que la chasse avançait. La tension ne repose pas sur l’action pure, mais sur une lente montée d’angoisse morale.
Les Tourmentés s’inscrit dans la lignée des grands récits de chasse humaine — de La Proie à Battle Royale — mais y ajoute une dimension profondément française et contemporaine : celle d’un monde où l’exclusion sociale devient un terrain de jeu pour les puissants. Le film pose une question simple et terriblement actuelle :
combien vaut la vie d’un homme quand il n’a plus rien ?
Un thriller nerveux, politique et implacable, qui laisse une impression durable et confirme Lucas Belvaux comme l’un des cinéastes français les plus lucides sur la violence sociale de notre époque.
l'écriture du film et la réalisation, c'est pas passionnant
Mais Ramzy donne une vrai profondeur à son personnage, dés qu'il est à l'écran, il capte de spectateur il a une force de jeu assez impressionnante donc rien que pour lui, j'ai mis 3 étoiles
« Chasse à l’homme» On lui propose d’être la cible d’une chasse à l’homme par une femme richissime contre des millions d’euros qui pourraient mettre sa famille à l’abri. L’essentiel du film est sur la renaissance de cet ancien légionnaire tombé au rang de SDF. Et qui va peut-être pouvoir reconquérir sa femme et ses deux fils grâce à cette manne. L’intrigue est touchante, la fin est surprenante, et c’est le genre de film pour lequel on se dit à la fin « et après ? / so what ?»
Par le sujet traité dans cette réalisation, on pense nécessairement au film « LES CHASSES DU COMTE ZAROFF ». A part l’idée de départ et le fait qu’une partie du film est tournée dans les Carpattes, la comparaison s’arrête là. Le réalisateur Lucas BELVAUX qui a adapté son propre roman paru en 2022, le traite différemment avec des personnages complexes, déterminés et aussi imprévisibles. Il joue avec les spectateurs dans le scénario qui entretient un certain suspense avec un final inattendu. C’est une réalisation plutôt réussie et une interprétation des personnages principaux très convaincante.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 02/09/2025 au Siège de l'UGC à NEUILLY)
Un SDF, un deal, une chasse à l’homme, et 3 M d’€ à la clef.
Scénario original qui met en scène des destins tourmentés, prêts à tout pour aller de l’avant – et peut-être réparer les traumatismes du passé.
J’ai plutôt accroché à cette histoire qui change (sans pour autant être révolutionnaire). Le casting est brillant et tous les acteurs jouent très bien.
D’autant plus qu’il met en scène Ramzy, plus connu pour faire le pitre, que pour servir une tueuse d’élite bien déterminée à faire de Skender, ancien légionnaire devenu SDF, son nouveau gros gibier dans une chasse à l’homme qui pourrait lui rapporter gros. Et franchement… ça fonctionne !
On comprend assez vite que l’histoire va s’attarder sur leur destin, et non sur l’action qu’elle tease pourtant à outrance tout du long. Et c’est là que, selon moi, le film s’abandonne dans une trame assez plate et un peu quelconque, malgré quelques éléments intéressants et un lore atypique.
Le rythme devient lent, les scènes s’éternisent, même si l’ensemble reste plutôt bien construit et cohérent avec son thème des personnages tourmentés.
Évidemment, je ne m’attendais pas non plus à un film d’action façon Predator, mais la proposition, différente de ce qu’elle laisse supposer, ne m’a pas transcendé outre mesure.
Au final, j’ai trouvé les choix scénaristiques audacieux et originaux au début, puis de plus en plus prévisibles et faciles vers la fin.
LES TOURMENTÉS propose un scénario original qui tient en haleine une bonne partie du film, puis s’essouffle peu à peu jusqu’à retomber à plat. J’en comprends l’intention, mais j’ai trouvé ça un peu trop facile, même si ça reste regardable.
J’ai toujours apprécié le cinéma du belge Lucas Belvaux. On se souvient avec plaisir de Chez nous, Pas son genre, 38 témoins, Les prédateurs. Cette fois, il adapte son propre roman paru en 2022. Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. « Madame », veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais rien ne se passera comme prévu... 113 minutes glaçantes qui nous parle du « coût de la vie ». Alors que, comme je l’ai dit, Belvaux adapte son propre roman, il a déclaré que ce drame constitue l’adaptation la plus difficile qu’il ait réalisée. On se dit, après les débuts du film, qu’on est parti pour une sorte de remake moderne des Chasses du comte Zaroff. Mais ce qui passionne ici, au premier chef, au-delà des mécanismes habituels que sont l'argent, l'amour et la mort, ce sont les rapports entre les êtres, de la confiance à la méchanceté, en passant par l'ambigüité. Les 4 personnages sont marqués par la vie, chacun à sa manière, pour des raisons différentes, mais aucun ne peut oublier le traumatisme dont il a été victime. Or, ce film qui déjoue toutes les attentes – d’où, pour une fois, l’intérêt de ne pas avoir lu le livre qui l’a inspiré -, jusqu’à un final que certains trouveront frustrant, quand d’autres apprécieront le twist final, bénéficie d’une réalisation diablement efficace simple et inventive, une interprétation ciselée et un suspens qui vous prend aux tripes sans vous lâcher une seconde. Fort, oppressant et troublant. Le plus souvent, je n’apprécie que moyennement les performances de Niels Schneider, - excepté celle de Sympathie avec le diable -, mais, ici, je dois vouer qu’il m’a convaincu et embarqué de bout en bout. Il trouve en Ramzy Bedia, un formidable compagnon de jeu. Déborah François est très juste et sobre. Mais quel plaisir de retrouver Linh Dan-Pham, - la découverte d’Indochine en 1992 -, au mieux de sa forme. Donc, pour se résumer : un très beau casting, une mise en scène précise, un scénario imprévisible pour un drame ou comment le noir le plus profond devient lumineux… Tout à fait recommandable.
Synopsis : Ça vaut quoi la vie d'un homme ? D'un homme comme lui. D'un homme sans , ancien légionnaire,le découvrira bien assez tôt."Madame", veuve fortunée et passionnée de chasse, s' charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l'homme, moyennant un très juteux est le gibier idéal,Mais rien ne se passera comme prévu.... Lucas Belvaux (Rapt,Pas son genre) adapte son propre roman à l'écran. Je tiens à préciser que je ne l'ai pas lu et que ce qui m'a poussé à voir ce film c'est de retrouver les acteurs Niels Schneider et Ramzy de nouveau réunis après l'excellente série "D'argent et de sang". Cette histoire de chasse à l'homme m'a aussi attirée mais les fans de survival comme moi risquent d'être très déçus car ce film est un drame et non un film d'action !!! Nous sommes très loin de films comme "Chasse à l'homme" ou "Traqué"... Le film disséque le destin de chaque personne en mettant le point sur ses blessures,ses angoisses et les cicatrices de la vie qui nous amène à faire des mauvais choix et brisent la vie d'être chers. Les Tourmentés est un drame poignant qui suit la vie d'un ancien légionnaire brisé et sans domicile seule chose qui le fait tenir c'est son amour pour ses enfants. Et c'est sur ce point sensible que tout va se jouer lorsqu'il va accepter d'être le "gibier" d'une chasse à l'homme organisée par une femme bourgeoise brisée par la solitude et ayant pour seule compagnie son majordome (excellent Ramzy dans un rôle à contre-emploi plein de sobriété et de sensibilité). Niels Schneider est toujours aussi formidable et prouve encore une fois toute l'étendue de son talent d'acteur pouvant être à la fois détestable et plein de sensibilité. Mention spéciale à Lim-Dan Pham excellente dans le rôle de "Madame",femme torturée et blessée sombrant peu à peu dans la folie. Le rythme du film est très lent (malgré quelques séquences rythmées et un peu sanglantes) et certains passages traînent un peu en longueur. Et j'ai trouvé la fin un peu surprenante mais aussi décevante!!! Globalement un bon petit film français sans prétention et qui ne fera pas date mais qui se laisse regarder...
Prenant du début à la fin. Jeu d’acteur et dialogues quelques fois bancals. Niels Schneider est comme à son habitude excellent. Seul gros bémol : résolution un peu facile.
Alors je préfère vous prévenir : la bande-annonce ne reflète pas du tout le film !
Je m'attendais à une traque sans fin, une chasse à l'homme sous tension et, au contraire, on est davantage sur le concept de cette traque, de ses enjeux, de ses dangers et de ses conséquences.
La première partie est prenante et passionnante : on sent la tension monter crescendo et les enjeux se dessiner petit à petit. Mais les flashs hypothétiques et fantasmés m'ont fait redescendre et décrocher de cette histoire.
On est clairement sur un film intellectuel, sur l'idée de la chasse en elle-même, de jusqu'où peut aller l'homme pour assouvir son pouvoir, des limites du prix de la vie d'un d'homme plutôt que sur un film animal et viscéral.
Alors je n'ai rien à dire sur le casting ! Quel bonheur de voir Neil Schneider dans un premier rôle ! J'avais tellement été déçue des dix minutes d'apparition dans "Badh" Depuis "Mikado", Ramzy Bedia me surprend de rôle en rôle. Ici, ce personnage sobre, froid et tout en retenu lui va bien !
Mais le scénario est beaucoup trop intellectualisant pour moi : trop de théorisations qui m'ont fait perdre le film de l'histoire c'est dommage... Un rendez-vous manqué !
Les Tourmentés n’est pas un survival, c’est un guet-apens moral : Belvaux braque la France des laissés-pour-compte comme un fusil sur un ancien légionnaire devenu gibier. Entre forêts mouillées et villas aseptisées, la mise en scène découpe la lutte des classes au scalpel, laissant la violence hors champ pour mieux faire saigner les visages. Le film commence en Zaroff social et bifurque en mélodrame de rédemption familiale, y gagnant en humanité ce qu’il perd en tranchant — certains y verront un trouble, d’autres une fuite. Au final, faux thriller mais vraie fable venimeuse sur le prix d’une vie quand les riches s’ennuient : on sort du cinéma avec la désagréable sensation d’avoir, nous aussi, accepté le marché.
Nils Schneider et Ramzy Bedia sont vraiment bons dans le film. Je ne m’attendais pas à grand-chose et au final c’est plutôt une bonne surprise. Visuellement ça marche bien, les décors et la nature ajoutent quelque chose à l’ambiance. L’histoire est intéressante mais parfois ça manque un peu de tension et certains passages sont attendus. Ça reste un film qui se regarde bien, avec une vraie atmosphère et un duo d’acteurs solides.
Une très agréable surprise, un anti film d’action psychologique et sensible avec des acteurs très justes, Ramzy est parfait, les seconds rôles aussi, chiens compris.
Autant le synopsis et les acteurs m'ont fait aller voir ce film autant je me suis ennuyée. J'ai trouvé les dialogues pauvres et les scènes sans saveurs. Je n'ai pas été conquise.
Adaptation très réussie d’un roman captivant, qu’on pourra lire avant ou après avoir vu le film. Une réalisation au cordeau comme toujours avec Lucas Belvaux. Décidément l’un des réalisateurs les plus passionnants du cinéma d’auteur et grand public à la fois. Sortant complètement du cliché de la chasse à l’homme, le film se révèle d’une épaisseur humaine inattendue. La question étant celle de l’amour plus encore que de la violence et de la mort. Et les acteurs sont d’une justesse et d’une séduction qui rend l’ensemble très intime, très attachant. Sans doute l’une des pépites vraiment originales de cette rentrée.