Annie Girardot, la femme de ménage rêvant d’une vie de princesse à Monté-Carlo. Bernard Blier, l’employé de banque pervers au comportement des plus étranges. Mireille Darc, la célèbre et sexy présentatrice à la télévision. Sim, le prêtre éducateur qui la nuit, se déguise en libellule. Ça vous dit quelque chose tout ça? Hein? « Elle Boit Pas […] mais elle cause ! » dites-vous? Bien joué, c’est ça ! Alors autant vous le dire d’entrée de jeu: si vous cherchez un truc construit et fin, ce n’est pas ici que vous trouverez. En revanche, si vous cherchez un truc délirant, sans queue ni tête, vous avez frappé à la bonne porte. Car là, il faut dire les choses telles qu’elles sont: le père Audiard s’est vraiment lâché. En effet, son film est une pochade qui nage dans le n’importe quoi assumé du début à la fin. On pige que dalle à l’histoire qui se passe devant nos yeux. On pige que dalle sur le pourquoi du comment des échanges de pognon entre Blier, Darc et Sim. Mais après tout on en a rien à foutre étant donné qu’on se marre. On se marre devant le refus permanent d’Audiard de tout prendre au sérieux. On se marre devant le numéro des acteurs, surtout celui de Bernard Blier, qui s’en donne vraiment à cœur et qui fait le zouave autant que possible. Franchement, écouter Blier déclamer du Audiard, c’est comme bouffer une entrecôte avec des frites, le tout arrosé avec de la sauce à l’échalote, c’est un vrai putain de régal ! On marche sur la tête de la première à la dernière minute, on a droit à des dialogues bien fendards. C’est du Audiard quoi.
Un humour noir faisant rire et sourire... Un regret de voir tous ces talents disparus... Ne cherchez pas le film extraordinaire par son scénario mais trouvez son sens dans un jeu d'acteurs à la fois simple et délicieusement efficace...
Après deux premiers essais au poste de réalisateur, Audiard rassemble une nouvelle fois ses meilleurs amis de chez Gaumont et sort son troisième film, le plus célèbre de sa carrière. Le titre ancré dans son style et le premier rôle de Girardot attire les spectateurs et promet un excellent spectacle d'humour. Ceci dit, après avoir vu le film, on s'aperçoit qu'Audiard et son équipe de scénaristes ne sont pas allés bien loin. Le problème vient de la place du personnage de Girardot. Le spectateur pense d'abord que c'est elle qui provoque les troubles et tente de les résoudre. Mais en fait elle se retire totalement en second rôle, se transformant alors en témoin qui ne fait que de rêver d'une vie à Monte Carlo et à discuter avec ses maîtres. Ce sont alors Sim, Darc et Blier qui font déchaîner les actions. Le talent de dialoguiste de Audiard n'est plus à remettre son cause ; mais le rythme du film et la diction rapide des dialogues cachent alors une histoire médiocre sans la dissimuler complètement. On ne hurle pas de rire, on rigole seulement à quelques répliques ou situations, c'est tout. Audiard n'a pas le talent de Lautner, de Mocky ou d'autres qui exploitaient à fond le burlesque. Seuls le dialoguiste le plus populaire du cinéma français, et non pas le réalisateur, resteront des emblèmes.
C'est un film de Audiard qu'on se débarrasse assez vite après son visionnage, une histoire d'argent trop répétitive. Annie Girardot joue une femme de ménage qui connait le secret des trois clients pour qui elle travaille. Le positif, Bernard Blier qui à un dysfonctionnement de la vue et voit pour un court un instant les femmes nus, des textes pas trop mal, on retient aussi la voiture vitrée cubique de Mireille Darc.
Michel Audiard à la réalisation. Des dialogues comme toujours savoureux pour un film qui, au final, se révèle tout de même un peu léger. Reste le plaisir d'assister aux déboires d'une Annie Girardot toujours fidèle à elle-même et d'un Bernard Blier excellent dans son rôle de vieux pervers. Mireille Darc, quant à elle, est véritablement à croquer.
Audiard n'a pas fait du grand cinéma en tant que metteur en scène,mais ces films ne sont pas pourtant antipathiques. Elle boit pas,est l'histoire d'une femme de ménage qui allant travailler d'un endroit à l'autre va découvrir les travers de chacun de ses employeurs. Ne sachant tenir sa langue des travers des ses clients,ceux ci vont avoir l'idée de se faire chanter. Le scénario est propice aux situations,les dialogues ne sont pas les meilleurs d'Audiard mais ils font tout de même mouches.
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2,5
Publiée le 17 mars 2026
On connait tous le dialoguiste à succès Michel Audiard, mais moins quand il est derrière la camèra : avec "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !" (1969), c'est chose faite, bien que ce titre à rallonge soit dèjà son troisième long-mètrage! Le scènario de cette femme de mènage qui colporte les secrets de ses diffèrents employeurs n'est en fait qu'un prètexte pour que s'exprime sa verve! C'est une comèdie farfelue dans la tradition du cinèma populaire des annèes Pompidou que l'on pourrait facilement nègliger s'il y avait pas tous ces bons acteurs de jadis! Et il y en a! Annie Girardot marche dans les terrains vagues de Courbevoie et rêve de Monte Carlo tandis que Bernard Blier y plante ses pommes de terre ! Une èpoque! Suite du même tonneau, "Elle cause plus...elle flingue" (1972), avec cette fois une Girardot en princesse d'un bidonville de Champigny-sur-Marne! Plutôt sympa et nostalgique...
Ah là-là... . Pitreries, abattage des comédiens, vengeances en chaînes, dialogues crépitants, rôles détroussés et léchés à gros traits... . Michel Audiard ne va pas dans la dentelle, se perd dans sa réalisation calamiteuse et son scénario des plus brouillons, mais reste toujours aussi bon dans les dialogues (Blier à Girardot : "Je fais pousser des poireaux" ou "Ah oui !, ça, c'est une tâche de vin"), fort heureusement. Avec cette troupe complètement enthousiaste (Darc, Blier, Girardot, Carmet, Darras, ...) et finement agrémenté du non moins regretté Sim, nous avons droit à une pochade policière drôlatique dont nos zygomatiques ne sortiront pas indemne. Tant mieux, car c'est tout dont nous avions besoin. Merci Michel et tous les autres ! Monsieur Audiard, votre pochade ne casse pas trois pattes à votre canard !
Le scénariste/dialoguiste roi des années 50 et 60 aura tâté de la mise en scène au mitan de sa carrière. De 1968 à 1974 ce sont 8 films aux titres à rallonge qui auront été mis en chantier par le « petit cycliste » comme le surnommait Gabin. Ses nombreuses collaborations avec tout le gratin du cinéma populaire français lui permettent de solliciter tous les talents qui ne se font pas prier pour venir cabotiner chez Audiard qui laisse vagabonder dans des œuvres un peu foutraques son esprit libertaire tendance anarchiste. Un peu dans l’esprit de Mocky ou de Jean Yanne qui au même moment sortent leurs meilleures œuvres, il dézingue des pans entiers de la société n’épargnant personne mais affirmant malgré tout une sympathie à peine voilée pour les gens de petite condition. Adaptant un roman de Fred Kassak (Bonne vie et meurtres) il nous concocte en y ajoutant les bons mots habituels qui ont fait sa réputation, une comédie délicieuse sur le thème du chantage en cascade qui finit par se mordre la queue. La femme de ménage qui « entend tout mais ne dit jamais rien » comme il se doit, va mettre en relation un trio d’enfer composé de Sim, Bernard Blier et Mireille Darc. C’est un régal de voir gentiment l’absurde mécanique se mettre en place jusqu’à ce que les trois maîtres chanteurs selon un réflexe devenu pavlovien finissent par s’échanger des liasses de billets faites de papier journaux sans qu’aucun des trois ne s’en offusque. On nage en plein délire mais on y adhère volontiers, tellement les acteurs semblent prendre plaisir à cette réjouissante pochade. Blier une fois de plus est grandiose en petit banquier libidineux , entraînant dans son sillage Mireille Darc et Sim qui tiennent à lui rendre coup pour coup. Annie Girardot qui est alors à son zénith de popularité se fraye un chemin au milieu de ce trio infernal pour tirer les marrons du feu à la toute fin du film. Un régal qui ne réjouira pas forcément les esthètes qui considéreront sans doute que souvent Audiard charge un peu trop la barque. Il suffit pourtant de monter dedans pour s’y sentir fort à son aise.
Michel Audiard est très nettement plus reconnu pour ses talents de dialoguiste truculent,que pour ses réalisations paillardes.Et pourtant,"Elle boit pas,elle fume pas,elle drague pas,mais...elle cause!"(1969) séduit un temps,par son refus de prendre au sérieux,par son ton volontiers provocateur,ou tout du moins anti-conformiste.Une femme de ménage roublarde,exerce un chantage sur chacun de ses 3 employeurs,qui s'emploient ensuite à se faire chanter mutuellement.Totalement farfelu et libérateur.Annie Girardot s'amuse pleinement à semer la zizanie.Bernard Blier offre lui un grand numéro de cabotinage,doublé de sarcasmes,en employé de banque lubrique.On retrouve aussi la divine Mireille Darc en présentatrice télé,ayant participée plus jeune aux ballets rose(en référence à une célèbre affaire de moeurs),et Sim en père religieux qui se travestit la nuit en libellule chanteuse.Si le procédé des chantages est très ludique,il perd de sa force par sa redondance,ses excentricités et une fin en totale roue libre avec Girardot qui se rêve en comtesse.Dernière chose,les dialogues sont bizarrement un peu ternes.