411 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
58 critiques spectateurs
5
4 critiques
4
13 critiques
3
15 critiques
2
14 critiques
1
10 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
CloakBack
9 abonnés
379 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 20 février 2026
Grand Tour propose une errance coloniale fragmentée qui privilégie le dispositif au récit. Une œuvre formellement ambitieuse, mais qui m’a laissé à distance et souvent ennuyé.
Avant de le voir, il faut savoir que Miguel Gomes ne signe ni une fresque historique classique ni un simple récit d’aventure romantique. Situé au début du XXᵉ siècle dans un contexte colonial en Asie, le film mêle fiction d’époque et regard contemporain, intégrant par moments une dimension quasi documentaire. Gomes brouille les temporalités et alterne les registres dans une forme volontairement hybride. Mieux vaut l’aborder comme une méditation libre sur le voyage et l’imaginaire colonial, où la liberté formelle prime clairement sur la narration.
Le film interroge la fuite et l’engagement à travers un récit amoureux constamment déplacé. L’errance devient principe narratif, révélant lâcheté et décalage. Le décor colonial apparaît moins comme une reconstitution que comme un imaginaire occidental déconstruit. L’aventure est davantage commentée qu’incarnée.
Grand Tour travaille aussi la question du récit lui-même. En mêlant reconstitution et images contemporaines, il souligne la fabrication des imaginaires historiques. Le passé n’est pas restitué, mais mis à distance. La fragmentation rappelle que toute narration est un montage situé.
De mon côté, je me suis passablement ennuyé. Je reconnais la cohérence du geste, l’ambition formelle et le jeu sur les temporalités. Mais malgré cette construction réfléchie, je suis resté extérieur à l’ensemble.
Le rythme exigeant et la structure éclatée freinent l’implication émotionnelle. À force de privilégier le principe, le film paraît plus conceptuel qu’incarné. L’émotion circule peu, et le récit semble secondaire face au dispositif. Il en reste une impression persistante de froideur et de lassitude.
Grand Tour demeure une proposition audacieuse, cohérente dans son intention, mais qui, pour moi, sacrifie le sensible au profit de l’idée.
Après Tabou, ce Grand Tour de Miguel Gomes et un voyage extraordinaire. Très différent de « Ce cher mois d’août » ou de « Journal de Tûoa », intimiste et quasi documentaire. Le réalisateur portugais renoue ici avec un cinéma imprégné de mélancolie.
Edward est fonctionnaire en Birmanie. Il n’a pas vu Molly, sa fiancée restée à Londres, depuis 7 ans. Il apprend par télégramme qu’elle vient d’embarquer pour le retrouver, bien décider à conclure leur mariage. IL prend peur et s’enfuit à travers l’extrême orient.
Dans la première partie, Edward dans son voyage, suit des hommes au gré des rencontres, traverse des mers, se retrouve au sommet d’une montagne en compagnie de moines et se perd dans la jungle. Son grand tour est complètement improvisé. Dans la seconde partie, on revient dans le temps en décalage au côté de Molly. Elle est déterminée sur les traces de son fiancé qui lui échappe. Nous sommes alors dans le grand tour de la fiancée dont l’urgence est de le retrouver.
Le synopsis est ténu, il tient en une ligne ; la quête désespérée d’un homme pour échapper à la destinée de son mariage et celle d’une femme qui le poursuit avec une détermination funeste. Le film est essentiellement en noir et blanc. L’image est sublime à la croisée des arts de la photographie et du lavis à l’encre de chine. Molly force le trait de son rire, on croit parfois être devant une actrice d’un film muet. Les scènes populaires filmées dans ce grand tour d’Asie sont débordantes de vie. Elles tranchent avec le désœuvrement de cet homme et de cette femme chacun enfermé dans leur solitude respective. Face à la vacuité et la fragilité de la vie, l'essentiel est ailleurs. Le réalisateur a remporté au dernier festival de Cannes le prix de la mise en scène. Son film est brillant dans sa construction. On regarde à deux reprises les mêmes lieux décalés dans le temps, avec un regard différent.
Parfois j’ai pensé devant ce « Grand Tour » à la sensation laissée par le « Beau Travail » de Claire Denis, mais aussi à « Apocalypse Now » dans la remontée de la rivière aux confins de la folie, ou encore à « Pacifiction » dans l’absurdité de la vie. Miguel Gomes filme l’indicible avec des images superbes dans une lumière parfois surnaturelle. Son travail de cinéaste trouve ici une puissance incroyable. Bien que l’intrigue se déroule en 1918, nous sommes devant son film, hors du temps, suspendu à son imaginaire. C’est un cinéma qui bouscule qui sort des sentiers battus, vers des contrées intimes mais aussi à travers le monde. Ce Grand Tour est un très beau voyage à voir à l’écran autant qu’à éprouver.
Grand Tour (Portugal – 2h08) de Miguel Gomes – Prix de la mise en scène 2024 au Festival de Cannes avec Gonçalo Waddington, Crista Alfaiate, Teresa Madruga...
10 595 abonnés
11 627 critiques
Suivre son activité
1,5
Publiée le 22 mars 2025
En poste en Birmanie, Edward, un fonctionnaire britannique, attend que sa fiancée Molly arrive de Londres pour qu'ils puissent se marier. Cependant, il a la frousse et prend le premier bateau pour Singapour. Le début d'un long voyage à travers l'Asie du Sud-Est ou plutôt d'un jeu du chat et de la souris avec sa copine qui n'accepte pas à sa décision. On voyage, c'est certain, mais Miguel Gomes ne donne jamais suffisamment d'informations pour s'intéresser à ce qui se passe. Ce n'était peut-être pas le but avec donc un prétexte pour visiter les anciennes colonies britanniques. "Grand Tour" prend la tournure d'un film expérimental durant lequel l'ennui s'installe rapidement malgré un style atypique qui ne parvient pas à transcender un récit sans intérêt. Bref, encore un visionnage désagréable et ennuyeux après "Diários de Otsoga".
Inclassable, Grand Tour m’a régalé Se déroulant entre la Birmanie, la Thaïlande, le Viêt-Nam, les Philippines, le Japon et la Chine de 1918, le Grand Tour du Portugais Miguel Gomes est une curiosité. Le réalisateur ne s’embarrasse pas de décors d’époque, on se retrouve transporté dans ces six pays en version gratte-ciels et asphalte des années 2020. Cela donne à son film, Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 2024, un air d’évidence, celle de l’intemporalité des affres de l’amour. Tout cela sur un mode profondément distancié. Le pitch : la fuite d’un homme au physique romantique à la Laurent Terzieff (Edward incarné par Gonçalo Waddington) cherchant, l’égoïste, à échapper à Molly (Crista Alfaiate), sa fiancée de sept ans. Images de jungle, clichés sur l’Orient compliqué, maladies tropicales, comme dans un clin d’œil le film m’a plongé dans une douce ambiance d’exotisme, celle, un brin dérisoire, de mes années asiatiques. #grandtour #miguelgomes #laurentterzieff Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Au vue des critiques presse et le prix de la mise en scène à Cannes, je m'attendais à un petit chef d'oeuvre.... Jusqu'à la fin j'ai attendu. À une exception près (la jeune vietnamienne) les personnages sont antipathiques, l'intrigue est banale, les images sont ratées, le montage est cahotique, le passage du N/B à la couleur est artificiel. Je ne suis pas rentré à un seul moment dans le film. Bref, pas grand chose à sauver. Un point fort : le film n'est pas trop long.
Avec Grand Tour, Miguel Gomes orchestre un voyage à la fois dans le temps et dans l’espace, où l’Histoire, jamais linéaire, dévoile des récits multiples qui dialoguent entre eux, créant une mosaïque d'instants humains, aux réalités plurielles.
En s'affranchissant des codes de la narration cinématographique, le cinéaste portugais compose une œuvre hybride, à la fois récit et commentaire, qui mêle documentaire, fiction et expérimentation visuelle. Si la démarche peut apparaître au premier abord expérimentale, il faut accepter de se laisser guider pour en apprécier la beauté.
Chaque fragment de Grand Tour s’impose comme une œuvre à part entière, où des temples enneigés côtoient des forêts de bambous artificielles, et où un rond-point vietnamien devient le théâtre d’une valse viennoise. La photographie capte autant la texture des paysages que les cicatrices laissées par l’Histoire, tandis qu’une bande-son lyrique enveloppe le spectateur dans une atmosphère onirique.
En détournant l’idée du "Grand Tour" aristocratique européen, Gomes propose une critique subtile des idéaux coloniaux et des prismes culturels occidentaux. Les personnages, bien que souvent réduits à des archétypes, sont profondément humains dans leurs désirs, leurs échecs et leurs contradictions.
Grand Tour n’est pas une œuvre qui se livre au premier regard. Elle exige du spectateur une navigation active dans ses images, une acceptation de l’ambiguïté et une ouverture à l’interprétation. Miguel Gomes nous rappelle que l’Histoire, loin d’être un récit figé, est un dialogue permanent entre le passé et le présent, une quête de sens infinie, mouvante, cyclique.
Le film nous emmène dans un grand tour d'Asie d'avant l'arrivée du tourisme de masse en mêlant des images d'archive du début du XXe siècle avec des prises de vue plus récentes et des images issues du tournage proprement dit. La raison de ce voyage au long cours est une course poursuite séparée de 2 fiancés avec qui on partage les ressorts et interrogations liées à cette fuite/ poursuite improbable et volontairement datée qui m'a pris dans son sillage, me perdant parfois à une escale dans une langue donnée pour me retrouver dans un port où on parle un autre langue avec par moment des accélérations de rythme. J'ai cherché un sens à cette fuite et puis je me suis lassé de chercher des clés partout et je me suis juste laissé promener en empruntant les mêmes moyens de locomotion.
Prix de la mise en scène à Cannes, Grand Tour se passe en 1918 et raconte l’histoire d’Edward, fonctionnaire anglais en Birmanie qui fuit sa fiancée Molly venue d’Europe pour l’épouser. Il parcourt ainsi de nombreux pays d’Asie, et elle le poursuit amoureusement. Difficilement descriptible, ce film mélange N&B et couleurs, narration et images contemporaines… On s’amuse et parfois on s’ennuie, on est de toute façon surpris… une expérience pour amateurs de cinéma d’auteur
Mes 2 heures les plus longues dans un salle de cinéma... J'ai aimé une image de 10 secondes le personnage masculin dans l'eau en train de cueillir des lotus. Rien d'autre à sauver, le réalisateur nous assène sa culture ciné, sûrement à ses autres films que je n'ai pas vu. Le noir et blanc demande une esthétique ! Pas d'histoire et pas le charme d'un vieux Géo corné !
Le critique de Paris Match doit être très intelligent et moi très bête, je ne comprends pas l'engouement pour ce film, d'une lenteur exaspérante, tellement long. On passe d'une scène de 1918 à nos jours, on ne comprend rien, histoire d'amour affligeante, pathétique, on ne s'attache pas aux personnages. Bref tout est voulu paraît il, quelle prétention.
Film de toute beauté ! Je me suis laissée emporter par ce Grand Tour en Asie et je ne le regrette pas ! Film touchant, drôle, déroutant. Il mérite amplement le Prix de la mise en scène. Je le recommande pour ceux qui aiment les films contemplatifs.
Film décousu, mal cadré, mal rythmé. L'histoire est plate, les personnages superficiels et caricaturaux. Les expressions sans paroles sont peu crédibles ou non compréhensibles. Le mélange moderne-ancien est chaotique, moche et mal à propos. Je ne peux parler que pour les 40 premières minutes de film. C'est la première fois que ma femme et moi quittons un film. Le pire est le sentiment d'avoir été pris pour des idiots par les critiques, le cinéma et le réalisateur.
Miguel Gomes entraine le spectateur dans deux périples qui évoquent des moteurs de la vie : qu’est-ce qui nous pousse en avant ? qu’est-ce que nous poursuivons ? La fuite en avant et la poursuite obstinée d’un but sont bien mises en perspective par ces deux plans parallèles sur les voies de chemin de fer, le premier en travelling arrière, le second en travelling avant. Il a choisi pour ce faire un parti pris conceptuel audacieux et original, qui mêle noir en blanc et couleur, studio et images documentaires, temps passé et temps présent. Le décalage de temporalité entre l’histoire racontée et les images montrées, la pertinence de leur correspondance (géographique ou symbolique), la qualité de ces images génèrent un intérêt constant. Le film est aussi ponctué de moments d’humour qui montrent que le réalisateur ne se prend pas trop au sérieux, même si les références cinématographiques sont bien présentes (on pense à 2001, à Fitzcarraldo ou à Apocalypse Now, …). La fin, qui semble avoir déconcerté certains spectateurs, est magnifique, faisant déborder sur notre époque et les auteurs du film les aventures extérieures et intérieures des protagonistes.