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mlrav
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3,5
Publiée le 16 novembre 2025
Le film aborde un sujet d’intérêt public essentiel en contribuant à rendre visible la réalité de l’inceste. Le choix du réalisateur de centrer le récit autour d’une audience judiciaire permet d’interroger de manière pertinente le rôle de la justice. Il met en lumière ses absurdités et son incapacité, parfois, à protéger efficacement les enfants victimes de violences sexuelles.
Le regard porté sur l’inceste s’articule davantage autour de la mère qui accompagne son fils que de la victime elle-même. Le choix narratif du réalisateur reste relativement « accessible » : les personnages sont plutôt lisses, l’enfant refuse clairement de revoir son père, et la mère n’est pas dans le déni. Cette approche, bien que simplifiée par rapport à la complexité réelle de nombreuses situations d’inceste, fait du film une bonne porte d’entrée pour le grand public. Elle permet d’éprouver colère et incompréhension face à une situation qui nous apparaît évidente.
Cependant, cette simplification écarte une grande partie des réalités de l’inceste, où l’on ne peut généralement pas s’attendre à des prises de position aussi nettes de la part de l’enfant ou des proches qui l’entourent.
Vu dans le cadre du fifib à Bordeaux, ce film laisse le spectateur en apnée. Le sujet plus qu'important est présenté d'une façon spectaculaire et l. Actrice principale est impressionnante de justesse.
Thème d'actualité anxiogène, filmé avec de nombreux gros plans sur fond de décors minimalistes. Heureusement que le film est court, je suis ressortie toute cramoisie avec le sentiment de n'avoir rien appris. Et je me dis que décidément je préfère le cinéma où j'ai le sentiment en sortant d'être plus grande, plus intelligente, plus vivante (évidemment vous me direz!)
Et puis on se dit: tout ça pour ça! spoiler: Les réalisateurs ont choisi de nous montrer la justice, mais pas la vérité.
Quelque part entre «Jusqu'à la Garde» et «Un Monde», un huis clos judiciaire d'1h15 sous tension constante, à la lisière du thriller.
Filmant les mots comme les silences, qui parle et qui écoute, un premier film belge en quasi temps réel, traitant des violences intrafamiliales comme de la parole des enfants, trop souvent mise au second plan par les adultes, par la justice.
Un drame intense, qui ne peut laisser indifférent, et qui peut compter sur un casting impeccable. Mention spéciale à l'incroyable Myriem Akheddiou dans le rôle de cette mère prête à tout pour protéger ses enfants.
Avec On Vous Croit, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys livrent un drame social d’une intensité rare sur la justice, la maternité et la parole des enfants. Myriem Akheddiou incarne Alice, une mère confrontée à la pire des épreuves : défendre la garde de ses enfants face à un père accusé de violences. Le film plonge dans la tension d’une salle d’audience filmée presque en temps réel, où chaque mot devient un enjeu vital. Inspirée de l’expérience d’infirmière de Charlotte Devillers, la mise en scène adopte une frontalité bouleversante, proche du documentaire. Les réalisateurs refusent toute esthétisation pour laisser place à la vérité nue des émotions. En face, Laurent Capelluto incarne un père déroutant, oscillant entre déni et manipulation, tandis que Natali Broods apporte une humanité mesurée au rôle de la juge. Au-delà de son sujet, le film dénonce la rigidité d’un système encore figé dans le mythe du couple parental, même lorsque la violence fracture la cellule familiale. On Vous Croit devient alors un cri pour la reconnaissance de la parole des enfants et le courage de celles et ceux qui tentent de les protéger. Sobre, viscéral et nécessaire, ce film met le spectateur face à une question essentielle : jusqu’où faut-il aller pour qu’un enfant soit enfin entendu ?
Alice comparaît à Bruxelles au tribunal de la famille et de la jeunesse. Le père de ses enfants, dont elle est séparée depuis plusieurs années, se plaint qu’Alice ne respecte plus la garde partagée et qu’il n’a plus aucun contact avec ses enfants. Alice le lui a interdit. Elle a de bonnes raisons de l’avoir fait. Son fils, Étienne se replie sur lui-même, refuse d’aller à l’école et présente d’inquiétants symptômes pathologiques. Il souffre d’encoprésie, d’incontinence fécale. Il lui a confié que son père l’avait violé durant un week-end qu’il avait passé chez lui.
"On vous croit" est un film exceptionnel. Exceptionnel par le sujet qu’il traite : l’inceste. Exceptionnel par la façon dont il le traite : une audition, dans le cabinet d’un juge, filmée quasiment en temps réel. Deux plans l’encadrent. Dans le premier, filmé à la manière des frères Dardenne, on voit Alice, sur le quai d’un tramway se battre avec Étienne pour convaincre son fils récalcitrant de la suivre vers une destination dont on comprendra bientôt qu’il s’agit du tribunal que la mère et les deux enfants ne connaissent que trop bien pour y être déjà allés dans toute une série d’instances, pénales ou civiles, qui les opposent au père. On ne dira rien de la dernière.
Entre les deux donc, une seule scène, dont je comprends qu’elle a été filmée avec trois caméras, dans un bureau étonnamment moderne et blanc – qui contraste avec ceux qu’on a l’habitude de voir dans ce genre de films. Face à la juge comparaissent Alice, le père (dont le prénom ne sera jamais dit me semble-t-il), leurs avocats respectifs et un troisième avocat, désigné par le juge pour représenter les intérêts des enfants. Le but de cette rencontre : statuer sur la requête du père qui réclame le droit de rendre visite à ses enfants et décider, dans leur meilleur intérêt, leur placement auprès de leur mère exclusivement, en garde alternée, ou dans une institution.
Plane au-dessus de cette audience l’ombre portée de la plainte déposée au pénal par Alice contre son ex-mari pour agressions sexuelles sur son fils. Entrent donc en conflit la présomption d’innocence dont peut se prévaloir le père et le principe de précaution, pour lui donner un nom, qui interdit de confier la garde de ses enfants à un père peut-être coupable d’inceste.
C’est cette tension que met en scène le film. Son titre en dit peut-être déjà un peu trop, qui semble trancher le débat. Dire « on vous croit » aux enfants ne signifie pas pour autant que le père soit coupable. Leur dire ‘on vous croit », c’est d’abord ne pas leur dire « vous mentez », c’est d’abord accepter de les entendre et de les comprendre, c’est donner a priori une valeur à leur témoignage.
Dans ce procès, toute notre empathie va vers la mère. C’est elle qu’on croit. C’est son désarroi qu’on partage. Ce sont ses excès qu’on excuse car on imagine volontiers qu’on serait soi-même enclin aux mêmes débordements face à la violence infligée à ses propres enfants, face à leur mal-être bien visible, face à la monstruosité alléguée du père, d’autant plus monstrueux qu’on a pu jadis en être amoureuse et partager son intimité, face à l’inertie de la justice…
L’écueil du film, à la fois éthique et cinématographique, aurait consisté à instruire le procès à charge du père, d’en faire le « méchant » face aux « gentils ». On pourrait me dire que cet écueil n’en est pas un et que le père est incontestablement coupable. Ce serait aller un peu vite en besogne. Le même écueil menace la juge qui s’en sort admirablement bien, menant l’audience avec un calme et une maîtrise dignes d’éloges. J’ai beaucoup aimé que cette scène se termine par un long plan silencieux sur elle, restée seule dans son cabinet, désormais confrontée à la responsabilité de juger cette affaire. Lourde responsabilité qui fera, je l’espère, réfléchir ceux qui sont prompts à critiquer à l’emporte pièce les jugements qu’ils désapprouvent.
Un film éprouvant, sans pathos, ni artifice à la limite du documentaire. On suit l'audience entre une femme et son ex-mari et leurs avocats. Au fur et à mesure, le récit se révèle poignant et glaçant. Aucune mise en scène particulière, juste un discours brut. Ici tout sonne vrai tant les interprètes sont justes. Par contre, j'ai trouvé les deux dernières scènes très maladroites.
Virtuosité de la réalisation (plan séquence d’1 heure avec improvisation de vrais avocats), intensité des auditions, contradictions des plaidoiries, détresse désemparée des enfants, responsabilité de la « juge de la jeunesse » (nous sommes en Belgique) ! Et surtout intensité de l’interprétation de AKHEDDIOU, la mère en panique à fleur de peau. Les enfants sont en danger, et le risque c’est qu’ils ne soient pas bien protégés, tout l’enjeu est de prendre la bonne décision. Le gamin souffre de encoprésie et a ressenti de la décorporation. Le père a été démissionnaire dans l’éducation de ses enfants. Deux avocats sur 3 non clairvoyants font des préconisations pas du tout adaptées et c’est le témoignage final de la mère, troublant de sincérité, qui montrera peut-être la voie du salut. Troublant de sincérité !
Ai vu le magistral et saisissant film « On vous croit » co-réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufays dont c’est le premier long métrage. Le film d’une durée de 1h15, dans un format carré qui enferme les 8 comédiens, comporte en son centre une scène de 55 minutes tournée en une seule prise avec trois caméras dans le huis clos d’une bureau de justice. Tournée en 13 jours, la réalisation est étonnante, la caméra est toujours au plus des visages des comédiens et filme principalement les contre-champs, ce sont donc les réactions des visages à qui ont donne priorité plus qu’à celui qui parle. La musique faite uniquement de percussions, très discrète amène une tension parfois proche de l’insoutenable. Le travail sur le son dont certaines répliques sont à peine murmurées est original et là aussi amène un effet de malaise palpable. En Belgique, Alice (extraordinaire Myriem Akheddiou) est confrontée à son mari (Laurent Capellutto) chacun accompagné de son avocat devant la Juge à l’enfance (Natalie Broods) qui décidera de l’avenir de leurs deux enfants, Etienne (Ulysse Goffin) et Lila (Adèle Pinckaers). Le film est d’une maitrise et d’une efficacité fascinantes. Dès la scène d’ouverture le spectateur est plongé immédiatement dans un naturalisme frontal et implacable absolument sidérant. La qualité de jeu des comédien dont les moindre soupirs, silences, lapsus, regards, mimiques, grimaces prennent des allures de thriller, est exceptionnelle. Les 3 avocats sont interprétés par de vrais avocats. Ce film au sujet douloureux mais si nécessaire d’être montré, est remarquable. Les réalisateurs évitent tout pathos, toute psychologie, tout manichéïsme. Etouffant, ce film coup de poing qui bouscule est un vrai choc. Un moment de cinéma inoubliable sans esbroufe, sans star, sans effets spéciaux.
Charlotte Devillers est professionnelle de santé engagée auprès des victimes de violences sexuelles et Arnaud Dufeys, documentariste. C’est donc à 4 mains qu’ils nous ont confectionné ces formidables 78 minutes à découvrir dès que possible. ( à partir du 12 novembre). Aujourd'hui, Alice se retrouve devant un juge et n'a pas le droit à l'erreur. Elle doit défendre ses enfants, dont la garde est remise en cause. Pourra-t-elle les protéger de leur père avant qu'il ne soit trop tard ? Une tension extrême dans ce huis-clos judiciaire unique en son genre. Une mère, un père, deux enfants, une juge, 3 avocats, des mots… Et rien d’autre. Du cinéma sans refuge, qui n’offre ni recul ni consolation. En surface, il s’agit d’une audience – banale -, pour la garde des enfants. En profondeur, d’un examen de ce que signifie “croire”. Croire la parole d’une mère, celle des enfants, croire au récit de l’autre, croire en la neutralité d’une institution. Le film ne cherche pas à départager le coupable de l’innocent, mais à exposer les mécanismes par lesquels la société décide de croire ou non une parole. C’est un film sur l’autorité du langage et sur la sècheresse de la procédure, un dispositif qui nous place dans la position d’un juge sans pouvoir, condamné à écouter sans jamais conclure. Bouleversant de bout en bout, alors qu’on pourrait croire que cette rigueur tourne à la froideur. C’est tout le contraire. Le film tient son émotion dans la durée, dans la résistance des visages à la fatigue, dans la manière dont la caméra observe sans juger. La scène centrale a été tournée en une prise continue de 55 minutes, utilisant trois caméras pour capter chaque nuance. Elle contient une violence sourde : celle d’un monde où la sincérité ne garantit rien, où la souffrance doit être démontrée pour être crue. Quand vous sortez, épuisés, une seule question à se poser : où se situer ? Les acteurs et actrices jouent le jeu de cet extrême minimalisme. Myriem Akheddiou, une habituée des seconds voire petits rôles, est ici extraordinaire. On veut la revoir très vite. Laurent Capelluto excelle également dans le rôle ambigu du père. Citons encore Natali Broods, Ulysse Goggin, Adèle Pinckaers, tous impeccables. A noter que ce sont 3 vrais avocats qui tiennent leur rôle. Un drame qui prolonge la grande tradition du cinéma belge, qui sait regarder le réel sans le plier, sans le commenter, mais en le laissant nous regarder en retour. Plus il dépouille son dispositif, plus il en révèle la densité. Un moment rare qui sait retrouver la brûlure du réel.
Un huis clos judiciaire intimiste et minimaliste, pas mal ! Le film adopte une mise en scène presque documentaire, qui donne un côté réaliste, resserrée autour du bureau de la juge où se joue l’essentiel de la tension dramatique. L’interprétation de la mère est forte. Cette proximité crée une atmosphère d’une sobriété radicale. La conclusion, quant à elle, laisse une impression d’inachevé.
On vous croit enferme le spectateur dans ce bureau de juge comme dans une chambre à gaz psychologique : pas d’air, pas d’échappatoire, juste des mots qui lacèrent. Devillers et Dufeys filment la justice familiale comme une machine à broyer les mères, avec une mise en scène d’une sécheresse clinique, presque obscène. Myriem Akheddiou, elle, ne joue pas : elle se consume, chaque regard est un appel au secours que l’institution étouffe sous la procédure. Ce n’est pas un film “important”, c’est pire : c’est un huis clos qui vous laisse avec la honte d’appartenir à ce monde-là.
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3,5
Publiée le 9 avril 2026
« Qui veut-on réellement protéger ? » C'est ce que se demande Alice alors qu'elle se rend à une nouvelle audience avec ses enfants. Une épreuve difficile pour tout le monde dans un contexte de tensions, et plus encore, avec le père. Elle est à bout et on la comprend, car il faut à chaque fois répéter la même chose et affronter ses démons. Une expérience traumatisante que Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys font vivre comme si l'on assistait à une vraie audience. C'est très réaliste et jamais chaotique malgré l'envie de chacun de s'interrompre. On entend successivement les avocats puis les parents dans des monologues qui peuvent être puissants ou révoltants. Bien sûr, c'est quand la mère s'exprime que le film atteint des sommets avec une prise de parole pleine d'émotions qui souligne sa colère, sa peur, son désarroi et son ras-le-bol. En plus, les deux réalisateurs filment cela dans un format carré, ce qui rend la situation anxiogène et suffocante. L'un des bons choix du duo qui nous met également à la place de la juge pour que l'on se fasse notre propre opinion même si c'est un film qui va plus loin que la vérité. Bref, un film puissant et très bien incarné.