On vous croit
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2025
C'est un choc frontal ce On vous croit, d'origine belge, d'autant plus choquant qu'il percute de plein fouet sur un peu de moins de 75 minutes et à nous de nous débrouiller avec le traumatisme qui en résulte. Le dispositif choisi par les coréalisateurs, pour cette séance de tribunal, adopte la forme la plus réaliste possible, les plaidoiries des avocats étant dites par de véritables professionnels du barreau, qui se sont mués, pour un temps, en véritables acteurs, d'une crédibilité imparable. L'histoire qui sert de support au film ne raconte pas une affaire réelle en particulier mais s'appuie évidemment sur des cas avérés, de natures voisines. De toute manière, on ne met jamais en doute l'authenticité de ce que l'on voit à l'écran, dans une atmosphère irrespirable que la mise en scène, discrète mais brillante, parvient à alléger, notamment quand elle joue avec les détails architecturaux du monumental palais de justice où se déroule cette audience en huis-clos. Sommes-nous des voyeurs, en l'occurrence ? Plutôt des citoyens, confrontés à des situations dont les aspects familiaux et intimes nous concernent tous, peu ou prou. Dans le rôle de la mère, pivot du film, Myriem Akheddiou, qu'on a notamment aperçu chez les frères Dardenne, est tout simplement époustouflante et poignante de vérité.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2025
Qui est le film ?
En un peu moins de 75 minutes, les Belges Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys signent un film d’une grande sécheresse, où la fiction se dissout dans un dispositif : un huis clos judiciaire, une mère, un père, deux enfants, des mots. Rien d’autre. C’est un cinéma sans refuge, qui n’offre ni recul ni consolation. Tout se joue dans l’économie du face-à-face, dans le heurt des paroles, dans la manière dont la justice immisce le doute. En surface, il s’agit d’une audience pour la garde des enfants. En profondeur, d’un examen de ce que signifie “croire”. Croire la parole d’une mère, celle des enfants, croire au récit de l’autre, croire en la neutralité d’une institution.

Que cherche-t-il à dire ?
Au-delà du "procès" qu’il met en scène, On vous croit interroge la fabrique même de la vérité. Devillers et Dufeys ne cherchent pas à départager le coupable de l’innocent, mais à exposer les mécanismes par lesquels la société décide de croire ou non une parole. C’est un film sur l’autorité du langage, sur la violence de la procédure, sur la manière dont une mère doit non seulement dire la souffrance, mais la prouver. La tension principale réside là : entre ce que le langage et la justice prétendent saisir et ce qu’ils trahissent toujours.

Par quels moyens ?
L’austérité du film (cadrages fixes, lumière crue, rythme lent) est une épreuve. En refusant tout effet de dramatisation, Devillers et Dufeys forcent le spectateur de rester, d’endurer. Ce dispositif nous place dans la position d’un juge sans pouvoir, condamné à écouter sans jamais conclure. Cette épure formelle, qui emprunte au réel ses inflexions les plus arides, s’apparente à une expérience d’observation éthique.

Ici, tout passe par la bouche, les gestes et les expressions. La violence du film n’est pas celle des coups, mais celle des mots. Chaque phrase est une arme, chaque pause un soupir accusé. Myriem Akheddiou, bouleversante de retenue, transforme chaque mot en poids physique. Le film rappelle que la parole judiciaire n’est jamais neutre : elle est genrée, hiérarchisée, politisée. Dans On vous croit, la caméra capte ces micro-fissures où la peur, la colère, la honte passent dans le timbre de la voix et c’est là que naît la vérité du film, dans ces moments où la rhétorique craque.

Les enfants, au centre du conflit, apparaissent que très peu. Leurs voix manquent, et ce manque n’est pas une ellipse. Devillers et Dufeys rappellent ainsi que les victimes mineures ne parlent jamais sans médiation, qu’on les cite, les traduit, les interprète. Le titre du film "On vous croit" peut résonner dès lors comme un mensonge. On veut croire, on prétend croire, mais tout dans le dispositif montre combien la croyance est conditionnée, contrôlée, orientée.

On pourrait craindre que cette rigueur tourne à la froideur. C’est tout le contraire. Le film tient son émotion dans la durée, dans la résistance des visages à la fatigue, dans la manière dont la caméra observe sans sauver. Les réalisateurs filment le visage d’Akheddiou comme un champ de bataille intérieur : le tremblement du menton, la crispation du visage, la retenue des larmes deviennent les véritables mouvements du récit. Un réalisme brûlant, sans esthétisation, mais jamais sans tendresse.

Le plus bouleversant est sans doute là : On vous croit ne juge pas les personnages, mais les mots eux-mêmes. Tout le dispositif révèle combien la justice repose sur une foi dans le langage. Chaque réplique met à nu la distance entre le mot et ce qu’il prétend contenir, entre la parole judiciaire (rationnelle, codifiée) et la parole intime (affective, chaotique). Ce décalage, mis à nu, produit une violence sourde : celle d’un monde où la sincérité ne garantit rien, où la souffrance doit être démontrée pour être crue.

Pourtant, le film aurait pu, peut-être, pousser encore un curseur, ouvrir un peu plus la brèche de la complexité humaine qu’il met si bien en place. Cette réserve n’annule rien, mais elle empêche On vous croit d’atteindre pleinement la déchirure qu’il frôle.

Où me situer ?
Ce qui rend On vous croit si fort, c’est sa maîtrise du minimalisme. Rien n’est de trop. Leur cinéma prend le réel au sérieux, refuse le confort du pathos, cherche la vérité dans le doute. Ce faisant, ils produisent un cinéma rare : un cinéma qui ne parle pas du réel, mais qui agit comme lui. Mais c’est aussi un film dont on sent qu’il aurait pu aller plus loin, déranger davantage encore.

Quelle lecture en tirer ?
En tout cela, On vous croit prolonge une tradition du cinéma belge : celle qui regarde le réel sans le plier, sans le commenter, mais en le laissant nous regarder en retour. Sa puissance tient dans ce paradoxe : plus il dépouille son dispositif, plus il révèle la densité. À l’heure où le cinéma se méfie du réel, Devillers et Dufeys en retrouvent la brûlure.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 septembre 2025
En livrant un puissant et intense message sur la défense de l'enfance, DEVILLERS et DUFEYS offrent un moment de cinéma tout simplement déchirant, d'une radicalité et d'une intensité qui pourrait tomber dans le pathos maladroit, mais qui par le biais de ses acteurs, ne touchent jamais cela, ne serait-ce du bout du doigt
Coric Bernard

455 abonnés 848 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2025
Ce bon film belge traite d’une situation familiale dramatique très aiguë. On suit les audiences juridiques de cette mère face à son ex mari concernant la garde de ses enfants et c’est très prenant. La mise en scène traduit bien la tension permanente qui règne dans ce film avec des gros plans et des hors champ très judicieux. Le jeu de l’actrice qui interpréte la mère est vraiment très efficace et donne de la crédibilité au récit de ce drame humain et familial inspiré de faits réels. Pour leur premier long métrage, ce duo de réalisateur et réalisatrice font un coup de maître.

Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse au Club Marbeuf à PARIS le 11/09/2025)
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 632 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 octobre 2025
Film choc sur une famille broyée par les procédures judiciaires! Tout contribue à maintenir une intensité haletante à ce huis clos (la mise en scène, les décors épurés, l'interprétation comédiens/vrais avocats).
velocio

1 537 abonnés 3 497 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 novembre 2025
Est-il indispensable qu’un film ait une durée supérieure à 3 heures pour qu’on puisse parler de grand film à son sujet ? Est-il nécessaire qu’un film aligne moult scènes de poursuites, ou de bagarres, ou d’échanges de coups de feu pour qu’on ressente à sa vision une grande tension, un suspense haletant, ou, tout simplement, le sentiment d’être pris aux tripes ? "On vous croit", le film belge réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, apporte de façon très claire une réponse négative à ces 2 interrogations : ce film ne dure que 78 minutes, c’est un huis clos se déroulant dans un tribunal, un huis clos ne réunissant qu’une poignée de personnages dans lequel les seules armes utilisées sont celles de la parole et … c’est un grand film qui ne peut que bouleverser les spectateurs les plus endurcis. Critique complète sur le site où il y a le tiret du 6 entre critique et film.
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 juillet 2025
"On vous croit" est le type même du film qui aligne ses ingrédients de film choc un par un. Ou plutôt qui s'annonce film choc et fait clignoter les signaux de partout. Et force est de reconnaitre que l'ensemble est efficace. Efficace ne signifie pas forcément réussi car si un tel exercice ne provoque pas de l'émotion, ou plutôt des émotions, on peut aussi considérer qu'il échoue. Et c'est donc ce qui m'est arrivé, j'ai regardé l'ouvrage s'assembler, le format carré, le huis clos, le décor froid comme un laboratoire scientifique, le face caméra qui permet aux comédiens, ou aux "vrais" avocats de faire étalage de leur talent, la durée réduite s'agréger pour produire de l'anxiogène. Mais si mon cerveau était occupé à regarder cette "technique" il n'était pas disponible pour l'empathie, pour le lâcher prise.

J'ai pas mal pensé à des films comme "Jusqu'à la garde" ou même le plus récent "Quiet Life" qui eux non plus ne cachaient pas leurs coutures mais m'avaient secoué d'une manière ou d'une autre. Attention hein malgré ces réserves je reconnais à ce "On vous croit" une légitimité, une nécessité, il est d'évidence remarquablement documenté, pensé, structuré. Ce qui pour un premier film n'est déjà pas rien.

Vu en festival
mat niro

462 abonnés 2 156 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 novembre 2025
Voici un film belge très dur sur une mère prête à tout pour protéger ses enfants d'un père qui fait face à de graves accusations. spoiler: Autant le dire tout de suite, le bureau de la juge est au centre des débats houleux entre les deux part ies pendant près d'une heure de ce format court (1h18)
.Ce huis clos est particulièrement éprouvant à suivre mais brillament dirigé. Les plaidoiries sont effetuées par des avocats de profession et cela apporte encore plus de crédibilité au film. Vu en avant-première, on ne peut qu'être admiratif devant cette mère louve jouée par l'excellente Myriem Akheddiou face à un possible prédateur. Malgré cela, je n'ai pas trop accroché devant ce qui ressemble plus à un documentaire qu'à une fiction. Je vous encourage à vous faire votre avis, le mien est mitigé.
Cinemadourg

905 abonnés 1 781 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2025
Alice se retrouve face au juge pour enfants, avec la garde de ses enfants remise en question. Tout se joue dans ce huis clos où chaque parole compte et chaque geste scruté.
Un drame proche d’un documentaire, 90% du film se passant à l’intérieur du bureau du juge à écouter les deux parents et leurs avocats.
Tourné de façon intimiste, la gravité de la situation prend forme peu à peu au fil des plaidoiries.
Les comédiens sont crédibles, les tensions palpables, et l’on ressent pleinement l’enjeu pour chaque protagoniste.
Une oeuvre nécessaire mettant en avant les drames du quotidien que vivent certaines personnes dans leurs bulles familiales, et dénonçant à mots couverts la difficulté des institutions censées les aider à les surmonter.
Dommage que cette fin soit "ouverte" sans verdict final ! (vous voilà prévenus).
Un film sobre, poignant et utile.
Site CINEMADOURG . free . fr
SarahJane
SarahJane

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2025
J’ai eu la chance de voir ce film en avant première dans le cadre du festival de film indépendant.
Le jeu d’acteurs est dingue, la tension maintenue tout le long du film sur un sujet poignant. Énormément d’émotions qui m’ont conduite à m’inscrire sur AlloCine pour engager à aller voir ce film. Vraiment bravo aux réalisateurs.
cédric l.
cédric l.

22 abonnés 143 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 novembre 2025
Je suis un peu resté sur ma faim. La première chose qui me vient à l'esprit après avoir vu ce long-métrage : c'est "Beaucoup de bruits pour rien"... Tous ces fanions, pour dire que le film a reçu tel prix, telle distinction, dans tel festival, et au final on ressort de la salle de cinéma sans avoir appris quoi que se soit d'intéressant, de choquant, de pertinent, etc... BOF !... pour moi c'est toujours un plaisir de voir Laurent Capelluto à l'écran, j'espère le voir dans un autre film prochainement, et ne pas avoir l'impression d'avoir été dupé.
Simon Bernard
Simon Bernard

205 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2025
Alice et ses deux enfants sont convoqués par la juge à l'enfance. Ayant coupé les ponts avec le père / ex conjoint depuis plus de deux ans, la justice questionne l'ensemble des parties pour comprendre cette situation et prendre une décision. Journée d'audience éprouvante pour Alice qui craque et a de grandes difficultés à garder son calme. En salle le 12 novembre.

spoiler: "On Vous Croit" est un format assez court qui va droit à l'essentiel. On commence à assister à des décharges émotionnelles de la part des enfants et de la mère qui tendent à questionner le spectateur sur le bien fondé de leur démarche. Et puis on assiste, sidérés, à l'intégralité d'une audience ubuesque où l'empathie du public est renversée. Le film est puissant et montre la difficulté de statuer sur ce genre d'affaires. L'absence d'artifices rend toutefois le ventre mou du récit un peu soporifique.


vu au Arras Film Festival
Ufuk K

617 abonnés 1 718 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2025
"On vous croit " plébiscité par la critique, présenté à la Berlinale cette année est un drame judiciaire honorable dans l'ensemble. Les réalisateurs Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys offrent aux spectateurs un film en huis clos qui critique un système judiciaire insensible à la parole des enfants et qui les instrumentalise, tout en soulignant que la justice ne prend pas suffisamment au sérieux les plaintes liées aux violences, notamment celles subies par les enfants au sein de la famille. J'ai été parfois interpellé par le manque de prise de position claire des réalisateurs entre la parole du père accusé de violence sexuelle et le risque de manipulation de la mère envers ses enfants. Il convient également de rendre hommage à la performance remarquable de Myriem Akheddiou. Ce n'est pas forcément le film de l'année, mais il revêt une importance sociale indéniable.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 novembre 2025
Super oeuvre hybride - vrais acteurs mais ausi vrais juristes - qui vous prend aux tripes de la premiere à la derniere image avec une actrice principale exceptionnelle.
Le sujet donne le bourdon et on aimerait aller voir du divertissement mais c est un film ESSENTIEL - je pèse mes mots pour comprendre le cauchemar spoiler: que vivent les mère confrontées à un inceste dans le cercle familial
CloHirondelle
CloHirondelle

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juin 2025
Vu dans le cadre de la première édition du festival ciné citoyen de Vannes, un sujet lourd porté par une interprétation hors pair. Les contraintes budgétaires ont contraint à des choix sobres mais terriblement cinématographiques.
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