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Bajard Marie-Laure
4 critiques
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5,0
Publiée le 13 juillet 2026
Superbement interprété. Film qui met en lumière toutes les difficultés que l'on peut ressentir face à un personnage manipulateur. Huis clos sous tension, actrice magistrale.
Un père fait appel d’un jugement ayant donné la garde pleine et entière de ses enfants à leur mère. Les enfants considèrent leur père comme « mort », ne veulent surtout pas le revoir ; mais vont devoir se confronter à nouveau à leur géniteur ; la Justice doit passer même contre la volonté des enfants. Au cœur de ce film sec et tendu, nous serons spectateurs en huis clos de l’audition des parents avec leurs avocats devant la juge. Ces 55 minutes, durant lesquelles nous sommes placés au centre comme la Juge, sont le cœur du film et en font tout le sel. Le montage et la mise en scène jouent avec les codes du film à suspense, ils distillent les éléments clés qui permettent de comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire par touches. Et au rythme des prises de paroles, on va découvrir le fond d’une histoire très sordide. Cette phase d’audition est admirablement bien écrite et interprétée, elle permet de dévoiler lentement la complexité d’une situation pouvant paraitre simple, la question de la présomption d’innocence et la difficulté des adultes à recueillir la parole des enfants. Elle met aussi en avant le statut de présumé innocent qui peut nous ulcérer, mais la Juge doit accueillir la parole du requérant comme celle d’un innocent. Troublant, violent mais positif car démontrant que la justice fonctionne bien en démocratie ! Car la parole finale de la Juge donne le ton et le titre du film : « On vous croit » ; d’une force terrible. Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, pour leur premier film, livre un film dans la pure tradition sociale belge. Minimaliste à souhait et tourné en 13 jours seulement, il est à saluer pour son exigence durant ces 55 minutes. Cependant, cette longue séquence durant laquelle une attention remarquable est apportée sur l’effet que produisent les paroles sur ceux qui les écoutent, est enchâssée par une entame et un final sensationnaliste poussant à la dramaturgie maladroitement caricaturale. C’est bien dommage d’être tombé dans de tels travers pour un film proche du sans faute. Tant pis un film de 1h05 vaut parfois mieux qu’un film de 1h20. Et pour clore, notons la force d’interprétation de Myriem Akheddiou dans le rôle de la mère. A voir absolument
Attention film non adapté aux malentendants et malvoyants. Bande son inaudible et scripte trop petit. On n’entend rien. Et on a du mal à lire les textes.
Sur le principe, "On vous croit" c'est en quelques sortes l'introduction oppressante de "Jusqu'à la Garde", étirée sur un long métrage. Des ex-époux et leurs avocats respectifs se présentent devant une juge des familles. Madame accuse monsieur d'avoir violé leur fils. Monsieur accuse madame d'affabulations et de manipulations. Les enfants sont turbulents et refusent de voir leur père. Et la juge va devoir statuer avec tout ça. Les coréalisateurs mettent la pression dès le départ. Des plans presque carrés, serrés sur les personnages, dont surtout sur Myriem Akheddiou. Excellente en mère fébrile qui a tendance à péter les plombs face au stress. Le chaos causé par la turbulence des enfants. La violence du système judiciaire belge, entre complexité administrative, et propos agressifs des avocats auxquels les parents ne peuvent répondre. Violence contrastée par des décors épurés, froids et clairs. Le film est court (moins de 1h20) mais très intense. Les acteurs, souvent filmés en plan-séquence, parviennent à jouer leur texte avec un grand naturel, et à nous immerger dans la situation. On ressent tout le stress, la colère, la vulnérabilité, le poids, les enjeux de la situation. Et tout l'ambiguïté, chacun noircissant le portrait de l'autre. L'occasion pour Charlotte Devillers (également infirmière à la ville) et Arnaud Dufeys d'évoquer le système judiciaire belge, mais surtout les violences sexuelles contre les enfants. Comment elles peuvent être soupçonnées ou détectées, comment elles peuvent briser des vies, comment le système traite les victimes présumées. Un drame judiciaire très fort.
Film qui met et tient sous tension de la première à la dernière minute, du grand art ! Et parfois, sous une grande tension... Un film qui délivre une violence intérieure des êtres, qui prend aux tripes ou à la gorge mieux et plus fort que bien des films où la violence matérielle ou physique explose d'une scène à l'autre. Mais qui, malheureusement, révèle ou dénonce des faits qui n'ont rien de rares ni d'exagéré. Qui étale sans voile et sans complexes les dégâts que peuvent provoquer les désaccords puis les déchirements des couples sur leurs enfants. Qui exprime tout le désarroi, toute les criantes, les angoisses, les souffrances, l'épuisement physique et moral d'une mère désemparée par une situation dont elle ne peut ni maîtriser l'évolution, ni sortir seule. Qui permet d'approcher et de mieux comprendre toute la difficulté et l'énorme responsabilité qui pèsent sur les juges aux affaires familiales, face à de véritables imbroglios relationnels tout en restant dans le maquis jurico-social. Et de soutenir le rôle des avocats, de toute une "cuisine" démonstrative pour tenter de convaincre, quitte à passer par des chemins parfois horribles, cruels, quasi-mensongers, destructeurs de passés, insupportables... A tous les niveaux humains et professionnels, ce film est introspectif et d'une rare intensité. A recommander !
Autant le dire de suite, je n'ai pas pu aller jusqu'au bout du film. Pas parce qu'il serait trop oppressant, on est loin des 120 Journées de Sodome, mais parce que je m'ennuyais énormément et n'avais pas la moindre envie de savoir quelle fin il allait proposer. Le synopsis - un couple séparé qui se jalouse les enfants, avec des accusations d'abus contre le père, on est dans le classique de chez classique, tout ça se résolvant devant un JAF, ce qui dans la réalité n'est pas le cas (c'est le juge des enfants voire au-dessus qui traite ce genre de dossiers), avec près d'une heure devant le juge, quand ces dossiers sont traités en 20 minutes, interventions des avocats (qui ne font pas des plaidoiries dans le monde réel) comprises (sachant que le jugement n'arrive que des mois plus tard, autant dire qu'on n'est même pas dans le réalisme judiciaire) -, le synopsis est banal et même pas parfaitement vraisemblable.
Même le premier plan n'est pas bon, dès ce gros plan sur le visage de l'ex-épouse ici mère, on se dit qu'on part mal. J'ai persévéré encore 30 minutes mais n'ai pas tenu une interminable heure et quart. Huis clos, plans longs alors qu'il ne se passe rien sur l'image, image dont la seule originalité est de filmer au ras du visage, on n'est pas au cinéma, c'est du théâtre filmé, au mieux du cinéma d'acteur dans lequel tout est mis sur le jeu de l'acteur. C'est ainsi que les réalisateurs usent de grosses ficelles pour émouvoir en racontant des histoires lugubres et en faisant hurler ou geindre leurs acteurs. C'est mauvais.
Scandé par les battements du coeur de l'héroïne, ce (quasi) huis clos nous fait suivre une rencontre pénale particulièrement éprouvante. A travers les dialogues, les réactions viscérales de certains personnages, l'absurdité émotionnelle d'une logique procédure pénale, le récit illustre la réalité du déni de l'agresseur, la douleur d'avoir aimé un criminel, le traumatisme d'une agression, l'horrible lucidité d'admettre qu'un homme charmant puisse devenir un violeur mais aussi la violence du système, l'inhumanité de certains avocats, la lenteur de la justice. Par une mise en scène minimaliste et des interprétations justes, les sentiments des protagonistes prennent le devant, par des gros plans donnant un aspect documentaire à ce cri déchirant qui rappelle que selon un rapport de l'OMS, 20% des filles et 10% des garçons dans le monde sont victimes d'agressions sexuelles dans l'enfance; 10% portent plainte dont 2% aboutissent à une condamnation...
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3,5
Publiée le 9 avril 2026
« Qui veut-on réellement protéger ? » C'est ce que se demande Alice alors qu'elle se rend à une nouvelle audience avec ses enfants. Une épreuve difficile pour tout le monde dans un contexte de tensions, et plus encore, avec le père. Elle est à bout et on la comprend, car il faut à chaque fois répéter la même chose et affronter ses démons. Une expérience traumatisante que Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys font vivre comme si l'on assistait à une vraie audience. C'est très réaliste et jamais chaotique malgré l'envie de chacun de s'interrompre. On entend successivement les avocats puis les parents dans des monologues qui peuvent être puissants ou révoltants. Bien sûr, c'est quand la mère s'exprime que le film atteint des sommets avec une prise de parole pleine d'émotions qui souligne sa colère, sa peur, son désarroi et son ras-le-bol. En plus, les deux réalisateurs filment cela dans un format carré, ce qui rend la situation anxiogène et suffocante. L'un des bons choix du duo qui nous met également à la place de la juge pour que l'on se fasse notre propre opinion même si c'est un film qui va plus loin que la vérité. Bref, un film puissant et très bien incarné.
Virtuosité de la réalisation (plan séquence d’1 heure avec improvisation de vrais avocats), intensité des auditions, contradictions des plaidoiries, détresse désemparée des enfants, responsabilité de la « juge de la jeunesse » (nous sommes en Belgique) ! Et surtout intensité de l’interprétation de AKHEDDIOU, la mère en panique à fleur de peau. Les enfants sont en danger, et le risque c’est qu’ils ne soient pas bien protégés, tout l’enjeu est de prendre la bonne décision. Le gamin souffre de encoprésie et a ressenti de la décorporation. Le père a été démissionnaire dans l’éducation de ses enfants. Deux avocats sur 3 non clairvoyants font des préconisations pas du tout adaptées et c’est le témoignage final de la mère, troublant de sincérité, qui montrera peut-être la voie du salut. Troublant de sincérité !
Un Film important, très dur, sur la vie actuelle d'une Mère Monoparentale essayant de garder courage et protéger ses enfants face à un Père indigne et une justice sans pitié ! Très prenant, avec des Comédiens incroyables !
Ça commence par une voix. Celle qu’on n’écoute pas. Celle qu’on classe.
D’abord, on croit savoir. Accusation. Doute. Douleur formatée pour le tribunal.
Le film décale. Il ne fait pas son procès. Il fait le vide autour.
La caméra reste bas. Elle écoute. Elle ne juge pas. Elle attend que les visages craquent, que les silences pèsent plus que les mots.
On parle. Beaucoup. Pour se protéger. Pour ne pas céder. Les mots sont des boucliers. Parfois des armes.
La mise en scène ne surligne rien. Elle filme les corps qui plient. Les mains qui tremblent. Les regards qui cherchent une issue alors qu’il n’y en a pas.
On vous croit. Le titre est une promesse. Ou une provocation. Le film ne donne pas la réponse. Il montre ce que croire veut dire : accepter de ne pas savoir, tenir dans le flou, rester sans preuve.
Parfois, ça étire. On voudrait que la caméra s’énerve. Qu’elle secoue. Qu’elle déchire le cadre. Mais non. Elle reste. Elle attend. Comme nous.
Ce n’est pas un film qui crie. C’est un film qui résiste à crier. Et c’est peut-être plus fort.
À la fin, rien n’est réglé. Rien n’est propre. Mais quelque chose a changé. On ne regarde plus pareil. On écoute différemment.
On vous croit ne se finit pas. Il continue. Dans la salle. Dans la tête.
Un film qui ne vous lâche pas. Parce qu’il ne vous a jamais pris par la main.
Nul rien que le titre combien de pères en prisons à cause de cette phrase qui n'on rien faits; le problème c'es que les femmes sont comme les hommes elle mentent aussi pour obtenir la garde par tous les moyens,
donc votre film bidon a qui mette en causse des millions d'hommes dans le même sac sa suffi !!!! votre film à la poubelle !!!
Excellent film qui retrace - hélas - les vérités juridiques. Les acteurs sont excellents également. Mais pourquoi faut-il que le générique de fin et les annotations soient écrits en caractères aussi minuscules au point qu'ils empêchent de lire les infos et les noms des différents intervenants de ce film ??? Dans ces conditions, on se demande pourquoi ces infos sont là ...