C'est une plongée immédiate et frontale dans un contexte ou tout le monde pourra se sentir concerné, voir se projeter. Un univers pesant et poignant, douloureux et affreux, aux situations d'actualité de plus en plus récurrentes, et déchirantes, et aux solutions souvent insuffisantes ! Tout se structure jusqu'au point de rupture, ou le malaise, et l'envie de bondir est palpable, et parfois insoutenable, toujours figé sur les visages qui tiennent le spectateur en apnée, la force du film réside dans ce qui est suggéré, interprété.
C'est un témoignage sur la toxicité, les rouages de la complicité sourde des instances supérieurs, procédurales, et mentales, qui se refusent à entendre, ou à comprendre les cris du cœur, et de rage de ceux qui sont réduits aux silences. C'est avant tout un film sur la souffrance, non pas de celle vécu, mais de celle que l'on oblige à revivre, celle que l'on doit sans cesse répéter, et surtout prouver ! Une mise en lumière sur le discours, le langage des mots, ou des gestes, l'expression qui forge l'opinion, l'histoire que l'on va raconter, et qui va résonner dans la signification même de croire ?!
D'un autre côté, ce sont les contraintes budgétaires qui ont forgé la forme du film, qui se rapproche d'avantage du documentaire, au format carré, serré, parfois étouffant, avec des décors minimalistes, presque absents ! L'on peut également trouver les dernières scènes un peu bancales, ou maladroites, un peu moins dans l'esprit de tout ce qui précédait, passant plus sur le registre cinématographique !
Un film difficile, car il n'offre pas la finalité que l'on pourrait souhaiter, ni même l'espoir que tout sera différent, mais la démarche est louable et nécessaire !