A la manière d’un documentaire filmé sur le vif, une confrontation judiciaire entre une femme et un homme, couple séparé, avec comme enjeux leurs enfants encore mineurs (17 et 10 ans) devant une juge pour statuer sur l’organisation d’une garde, sinon de visites. C’est dans le système judiciaire belge. Le juge de la jeunesse (sic) se substitue à ce que nous les spectateurs d’ici savent, plus ou moins, du juge aux affaires familiales. En gros plan, face à la caméra (et donc la juge), les paroles de l’un contre les paroles de l’autre, répétées et appuyées par leurs avocats respectifs. Et l’avocat représentant les intérêts des enfants, quelque peu au milieu du gué. Le bien, le mal, le responsable, le fautif, les affabulations éventuelles, qui sait la maladie mentale, le sentiment de persécution, les soupçons, tout cela se mélange. Le spectateur aura du mal à trouver des repères factuels suffisamment sûrs dans les dires de l'un et l'autre pour asseoir sa propre opinion. Comme un(e) juge finalement.
"On vous croit " plébiscité par la critique, présenté à la Berlinale cette année est un drame judiciaire honorable dans l'ensemble. Les réalisateurs Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys offrent aux spectateurs un film en huis clos qui critique un système judiciaire insensible à la parole des enfants et qui les instrumentalise, tout en soulignant que la justice ne prend pas suffisamment au sérieux les plaintes liées aux violences, notamment celles subies par les enfants au sein de la famille. J'ai été parfois interpellé par le manque de prise de position claire des réalisateurs entre la parole du père accusé de violence sexuelle et le risque de manipulation de la mère envers ses enfants. Il convient également de rendre hommage à la performance remarquable de Myriem Akheddiou. Ce n'est pas forcément le film de l'année, mais il revêt une importance sociale indéniable.
Filmé pendant presque toute sa durée en plan fixe, le scénario aborde le thème de la maltraitance des enfants ( ici elle est d'ordre incestueux ) par leur figure d'attachement, censée leur apporter amour et sécurité.
Le procédé repose essentiellement sur les dialogues, dans un ton proche du documentaire.
Cela produit un effet puissant ou l'interrogation sur la vérité pourrait sembler rester sans réponse.
Ce serait passer à côté de la symbolique que comporte le choix du " cadeau" offert, sorte d'acte manqué, ou défi pervers ( je penche pour cette dernière hypothèse) qui dévoile ( selon moi ) l'espace mental du père, découvre sa véritable nature et la vérité. Oui, on vous croît !
Film très court qui se passe dans le huis clos d'un tribunal. Où l'on suit les auditions des avocats. Et surtout le témoignage d'une mère de famille qui essaie de protéger ses enfants de leur ur père (inceste). Décors minimalistes pas de fioritures mais film prenant, profond et touchant
Thème d'actualité anxiogène, filmé avec de nombreux gros plans sur fond de décors minimalistes. Heureusement que le film est court, je suis ressortie toute cramoisie avec le sentiment de n'avoir rien appris. Et je me dis que décidément je préfère le cinéma où j'ai le sentiment en sortant d'être plus grande, plus intelligente, plus vivante (évidemment vous me direz!)
Et puis on se dit: tout ça pour ça! spoiler: Les réalisateurs ont choisi de nous montrer la justice, mais pas la vérité.
On vous croit enferme le spectateur dans ce bureau de juge comme dans une chambre à gaz psychologique : pas d’air, pas d’échappatoire, juste des mots qui lacèrent. Devillers et Dufeys filment la justice familiale comme une machine à broyer les mères, avec une mise en scène d’une sécheresse clinique, presque obscène. Myriem Akheddiou, elle, ne joue pas : elle se consume, chaque regard est un appel au secours que l’institution étouffe sous la procédure. Ce n’est pas un film “important”, c’est pire : c’est un huis clos qui vous laisse avec la honte d’appartenir à ce monde-là.
Un sujet difficile. Une très bonne actrice principale. Pas simple de démêler le vra du faux, surtout quand le protagoniste n a pas la tête de l emploi. "on vous croit"... mais pas vraiment en fait....
Excellent film, capté en gros plans, qui plonge les spectateurs dans l’univers intime des personnages. Leurs douleurs se traduisent à travers des gestes brutaux et des regards fuyants, jusqu’à nous révéler une vérité atroce et insoutenable. Une véritable révélation de la conscience, mais aussi une critique ardente d’une justice encore trop insuffisante face à la violence conjugale et à l’inceste.
Super oeuvre hybride - vrais acteurs mais ausi vrais juristes - qui vous prend aux tripes de la premiere à la derniere image avec une actrice principale exceptionnelle. Le sujet donne le bourdon et on aimerait aller voir du divertissement mais c est un film ESSENTIEL - je pèse mes mots pour comprendre le cauchemar spoiler: que vivent les mère confrontées à un inceste dans le cercle familial
Je suis un peu resté sur ma faim. La première chose qui me vient à l'esprit après avoir vu ce long-métrage : c'est "Beaucoup de bruits pour rien"... Tous ces fanions, pour dire que le film a reçu tel prix, telle distinction, dans tel festival, et au final on ressort de la salle de cinéma sans avoir appris quoi que se soit d'intéressant, de choquant, de pertinent, etc... BOF !... pour moi c'est toujours un plaisir de voir Laurent Capelluto à l'écran, j'espère le voir dans un autre film prochainement, et ne pas avoir l'impression d'avoir été dupé.
Voici un film belge très dur sur une mère prête à tout pour protéger ses enfants d'un père qui fait face à de graves accusations.spoiler: Autant le dire tout de suite, le bureau de la juge est au centre des débats houleux entre les deux part ies pendant près d'une heure de ce format court (1h18) .Ce huis clos est particulièrement éprouvant à suivre mais brillament dirigé. Les plaidoiries sont effetuées par des avocats de profession et cela apporte encore plus de crédibilité au film. Vu en avant-première, on ne peut qu'être admiratif devant cette mère louve jouée par l'excellente Myriem Akheddiou face à un possible prédateur. Malgré cela, je n'ai pas trop accroché devant ce qui ressemble plus à un documentaire qu'à une fiction. Je vous encourage à vous faire votre avis, le mien est mitigé.
Est-il indispensable qu’un film ait une durée supérieure à 3 heures pour qu’on puisse parler de grand film à son sujet ? Est-il nécessaire qu’un film aligne moult scènes de poursuites, ou de bagarres, ou d’échanges de coups de feu pour qu’on ressente à sa vision une grande tension, un suspense haletant, ou, tout simplement, le sentiment d’être pris aux tripes ? "On vous croit", le film belge réalisé par Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, apporte de façon très claire une réponse négative à ces 2 interrogations : ce film ne dure que 78 minutes, c’est un huis clos se déroulant dans un tribunal, un huis clos ne réunissant qu’une poignée de personnages dans lequel les seules armes utilisées sont celles de la parole et … c’est un grand film qui ne peut que bouleverser les spectateurs les plus endurcis. Critique complète sur le site où il y a le tiret du 6 entre critique et film.
Avec On Vous Croit, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys livrent un drame social d’une intensité rare sur la justice, la maternité et la parole des enfants. Myriem Akheddiou incarne Alice, une mère confrontée à la pire des épreuves : défendre la garde de ses enfants face à un père accusé de violences. Le film plonge dans la tension d’une salle d’audience filmée presque en temps réel, où chaque mot devient un enjeu vital. Inspirée de l’expérience d’infirmière de Charlotte Devillers, la mise en scène adopte une frontalité bouleversante, proche du documentaire. Les réalisateurs refusent toute esthétisation pour laisser place à la vérité nue des émotions. En face, Laurent Capelluto incarne un père déroutant, oscillant entre déni et manipulation, tandis que Natali Broods apporte une humanité mesurée au rôle de la juge. Au-delà de son sujet, le film dénonce la rigidité d’un système encore figé dans le mythe du couple parental, même lorsque la violence fracture la cellule familiale. On Vous Croit devient alors un cri pour la reconnaissance de la parole des enfants et le courage de celles et ceux qui tentent de les protéger. Sobre, viscéral et nécessaire, ce film met le spectateur face à une question essentielle : jusqu’où faut-il aller pour qu’un enfant soit enfin entendu ?