On vous croit
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Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2025
Alice et ses deux enfants sont convoqués par la juge à l'enfance. Ayant coupé les ponts avec le père / ex conjoint depuis plus de deux ans, la justice questionne l'ensemble des parties pour comprendre cette situation et prendre une décision. Journée d'audience éprouvante pour Alice qui craque et a de grandes difficultés à garder son calme. En salle le 12 novembre.

spoiler: "On Vous Croit" est un format assez court qui va droit à l'essentiel. On commence à assister à des décharges émotionnelles de la part des enfants et de la mère qui tendent à questionner le spectateur sur le bien fondé de leur démarche. Et puis on assiste, sidérés, à l'intégralité d'une audience ubuesque où l'empathie du public est renversée. Le film est puissant et montre la difficulté de statuer sur ce genre d'affaires. L'absence d'artifices rend toutefois le ventre mou du récit un peu soporifique.


vu au Arras Film Festival
Braloup Philow
Braloup Philow

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 novembre 2025
Excellente interprétation de la part de l'actrice principale. Très émouvant, rondement mené, haletant. Sans vraiment être dénonciateur.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2025
Vu en festival à Montréal.

On peut affirmer de manière évidente que cette première œuvre réalisée à quatre mains ne passera pas inaperçue. On vous croit est d’une puissance rare. Et si les débuts de ce film très court peuvent dérouter et laisser augurer du pire, on est vite rattrapé par la maestria implacable de ce qui va suivre. Et pourtant, pas de scènes extrêmes ici : on est juste face à une histoire judiciaire comme il en existe malheureusement tant, une histoire de (sur)vie et de combat face à l’injustice d’une situation et face à la Justice elle-même. L’horreur ici vient de ce qui se tapit dans les foyers, derrière les murs. Par le biais de choix ultra-minimalistes, les cinéastes en herbe vont focaliser à raison notre attention sur la seule chose qui compte : un cas et des interprètes littéralement extraordinaires qui vont l’illustrer. Et notamment la révélation Myriem Akheddiou qui, lors d’une scène phénoménale, va nous scotcher à notre siège.

Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné:
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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 novembre 2025
La fabrique de la vérité

Charlotte Devillers est professionnelle de santé engagée auprès des victimes de violences sexuelles et Arnaud Dufeys, documentariste. C’est donc à 4 mains qu’ils nous ont confectionné ces formidables 78 minutes à découvrir dès que possible. ( à partir du 12 novembre). Aujourd'hui, Alice se retrouve devant un juge et n'a pas le droit à l'erreur. Elle doit défendre ses enfants, dont la garde est remise en cause. Pourra-t-elle les protéger de leur père avant qu'il ne soit trop tard ? Une tension extrême dans ce huis-clos judiciaire unique en son genre.
Une mère, un père, deux enfants, une juge, 3 avocats, des mots… Et rien d’autre. Du cinéma sans refuge, qui n’offre ni recul ni consolation. En surface, il s’agit d’une audience – banale -, pour la garde des enfants. En profondeur, d’un examen de ce que signifie “croire”. Croire la parole d’une mère, celle des enfants, croire au récit de l’autre, croire en la neutralité d’une institution. Le film ne cherche pas à départager le coupable de l’innocent, mais à exposer les mécanismes par lesquels la société décide de croire ou non une parole. C’est un film sur l’autorité du langage et sur la sècheresse de la procédure, un dispositif qui nous place dans la position d’un juge sans pouvoir, condamné à écouter sans jamais conclure. Bouleversant de bout en bout, alors qu’on pourrait croire que cette rigueur tourne à la froideur. C’est tout le contraire. Le film tient son émotion dans la durée, dans la résistance des visages à la fatigue, dans la manière dont la caméra observe sans juger. La scène centrale a été tournée en une prise continue de 55 minutes, utilisant trois caméras pour capter chaque nuance. Elle contient une violence sourde : celle d’un monde où la sincérité ne garantit rien, où la souffrance doit être démontrée pour être crue. Quand vous sortez, épuisés, une seule question à se poser : où se situer ?
Les acteurs et actrices jouent le jeu de cet extrême minimalisme. Myriem Akheddiou, une habituée des seconds voire petits rôles, est ici extraordinaire. On veut la revoir très vite. Laurent Capelluto excelle également dans le rôle ambigu du père. Citons encore Natali Broods, Ulysse Goggin, Adèle Pinckaers, tous impeccables. A noter que ce sont 3 vrais avocats qui tiennent leur rôle. Un drame qui prolonge la grande tradition du cinéma belge, qui sait regarder le réel sans le plier, sans le commenter, mais en le laissant nous regarder en retour. Plus il dépouille son dispositif, plus il en révèle la densité. Un moment rare qui sait retrouver la brûlure du réel.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 octobre 2025
Film choc sur une famille broyée par les procédures judiciaires! Tout contribue à maintenir une intensité haletante à ce huis clos (la mise en scène, les décors épurés, l'interprétation comédiens/vrais avocats).
Kevin Oosterlinck
Kevin Oosterlinck

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 octobre 2025
Vu dans le cadre du fifib à Bordeaux, ce film laisse le spectateur en apnée. Le sujet plus qu'important est présenté d'une façon spectaculaire et l. Actrice principale est impressionnante de justesse.
SarahJane
SarahJane

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2025
J’ai eu la chance de voir ce film en avant première dans le cadre du festival de film indépendant.
Le jeu d’acteurs est dingue, la tension maintenue tout le long du film sur un sujet poignant. Énormément d’émotions qui m’ont conduite à m’inscrire sur AlloCine pour engager à aller voir ce film. Vraiment bravo aux réalisateurs.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2025
Qui est le film ?
En un peu moins de 75 minutes, les Belges Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys signent un film d’une grande sécheresse, où la fiction se dissout dans un dispositif : un huis clos judiciaire, une mère, un père, deux enfants, des mots. Rien d’autre. C’est un cinéma sans refuge, qui n’offre ni recul ni consolation. Tout se joue dans l’économie du face-à-face, dans le heurt des paroles, dans la manière dont la justice immisce le doute. En surface, il s’agit d’une audience pour la garde des enfants. En profondeur, d’un examen de ce que signifie “croire”. Croire la parole d’une mère, celle des enfants, croire au récit de l’autre, croire en la neutralité d’une institution.

Que cherche-t-il à dire ?
Au-delà du "procès" qu’il met en scène, On vous croit interroge la fabrique même de la vérité. Devillers et Dufeys ne cherchent pas à départager le coupable de l’innocent, mais à exposer les mécanismes par lesquels la société décide de croire ou non une parole. C’est un film sur l’autorité du langage, sur la violence de la procédure, sur la manière dont une mère doit non seulement dire la souffrance, mais la prouver. La tension principale réside là : entre ce que le langage et la justice prétendent saisir et ce qu’ils trahissent toujours.

Par quels moyens ?
L’austérité du film (cadrages fixes, lumière crue, rythme lent) est une épreuve. En refusant tout effet de dramatisation, Devillers et Dufeys forcent le spectateur de rester, d’endurer. Ce dispositif nous place dans la position d’un juge sans pouvoir, condamné à écouter sans jamais conclure. Cette épure formelle, qui emprunte au réel ses inflexions les plus arides, s’apparente à une expérience d’observation éthique.

Ici, tout passe par la bouche, les gestes et les expressions. La violence du film n’est pas celle des coups, mais celle des mots. Chaque phrase est une arme, chaque pause un soupir accusé. Myriem Akheddiou, bouleversante de retenue, transforme chaque mot en poids physique. Le film rappelle que la parole judiciaire n’est jamais neutre : elle est genrée, hiérarchisée, politisée. Dans On vous croit, la caméra capte ces micro-fissures où la peur, la colère, la honte passent dans le timbre de la voix et c’est là que naît la vérité du film, dans ces moments où la rhétorique craque.

Les enfants, au centre du conflit, apparaissent que très peu. Leurs voix manquent, et ce manque n’est pas une ellipse. Devillers et Dufeys rappellent ainsi que les victimes mineures ne parlent jamais sans médiation, qu’on les cite, les traduit, les interprète. Le titre du film "On vous croit" peut résonner dès lors comme un mensonge. On veut croire, on prétend croire, mais tout dans le dispositif montre combien la croyance est conditionnée, contrôlée, orientée.

On pourrait craindre que cette rigueur tourne à la froideur. C’est tout le contraire. Le film tient son émotion dans la durée, dans la résistance des visages à la fatigue, dans la manière dont la caméra observe sans sauver. Les réalisateurs filment le visage d’Akheddiou comme un champ de bataille intérieur : le tremblement du menton, la crispation du visage, la retenue des larmes deviennent les véritables mouvements du récit. Un réalisme brûlant, sans esthétisation, mais jamais sans tendresse.

Le plus bouleversant est sans doute là : On vous croit ne juge pas les personnages, mais les mots eux-mêmes. Tout le dispositif révèle combien la justice repose sur une foi dans le langage. Chaque réplique met à nu la distance entre le mot et ce qu’il prétend contenir, entre la parole judiciaire (rationnelle, codifiée) et la parole intime (affective, chaotique). Ce décalage, mis à nu, produit une violence sourde : celle d’un monde où la sincérité ne garantit rien, où la souffrance doit être démontrée pour être crue.

Pourtant, le film aurait pu, peut-être, pousser encore un curseur, ouvrir un peu plus la brèche de la complexité humaine qu’il met si bien en place. Cette réserve n’annule rien, mais elle empêche On vous croit d’atteindre pleinement la déchirure qu’il frôle.

Où me situer ?
Ce qui rend On vous croit si fort, c’est sa maîtrise du minimalisme. Rien n’est de trop. Leur cinéma prend le réel au sérieux, refuse le confort du pathos, cherche la vérité dans le doute. Ce faisant, ils produisent un cinéma rare : un cinéma qui ne parle pas du réel, mais qui agit comme lui. Mais c’est aussi un film dont on sent qu’il aurait pu aller plus loin, déranger davantage encore.

Quelle lecture en tirer ?
En tout cela, On vous croit prolonge une tradition du cinéma belge : celle qui regarde le réel sans le plier, sans le commenter, mais en le laissant nous regarder en retour. Sa puissance tient dans ce paradoxe : plus il dépouille son dispositif, plus il révèle la densité. À l’heure où le cinéma se méfie du réel, Devillers et Dufeys en retrouvent la brûlure.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 septembre 2025
En livrant un puissant et intense message sur la défense de l'enfance, DEVILLERS et DUFEYS offrent un moment de cinéma tout simplement déchirant, d'une radicalité et d'une intensité qui pourrait tomber dans le pathos maladroit, mais qui par le biais de ses acteurs, ne touchent jamais cela, ne serait-ce du bout du doigt
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2025
Ce bon film belge traite d’une situation familiale dramatique très aiguë. On suit les audiences juridiques de cette mère face à son ex mari concernant la garde de ses enfants et c’est très prenant. La mise en scène traduit bien la tension permanente qui règne dans ce film avec des gros plans et des hors champ très judicieux. Le jeu de l’actrice qui interpréte la mère est vraiment très efficace et donne de la crédibilité au récit de ce drame humain et familial inspiré de faits réels. Pour leur premier long métrage, ce duo de réalisateur et réalisatrice font un coup de maître.

Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse au Club Marbeuf à PARIS le 11/09/2025)
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 juillet 2025
"On vous croit" est le type même du film qui aligne ses ingrédients de film choc un par un. Ou plutôt qui s'annonce film choc et fait clignoter les signaux de partout. Et force est de reconnaitre que l'ensemble est efficace. Efficace ne signifie pas forcément réussi car si un tel exercice ne provoque pas de l'émotion, ou plutôt des émotions, on peut aussi considérer qu'il échoue. Et c'est donc ce qui m'est arrivé, j'ai regardé l'ouvrage s'assembler, le format carré, le huis clos, le décor froid comme un laboratoire scientifique, le face caméra qui permet aux comédiens, ou aux "vrais" avocats de faire étalage de leur talent, la durée réduite s'agréger pour produire de l'anxiogène. Mais si mon cerveau était occupé à regarder cette "technique" il n'était pas disponible pour l'empathie, pour le lâcher prise.

J'ai pas mal pensé à des films comme "Jusqu'à la garde" ou même le plus récent "Quiet Life" qui eux non plus ne cachaient pas leurs coutures mais m'avaient secoué d'une manière ou d'une autre. Attention hein malgré ces réserves je reconnais à ce "On vous croit" une légitimité, une nécessité, il est d'évidence remarquablement documenté, pensé, structuré. Ce qui pour un premier film n'est déjà pas rien.

Vu en festival
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2025
C'est un choc frontal ce On vous croit, d'origine belge, d'autant plus choquant qu'il percute de plein fouet sur un peu de moins de 75 minutes et à nous de nous débrouiller avec le traumatisme qui en résulte. Le dispositif choisi par les coréalisateurs, pour cette séance de tribunal, adopte la forme la plus réaliste possible, les plaidoiries des avocats étant dites par de véritables professionnels du barreau, qui se sont mués, pour un temps, en véritables acteurs, d'une crédibilité imparable. L'histoire qui sert de support au film ne raconte pas une affaire réelle en particulier mais s'appuie évidemment sur des cas avérés, de natures voisines. De toute manière, on ne met jamais en doute l'authenticité de ce que l'on voit à l'écran, dans une atmosphère irrespirable que la mise en scène, discrète mais brillante, parvient à alléger, notamment quand elle joue avec les détails architecturaux du monumental palais de justice où se déroule cette audience en huis-clos. Sommes-nous des voyeurs, en l'occurrence ? Plutôt des citoyens, confrontés à des situations dont les aspects familiaux et intimes nous concernent tous, peu ou prou. Dans le rôle de la mère, pivot du film, Myriem Akheddiou, qu'on a notamment aperçu chez les frères Dardenne, est tout simplement époustouflante et poignante de vérité.
CloHirondelle
CloHirondelle

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juin 2025
Vu dans le cadre de la première édition du festival ciné citoyen de Vannes, un sujet lourd porté par une interprétation hors pair. Les contraintes budgétaires ont contraint à des choix sobres mais terriblement cinématographiques.
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