Prenant! Sans être un passionné de foot, ce nouveau drame/thriller français (qui n’est pas vraiment une comédie dramatique) m’a donné envie pour cette histoire plutôt inédite je pense dans le paysage du cinéma de chez nous. Aussi, c’est l’occasion de retrouver Jamel Debbouze dans un rôle sérieux, qui n’est pas si souvent en tête d’affiche d’un film, entre « Le Nouveau Jouet » et « Le Marsupilami » version Bande à Fifi.
D’après une idée de Jamel et par le co-créateur de la série « Tapie », ce « Mercato » est bon, divertissant, assez poignant, sans être une grande oeuvre qui marquera l’année. Le film est, d’ailleurs, un véritable four au box-office. Il ne dépassera pas les 300 000 entrées, pour un budget surprenant de 13 millions d’euros (la cause en partie à des lieux de tournage nombreux comme en Arabie Saoudite par exemple). Ce succès reste étonnant bien que la promotion était faible je crois, et que le sujet de ce drame est particulier, en ciblant certainement presqu’uniquement un public adepte au monde du football. Pour moi, cette histoire m’a appris des choses, et m’a aidé à me rendre compte du fonctionnement des coulisses des rachats de joueurs d’un club à un autre, et les négociations, la façon presque dont plus rien ne compte à part l’argent qui en découlent.
Le film démarre avec un scène d’introduction assez bizarre, mais tout s’enchaine bien par la suite. Les péripéties sont nombreuses et le rythme efficace, avec le personnage de Jamel très convaincant au centre de tout le récit. Ça monte en intensité pendant les quasi 2 heures de métrage. « Mercato » fait également l’effort de proposer une mise en scène soignée. On n’est pas devant un téléfilm, il y a quelques idées dans la réalisation, avec une photographie assez sombre, des plans recherchés. J’ai aussi bien aimé les dialogues qui me paraissent intéressants et justes. De plus, on a une composition musicale type électro plutôt cool et qui alimente l’aspect thriller du film. Je dirais enfin que j’ai adoré le personnage du fils de Jamel, qui apporte une touche de légèreté au milieu de tous ces montants astronomiques en euros évoqués, ce business, ce côté obscur du foot, et la relation entre les 2 amène un vrai plus à l’ensemble.
Bref, ce n’est pas ce que « Mercato » raconte qui va nous faire aimer le foot, mais moi j’étais dedans. Le long métrage a de belles qualités et fonctionne bien selon moi. Son principal défaut vient peut être de son manque de budget pour son troisième acte. J’aurais en tout cas apprécié une fin moins brutale et plus impactante. Mais l’ensemble est correctement géré et travaillé. Dommage qu’il n’ai pas fait parler plus que ça, même si, encore une fois, il s’adresse surement à un public restreint.