Après l'étonnant Echo, le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson revient à un cinéma plus intime, celui qui l'a fait connaître aux yeux du monde avec Volcano et Sparrows. When the Light breaks tient à peu de choses, au vu de son scénario, qui aurait pu être aisément gâché par un metteur en scène sans finesse. Ce n'est pas le cas de Rúnarsson, dont la manière rappelle un peu celle de Joachim Trier, dans cette évocation d'un chagrin personnel, noyé dans la tristesse collective, mais frustrant pour des raisons qu'il serait dommage de divulguer. En l'occurrence, c'est deuil pour deuil et larmes pour tous même si elles n'ont pas la même signification, voire intensité, pour chacun des personnages du film. D'aucuns trouveront peut-être qu'il y a un peu trop d'insistance sur l'expression de la douleur face à une tragédie mais on peut aussi penser que la pudeur reste de mise. Qui plus est, le film parle avec pertinence de la vie qui continue et les scènes joyeuses, absurdes ou élégiaques se marient parfaitement bien avec la réalité d'un drame. Au centre de When the Light breaks, la remarquable Elín Hall, connue en son pays comme chanteuse, se révèle magnétique. Son regard perdu est de ceux qu'on n'oublie pas.
Film d'ouverture de la sélection Un Certain Regard à Cannes 2024, "When the Light Breaks" raconte la journée de deuil d'un groupe d'amis suite à la brutale perte de Diddi. Una doit vivre ces douloureux moments en silence car elle était son amante. L'arrivée de la petite amie officielle va d'autant plus la mettre à rude épreuve. Le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson signe une œuvre intime sur une jeunesse libre qui doit affronter les maux d'un décès. Légèrement teinté d'humour, le film est surtout une douce mélancolie à laquelle on s'attache, notamment grâce à la comédienne Elín Hall. On aurait toutefois apprécié davantage d'enjeux dans l'écriture pour pleinement nous convaincre.
Una vit une belle histoire d'amour avec Diddi, lui-même déjà en couple avec Klara. Après une nuit merveilleuse ensemble, les amoureux se quittent pour reprendre leur quotidien : elle à la fac, lui sur la route de l'aéroport pour partir rompre avec sa copine. Una commence sa journée comme les autres mais en tâche de fond, les infos diffusent qu'un gros accident s'est produit dans un tunnel routier. En salle le 18 décembre.
spoiler: "When the light breaks" est une belle histoire sur le deuil et les relations qui unissent les personnes qui pleurent un même mort. L'ambiance du film se prétend brute, à la scandinave, mais ne l'est pas tant que ça. Certaines scènes sont magnifiquement feutrées avec cette idée que les deux jeunes femmes observent leur soleil se coucher à jamais. Le final est une leçon de sagesse : les deux jeunes femmes décident de laisser leur égo de côté et de faire face ensemble au vide créé par le décès de l'amour de leur vie. Mention spéciale pour l'ambiance sonore qui reprend en boucle un thème unique mais efficace. J'aurais juste aimé une scène de fin plus forte et moins statique.