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Adelme D.Otrante
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2,0
Publiée le 28 février 2025
A la mort de son ami et amant une jeune islandaise, étudiante en art, doit faire son deuil et consoler la copine officielle du défunt. Film crépusculaire dont le scénario tient sur une feuille de papier à cigarette. Il ne se passe pas grand chose et le il se regarde sans la moindre passion, ni même émotion, ce qui est plus problématique vu le sujet.
Après l'étonnant Echo, le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson revient à un cinéma plus intime, celui qui l'a fait connaître aux yeux du monde avec Volcano et Sparrows. When the Light breaks tient à peu de choses, au vu de son scénario, qui aurait pu être aisément gâché par un metteur en scène sans finesse. Ce n'est pas le cas de Rúnarsson, dont la manière rappelle un peu celle de Joachim Trier, dans cette évocation d'un chagrin personnel, noyé dans la tristesse collective, mais frustrant pour des raisons qu'il serait dommage de divulguer. En l'occurrence, c'est deuil pour deuil et larmes pour tous même si elles n'ont pas la même signification, voire intensité, pour chacun des personnages du film. D'aucuns trouveront peut-être qu'il y a un peu trop d'insistance sur l'expression de la douleur face à une tragédie mais on peut aussi penser que la pudeur reste de mise. Qui plus est, le film parle avec pertinence de la vie qui continue et les scènes joyeuses, absurdes ou élégiaques se marient parfaitement bien avec la réalité d'un drame. Au centre de When the Light breaks, la remarquable Elín Hall, connue en son pays comme chanteuse, se révèle magnétique. Son regard perdu est de ceux qu'on n'oublie pas.
Autant je n'avais pas adhéré à la précédente proposition de Rúnar Rúnarsson, "Echo", autant ici la beauté, l'émotion dégagées par quelques scènes, par une vitre, par deux "veuves" enlacées, par un soleil se reflétant dans la mer, par la partition de Jóhann Jóhannsson, ont suffi à me laisser faire par cette histoire d'une touchante simplicité.
Una et Diddi étudient ensemble à la faculté des beaux-arts de Reykjavik, appartiennent au même groupe de musique et filent le parfait amour. Seul problème : Diddi est officiellement en couple avec son amie d’enfance, Klara. La situation devrait toutefois se résoudre rapidement : Diddi a l’intention de prendre, dès le lendemain, l’avion pour annoncer à Klara son intention de rompre.
"When the Light Breaks" se déroule dans un court laps de temps, celui qui sépare deux couchers de soleil sur la baie de Reykjavik. Son titre original "Ljósbrot" est un mot islandais qui associe deux notions dont l’une signifie la lumière et l’autre casser. Il renvoie à la fois au coucher de soleil et à la mort de Diddi.
Car Diddi mourra à l’aube. Ne criez pas au divulgâchage ! La bande-annonce l’évoque et l’événement intervient dans les toutes premières minutes du film. On comprend alors mieux son sujet : celui du deuil impossible d’Una, obligée de ravaler son chagrin devant les amis épleurés de Diddi et devant Klara arrivée de toute urgence de sa lointaine province.
Le sujet est à mon sens inédit. J’en connaissais le symétrique : celui du deuil obligé du compagnon qu’on a cessé d’aimer et qu’on est tenu de pleurer (je pense à Emmanuelle Devos dans "Ceux qui restent"). Il est poignant. Il est très riche scénaristiquement : on imagine volontiers les développements, tragiques ou pourquoi pas comiques, qui peuvent en être tirés.
Le reproche qu’on pourrait adresser à Rúnar Rúnarsson est de ne pas avoir tirer tout le parti d’aussi riches prémices. "When the Light Breaks" se révèle, à l’expérience, un peu décevant qui, après une première moitié captivante, laquelle met lentement l’action en scène, jusqu’à la réunion de ces cinq ou six amis unis par le même chagrin, s’étiole et s’étire dans sa seconde.
Mais il lui sera beaucoup pardonné pour au moins quatre raisons. La première, la plus touristique, est le plaisir d’entr’apercevoir quelques uns des paysages les plus iconiques de la capitale islandaise : son église luthérienne, sa salle de concert, le Tjörnin… Le deuxième est le sublime oratorio Odi et Amo de Jóhann Jóhannsson – qu’on peut entendre dans la bande-annonce. Le troisième est le visage hyperboréen de Elín Hall, sylphide à la peau lactescente picotée de taches de rousseur, coupe garçonne, look androgyne. Le dernier est le plan final, d’une ravageuse tendresse, qui résout à la perfection le dilemme dans lequel Una était enlisée.
When the Light Breaks ouvre la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2024 avec une exploration poignante du deuil silencieux. Rúnar Rúnarsson signe un drame introspectif où l'intime se heurte aux conventions sociales.
Un chagrin invisibiliséAu cœur du récit, Una (Elín Hall), étudiante en art, doit taire sa souffrance après la mort tragique de son amant. La relation étant tenue secrète, la jeune femme est contrainte à un deuil clandestin, son chagrin étant ni reconnu ni permis. Ce traitement du "droit au deuil" résonne avec acuité, interrogeant la société sur sa capacité à accepter des douleurs non conventionnelles. Comme le souligne l'anthropologie, si les rites funéraires varient, la tristesse demeure universelle, bien que différemment exprimée.
Une interprétation tout en retenueElín Hall livre une performance bouleversante, incarnant avec justesse cette douleur contenue. Son jeu repose sur des nuances imperceptibles, où chaque regard et silence en disent long. Autour d'elle, Mikael Kaaber et Katla Njálsdóttir participent à cette atmosphère feutrée, cette dernière incarnant la compagne officielle du défunt avec une mélancolie poignante. Peu de dialogues, mais une intensité palpable.
Un poème visuel sur le deuilL'esthétique du film magnifie l'Islande, capturant la lumière crue de l'été comme un écho aux états d'âme des personnages. Cette photographie, à la fois douce et austère, confère au film une dimension sensorielle, rendant tangible le malaise d'Una.
Avec When the Light Breaks, Rúnarsson offre une réflexion profonde sur la solitude du deuil. Un film d'une poignante justesse.
Nullissime. Le seul événement - un accident mortel - a lieu dans les 5 premières minutes. Ensuite, tout n'est qu'embrassades, consolations, souvenirs émus, non-dits, et des larmes et encore des larmes et aucune action. Le vide absolu.
Film d'ouverture de la sélection Un Certain Regard à Cannes 2024, "When the Light Breaks" raconte la journée de deuil d'un groupe d'amis suite à la brutale perte de Diddi. Una doit vivre ces douloureux moments en silence car elle était son amante. L'arrivée de la petite amie officielle va d'autant plus la mettre à rude épreuve. Le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson signe une œuvre intime sur une jeunesse libre qui doit affronter les maux d'un décès. Légèrement teinté d'humour, le film est surtout une douce mélancolie à laquelle on s'attache, notamment grâce à la comédienne Elín Hall. On aurait toutefois apprécié davantage d'enjeux dans l'écriture pour pleinement nous convaincre.
Le fait que le film se passe en 24 heures laisse une impression qu'il ne se passe rien. C'est parfois long et taiseux, parfois pathos. Les plans sont beaux et les personnages assez lumineux cependant.
Baigné dans une lumière dont la crudité scandinave n'a d'égale que la brutalité de l'événement au coeur du récit, le film charmerait s'il ne résonnait pas trop comme un court-métrage étiré, malgré son 1h20.
Vu en avant-première au Festival de Cannes : Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce film assez sensible mais très pathos et répétitif. J'avoue ne pas non plus avoir compris où le réalisateur voulait en venir tant les personnages semble assez pauvre. Je retournerais surement le voir pour lui laisser une nouvelle chance (le fait qu'il ait été le 6ème film de la journée à 22h00 n'a pas dû aider à son appréciation)...
Je ne suis pas du tout rentrée dans ce film. Malgré sa courte durée, je me suis ennuyée tout du long Je n'ai pas non plus été convaincue par l'interprétation et les personnages sont peu attachants L'idée de départ (un deuil qu'on ne peut exprimer) était très intéressante mais elle est traduite de manière figée, tantôt dans l'atonie, tantôt dans l'excès lacrymal. Pourtant les premières scènes étaient très belles, l'amour plutôt bien traduit mais dès que le film bascule dans le deuil et la tristesse, plus rien ne fonctionne
"When the Light Breaks" explore avec pudeur ce moment où la vie bascule, où l’absence devient une présence obsédante. Rúnar Rúnarsson spoiler: suit le deuil avec une justesse rare , à travers le regard de deux jeunes femmes spoiler: liées par un même amour perdu . Entre douleur et tendresse, elles avancent ensemble, hésitantes, dans une Islande baignée d’une lumière douce et mélancolique. Sans grand discours, le film laisse parler les silences, les gestes, et capte avec finesse ce qu’il reste quand tout s’effondre.
Très beau , parce que superbement filmé avec de magnifiques effets de cadrage , de Rúnar Rúnarsson qui parle de la perte , du deuil , dont la tempolarité de l'intrigue s'étends d'un coucher de soleil à un autre !
Beau film avec des effets normaux, c'est à dire dont la matière est constituée d'êtres humains, des vrais, et pas de choses générées numériquement. L'histoire est structurée autour d'un trio amoureux en Islande. Elín Hall et Katla Njálsdóttir sont amoureuses du même homme. Avec la première leur liaison est secrète, et l'homme doit annoncer la rupture à la seconde le jour suivant. Mais il périt dans un accident. Dans une scène surprenante, qui fait basculer le film dans le fantastique pendant quelque seconde. Nous suivons ensuite le deuil du groupe d'amis où les deux fille cohabitent, difficilement, plus ou moins bien, sans que personne ne soit au courant. Évidemment la peine d'Elín Hall ne peut qu'être rentrée, non exprimée. A partir de ce point de départ le réalisateur déroule sont film qui reste toujours passionnant sur de petites choses, de petits gestes, sur des moments simples. Le fait que les membres du groupe de copains et copines soit des étudiants en performance artistique contribue aussi à l’intérêt de l'histoire, même si le schéma dramatique aurait pu se dérouler dans n'importe quel milieu.
Le film est saupoudrés de plans contemplatifs du plus bel effet. Ces plans, souvent de transition, remplacent en quelque sorte la musique, pas pour surcharger le drame, mais pour apaiser, aérer (la mise en scène ne contient pas de musique).
Enfin, le film repose aussi sur le magnétisme et la plastique d'Elín Hall qui est de tous les plans.
Une belle oeuvre, qui sait être tout à la fois atmosphérique et triviale.