On s'était promis de beaux paysages, ils sont superbes mais en fait rares et filmés avec parcimonie.
La beauté nordique, issue de la lumineuse Una, jouée par Elin Hall, constitue l'essentiel ce qui nous restera en tête.
Contenir la douleur, avaler des shots, partager enfin le secret avec l'ami d'enfance, se taire, danser sur du heavy metal, accepter le rapprochement avec "l'autre femme".
Le scénario minimal, est jalonné de détails significatifs et chargés d'émotion intériorisée, la paire de chaussures oubliée, la brosse à dents colorée, la performance à l'école d'art.
La mise en scène suit Una souvent de dos, comme chez les Dardenne, mais se permet de composer des tableaux de maitre, tel le groupe aggloméré des cinq amis enlacés, l'envolée au-dessus de la façade de la cathédrale, et la superposition des deux visages des jeunes filles dans le reflet d'une glace.
Runnarsson introduit de la joie de vivre durant cette journée de deuil éprouvante, quand le père emmène sa fille manger un hot-dog en douce de la mère.
Un beau portrait d'apprentissage de l'inacceptable, jamais larmoyant, ni inquisiteur.
cinéma - mars 25