"Until Dawn : La mort sans fin" est l'adaptation du jeu vidéo du même nom. Et honnêtement, sur le papier, il y avait de quoi avoir peur. Dans l'ensemble, j'aime le jeu original, mais pas forcément pour les raisons attendues. Dans son principe, je trouve qu'il est très intéressant, avec cette mécanique du choix pour le joueur. Mais si on veut uniquement parler de cette possibilité de l'adapter, il n'y avait rien pour prétendre à voir cette licence être exportée au cinéma. Au niveau de son écriture, le jeu était le cliché absolu de tout ce que les plus mauvais films d'horreur utilisent. Par conséquent, comment réussir à adapter une histoire aussi banale et une mécanique aussi impossible à retranscrire au cinéma ? À cette question, l'idée de ce film est de répondre par le principe de la boucle infinie. Dans le concept, c'est quelque chose que l'on a déjà vu ailleurs, notamment dans "Happy Birthdead" pour ce qui est de l'horreur. Et globalement, je trouve que cette idée s'adapte bien à un univers comme celui-ci. Dans son rythme, le film réussit toujours à faire rebondir son intérêt, car ce concept n'amène pas seulement un retour en arrière, mais une nouvelle manière d'aborder les situations. Avec cette idée, l'histoire propose de la nouveauté à chaque scène, l'horreur n'est jamais redondante. On aura une séquence d'horreur gore, une qui part du côté de la sorcellerie, et même une qui est dans un style "found footage". Cette dernière est même la meilleure du film à mon sens, car on y sent toute la personnalité du réalisateur. David F. Sandberg a beau s'être perdu du côté de chez DC Comics, sa connaissance de l'horreur n'est plus à prouver. C'est un véritable geek d'Internet et cette scène le montre bien. On y ressent une grande inspiration venant des vidéos un peu obscures que l'on peut trouver si on se perd sur YouTube, en mode "creepypasta". Et de toute manière, on sent qu'il s'est amusé sur ce projet, à toujours aller dans des directions différentes pour chaque style emprunté, et c'est un sacré plus à donner à celui-ci. En bref, le film est rempli de bonnes idées et il ne va jamais ralentir en matière de rythme. On est toujours aux aguets, et c'est vraiment la force du long-métrage. Pourtant, c'est peut-être la limite de ce dernier, qui ne vit que par son idée d'origine. Une fois que l'on a passé cela, il ne reste plus grand-chose à sortir de cet ensemble. Au niveau de l'écriture, les personnages sont très creux, on essaye de les développer, mais le film ne leur laisse jamais le temps. Au bout de 10 minutes, on est déjà plongé dans l'horreur, on a à peine le temps de les connaître.
Et à la fin, on ne nous montre aucune scène après leur survie, ce qui est vraiment frustrant.
On n'est jamais attaché à eux, et c'est donc le gros problème du film. Avec ce concept, le problème de l'adaptation a donc été résolu. Mais du côté de l'écriture, je suis déçu que les scénaristes n'aient même pas cherché à approfondir cela. Pourtant, il y avait des idées, avec une héroïne vraiment mal dans sa peau. Mais, hormis pour une ou deux scènes, ce n'est jamais exploité. Par conséquent, je vous recommande de voir ce projet uniquement pour ce qu'il est. C'est un long-métrage très classique, mais qui se regarde très bien grâce à son concept. C'est un film vraiment agréable à voir, même si on peut regretter le fait qu'il ressemble finalement assez peu à l'œuvre originale. Cela dit, au niveau de ce point, je n'en veux pas au film en lui-même. À ce niveau, le souci vient du fait que cette licence n'était pas faite pour être adaptée. Avoir eu l'envie de l'adapter malgré tout n'était clairement pas la bonne idée, même si le résultat est loin d'être décevant. Pour conclure, un film qui s'en tire plutôt bien.