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3,0
Publiée le 25 décembre 2024
Le film explore avec une intensité rare la réalité méconnue et troublante des hippopotames, des animaux fascinants et paradoxalement dangereux, responsables de plusieurs centaines à quelques milliers de décès par an selon les sources (Salon NAT GEO : entre 300 et 3 000). Par le prisme d'une esthétique expérimentale, le réalisateur mêle des choix audacieux de montage à une mise en scène évocatrice. La voix off de Pépé, grave et gutturale, renforce cette atmosphère tragique et presque oppressante, créant un contraste saisissant avec la légèreté apparente des séquences animées centrées sur un hippopotame.
Ce film inclassable invite à une profonde réflexion sur le rapport entre l'homme et la nature, oscillant entre poésie visuelle et introspection philosophique. En mettant en lumière l'incapacité de l'Homme à dompter certains aspects de la nature, il souligne sa responsabilité dans les déséquilibres écologiques et les tragédies qu'il engendre, qu'il s'agisse de crises climatiques, d'extinctions d'espèces ou de confrontations fatales avec le règne animal. L'œuvre interroge notre arrogance face à une nature puissante et indomptable, tout en nous confrontant à un retour de bâton inéluctable, à la fois violent et révélateur.
L’épopée fantastique de Pepe l'hippopotame, de la Namibie à Medellín.
Nelson Carlo de Los Santos Arias réalise "à sa façon", le biopic de Pepe et s’inspirant de sa propre histoire. Pepe et ses congénères ont été importés illégalement d’Afrique pour rejoindre le zoo privé (l'Hacienda Nápoles) du baron de la drogue Pablo Escobar. A la mort de ce dernier en 1993, les hippopotames livrés à eux-mêmes s’étaient échappés de la propriété d’Escobar. En 2009, après plusieurs attaques envers les habitants du coin, certains ont été abattus, Pepe était l’un d’entre eux…
Le film est difficilement identifiable, est-ce une fiction ou un documentaire (ou bien les deux à la fois) ? Il a clairement le cul entre deux chaises et c’est cela qui m’a le plus posé problème. Je m’attendais à voir un documentaire sur Pepe, "l’animal de compagnie d’Escobar" et en lieu et place, j’ai eu droit à tout sauf à ça. Contrairement à ce que nous vante l’affiche mensongère (putassière ?) « Pablo Escobar c'est 30 milliards de dollars. 5000 meurtres. 80 d du trafic mondial de cocaïne. », finalement, du narcotrafiquant il n’en saura rien et on n’en verra rien puisqu’il n’est absolument pas le sujet du film.
D’une durée de 2 (longues) heures, le film aurait grandement gagné à être resserré, voire même à être amputé de 30 minutes tellement ce dernier s’avère bien trop long (des plans fixes interminables). Ajoutez à cela que le réalisateur à fait le choix d’avoir recours à la prosopopée polyglotte (en donnant la parole à l’hippopotame), ce qui n’est pas sans rappeler Dahomey (2024) de Mati Diop, qui avait fait la même chose avec l’une des statues africaines pillées par la France.
Résultat, l’ensemble n’est rien d’autre qu’un trip expérimental pompeux, réalisé de façon pachydermique, à l’image des hippopotames.
L'histoire de Pepe est celle d'un hippopotame vivant en Namibie, transplanté en Colombie, dans la ferme de Pablo Escobar, puis en fuite dans une rivière de la République Dominicaine. Le récit de cet hippo mobile, contre son gré, est conté en partie par l'animal lui-même et s'intègre à une sorte de documentaire animalier et à une œuvre de fiction, pour un résultat original, qui touche à l'expérimental. A vrai dire, le film de Nelson Carlo de los Santos Arias ne va jamais où on l'attend. Quand on croit assister à un discours environnemental, c'est une allégorie sur la colonisation ou l'émigration qui nous est offerte, juste avant un concours de Miss dans un village isolé. L'ensemble, fort poétique et souvent beau à regarder, revalorise l'image d'un mammifère herbivore dont le côté pataud dissimule une vitesse d'exécution étonnante, notamment sous l'eau, qui en fait un danger pour l'homme, quand celui-ci menace son territoire. Pepe, lui, n'avait rien demandé et s'est retrouvé expatrié, craint et pourchassé car étranger. On en tirera les leçons que l'on veut, au fil de ce long métrage incongru et fascinant, à tel point qu'un critique l'a astucieusement défini comme équivalent à une version de Dumbo réalisée par Miguel Gomes. Coïncidence ironique et symbolique : au moment Pepe a reçu l'Ours (!) d'argent à la Berlinale, une girafe s'est échappée de son zoo et a semé la panique dans la capitale allemande !
En fait, ce que peu d’européens savent, c’est que Pablo Escobar avait décidé d’avoir son propre zoo dans une hacienda au cœur de la Colombie, l’Hacienda Nápoles qu’il avait fait construire dans la commune de Puerto Triunfo, près du Río Magdalena, ce qui l’avait amené en 1981 à faire importer clandestinement de nombreux animaux sauvages depuis l’Afrique, dont 3 hippopotames. Bien entendu, le troupeau s’est petit à petit agrandi. A la mort de Pablo Escobar, les animaux de son zoo ont été répartis dans les divers zoos du pays, à l’exception des hippopotames, trop difficiles à transporter. Laissé dans la nature, le troupeau, devenu le seul troupeau sauvage d’hippopotames en dehors de l’Afrique, s’est encore agrandi au point de donner naissance à des problèmes de hiérarchie entre les mâles. En effet, dans un troupeau d’hippopotames, il ne peut y avoir qu’un seul mâle dominant, d’où des combats entre mâles, combats dont les perdants sont tués ou contraints à l’exil avec une femelle. L’un de ces perdants a descendu le Rio Magdalena pour se retrouver à Puerto Barrio, à des dizaines de kilomètres de son troupeau d’origine, dans une ville où personne ne connaissait l’existence des hippopotames. Pris pour un monstre, ce pauvre animal, appelé Pepe, a été abattu. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-pepe/
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1,5
Publiée le 17 janvier 2025
Pepe était un hippopotame trouvé par les nombreux animaux du zoo privé de Pablo Escobar avant un dévastateur effet domino à la mort du chef du cartel. Désormais dans un monde meilleur, l'animal raconte son histoire qu'il ne comprend cependant pas totalement. Il s'interroge sur son sort et plus encore dans une quête de réponses sous la forme d'un récit fragmenté qui oscille entre la fiction et le documentaire. L'identité culturelle, l'écologie, le racisme, le colonialisme, on retrouve beaucoup de choses dans un récit à la fois riche et superficiel, car les différentes vignettes de ce puzzle ne permettent pas de donner de la cohérence et de la consistance à l'histoire. Il y a quelques belles images, mais ça s'arrête là. C'est décousu, répétitif et lassant à la longue. Bref, ce n'était pas pour moi.
Le film raconte la vie d’un hippopotame en Colombie...Escobar, l’a fait venir d’Afrique par pur fantasme….Le film possède un certain exotisme qui m’a ramené à des souvenirs de voyage au Kenya, au brésil, voire au Guatemala ??? Je me suis senti imprégné par l’atmosphère et l’intimité de ses confessions d’un hippopotame…. Il y a une certaine grâce de la voix off ( les pensées de l’hippopotame;;;;;C’est un film très humain, je trouve...La mise en scène est agréable….Comme l’a dit un internaute, c’est un peu expérimental, voire osé, mais cela fonctionne…..Je conseille cette petite fable écologique…...Vive les hippopotames….
Très original globalement, très audacieux dans sa narration (avec voix off posthume de l’animal qui est au centre de l’histoire !), très inventif visuellement (mixage d’images de sources et d’époques différentes, quelques vues du ciel absolument superbes…), cet étrange objet filmique offre un trip unique, mais il apparaît plus excitant dans ses intentions que dans sa réalisation, décousue et fastidieuse. Il faut adhérer au principe de donner voix à l’hippopotame (voix bizarrement « informatisée »), sous peine de trouver la remémoration et les réflexions philosophiques de l’animal un tantinet ridicules. Le récit est bancal, avec une première partie sous forme de bric-à-brac expérimental, collage vaguement surréaliste, et une seconde partie beaucoup plus réaliste et linéaire. Si cette seconde partie est plus « lisible » que la première, elle est malheureusement répétitive, digressive et longuette, avec des acteurs qui ne jouent pas bien. En matière d’inventivité, quelques éléments paraissent gratuits (les différentes voix off de l’animal, l’utilisation ponctuel du noir et blanc). Et en matière d’honnêteté, la phrase d’accroche sur l’affiche française est une petite tromperie car il est très peu question de Pablo Escobar dans le film…
Ce film raconte le périple et le sort tragique de cet hippopotame (PEPE) à la suite de son transfert illégal d’Afrique en Colombie. Son arrivée dans les rivières colombiennes va provoquer des troubles dans la communauté des pècheurs de ce pays. La réalisation, avec de superbes prises de vue est très soignée. Le film nous permet aussi de découvrir la vie des habitants de la jungle colombienne mais le scénario aurait mérité cependant un meilleur traitement..
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée CNCR le 12/11/2024 à la FEMIS)
Un film extraordinaire : de l'invention à plein jet, du déroutant au bon sens de l'adjectif, un carnet de voyage comme on en voit trop peu, à mille lieues des ravages de l'anecdotique et du tourisme. Une créativité dingue. Courez mais courez donc avec l'hippopotame, faites honneur au vrai cinéma de création, courez voir "Pepe" toutes affaires cessantes !
Découvert au Saint-André-des-Arts à Paris, ce film protéiforme et hybride file avec force et grâce son propos politique sans jamais tomber dans le pur geste formel