Jurassic World Renaissance a un mérite : il évite à la saga de se conclure sur l’horrible Dominion ! Maintenant est-ce que c’est un bon film ? Non. La première raison en revient à une galerie de personnages très impersonnels et toujours aussi mal dégrossis. Ils sont trop nombreux, sont souvent limités à quelques caractérisations grossières et n’ont aucune véritable subtilité. Scarlett Johansson, en plus de ça, n’est vraiment pas à son aise en héroïne d’action. On ne croit pas en elle, en sa prestation, et elle se fait voler la vedette par Jonathan Bailey et surtout Mahershala Ali, qui, à mon sens, surnage un peu en terme de présence et d’écriture
(dommage, le passage qui aurait pu être le plus intéressant et émotionnel concernant son personnage se résume à une farce en mode Les Dents de la mer 4 !)
.
Outre ce casting tout à fait médiocre
(je passe sur Rupert Friend en mode Ken de Ken et Barbie
!), le film distille un scénario lénifiant. Ok, hormis le premier les scénario des Jurassic n’a jamais été le point fort, les histoires étaient toujours simples et souvent avec des invraisemblances, mais là… C’est réduit au strict minimum par un David Koepp en grève. On ne comprend même pas vraiment le lien entre la mission et l’humanité à sauver… L’univers humains-dinos est toujours aussi grotesque que dans l’épisode précédent, et au fond, tout n’est ici que redite, en moins bien, de tout ce qu’on a déjà vu. Le plus gênant cependant, c’est qu’à la limite si le divertissement avait été assuré, j’aurai été content, mais non, le film dure 2 heure 05 et tu t’ennuies car le rythme est catastrophique ! Tu arrives au bout d’une heure 50 de métrage
et là tu repenses à la créature qu’on t’as teasé dans la bande annonce en te disant « mais elle est où ? »
. On s’ennuie ferme et c’est sûrement le plus problématique.
Pourquoi on s’ennuie ? Ben parce qu’il y a en gros trois scènes d’action que l’on voit dans la bande annonce. Ca fait peu ! L’essentiel des apparitions avec les dinos ne génère aucune confrontation, c’est donc du pur décorum. Les scènes d’action sont mal fichues, toutes très inférieures à ce qu’on a déjà vu, entre autres à cause d’énormités difficiles à avaler
(ballon de baudruche dans la gueule d’un chien vs canot gonflable dans celle d’un T-rex…)
et de dinosaures peu intéressants. La plus longue scène d’action n’est qu’un plagiat d’une scène du premier Jurassic Park
avec une sorte d’avimimus vraiment moche
! D’ailleurs je dois avouer qu’hormis peut-être la créature mystère qui est bien faite mais à un design pourri, les dinos n’ont pas du tout l’attrait des trois premiers films. On peut surtout comparer avec le 3 car il y a pas mal de dinos similaires. Je suis désolé,
mais le spinosaure du 3 éclate littéralement ceux d’ici
! Et que dire du ptéranodon du 3 ? En terme de texture, de rendu dans le milieu, de pesanteur, de caractère effrayant c’est le jour et la nuit. Jurassic World Renaissance a les mêmes défauts que les précédents, à savoir une photographie beaucoup trop numérique, des décors en fond vert bien trop visibles et des effets visuels aussi douteux que dans le Dominion, avec des choix plastiques pour les dinosaures généralement hasardeux.
De même, le film est également beaucoup trop tendre côté violence, avec très peu de victimes, très peu de sang et cette volonté continuelle de faire des dinos pas vraiment agressifs dans un esprit vraisemblablement progressiste.
En conclusion, un épisode des plus anodins, qui m’a néanmoins moins déçu que Dominion car le film se veut quand même plus sérieux et Edwards développe quelques idées sympathiques de mise en scène, notamment dans les dix dernières minutes où on retrouve un peu son style. Comme pour la plupart des World, ce film est trop impersonnel et ne soigne pas assez l’introduction des dinos, le côté horrifique et frisson, l’histoire, les personnages pour séduire sur ses seuls dinosaures souvent foirés en terme de design ou d’incrustation. 1