L’Être Aimé
Note moyenne
3,9
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186 critiques spectateurs

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Prad Bitt
Prad Bitt

9 abonnés 225 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
La relation aride entre un père et sa fille tente de s'améliorer lors du tournage d'un film.
Sorogoyen parvient a créer une ambiance à la fois douce et pesante qui traduit parfaitement les méandres tortueux d'une relation que le temps n'a pas épargné.
D'une grande justesse avec des passages de génies.
Fred Bouffet
Fred Bouffet

1 abonné 28 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mai 2026
« Quand le cinéma se complaît à se regarder faire du cinéma ». Je précise en amont que je travaille dans ce milieu et que je le connais donc bien. .Le concept du « film dans le film », déjà largement éculé, parfois avec brio, atteint ici très rapidement ses limites. Au bout de quelques minutes d’ ailleurs. Il reste donc 2h10 à subir : et là, c est treeeees long. Ce petit monde autocentré se plaît ici à se regarder le nombril, mais hélas sans le génie qu’ il semble se trouver à lui même. Seul point intéressant à observer: la démonstration des tares et des petits égos pénibles des uns et des autres dans cette industrie : cela ne suffit hélas pas à faire un (bon) film. Le cinéma est bon quand il « réveille », qu’ il fait réfléchir, qu’ il divertit simplement, ou qu’ il crée des émotions, quelles qu’ elles soient, etc etc. Rien de rout ça dans cette tentative ratée, et longue comme un jour sans pain : d’ un grand ennui.
Pascal l.
Pascal l.

47 abonnés 88 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
Une leçon de cinéma, de jeu d'acteurs, de mise en scène,... La scène du début met tout de suite dans l'ambiance. Cependant on ne peut pas réduire le film à un simple règlement de compte pere-fille. Au delà de cette problématique la mise en scène, les flash back, l'alternance noir & blanc, couleur,... tout est exploité pour un rendu intelligent, riche et émouvant. S'il n'y a pas une palme ou un Oscar je ne comprends plus rien.
Cadreum
Cadreum

63 abonnés 813 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mai 2026
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen déplace son territoire d’oppression : ce n’est plus l’État tentaculaire de El Reino ni la communauté hostile de As Bestas qui écrasent les corps, mais un père, un metteur en scène, un homme persuadé que son statut peut encore légitimer son autorité. Le film suit Esteban Martínez, réalisateur célébré revenu d’un long exil américain, qui décide d’engager sa fille Emilia comme actrice principale de son nouveau projet, tourné dans un désert censé figurer le Sahara colonial des années 1930.

Le scénario, coécrit par Sorogoyen et Isabel Peña, repose sur une stratégie de rétention. La première scène en offre la démonstration la plus limpide : Sorogoyen y organise une zone d’indécision où rien n’est encore nommé. Un réalisateur et une actrice se retrouvent à une table de restaurant ; ils parlent d’un rôle, d’un film à venir, d’une proposition qu’il tente de lui faire accepter. Le ton oscille entre séduction professionnelle, maladresse affective et autorité mal convenue.

Puis, la relation filiale est nommée et une autre couche affleure : il minimise, elle attaque. Chacun tente d’imposer sa version du passé, de légitimer leur position, de redéfinir la scène de leur rupture. Dès cette ouverture, Sorogoyen installe donc un régime de perception où l’on ne saura jamais exactement ce qui s’est passé, mais où l’on ressentira, plan après plan.

Sur le plateau, Esteban dirige et exige. Emilia exécute et encaisse. Mais cette asymétrie tient aussi de la mise en scène. La caméra adopte d’abord le point de vue d’Esteban, légèrement en hauteur, cadrant l’équipe comme un territoire qu’il survole et organise. Ses déplacements dictent ceux du cadre, ses gestes imposent le rythme, ses colères contraignent. Mais, dès qu’Emilia entre dans le champ, le film bascule vers des plans plus serrés, souvent fixes, parfois trop proches, comme si la caméra enregistrait la pression qui s’exerce sur elle par son attention. Cette oscillation teste en direct la frontière entre l’autorité nécessaire d’un cinéaste et la violence qu’elle peut masquer.

Le dispositif visuel complexifie encore cette instabilité. Les variations de formats et l’alternance entre couleur et noir et blanc instaurent d’abord des régimes d’images distincts : le noir et blanc, granuleux et légèrement surexposé, renvoie au film colonial en cours de tournage ; la couleur, plus chaude et plus mobile, saisit le présent du plateau. Au départ, la séparation est nette mais rapidement des échos formels (colorimétrie, filtres, sons) commencent à circuler : un panoramique du désert en noir et blanc trouve son double dans un travelling couleur sur le visage d’Emilia ; un contre‑jour pensé pour la fiction coloniale se répercute sur le réel du tournage ; les différents textures de perception sonore qui balayent le décor. Peu à peu, les deux strates se mélangent, suggérant que la fiction coloniale et le drame familial procèdent d’un même geste de pouvoir : occuper un territoire, façonner un récit, parler à la place de l’autre. Aussi, l’aridité des paysages, le vent qui traverse les scènes, l’horizon sans refuge matérialisent la sécheresse affective.

Dans ce dispositif, Javier Bardem compose un Esteban d’une redoutable ambivalence. Le charisme initial séduit. Il incarne un homme convaincu que son exigence artistique est une preuve d’amour. En exemple, Esteban interrompt une prise pour “montrer” à Emilia comment se tenir. Il lui saisit le bras, ajuste son épaule, replace son visage dans l’axe de la lumière. Le geste se veut technique, mais la caméra révèle la tension physique sous-jacente. Emilia se raidit, détourne les yeux, mais ne dit rien. Esteban, lui, sourit, persuadé d’avoir été pédagogue.

La scène la plus brillante du film survient autour d’une simple table, lors d’une répétition qui vire au supplice. Sorogoyen y rejoue la même situation près d’une dizaine de fois, chaque reprise déplaçant imperceptiblement les rapports de force. Esteban, d’abord patient, corrige un détail, demande aux comédiens de “mieux manger”. Puis, à mesure que les prises s’enchaînent, un fou rire irrépressible gagne les comédiens (gagant autant les comédiens que les spectateurs) qui fissure l’autorité du metteur en scène. Bardem laisse alors monter une colère froide et donne des ordres de plus en plus secs, jusqu’à l'abus de pouvoir. L'homme qui croyait diriger une scène se retrouve dirigé par la scène, piégé par un rire qu’il ne peut plus contenir ni contrôler.

Le titre parle d’un être aimé. Mais l’amour, ici, ne garantit ni proximité ni compréhension. Et Sorogoyen filme cette distance sans la combler. Fabuleux de maîtrise. Au sommet de son art !
Cocodelima
Cocodelima

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 mai 2026
Aucun scénario. Jeu d’acteur nul. Certains spectateurs sont partis au milieu de la séance. Ennui mortel
Lilizz
Lilizz

9 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Impressionnant Javier Bardem, colonne vertébrale du film avec une jeune actrice qui lui tient tête sans rougir. Une réalisation qui réussit les scènes intimes, avec des plans très proches. L'essentiel tient dans la réalisation, maitrisée, à la fois originale et sachant se faire oublier, et le non verbal des acteurs dans un scénario où "l'action" est finalement assez anecdotique en dehors de 2-3 scènes très intenses, vraiment réussies. J'ai toutefois été moins émue par les personnages que dans "Valeur sentimentale", par exemple, qui joue également sur le ressors du père absent qui revient auprès de sa (ses) filles adultes. J'aurais eu besoin, peut-être, d'en savoir plus sur les personnages pour être plus touchée. Les personnages secondaires auraient merité d'être plus fouillés. Assister aux coulisses du tournage d'un film est très interéssant et c'est un beau cadeau. En résumé, le film fait à la fois preuve de générosité et laisse sur sa faim.
alaincognito
alaincognito

2 abonnés 23 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mai 2026
++ la prestation de Javier Bardem ; le film nous faire vivre de l’intérieur l’élaboration d’un film et c’est très intéressant
+ la photographie, avec en particulier l’utilisation de beaux noirs et blancs dans quelques plans
- le rôle de la productrice (Marina Fois) qui n’apporte rien à l’histoire, n’a quasiment aucun impact sur l’histoire, alors qu’elle est présentée/filmée comme quelqu’un d’important
- - une relation père/fille qui reste un peu mole, pas assez d’émotion vu l’histoire, ne tient pas la comparaison au niveau de l’intensité avec le film « valeurs sentimentales » … le film espagnol s’avère beaucoup plus retenu, moins expressif que le danois … le monde à l’envers !
QuelquesFilms.fr

360 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mai 2026
On retrouve dans ce film de Rodrigo Sorogoyen le même dispositif scénaristique que dans Valeur sentimentale, de Joaquim Trier : un père cinéaste reconnu, qui tente de renouer contact avec sa fille actrice, délaissée, en lui proposant un rôle dans son nouveau film. Du côté du père : culpabilité, quête de réparation et de rédemption, sans pouvoir gommer toutefois une posture autoritaire et une présence toxique. Du côté de la fille : tourments liées aux blessures du passé, tentatives de reconstruction au présent et désir d’émancipation. Ce duplicata, dans un intervalle de temps si rapproché, est dommageable. D’autant que le film de Sorogoyen apparaît un peu moins bien abouti que celui de Trier, au sens où il lui manque une conclusion marquante. Certains traits d’écriture sont aussi un peu appuyés. Malgré ces réserves, l’ensemble se tient, porté par une réalisation qui sait faire vibrer les tensions entre les personnages, des dialogues souvent percutants et une interprétation convaincante (mention spéciale à Javier Bardem, d’une sacrée intensité). La mise en abîme du cinéma dans le cinéma est par ailleurs réussie, avec un bon tableau du microcosme que représente le tournage d’un film. Et les rapports entre père et fille, entre l’art et la vie, sont plutôt bien exploités, à défaut d’être transcendés.
ferdinand75

732 abonnés 4 503 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Un film très dense, très fort, sur la thématique, toujours intéressante que celle de la relation père - fille , en version chaotique. Ici un réalisateur espagnol célèbre espagnol, parti vivre aux US, en abandonnant une ex-femme et sa fille, qu’il ne reverra pas pendant 15 ans. Il rentre au pays, et monte un film où il veut faire jouer sa fille, comme actrice principale. Retrouvaille, passé qui ressurgit, difficulté de communication.
Car, bien sûr, chacun à un souvenir différent de ces épisodes passés. La jeune fille est encore traumatisée par la séparation de ses parents, et le réalisateur a du mal à la comprendre.
Un thème très fort aussi est celui de l’emprise des réalisateurs sur leurs actrices, avec ce que pouvait être fait par le passé et qui ne sera plus possible aujourd’hui , après metoo : mêler la vie perso et la fiction à l’écran, utilisation et domination des jeunes actrices .
Des relations très intenses, entre le père et sa fille, des moments d’un grande violence mentale : une scène du film ( multi prises ) sera une vraie expiation, happening de rédemption,
Très belles répliques aussi . Mais le film est très lent, et surtout très redondant. Un montage pas assez serré. C’est un film qui aurait été bien meilleur sur 1,30 h, 1,45 h . On a souvent l’impression de tourner en rond, de se répéter.
Les acteurs sont tous très bons : Bardem exceptionnel, qui aurait mérité une palme à Cannes, la jeune Victoria Luengo est très bien , et tous les seconds rôles aussi.
COCORICO
COCORICO

6 abonnés 58 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mai 2026
Je suis allée voir ce film à cause de la présence de Javier Bardem qui ne m'a quasiment jamais déçue. Et effectivement l'interprétation de l'acteur ibérique est un sans faute. Mais c'est bien la seule qualité que j'ai trouvé à "l'étre aimé" qui m'a semblé être une oeuvre très prétentieuse, nombriliste, avec un scénario qui tourne complètement en rond. Je me suis clairement ennuyée.
Maximvs3005
Maximvs3005

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mai 2026
Film d'une justesse et d'une puissance incroyable. La première scène du déjeuner et d'une force incomparable, la scène a été filmée dans les conditions d'un vrai déjeuner sur une heure et demie en totale improvisation, un vrai exploit
PASCAL C
PASCAL C

28 abonnés 305 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Père fille, jamais simple surtout si celui-ci est un créatif connu et n'a jamais été présent. C'est très bien joué, quelques scènes vraiment impressionnantes dont on imagine que la fiction rejoint la réalité d'un tournage. On aime ce cinéma espagnol.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 417 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
 L'ÊTRE AIMÉ - Rodrigo Sorogoyen

Un réalisateur qui offre le rôle principal de son nouveau film à sa fille avec qui il entretient une relation compliquée : cela ne vous rappelle rien ?

Si le pitch de l'Etre aimé semble en effet calqué sur celui de Valeur Sentimentale, Grand Prix au Festival de Cannes 2025, la comparaison s'arrête là, tant le nouveau film du réalisateur du déjà très réussi As Bestas m'a passionné de bout en bout là où celui de Joachim trier m'avait ennuyé et totalement laissé sur le bord de la route.

Une grande partie du mérite revient d'abord à l'immense performance que réalise Javier Bardem. Par sa présence physique et son regard glaçant, l'acteur parvient à installer une tension d'un bout à l'autre du film. Victoria Luengo n'est pas en reste en ne lui concédant pas une once de terrain dans cette relation conflictuelle que leurs deux personnages entretiennent.

La mise en scène du réalisateur espagnol se révèle une nouvelle fois d'une grande maîtrise, grâce notamment à des changements de couleurs, de grain et de format d'image qui dépassent les simples effets de style pour se révéler véritablement signifiants, notamment lors d'une longue scène de tournage autour d'un repas, de plus de quinze minutes, d'abord drôle puis suffocante, véritable leçon de mise en scène et parmi ce que l'on a vu de plus beau et de plus fort cette année à Cannes.

Le film parvient à dépasser la question de la relation père-fille pour interroger plus largement les rapports de domination masculine, notamment dans le domaine de la création cinématographique. Sur le papier, le dispositif du “film dans le film” pouvait faire craindre un exercice un peu vain et déjà vu sur le cinéma. Pourtant, Sorogoyen dépasse ce piège grâce à une tension émotionnelle constante et parvient même à mener le spectateur à faire son examen de conscience concernant ces films cultes nés d'artistes abusifs qui se sont crus tout permis au nom de la création artistique.

L'Être aimé est un drame sensoriel d'une très grande beauté et plein d'intensité, qui n'aurait pas volé un prix d'interprétation masculine ou un prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes.

MA NOTE :  9/10

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Julie Carre
Julie Carre

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 mai 2026
Abile. Rythme très intéressant. La prise de vue est prenante. Je me suis laisser embarqué. Bravo, à voir.
LaureS
LaureS

21 abonnés 157 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Film exigeant, très dialogué, sur le cinéma, la famille, les rapports père-fille
Jeux de pouvoir, culpabilité, regrets, le film nous donne beaucoup à voir et à entendre. Quelques courtes scènes en noir et blanc, je n'ai pas trop compris pourquoi mais c'est beau, d'autres scènes avec beaucoup de grain, le cinéma n'est pas seulement incarné par le personnage du réalisateur en tournage mais aussi par ce qui nous est montré à l'écran
spoiler: Selon moi le film bascule lors de la scène de tournage d'un repas, dans lequel les poissons jouent un rôle important : la seule scène drôle du film et en même temps très violente, dans laquelle le personnage d'Esteban révèle sa vraie nature ou, à tout le moins, une autre facette de sa personnalité

Javier Bardem est magistral et aurait vraiment mérité un prix d'interprétation à Cannes
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