Rodrigo Sorogoyen est un génie du cinéma. Il nous a fait flipper dans "As bestas", balladé pendant 2 heures avant de nous mettre une gifle magistrale dans "El reino", voici qu'il peint les relations distandues entre un père et sa fille dans toute la violence des paroles et des non-dits. Javier Bardem interprète le rôle d'un réalisateur reconnu qui offre le rôle principal de son nouveau film à sa fille qu'il n'a presque pas vue depuis 20 ans. Le spectateur s'attend à démêler les aléas d'une réconciliation familiale difficile mais Sorogoyen va beaucoup plus loin ; il filme les corps, les regards, les gestes, les silences qui racontent le double rapport de force qui anime la rencontre du père avec sa fille. La scène du tournage du repas extérieur est magistrale, d'une tension incroyable, ramenant Victoria Luengo (qui interprète Emilia) à sa position d'enfant. C'est subtil et brillant. C'est Sorogoyen, quoi.
Ce film est une grande réussite. Il parvient à traiter des thématiques complexes avec une extrême intelligence. Il est tout d’abord très intéressant que l’histoire se déroule lors d’un tournage de film. Cela permet de voir les coulisses et de mettre en lumière les professionnels, tels que les techniciens, habituellement dans l’ombre, ainsi que de comprendre à quel point leur présence et leur travail sont indispensables pour mener à bien un tournage. De plus, l’œuvre montre jusqu’où un réalisateur est prêt à aller pour avoir les scènes parfaites qu’il souhaite, quitte à se mettre toute son équipe à dos et à compromettre la continuité du tournage. Ici, le réalisateur pousse à bout ses acteurs et ses équipes, abusant presque d’eux psychologiquement sans même en avoir conscience, rappelant la dureté et la souffrance endurées par certains comédiens lors de réels tournages, tels que celui de « Shining » de Stanley Kubrick. « L’être aimé » invite donc à une véritable réflexion : la quête de perfection et la volonté de faire d’un film un chef-d’œuvre justifient-elles d’acculer les acteurs à leurs limites ?
En outre, le cœur du scénario concerne surtout l’étroite relation entre Esteban, le réalisateur du film (incarné par Javier Bardem), et Emilia, sa fille qu’il a fortement délaissé durant son enfance (incarnée par Victoria Luengo). Il est intéressant de voir la complexité qu’ont les deux personnages à se comprendre et à dissiper les non-dits. Emilia a beau essayer de se convaincre qu’elle n’a accepté ce rôle que dans un intérêt professionnel, il est touchant de voir qu’elle désire par dessus tout comprendre son père et obtenir sa reconnaissance. Esteban est quant à lui rongé par les remords du fait d’avoir été absent durant toute la jeunesse de sa fille et d’avoir gâché les rares moments précieux à ses côtés. Bien que le réalisateur cherche à être perçu comme être un homme fort, sa vulnérabilité est perceptible dès les premières minutes du film. Son exigence et sa rigueur lors de ses multiples tournages peuvent donc être perçus comme un moyen pour lui d’exceller dans son rôle de réalisateur afin de compenser ses défaillances dans son rôle de père. Tout cela rend ainsi la relation entre les deux protagonistes toute en finesse et très intéressante à suivre.
Un film sans surprise, tout est dit dans le synopsis. Javier Bardem malgré son excellence ne réussit pas à nous sauver de l'ennui.. Certaines scènes s'étirent sur des minutes interminables ! C'est loooooonnnnnnggggg comme un jour sans fin !
Film bouleversant qui met en scène un célèbre réalisateur qui a décidé de faire tourner sa fille qu'il n'a pas vu depuis une dizaine d'années alors même qu'il a refait sa vie avec une jeune femme dont il a deux jeunes enfants. Elle retrouve ce père qu'elle a peu connu, accepte le rôle non sans appréhension et, inévitablement, les regrets et les rancœurs affleurent.... On aborde ici le thème universel de la filiation et de ces liens qui se tissent plus ou moins bien dans l'enfance, chacun ne gardant pas les mêmes souvenirs et, finalement, on découvre que tout le monde a des choses à se faire pardonner. Excellent film en ce début d'été.
Les très longues séquences de gros plans sur les visages de deux personnes qui répètent à l'infini "ça va? comment tu vas? etc" m'ont dès le départ lourdement indisposé. On a compris qu'entre ces deux-là il y a un lourd passé à digérer, pas la peine d'insister à ce point. Je me suis ennuyé, sauf dans la scène réussie du tournage autour de la table où les acteurs perdent les pédales. Mais cela fait dix minutes, pas assez pour sauver le film.
Un peu longuet tout de même ! Je me suis ennuyée malgré quelques scènes qui valent le détour . Les acteurs sont certes très bons mais c’est insuffisant
D'une grande puissance, "L'être aimé" est un film complexe, croisant plusieurs thématiques et laissant à chaque personnage son propre ressenti face aux mêmes situations. Qu'il s'agisse du monde du cinéma, de la relation père-fille, de la masculinité et du pouvoir, tous ces thèmes s'entrecroisent en permanence tout en laissant chacun dans son vécu, dans son habitat intérieur. La réalisation est brillante et complexe aussi. Le travail sur les cadrages, de plans larges à d'autres très resserrés, et celui sur la photo sont remarquables. De longs plans séquence diffusent une grande énergie, comme celui qui ouvre le film. Très belle interprétation qui renvoie à l'intimité de chacun, sans s'appuyer sur un regard psychologique.
Dans le film est cité une phrase de Liv Ulmann : « Plus la caméra est proche, moins on peut mettre de masques ». Pour conter les retrouvailles d’un père et de sa fille, Rodrigo Sorogoyen a choisi ce parti pris : filmer les acteurs au plus près. C’est frappant dès la très bonne et longue première scène et cela continuera presque constamment. Ce qui donne aux excellents acteurs l’occasion de faire ressentir des sentiments aussi variés que subtils, tant dans leurs expressions que dans leurs silences. C’est l’un des grands intérêts du film. Les autres sont la qualité des dialogues et la pénétration dans le monde du cinéma, avec les coulisses et les embûches du tournage d’un film. En jouant sur les deux tableaux, intime et collectif, le cinéaste livre un film très intéressant sur les différents rapports de pouvoir, mais sans la force qui se dégageait de ses précédents opus. PS : l’utilisation du noir et blanc pour plusieurs plans ou séquences m’a semblé échapper à toute logique.
Habituellement, dans ses films, Javier BARDEM est l'interprétation la plus intense du casting, mais là, il faut bien avouer que Victoria LUENGO lui offre une réplique puissante et d'une intensité au moins équivalente. Et ce face à face, de répliques et de regards, à lui seul, donne la force du film. J'ai également apprécié l'utilisation du noir et blanc dans les scènes d'émotions ravalées. Sinon, je ne suis pas fan des scènes de tournage d'un film dans le film, le résultat est souvent artificiel à mon goût. Enfin, le rythme du film, très important pour servir l'histoire, aurait peut-être mérité une durée moins longue. Mais je recommande, on ne perd lamais son temps en allant voir en salle une oeuvre de SOROGOYEN !
Barden méritait la palme pour son interprétation Barden est un ogre du cinéma actuel Le pbe c est que malgré les qualités de l actrice qui joue le rôle fille,c est qu il dévore ce film, Que ce soit dans la premier scène avec sa fille qui dure 25mn,ou sur le tournage la scène du repas. Ce film possède une dimension théâtrale Je conseille pour ceux qui aiment ou ne connaissent pas barden
Les acteurs ne sont pas en cause dans ma note, mais l'histoire est lente il nous tarde que ça finisse et les très gros plans du réalisateur qui rentabilise ses acteurs sont pénibles à suivre. Dommage j'adore Javier Bardem et l'actrice qui joue sa fille est excellente.
On pense à Valeurs sentimentales, avec ce père cinéaste qui offre un rôle à sa fille pour compenser son absence. Mais pour moi, tout fonctionne bien mieux ici, les enjeux personnels sont mieux imbriqués et parfaitement interprétés.
A aucun moment je ne suis entrée dans ce film. Terriblement ennuyeux. La scène du tournage du repas de poisson est malaisante à souhait. Utile à démontrer que le réalisateur prend en otage toute son équipe pour humilier sa fille? Je n'ai rien compris et si j'avais pu m'extirper d'une salle bondée (climatisée) je serai partie au bout d'une heure. Dommage pour Javier Bardem et cette petite nouvelle très douée Victoria Luengo
Un film fort sur le lien (ou non) d'un père et d'une fille avec en décors, le tournage d'un film. Le duo Bardem (quel acteur!)/Luengo est juste tout du long, faire bonne impression, faire face à ses ressenti, les refouler, ne pas les contrôler etc...un large panel d'émotion présente du début à la fin. Bardem en homme fort et fier qui n'ose avouer les choses et Luengo touchant autant que charmante en fille devenu femme qui attend la vérité. Bref un très bon film à voir. NOTE : 8/10